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  • Giorgio De Chirico, peintre énigmatique

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    Autoportrait par Giorgio De Chirico (1953)

    (Source photographique : http://surrealisme.skynetblogs.be/)

     

    Giorgio De Chirico est un peintre italien, né à Vólos, en Grèce, en 1888, décédé à Rome, en Italie, en 1978.

    Sa mère, Gemma Cervetto, est d'origine génoise, et son père, Evaristo De Chirico, est originaire de Palerme. Les déplacements dus à la carrière de son père, ingénieur des chemins de fer, font de Giorgio De Chirico un "Italien né hors d'Italie". Il a onze ans lorsque sa famille s'installe à Athènes, en Grèce. Passionné dès l'enfance par l'art, Giorgio De Chirico suit les cours de dessin du Polytekhnikon d'Athènes de 1900 à 1904.

    À la mort d'Evaristo De Chirico, en 1905, son épouse, Gemma, décide que ses fils, Giorgio et Andréa, poursuivront leurs études à Munich, en Allemagne. Giorgio De Chirico éprouvera toute sa vie l'angoisse des voyages et des départs.

    Chez le professeur d'harmonie de son frère Andréa, Max Reger, il s'extasie sur un album contenant des œuvres d'Arnold Böcklin. En 1920, Giorgio De Chirico dédie à Arnold Böcklin un texte exprimant "l'importance d'une telle "révélation" pour la formation d'un artiste."

    En 1908, Giorgio De Chirico rejoint sa mère et son frère à Milan, en Italie. Trois ans plus tard, il s'installe avec sa mère à Florence. Il plonge dans un état dépressif.

    Pendant les années 1910, il conçoit des œuvres représentant un monde théâtral et mélancolique où se dressent des statues sans visage. L'écrivain français Guillaume Apollinaire (1880-1918) puis les surréalistes s'intéressent au concept de la peinture métaphysique de Giorgio De Chirico, proche du surréalisme, et à ses "intérieurs métaphysiques" envahis par des objets hétéroclites.

    Le courant de la peinture métaphysique est centré autour de Giorgio De Chirico, son fondateur. Il ne fait pas école mais laisse ouverte une voie qui est reprise par les surréalistes. De Chirico pense que l’art ne doit pas avoir de rapport avec son propre temps, qu'il ne doit pas participer aux idéologies du moment, aux valeurs sociales ou à l’histoire de son époque, mais se situer en dehors, dépasser et s'élever au-dessus de ces valeurs, poser des questionnements d’ordre supérieur, des questionnements métaphysiques. (Site : http://www.histoiredelart.net/)

     

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    Intérieur métaphysique par Giorgio De Chirico

    (Source photographique : http://lartpourtous.)

     

    "Alors j'eus l'étrange sentiment de regarder ces choses pour la première fois et la composition du tableau se révéla à l'œil de mon esprit. Cependant, le moment est pour moi une énigme en ce sens qu'il est inexplicable. J'aime aussi appeler énigme l'œuvre qui en dérive." (Giorgio De Chirico)

    En 1912, il expose au Salon d'automne à Paris puis, sur les conseils d'Apollinaire, au Salon des indépendants. Apollinaire décrit ainsi ces "curieux paysages pleins d'intentions nouvelles, d'une forte architecture et d'une grande sensibilité"

    Il adhère au mouvement dada, mouvement de révolte né pendant la Première Guerre mondiale, dont la contestation culturelle se manifeste par la truculence provocatrice et la dérision.

    En 1919, à Rome et à Florence, Giorgio De Chirico copie des œuvres de Michel-Ange et de Raphaël. Il évolue vers un style classique, voire académique, qui abonde de références littéraires, antiques, s'accordant avec les positions du mouvement Novecento. Il lit l'écrivain allemand Friedrich Maximilien von Klinger (1752-1831), les philosophes allemands Arthur Schopenhauer (1788-1860) et Friedrich Nietzsche (1844-1900). Sous l'emprise intellectuelle de Nietzsche, il s'éloigne de l'influence des œuvres d'Arnold Böcklin, mais subit toujours la fascination des lieux étranges et mélancoliques.

    En 1924, il se lie d'amitié avec le peintre allemand naturalisé français Max Ernst (1891-1976). Giorgio De Chirico épouse une danseuse russe de la troupe de ballet fondée par Pirandello, Raissa Gourevitch. Il écrit de nombreux textes dans la revue la Révolution surréaliste. Mais il rompt avec les surréalistes deux ans plus tard.

    "André Breton voit en l’artiste le démiurge d’une « mythologie moderne » en formation (1920) avant de l’accuser de régressions anti-modernistes dès 1926." (Site : http://www.babelio.com/)

    En 1929, Giorgio De Chirico publie un ouvrage autobiographique qu'il a rédigé en français, Hebdomeros, ouvrage ressemblant à un roman surréaliste.

    Il multiplie les décors de théâtre, les illustrations et exécute soixante-six lithographies pour les Calligrammes d'Apollinaire.

    "L'univers de Giorgio De Chirico se construit sur une infinité d'évocations et de détails qui sont de lointaines réminiscences de l'enfance et de l'adolescence agitées par les trop fréquents départs et voyages : locomotives et trains, statues, arcades et gares, tours et chevaux." 

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    La mélancolie du départ par Giorgio De Chirico (1916)

    (Source photographique :https://2009sediments.wordpress.com/)

     

    En 1930, Raissa, l'épouse de Giorgio De Chirico lui présente, lors d'une soirée chez des amis peintres, Isabella Far, qu'il épouse en secondes noces et dont il multiplie les portraits.

    Pour le danseur et chorégraphe français d'origine russe Serge Lifar (1905-1986), Giorgio De Chirico réalise, en 1956, les décors et costumes d'Apollon musagète.

    En 1974, De Chirico est élu à l'Académie des Beaux-Arts de Paris.

    Il retourne, pour la dernière fois, en Grèce et réalise les décors d'Orphée et Eurydice du compositeur allemand Christoph Willibald, chevalier von Gluck.

    Son œuvre parfois inquiétante conduit le spectateur à s'interroger sans cesse. Le peintre écrit :

    "Ce que j'entends n'a aucune valeur, c'est seulement ce que je vois qui est vivant et lorsque je ferme les yeux ma vision est encore plus puissante."

    Giorgio De Chirico meurt à Rome à quatre-vingt-dix ans.

     

    Dans Le Monde du 12 février 2009, Philippe Dagen écrit : "De Chirico, le peintre qui fait grincer des dents. Une passionnante rétrospective à Paris révèle des œuvres extravagantes, "honteuses", inconnues."

    Il s'agit d'une exposition de 170 œuvres de Giorgio De Chirico au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, où "le pouvoir [de ces toiles] opère à la manière d'un charme."

    "Ces paysages anormaux, ces natures mortes disproportionnées, ces cieux jaune et vert, ces ombres plus longues et sombres que de raison, ces passants pétrifiés en statues, ces mannequins de couturière qui s'animent, rien de tout cela, que l'on nomme pittura metafisica, n'a perdu de son étrangeté."

    (Site : http://www.lemonde.fr/culture/)


    (Bibliographie : De Chirico. Ouvrage collectif, responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau. Éditions Cercle d'Art, 1995)

     

    Dans "Italies", sous le titre "La représentation de la femme dans les œuvres de Giorgio De Chirico", on peut lire un excellent article d'Anne Verger analysant "les deux catégories de femmes présentes dans l'œuvre de Giorgio De Chirico : la femme dépersonnalisée, anonyme, des œuvres de jeunesse et la femme évidente, reconnaissable, représentée par la mère et les deux épouses de l'artiste."

    (Site : https://italies.revues.org/ 

     

    Article en relation : Arnold Böcklin, peintre des ténèbres

    (http://aufildespagesavecoceane.hautetfort.com/archive/2016/04/18/arnold-bocklin-peintre-symboliste-5790033.html)

     

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    Giorgio De Chirico (portrait par Carl van Vechten)

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

    Le Rivage de Thessalie (1926)

      

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    Le rivage de Thessalie par Giorgio De Chirico (1926)

     

    Avec Le rivage de Thessalie, Giorgio De Chirico offre, grâce à ses références à des formes antiques, une pluralité de sens à chaque figure. La cheminée pourrait être une tour ou bien un monument.

    L'homme nu, sans regard vers l'extérieur, semble être le modèle mythologique d'une sculpture dont il ne reste plus que le piédestal. À l'appel d'un magnifique cheval blanc, probablement né des flots, l'homme est descendu de son socle de pierre pour le rejoindre.          

     

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    L'atelier de l'artiste à Paris (1933-1934)

     

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    L'atelier de l'artiste à Paris par Giorgio De Chirico (1933-1934)

     

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    Les Ménines par Vélasquez (1656)

     

     

     

     

     

     

     

    Avec L'atelier de l'artiste à Paris, Giorgio De Chirico reprend plusieurs éléments de la toile Les Ménines du peintre espagnol Vélasquez (1599-1660) tels qu'un tableau dans le tableau, un chien, la porte au fond de l'atelier, le portrait du peintre.

    Le personnage féminin vu de dos dans L'atelier de l'artiste à Paris est Isa, la seconde épouse de Giorgio De Chirico. Le chien, dont la tête se trouve à la hauteur du visage d'Isa De Chirico, surprend et inquiète tant il semble dans l'attente d'un mouvement.

     

    (Source bibliographique : De Chirico, ouvrage collectif, responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau (Éditions Cercle d'Art, 1995) 

     

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    Le retour d'Ulysse (1968)

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    Le retour d'Ulysse par Giorgio De Chirico (1968)

    (Source photographique : http://twist97431.e-monsite.com/)

     

    L'œuvre de Giorgio De Chirico influençe les premières années de la carrière de René Magritte. Avec Le retour d'Ulysse, Giorgio De Chirico s'est plu "à mettre en scène le calembour visuel à la manière très littéraire d'un Magritte. [...] Une sorte de parodie amusante des influences qui peuvent circuler entre artistes."

    Ulysse, dans une barque, est transporté... avec les flots, à l'intérieur d'un appartement dont la porte, restée ouverte, a laissé le passage à cette étrange invasion. Par la fenêtre on aperçoit une demeure d'un autre temps. Un tableau représentant une statue au centre d'une place déserte rappelle l'architecture métaphysique des premières toiles de Giorgio De Chirico.

     

    (Source bibliographique : De Chirico. Ouvrage collectif. Responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau (Éditions Cercle d'Art, 1995).

     

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    Mady Ménier écrit : "Les visages de Giorgio De Chirico sont aussi multiples que les prémonitions dont il fut porteur et les interprétations contradictoires auxquelles son œuvre est encore soumise aujourd'hui." (De la Métaphysique au physique pour une histoire contemporaine de l'art, Publications de la Sorbonne, 1995).

    À voir : de nombreuses toiles de Giorgio De Chirico sur le site : http://www.college-madamedesevigne-mauron.ac-rennes.fr/

     

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  • Arnold Böcklin, peintre des ténèbres

     

     

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    Arnold Böcklin

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Arnold Böcklin, peintre suisse symboliste (Bâle, Suisse, 1827 - San Domenico di Fiesole, Italie, 1901) a la révélation de sa vocation à Rome, à l'âge de vingt-trois ans.

    Il étudie la peinture à Bâle, puis à l'Académie de Düsseldorf, en Allemagne, où, de 1845 à 1847, il est l'élève du peintre paysagiste allemand Johann Wilhelm Schirmer (1807-1863), dont l'influence imprègne les paysages idéalisés qu'Arnold Böcklin peint dans sa jeunesse. En 1847, il effectue de courts séjours à Genève et à Zurich, en Suisse, puis à Bruxelles et Anvers, en Belgique, les peintres belges jouissant alors d'un grand renom en Allemagne. Il termine le périple de sa formation artistique à Paris, en 1848, où il admire particulièrement Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) et Thomas Couture (1815-1879). Il revient à Bâle où il reste deux ans.

    De 1850 à 1857, il vit à Rome et il épouse une native de la capitale italienne, Angela Pascussi. À Munich, il est professeur de 1860 à 1862 à l'École des Beaux-Arts de Weimar. Il part à nouveau pour Rome où il reste quatre ans. L'Italie l'inspire et il choisit d'y vivre une partie de son existence. À Florence, où il reste de "1875 à 1885, ses compositions atteignent une plénitude sereine". Lors de ses retours en Allemagne, il réside surtout à Munich, ville qui a vu ses premiers succès, où un cercle d'artistes se forme autour de lui. Un mécène le sauve d'une situation financière dramatique due à ses nombreux achats d'œuvres d'art.  

    Arnold Böcklin, considéré comme l'un des représentants du symbolisme allemand, conçoit ses visions mythologiques à l'aide d'une facture robuste, sensuelle, parfois naïve. Il s'interroge avec une profonde inquiétude sur les rapports de l'Homme et de la Nature. À ses paysages se mêlent une dimension profonde et méditative, un immense recueillement mystique et une atmosphère mystérieuse. Certaines de ses œuvres offrent des visions d'apocalypse comme si le peintre livrait un combat farouche à ses propres tourments. Son imagination crée des figures fantastiques à l'aspect monumental, au coloris puissant.

    Giorgio De Chirico (1888-1978), peintre italien, découvre avec admiration chez Max Reger, le professeur d'harmonie de son frère Andrea, un album contenant des œuvres d'Arnold Böcklin. Giorgio De Chirico vante la puissance "d'apparition" des toiles d'Arnold Böcklin et lui dédie un texte soulignant l'immense "révélation" que représentent ces œuvres pour la formation d'un artiste.

    Arnold Böcklin est à peu près inconnu en France. José Pierre, dans L'Univers surréaliste, écrit : 

    "Il faut bien convenir que ce Courbet du symbolisme était encore moins bien fait que l'autre pour séduire les Français, aux yeux desquels il cumulait la sensualité passablement lourde du maître d'Ornans à l'ambition de faire servir les apparences quotidiennes à des fins allégoriques ! " (José Pierre).

    "Dans un temps où les impressionnistes innovent en ouvrant la peinture à la lumière, Böcklin figure l'obscurité. L'Italie, où il s'installe définitivement en 1874, alimente une mythologie personnelle et lugubre." (Patricia Fride-Carrassat).

    "Arnold Böcklin reste un des noms les plus connus de l'académie de Dusseldorf. Bien qu'appartenant déjà à une génération ultérieure sur le plan de l'art, il vivait encore fortement dans la tradition romantique qui lui inspira des toiles remarquables parmi une œuvre fort diversifiée." (Horst Koch)

    Arnold Böcklin passe les dernières années de sa vie dans sa maison de campagne de San Domenico de Fiesole transformée en refuge empli de symboles.

     

    Les toiles d'Arnold Böcklin sont empreintes de romantisme et utilisent le concept du sublime. Ses paysages mélancoliques, ses sombres allégories et les qualités poétiques de son symbolisme influencent les peintres allemands de la fin du XIXe siècle et ouvrent la voie aux surréalistes.

     

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    Autoportrait avec la Mort jouant du violon par Arnold Böcklin (1872)

    (Source photographique : Wikimedia Commons) 

     

    Bibliographie :

    L'Univers surréaliste de José Pierre (Éditions Aimery Somogy, 1983).

    De Chirico. Ouvrage collectif. Responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau (Éditions Cercle d'Art, 1995).

    Les Mouvements dans la peinture de Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé (Éditions Larousse, 2005).

    Autres sources :

    Encyclopædia Universalis.

    Larousse/Encyclopédie.

    La Peinture Romantique par Horst Koch (texte français : Pierre Crèvecœur. Éditions Berghaus Verlag, Allemagne, 1985).

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Château en ruine par Arnold Böcklin (1847)

     

    Cette œuvre de jeunesse d'Arnold Böcklin (il a vingt ans en 1847), cette toile envoûtante, exprime déjà le pessimisme, la part d'ombre du peintre et sa lutte contre ses propres tourments tout en dévoilant son romantisme.

    Un mur en ruine se détache sur le ciel sombre, où la végétation foisonnante, à l'horizon, se confond avec des nuages oppressants. Le pan de mur laisse jaillir par ses anciennes fenêtres des clartés ocre provenant d'une mystérieuse incandescence qui se reflète dans le lac.

    Les roches rouges qui attirent tant Arnold Böcklin, et qu'il peint dans plusieurs de ses tableaux nocturnes et de ses paysages diurnes, envahissent le premier plan, se mêlant aux arbres et aux bouquets de plantes.

     

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    Villa au bord de la mer par Arnold Böcklin (1878)

     

    Ce tableau Villa au bord de la mer est l'une des cinq versions d'une série réalisée par Arnold Böcklin.

     

    Debout, appuyée contre un mur, une femme vêtue d'un vêtement blanc, un long voile sombre sur les cheveux, une main soutenant son visage, paraît plongée dans une profonde mélancolie. Elle semble revoir en pensée le malheur, le drame, qui provoqua cette peine qui la submerge. Son regard se perd dans la contemplation des flots heurtant les rochers au pied d'une villa dont la colonnade se profile sur un ciel diurne lumineux. La femme évite la vision de ce ciel radieux en se blottissant entre deux pans de murs. Les arbres immenses qui entourent la villa amplifient la sensation de solitude et probablement de mal-être de cette fin du XIX siècle. 

      

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     L'Île des morts par Arnold Böcklin (1883)

     

    Arnold Böcklin réalise plusieurs séries sur le thème de la mort, l'au-delà et son mystère. Il éprouve un attrait indéfinissable nuancé de peur envers un monde inquiétant. Le peintre exécute cinq versions de L'Île des morts.

    Cette toile présente, au premier plan, un nautonier, peut-être Charon, le nocher des Enfers de la mythologie grecque, sombre personnage dont l'embarcation glisse sur une eau calme, conduisant une femme vêtue d'une tunique blanche - représentant peut-être la jeune veuve qui commanda cette œuvre au peintre - debout devant un cercueil, vers une île troublante par son aspect grandiose, ses falaises impressionnantes, ses hauts cyprès imposants et sévères.

    À l'arrière-plan, un ciel tourmenté semble vouloir engloutir dans le mystère d'énormes nuages blêmes la barque qui s'apprête à pénétrer dans L'Île des morts.

    Arnold Böcklin se sert de puissants contrastes afin de créer une atmosphère lugubre. Il inscrit l'île dans de fortes lignes verticales, les cyprès et les rochers, qui vont s'opposer aux douces lignes horizontales des flots paisibles de la rivière.

     

    "Le tableau [...] présente un style épuré et une facture précise. La barque glisse sur le Styx et emporte dans son dernier voyage une âme fantomatique qu'accompagne le corps rangé dans un cercueil." (Patricia Fride-Carrassat).

     

    L'Île des morts, sombre thème allégorique, inspira, entre autres, un poème symphonique, en 1909, au compositeur et pianiste russe Serguei Rachmaninov (1873-1943).

     

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    La Chapelle par Arnold Böcklin (1898)

      

    Des pans de murs, dont la partie haute reflète l'écume des flots heurtant violemment les ruines en s'engouffrant dans une chapelle, dernier refuge d'oiseaux immaculés, résistent pour l'éternité, semble-t-il, à la fureur des vagues qui illuminent cette vision mystique. À droite, des débris de pierres rouges paraissent éclairés par les lueurs ocre qui tentent de percer la nuit.

    À l'arrière-plan, fondus dans le ciel nocturne, des cyprès monumentaux oscillent entre la symbolisation de la vie et celle de la mort, tandis que les vagues déferlent sur les ruines, ramenant paradoxalement la chapelle à la vie...

     

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