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Bibliographies

  • Gilbert Bordes, l'écrivain-luthier, romancier de l'Histoire et de la ruralité

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    Gilbert Bordes lors du "Livre sur la Place", à Nancy, en 2011

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Ji-Elle)

     

    Gilbert Bordes, écrivain français, est né en 1948 à Tulle, dans la Corrèze. Sa jeunesse se déroule à Orliac-de-Bar (Corrèze). Il est actuellement installé dans la région parisienne. Son épouse est professeur de français et de latin.

    Tout d'abord instituteur, puis journaliste et chroniqueur radio, il se consacre ensuite à l'écriture et à une autre de ses passions, la lutherie.

    Gilbert Bordes est un romancier qui excelle à faire pénétrer le lecteur dans la vie et l'âme des familles de nos campagnes, âprement jalouses de leur sensibilité, de leurs émotions qu'elles cachent souvent sous des apparences rugueuses et dures.

    Le talent de cet écrivain est tel qu'il lui permet aussi bien d'entraîner le lecteur au cœur de poignants sujets de la société contemporaine que dans une comédie de mœurs lorsqu'il ne l'attire pas dans l'un de ses romans historiques.

    Après la disparition de "l'École de Brive" -courant contemporain du roman de terroir- dont ils étaient membres, Gilbert Bordes et trois autres écrivains, Claude Michelet, Jean-Guy Soumy et Yves Viollier, créent la "Nouvelle École de Brive" qui aborde tous les sujets. Leurs personnages ne sont pas fixés dans leur terroir mais se transportent sur tous les continents.

    Plusieurs des livres de Gilbert Bordes ont été adaptés pour la télévision.

    Concernant sa passion pour la lutherie, il écrit :

    "J'ai construit mon premier violon quand j'avais douze ans. Depuis, je cherche une voix de lumière entendue dans une autre vie. Tout nouvel instrument s'en rapproche un peu plus sans jamais l'atteindre." (Gilbert Bordes)

    Sites : http://gilbertbordes-luthier.fr/

               https://www.youtube.com/

               http://blog.radioclassique.fr/olivierbellamy 

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    Œuvres :

     

    1981. Beauchabrol ou le temps des loups (Jean-Claude Lattès ; 2009, Lucien Souny) 

    1983. Barbe d'Or (Jean-Claude Lattès ; 1992, Lucien Souny)gilbert bordes écrivain,gilbert bordes écrivain français

    1989. L'Angélus de minuit (Robert Laffont)

    1990. Le Roi en son moulin (Robert Laffont)

    1991. La Nuit des hulottes (Robert Laffont). Prix RTL-Grand Public, 1992. Grand Prix littéraire de la Corne d'Or limousine, 1992

    1992. Le Porteur de destins (Seghers). Prix des Maisons de la presse, 1992

    1993. Les Chasseurs de papillons (Robert Laffont). Prix Charles-Exbrayat, 1993

    1994. Un Cheval sous la lune (Robert Laffont)

    1994. Le Chat derrière la vitre. Nouvelles (L'Archipel)gilbert bordes écrivain,gilbert bordes écrivain français

    1995. Ce Soir, il fera jour (Robert Laffont). Prix Terre de France, La Vie, 1995

    1996. L'Année des coquelicots (Robert Laffont)

    1997. L'Heure du braconnier (Robert Laffont)

    1997. Rentrées des classes (Robert Laffont)

    1998. La Neige fond toujours au printemps (Robert Laffont)

    1998. L'Or du temps (collab., Robert Laffont)

    1999. Les Frères du diable (Robert Laffont)gilbert bordes écrivain,gilbert bordes écrivain français

    1999. Un Jour de bonheur (Robert Laffont)

    2000. Lydia de Malemort (Robert Laffont)

    2001. Le Silence de la Mule (Robert Laffont)

    2001. Dernières Nouvelles de la Terre (Anne Carrière)

    2001. Des Maisons au cœur (Robert Laffont)

    2002. Le Voleur de bonbons (Robert Laffont)

    2002. Lumière à Cornemule (Robert Laffont)gilbert bordes écrivain,gilbert bordes écrivain français

    2003. Des Enfants tombés du ciel (Robert Laffont)

    2003. Une Vie d'eau et de vent (Anne Carrière)

    2004. La Couleur du bon pain (Robert Laffont)

    2005. Les Colères du ciel et de la terre (Robert Laffont)

                 1. La Montagne brisée 

                 2. Le Dernier Orage

    2006. Juste un Coin de ciel bleu (Robert Laffont)

    2006. Les Âmes volées (Fayard)

    2006. Et l'Été reviendra (Robert Laffont)

    2007. Nous irons cueillir les étoiles (Robert Laffont) gilbert bordes écrivain,gilbert bordes écrivain français,gilbert bordes écrivain-luthier,la disparue de saint-sauveur par gilbert bordes,barbe d'or par gilbert bordes,massif des monédières,la rivière vimbelle dans la corrèze

    2007. La Peste noire (XO) 

                 1. La Conjuration des lys

                 2. Le Roi chiffonnier

    2007. Le Chemin de Peyrelongue (Libra Diffusio)

    2008. La Malédiction des louves (Robert Laffont)

    2009. Les Enfants de l'hiver (XO Éditions)

    2010. Les Secrets de la forêt (Robert Laffont)

    2010. La Maison des Houches (Belfond)

    2010. Les Terres brûlantes (Lucien Souny)

    2011. Le Chant du papillon (Belfond)gilbert bordes écrivain,gilbert bordes écrivain français,gilbert bordes écrivain-luthier,la disparue de saint-sauveur par gilbert bordes,barbe d'or par gilbert bordes,massif des monédières,la rivière vimbelle dans la corrèze

    2011. Le Cri du goéland (Belfond)

    2012. Le Barrage (Belfond)

    2012. La Tour de Malvent (Belfond)

    2013. La Rebelle des sentiers de Lure (Belfond)

    2013. Un Violon sur la mer (XO)

    2014. La Mémoire au cœur (Belfond)

    2015. Les Vents de la liberté (XO)

    2015. La Disparue de Saint-Sauveur (Belfond)gilbert bordes écrivain,gilbert bordes écrivain français,gilbert bordes écrivain-luthier,la disparue de saint-sauveur par gilbert bordes,barbe d'or par gilbert bordes,massif des monédières,la rivière vimbelle dans la corrèze

    2016. L'Enfant de Loire (Belfond)

    2017. Chante Rossignol (Presses de la Cité) 

    2017. L'Année de la pluie (Belfond)

     

    (Source bibliographique : Wikipédia)

     

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    Dans mes Carnets de Lecture :

     

    gilbert bordes écrivain,gilbert bordes écrivain français,gilbert bordes écrivain-luthier,la disparue de saint-sauveur par gilbert bordes,barbe d'or par gilbert bordesBarbe d'Or par Gilbert Bordes. Roman (Lucien Souny, 1992)

    "Les amours d'enfance laissent des traces au cœur des êtres...

    Hélène a aimé Barbe d'Or. Après son départ, elle épousera un notaire de Tulle, mais le retour de l'artiste va ranimer la flamme à peine enfouie. Barbe d'Or s'endette, s'entête et s'alcoolise chaque jour [...]

    Qu'adviendra-t-il de La Chamenade, cette terre enviée malgré la malédiction sourde dont elle est porteuse ? Qu'adviendra-t-il de ces êtres pétris de passions muettes dans un décor magique ? Aucun doute : le retour de Barbe d'Or met le feu aux poudres..." (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    "Gilbert Bordes a trouvé sa voie dans le roman. C'est maintenant un chartreux de la plume au style monacal et sobre. Les paysages de la Corrèze constituent le cadre et l'écrin pour des personnages agités par des passions secrètes." (Éditions Lucien Souny) 

     

    "Certaines terres sont maudites. Elles distillent leur venin à ceux qui les approchent, détruisent ceux qui les convoitent ou les possèdent. [...]

    Te souviens-tu de la première fois que nous avons vu le hameau ? Nous étions entre Tulle et Naves. Un cirque immense, bleu, caché derrière les Monédières... Au milieu un éperon raide, droit entre deux rivières. C'était Saint-Laurent. Planté au-dessus des précipices, avec des pentes que les paysans d'autrefois avaient taillées en escaliers.

    Là nous attendait la belle et maléfique Chamenade. Je l'ai achetée sans écouter cette vieille paysanne ratatinée, la Maurine, qui m'a dit : "Le mauvais œil est sur ce domaine... Il ne faut pas rire : c'est ainsi depuis toujours !" J'ai cru qu'elle voulait me décourager avec cette superstition de paysan.

    Le soleil m'avait un peu grisé. Pour arriver ici, on avait suivi la route en lacets entre deux précipices. Un véritable manège... Deux cigales évadées du Midi chantaient sur un vieux noyer... Il en vient parfois butter contre les pentes de Saint-Laurent, les étés chauds... Elles donnent aux soirées quelque chose qui n'existe pas ailleurs." (Extrait) 

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    Le sud du massif des Monédières (Corrèze)

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Babsy)

     

    Au rythme de récits écrits sur un cahier tenu par le père de Barbe d'Or, narration destinée à son fils qu'il aime d'un amour exclusif, étouffant, récits où le vieil homme décrit sa solitude, ses souffrances et l'espoir du retour de son enfant, Gilbert Bordes fait partager au lecteur la vie des paysans, leur attachement au travail de la terre, et parfois leurs projets tortueux pour reprendre possession de propriétés perdues par leurs ancêtres.

    Les gens de Saint-Laurent sont décrits en termes extrêmement imagés. Parmi eux, les plus jeunes haussent les épaules quand les aïeux tentent de redonner vie aux croyances ancestrales ou évoquent la malédiction de la Chamenade. Cependant Barbe d'Or est de retour.

    "Il n'est plus cet adolescent fragile qui roulait dans les herbes avec Hélène. Le voilà homme, le visage large, auréolé de la lumière de sa barbe et de ses cheveux..."

    Barbe d'Or a allumé toutes les lampes de la maison de maître du domaine de la Chamenade. Au pied de l'escalier, il joue du violon à la nuit.

    Son père, "M. Wulrich ne croyait pas à ce prodigieux talent et disait ouvertement qu'il s'agissait d'une aptitude tout à fait ordinaire. Seuls les paysans et les oiseaux de Saint-Laurent pensaient le contraire..."

    "Là-haut, devant les lumières, l'ombre mêlée de l'homme et du violon s'anime. Les insectes se taisent. La lune s'arrête, se coince entre deux nuages. Le bruit du ruisseau de Vidié disparaît. [...] La nuit se gonfle d'une musique transparente, gaie, légère, énorme, puissante, aérienne, une musique qui n'en finit pas de vibrer, d'imprégner l'air, d'illuminer la nuit. Elle saute d'une note à l'autre, cabriole des graves aux aigus puis pleure, pleure avec une justesse que personne ne saurait expliquer. Un chant comme on croyait qu'un violon ne pouvait pas en faire, une mélodie qui coule mieux que l'eau de la Vimbelle, plus douce qu'un fruit de septembre et parfois aussi amère que ces pommes "Belles de Juillet" très grosses et mûres à la saison des foins, en même temps que les dernières cerises." (Extrait)

     

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    La Vimbelle, rivière de la Corrèze, au lieu-dit La Moune

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Avocat jean)

     

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    Lumière à Cornemule par Gilbert Bordes. Roman (Éditions Robert Laffont, 2002)

    "Il y a tout juste un siècle [...], les huit cents habitants de Cornemule, gros bourg corrézien, ne s'éclairent qu'à la chandelle et à la lampe à pétrole, et s'en trouvent fort bien. Or voici qu'à l'approche des élections municipales, le maire, Valentin Lescure, proclame : "Je vais être celui qui fait briller le soleil à minuit."

    L'électricité à Cornemule ! On s'émeut, on tremble : les vaches vont crever, les hommes perdre leur virilité, etc. Mais on n'arrête pas le progrès et, un beau soir, la lumière jaillit sur la place. Les jours suivants, cette lumière révèle la vie nocturne, demeurée secrète, du village. Scandale ! Et, pour couronner le tout, un mal mystérieux se répand... Maître Béranger, l'ancien maire, et le fabricant de chandelles prennent la tête de la révolte.

    Voici une très puissante comédie, un tableau, toujours exact, de la France profonde, cet univers sincère et heureux que Gilbert Bordes connaît comme sa poche." (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    "Il pesait pas loin d'un quintal et demi et, dans les fermes où il se rendait parfois, les maîtresses de maison lui proposaient les gros bancs de chêne afin d'épargner les rares chaises qu'elles ne sortaient que pour les visiteurs de marque.

    - Je le tiens ! répéta-t-il en serrant les poings.

    En parlant ainsi, il désignait Maître Maxime Béranger, le notaire, et ancien maire qu'il avait battu aux précédentes élections. Maire de Cornemule depuis l'âge de trente ans, Maître Béranger avait pris la succession de son père et considérait la mairie comme un bien familial. Son échec affecta beaucoup cet homme sensible qui refusa de s'estimer battu. Procédurier, il put démontrer certaines irrégularités dans le déroulement du scrutin, des babioles selon Lescure, mais qui avaient conduit le préfet à annuler l'élection de 1902. Tout était donc à refaire et le notaire retrouvait l'espoir de reprendre son fauteuil. La date du nouveau scrutin avait été fixée au 28 septembre 1903, après les grands travaux d'été pour ne pas risquer une abstention massive compréhensive dans cette campagne pauvre où les maigres biens dispensés par la terre avaient plus d'importance que l'occupant de la mairie. Valentin Lescure et son équipe, n'ayant pas été mis en cause dans les irrégularités dénoncées, conservaient l'administration de la commune sous tutelle préfectorale, ce qui ne gênait pas le maire : "Le préfet est comme les autres ! disait-il à ses conseillers. Il faut lui apporter quelques jambons, des œufs frais, un poulet chaque dimanche et il ne peut rien refuser !"

    Il redoutait cependant que la victoire ne lui échappât. Pour cette raison, il avait cherché pendant longtemps une idée, une réalisation qui marqueraient ses contemporains [...]. Il pensa [...] à agrandir l'école des filles, puis se dit qu'on lui reprocherait une dépense inutile : les filles n'avaient pas besoin de confort pour apprendre à lire et à compter, elles n'en auraient pas plus tard dans leurs fermes. Il imagina ensuite acheter la maison qui se trouvait à droite du presbytère et était inhabitée, pour la transformer en bain public, endroit où les Cornemulois auraient pu se laver avec de l'eau chaude. Il abandonna aussi cet élan en faveur de l'hygiène ; ses concitoyens qui ne se lavaient pas dix fois tout au long de leur vie n'auraient pas compris qu'il dépensât autant pour du superflu."

    Le maire veut faire "amener l'électricité à Cornemule" :

    "L'électricité ! [...] cette chose sans corps, invisible et menaçante, cette invention diabolique avec sa lumière qui rendait fou. L'électricité, pire que la peste, qui menaçait les hommes de maux tels qu'on ne pouvait en imaginer l'horreur ! C'était insensé, comme si, du jour au lendemain, on décidait de planter les poireaux la racine à l'air."

     

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    La foudre fut la première manifestation visible de l'électricité

    pour les humains dans la nature.

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : C. Clark)

     

    Les Cornemulois ne parlaient plus que de "la lélectricité", cette catastrophe, cette calamité, qui allait certainement tout stériliser : leurs terres, leurs femmes, et pis que tout, leurs animaux ! Savez-vous que le meunier de Bellefond qui a fait installer la lumière, cette chose immonde avec ses milliers de bêtes qui courent dans des fils suspendus partout, eh bien, ce meunier a eu un enfant qui, au lieu d'apprendre à parler, s'est mis à braire comme sa mule ? 

    Un livre hilarant où les opposants à la science, aux avancées techniques et aux inventions qu'ils accusent de mettre en péril leur santé, leur entreprise, leurs biens, se heurtent au maire de Cornemule prêt à toutes les audaces pour sa réélection. 

     

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    Le Voleur de bonbons par Gilbert Bordes. Roman (Robert Laffont, 2002)

    "Douze ans, pas franchement beau, il ne fiche rien à l'école. À l'occasion, il chaparde. "On n'en fera jamais rien", se lamente sa grand-mère. Tout le village est bien de cet avis.

    Il s'appelle Matthieu. Arrive Marion. Ils ont le même âge. Lui, éclatant de santé ; elle, gravement malade : leucémique. Pour lui faire plaisir, pour amener un sourire sur ses lèvres pâles, il lui fait des cadeaux : une pochette-surprise, des bonbons, un stylo en or, un collier, un briquet - tous volés, bien sûr - : leur trésor. Et parce que Marion lui a dit qu'elle se sentait mieux lorsqu'elle avait communié, un jour il va trop loin. Le ciboire et les hosties consacrées disparaissent. Scandale !

    Cinq années dans un centre d'éducation surveillée, et Matthieu est libre. [...]" (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    "Matthieu Moncet naquit le 12 avril 1948, à Lachaud, un hameau de deux maisons de la commune de Peyrolles, près de Tulle, en Corrèze. Un petit laideron que l'on surnomma vite le Têtard à cause de sa grosse tête ronde, ses oreilles décollées, ses yeux globuleux. Il n'avait pas trois ans que sa mère fut emportée par une leucémie en quelques mois d'une souffrance atroce. Matthieu fut élevé par sa grand-mère, Pauline, une forte femme à la voix rude et aux gestes brutaux. Son grand-père, le vieux Gustave, la laissait parler et se rendait dans ses champs avec une nonchalance mesurée. [...] 

    Matthieu était un enfant difficile. Pauline avait beau lui flanquer de magistrales fessées, l'enfermer à la cave, rien n'y faisait. À l'école, Mme Pelletier ne cherchait plus à le faire travailler. Matthieu n'était pas bête, mais refusait la contrainte et dissipait la classe. Le curé Brissac, un homme d'autorité, disait que le garnement avait mauvais fond, que son âme était aussi laide que sa figure. Matthieu avait pourtant un don : il chantait merveilleusement bien. Il était capable de répéter un air entendu une seule fois et inventait des mélodies qui ravissaient tout le monde. [...]

    Les années passèrent. Pauline avait espéré que Matthieu grandirait en sagesse, mais le garçon restait toujours aussi dissipé et imprévisible. Il avait douze ans au printemps 1960 quand Marion arriva à Lachaud.

    Sa vie allait en être bouleversée... (extrait)

     

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    L'Enfant malade (1885-1886) par Edvard Munch

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Le voleur d'hosties et de bonbons, aidé par un ancien militaire, autrefois professeur, qui vit en reclus dans sa roulotte pour d'obscures raisons, mène de front études et divers emplois, avec l'objectif, l'espoir, ou bien le rêve, de sauver Marion...

     

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    Et l'Été reviendra par Gilbert Bordes. Roman (Robert Laffont, 2006)


    "Le Chaumont, situé en bord de Loire, est le domaine familial et la fierté des Laurrière. Trois générations s'y côtoient et y vivent en quasi-autarcie, au beau milieu d'une merveilleuse nature : Albin, le patriarche bourru et amoureux de sa terre, sa sœur honnie, Margot, propriétaire du château, son fils Clément et sa famille. Si [Clément] a tout pour réussir, il souffre aussi d'une dévorante maladie : le poker. Une nuit, il perd deux millions d'euros à la table d'un cercle de jeux parisien. Très vite, ses biens sont hypothéqués et son couple se déchire... Mesurant les répercussions funestes de son acte, il traîne dans la capitale son dégoût de soi et sa honte. L'onde de choc se propagera jusqu'aux bords de la Loire : le revers de fortune du fils Laurrière va chambouler le microcosme familial et permettre de lever le voile sur des secrets de famille longtemps occultés.

    Et l'été reviendra est un roman au scénario diabolique, au suspense haletant et à la morale implacable. Entre parties de pêche et plongées dans les abîmes de l'âme humaine, Gilbert Bordes est au sommet de son art." (Éditions Robert Laffont. Extrait)

     

    "Le soleil couchant illumine la Loire ; des formes mouvantes s'enlacent, dansent, jouent sur le courant régulier. De sa chaise près de la table encombrée d'assiettes sales, Margot de Morlay vide d'un trait son verre qu'elle remplit de nouveau. La vieille femme repousse ses lourds cheveux gris, hume un instant l'haleine du fleuve. Geordeaux, son domestique, est parti en forêt avec ses chiens. C'est l'heure où le vin fait revive les fantômes de son immense château, la replonge dans un passé qui la hante toujours et remet à vif des haines vieilles de quarante ans.

    Son regard ne quitte pas le miroir de la Loire et la campagne environnante que découpe sa fenêtre. Les collines retrouvent leur calme, les ouvriers du Chaumont sont rentrés chez eux. Des tourterelles chantent.

    - Le Chaumont ! murmure Margot. Le domaine d'où viennent tous les malheurs et pour lequel on a commis les pires actes. Je le hais et pourtant je suis là, dans ce vieux château à faire front. [...]

    Sur sa droite, la Loire forme une large boucle autour du Chaumont avant de revenir frôler le château qui se dresse, imposant, sur sa butte. Devant elle, après le bosquet, les bâtiments du domaine entourent la cour pavée de la ferme où Margot jouait quand elle était enfant. Derrière la vaste maison de sa famille, les Laurrière, le moutonnement des collines se dore au soleil couchant."  (Extrait)

     

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    Le Château de Chaumont-sur-Loire par Raoul Dufy (1937)

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Frank Bird)

    Le lecteur s'engouffre dans l'enfer du jeu avec Clément, représentant de commerce, fils unique d'Albin Laurrière et neveu de Margot. "Clément montre une ardeur peu commune au poker, surtout quand il perd !" Sa femme, Fabienne, "professeur de français à Giens, suffit aux besoins de leurs deux enfants, Arthur et Manon". Clément ne pense qu'au jeu, à l'excitation qu'il lui procure "et que rien au monde ne peut remplacer. Un besoin de domination, de victoire sur le destin, de conquête, d'affrontement avec la certitude que le monde est à conquérir."

    Arthur et Manon, contrairement à leur père attiré par les tentations des grandes villes, ne sauraient vivre ailleurs que sur la terre de leurs ancêtres, où cinq générations ont travaillé avec obstination. "Après un déjeuner pris sur le coin de la table, Arthur saute sur son vélo où est attachée en permanence sa canne à pêche et pédale en direction de la Loire. Un bonheur intense coule en lui, remplit tout son être. Il va à la pêche, rien d'autre n'a d'importance. Il voudrait arrêter le temps.

    Manon, montée à cru sur l'immense Capucin, se tient au milieu du sentier entre les herbes. Arthur lui crie de s'éloigner. Le grand cheval tourne vers lui sa longue tête aux gros yeux globuleux pleins de douceur. Ce rare représentant de la race ardennaise n'accepte qu'une seule personne sur son dos, Manon, à qui il obéit en tout, et reste sourd aux ordres des autres."

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    Étalon de race ardennaise

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Marie-Claire)

     

    La complicité pimentée de chamailleries des deux enfants, l'affection du doux cheval Capucin, la beauté de la Loire nimbent d'instants de grâce ce roman où, entre folie, fantôme et lourds secrets, la plupart des personnages sont déchirés par les passions, la haine, l'avidité, la culpabilité...  

      

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    Les Enfants de l'hiver par Gilbert Bordes. Roman (XO Éditions, 2009)

    "Pendant la Seconde Guerre mondiale, le combat pour survivre de six enfants seuls dans les neiges glacées des Pyrénées

    Hiver 1943. "Les enfants ? Où sont les enfants ?" Les questions claquent dans le silence des Pyrénées. Des passeurs ont été capturés alors qu'ils tentaient d'évacuer six enfants de résistants vers l'Espagne. Ils ont juste eu le temps de cacher leurs protégés, et refusent de les livrer. Furieux, les SS les exécutent, mais les enfants restent introuvables. Bientôt transis, les SS renoncent aux recherches et décident de les abandonner au froid. Ils font sauter l'unique passerelle reliant le refuge à la vallée...

    Terrés dans une grotte, les enfants ont tout vu. Ils sont désormais prisonniers de la montagne. Les premières neiges viennent de tomber, l'hiver ne fait que commencer. Il va falloir s'organiser, trouver des vivres et du feu, surmonter les rivalités, bref se comporter en adultes.

    Mais ils ne sont que des enfants. Et dans le monde de l'enfance, les corps et les âmes sont plus fragiles. Comment vont-ils résister au froid, à la faim, au désespoir ? Fils ou fille de communiste, d'ouvrier ou de bourgeois, juif ou chrétien, ils devront s'entendre et dépasser leurs différences pour avoir une chance de survivre.

    Une histoire inoubliable d'entraide, d'amitié et de combat pour la vie, un roman d'une force bouleversante." (Quatrième de couverture)

     

    " - Les enfants, où sont les enfants ? 

    Une rafale de mitraillette crépite. La montagne l'amplifie. Puis le silence. Immense. Écrasant. Une femme crie. Des hommes parlent en allemand, aboient des ordres.

    - On veut les enfants !

    - Il n'y a pas d'enfants ! dit Loïc, dont les intonations du Midi chantent dans le silence revenu. Nous sommes montés ici comme chaque année pour prier la Vierge des neiges.

    - Ah bon ? vous priez ? Vous n'étiez pas à la tête des terroristes qui ont attaqué le convoi entre Foix et Vicdessos ? Huit de nos camarades ont été tués, quatre camions détruits avec le matériel qu'ils transportaient, et les enfants, hein, les enfants que vous avez enlevés, où sont-ils ?

    - Je ne sais pas de quoi vous parlez.

    - Les six enfants que nous transportions à notre centre de Toulouse. Tous fils de ceux que vous appelez des résistants... On sait que vous les avez emmenés ici pour les cacher en Espagne. Cela ne vous dit rien ?

    - Non.

    Loïc Stinger fait face, résigné. Des mèches grises bougent sur son crâne dégarni. Il n'a pas eu le temps de chausser ses lunettes et cligne des yeux vers de vagues silhouettes qui s'agitent devant lui. Pourtant, il garde la tête haute et joue la surprise avec une seule pensée : ne pas trahir la peur qui le dénoncerait." (Extrait)

     

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    Le Mont Valier dans les Pyrénées ariégeoises

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Découvrons les six enfants des résistants : Joachim, très brun, "cheveux plaqués à la manière des adultes", porte d'épaisses lunettes et serre presque continuellement contre lui son étui à violon. Christophe, un savoyard, grand adolescent aux cheveux blonds frisés, est pourvu d'un visage osseux et d'un "regard incertain". Séverine, une blondinette de dix ans, visage maigre et longue chevelure toujours en désordre, tousse tout le temps, apitoyant les autres enfants. Matthieu, seize ans, au regard d'adulte, a des gestes lents et mesurés "inspirant confiance aux autres qui ont tant besoin de quelqu'un pour les diriger". Marie-Hélène est une jeune fille dévouée, mais "son expérience lui a appris à se méfier des garçons, à ne pas écouter leurs boniments et surtout à fuir ceux qui lui plaisent". Jeanne, une petite brune de quinze ans, aux cheveux courts, "au regard qui brûle", avec "une voix basse qui n'est pas ordinaire", se tient souvent un peu en retrait du groupe.

    Les enfants, cachés dans une grotte, assistent au massacre des résistants qui ont refusé de les livrer aux SS. Ils aperçoivent une chapelle et un refuge détruits par des explosifs ; le hangar où des provisions ont été déposées est probablement piégé, lui aussi. Les enfants sont désormais confrontés à la peur, aux souffrances de la petite tuberculeuse, Séverine, au froid et aux loups. Enfants craintifs, adolescents téméraires doivent maintenant faire face à leurs désaccords sur les décisions à prendre pour la survie de tous, aux jalousies, à la rivalité des aînés, enfin aux évènements dramatiques qui les ont séparés de leurs familles.

    J'ai dévoré ce livre... 

     

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    La disparue de Saint-Sauveur par Gilbert Bordes. Roman (Belfond, 2015)

    "Quatre heures du matin à Saint-Sauveur. Comme chaque jour, Jean Baltoret se lève pour aller préparer les dorés, ces brioches qui ont fait sa fortune. Dans la réserve, un bruit : c'est Anaïs, sa petite-fille de dix-huit ans. Elle titube, elle est saoule, une fois de plus. Jean et sa femme, Valérie, l'ont élevée après la disparition de sa mère, Marie, quelques jours après sa naissance. Une adolescente agréable apparemment sans problèmes, jusqu'à une date récente. Que s'est-il passé pour qu'elle se mette dans de tels états, refuse d'aller en cours, ait de mauvaises fréquentations et fuie ses meilleurs amis [...] ?

    L'inquiétude des grands-parents est d'autant plus grande que Jean reçoit des lettres de menace. [...] (Extrait de la quatrième de couverture) 

     

    "L'ancien village minier drapé de brume se dessine sous un ciel clair. Deux terrils barrent l'horizon et rappellent à Jean son enfance dans des rues grises de poussière, son père, gueule noire, sa mère toujours attentive. Autrefois, l'artisan aimait le printemps, ouvrait en grand les fenêtres pour respirer l'air frais plein de senteurs d'herbes fraîches et de fleurs épanouies. C'était l'époque heureuse de Marie. Depuis, il se dit que le printemps ne le concerne plus.

    C'est un petit homme, costaud, le visage osseux. À soixante-dix ans, Jean serait solide si les étourdissements le laissaient tranquille, il pourrait encore travailler de longues années. Son métier de boulanger-pâtissier, c'est sa vie ; il a eu la bonne idée d'inventer les dorés et n'a vécu que pour améliorer la qualité de ces brioches parfumées [...]" (extrait)

     

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    "L'ancien village minier drapé de brume se dessine sous un ciel clair.

    Deux terrils barrent l'horizon..."

    (Source Wikimedia Commons. Auteur : Hemmer. Terrils des mines de Lens)

     

    "Vers seize heures, le village semble dormir sous un ciel gris et une chaleur qui annonce l'orage. Saint-Sauveur, entièrement tourné vers son passé, se cherche désespérément un avenir que beaucoup voient dans la production des dorés. Mais comment oublier le bruit incessant de l'énorme roue qui tournait au sommet du chevalement, la poussière de charbon qui s'insinuait sur les draps de lit ? Ici, les fleurs étaient grises et personne ne s'en plaignait. Autour du puits 34, les bistrots, aujourd'hui transformés en habitations, ne désemplissaient pas. En attendant l'heure de descendre, les hommes buvaient de la bière, remplacés après leur départ par ceux qui étaient remontés. Les jours de paie, c'était la fête. Des bagarres éclataient entre les mineurs locaux et les Polonais, accusés de travailler pour une bouchée de pain. Ces jours-là, dans le coron, les enfants se tenaient à l'écart..."  (Extrait) 

     

    Le maire de Saint-Sauveur propose à Jean, avec une grande insistance, l'aide de la commune pour la création d'une entreprise qui fabriquerait et exporterait les dorés jusqu'en Chine, promettant de ne jamais laisser sortir du village la recette de ces brioches, recette encore tenue secrète par Jean. Mais ce dernier est tourmenté par les frasques de sa petite-fille, Anaïs, et par les lettres de menaces de mort qui se succèdent.

    "Dehors, Jean observe l'ancien coron transformé en petites habitations individuelles crépies de blanc. L'odeur délicate des tilleuls fleuris embaume. Les hirondelles patrouillent sur les toits. La vie est partout, souveraine, effrontée, mais Jean se sent absent du beau manège de l'été naissant." (Extrait)

    Dans un style d'écriture sobre, aux phrases souvent brèves, précises, Gilbert Bordes excelle à retenir l'attention du lecteur captivé qui veut aller toujours plus avant, emporté par l'anxiété tout au long de la narration du drame se déroulant sous son regard...

     

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    Prochainement, si vous le souhaitez, chers Lectrices et Lecteurs, nous irons à la rencontre d'un peintre allemand du XIXe siècle.

     

  • Jean-Marie Blas de Roblès, écrivain flamboyant de l'imaginaire

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    Jean-Marie Blas de Roblès

    (Source photographique : http://blasderobles.fr/)

     

    Jean-Marie Blas de Roblès est un écrivain, philosophe et archéologue français.

    Né en 1954 à Sidi Bel Abbès, en Algérie, et rapatrié en France avec ses parents après l'accession à l'indépendance de l'Algérie, il passe son adolescence dans le Var.

    Il étudie la philosophie à la Sorbonne et l'histoire au Collège de France. Diplômé, il part au Brésil enseigner la littérature française, en 1981-1982. Il est nommé à la direction de la Maison de la Culture Française à Fortaleza, la capitale de l'État du Cearà, au Brésil.

    Il part en Chine Populaire, en 1983-1984, et enseigne à l'Université de Tianjin, où il donne les premiers cours sur l'écrivain et philosophe français Jean-Paul Sartre (1905-1980) et sur l'écrivain et critique français Roland Barthes (1915-1980). Il enseigne également à Taïwan.

    Il se rend en Italie où il enseigne à Palerme.

    À partir de 1986, il devient membre de la Mission Archéologique Française en Libye et participe, chaque été, aux fouilles sous-marines d'Apollonia de Cyrénaïque (Apollonie de Cyrène), de Leptis Magna et de Sabratha en Tripolitaine (Libye).

     

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    Apollonia de Cyrénaïque en Libye. Rempart du côté est de l'acropole.

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : David Stanley, from Nanaimo, Canada)

     

    Le Courrier de l'UNESCO, n° 1, en 2009, présente ainsi un texte de Jean-Marie Blas de Roblès, "Le syndrome du scaphandrier" :

    "Aux antipodes de la chasse aux trésors, un chasseur de rêves nous fait part de l'émotion qui l'envahit lorsqu'il "ramène des profondeurs de l'oubli des fragments de beauté nue". [...] l'écrivain français Jean-Marie Blas de Roblès a participé à des fouilles sous-marines au large de la côte libyenne, explorant ainsi cette "part invisible de nous-mêmes" qui doit être protégée avec soin et respect." (Extrait)

     

    En 1985, Claude Sintes, Directeur du Musée de l'Arles antique, propose à Jean-Marie Blas de Roblès de participer à une campagne d'archéologie sous-marine dans le port d'Apollonia, en Libye, pendant l'été 1986.

    "D'un seul coup d'un seul j'avais été transporté dans un monde où Jules Verne le disputait à H. G. Wells ; Vingt mille lieues sous les mers et La Machine à explorer le temps confondus en une même jouissance : la sensation aiguë, la certitude de survoler une Atlantide désertée !" [...] Partout, avec chaque pierre, chaque structure plus ou moins discernable sous sa fourrure d'algues, il y avait, visibles, saisissables sur un simple mouvement du bras, des dizaines, des centaines d'objets qui auraient mérité de se trouver dans les musées [...]

    Il m’est arrivé de trouver un solidus d’or rarissime, mais l’émotion qui m’a coupé le souffle en cet instant ne devait rien à la valeur monétaire de l’objet. Elle tenait à l’éclat de ce petit soleil virevoltant dans le bleu comme un miroir, à l’indicible joie d’avoir ramené des profondeurs de l’oubli un fragment de beauté nue. Un processus très proche, finalement, de ce qui est à l’œuvre dans l’écriture et dont Le Syndrome du scaphandrier, du romancier français Serge Brussolo, constitue à mes yeux l’une des plus justes métaphores : un chasseur de rêves s’enfonce jour après jour dans les ténèbres du sommeil ; de cet univers parallèle, il remonte des sortes d’ectoplasmes, d’étranges fictions qui s’incrustent dans le réel et parviennent à y exister." (Jean-Marie Blas de Roblès) (Extrait)

    (Site : http://unesdoc.unesco.org/) 

     

    Depuis 1996, Jean-Marie Blas de Roblès se consacre exclusivement à l'écriture.

     

    Sources biographiques :

    . Site officiel de Jean-Marie Blas de Roblès http://blasderobles.fr/

    . Wikipédia. 

     

     

    Œuvres :

     

    1982. La Mémoire de riz et autres contes. Nouvelles (Seuil). Prix de la Nouvelle de l'Académie française, 1982.jean-marie blas de roblès,j.-m. blas de roblès écrivain français contemporain,j.-m. blas de roblès bibliographie,la mémoire de riz par j.-m. blas de roblès,l'illusionniste par j.-m. blas de roblès,là où les tigres sont chez eux par j.-m. blas de roblès,athanase kircher,l'île du point némo par j.-m. blas de roblès

    1983. D'un Almageste les fragments : Périhélie. Poésie. Dans ouvrage collectif : L'Alphée, n° 10

    1983. Le repos précieux des monstres désirables. Nouvelle. Dans ouvrage collectif : Obsidiane, n° 23

    1984. Del Baño. Nouvelle. Dans ouvrage collectif Europe, juin-juillet 1984 : Mémoires imaginaires

    1985. Alluvions. Poésie. Dans ouvrage collectif : Mots de passe 1945-1985. Petit abécédaire des modes de vie, sous la direction de Pascal Ory (Autrement)

    1986. D'un Almageste les fragments : Sur des ruines. Poésie. Le Chat bleu, cahier n° 3

    1987. L'Impudeur des choses. Roman (Seuil)

    1989. Le Rituel des dunes. Roman (Seuil)

    1990. Et puis l'énigme sur nos paumes... Poésie. Dans ouvrage collectif : Poésies aujourd'hui par Bruno Grégoire (Seghers)

    1991. Une certaine façon de se taire. Hybride. Dans ouvrage collectif : Quai Voltaire, n° 3

    1998. What is means to be in the forest. Hybride. Dans ouvrage collectif : Zingmagazine, volume 2, New York

    1999 et 2005. Libye grecque, romaine et byzantine. Essai (Édisud, collection Archéologie)

    2003. Sites et monuments antiques de l'Algérie en collaboration avec Claude Sintes. Essai (Édisud, collection Archéologie) 

    2004. Vestiges archéologiques du Liban en collaboration avec Dominique Pieri et Jean-Baptiste Yon. Essai (Édisud, collection Archéologie - Librairie Antoine)

    2006. Alerte et Catacombes. Poésie. Dans ouvrage collectif : Le Mâche-Laurier, n° 24 (Obsidiane)

    2008 et 2016. Là où les tigres sont chez eux. Roman (Zulma). Prix Médicis 2008. Prix du Roman FNAC 2008. Prix du Jury Jean Giono 2008.jean-marie blas de roblès,j.-m. blas de roblès écrivain français contemporain,j.-m. blas de roblès bibliographie,la mémoire de riz par j.-m. blas de roblès,l'illusionniste par j.-m. blas de roblès,là où les tigres sont chez eux par j.-m. blas de roblès,athanase kircher,l'île du point némo par j.-m. blas de roblès

    2008. Méduse en son miroir et autres textes. Nouvelles (Mare Nostrum)

    2009. La loi Cioran. Nouvelle. Dans ouvrage collectif : Décapage, n° 38 (La Table Ronde)

    2009. Le Secutor de Glanum. Nouvelle. Dans ouvrage collectif : 100 Monuments, 100 Écrivains (Éditions du Patrimoine)

    2009. Guérilla. Nouvelle. Dans ouvrage collectif : Décapage, n° 4 (Table Ronde)

    2009. Athanase Kircher. Hybride. Dans ouvrage collectif : Le Tigre, n° 30

    2009. Métaphysique de l'infime. Hybride. Dans ouvrage collectif : Le Tigre, n° 31

    2009. Posture du vide. Hybride. Dans ouvrage collectif : Le Tigre, n° 32

    2009. Une Minute vingt secondes de silence. Hybride. Dans ouvrage collectif : Revue Giono, n° 3 

    2010. La Montagne de minuit. Roman (Zulma). Grand Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres 2010.jean-marie blas de roblès,j.-m. blas de roblès écrivain français contemporain

    2010. Quatre nouvelles : Contrôle d'identité. Comme on se voue. Bandits manchot. Un petit 38. Dans ouvrage collectif : Revue Inculte, n° 19

    2010. Lady be good. Théâtre. Dans ouvrage collectif : La Revue Littéraire, n° 47 (Léo Scheer) 

    2010. L'Idéalisme brûlé. Entretien avec Pierre Michon et Anne-Marie garrat. Dans ouvrage collectif : Pour Lowry (MEET)

    2010. Qu'est-ce qu'un Romain ? Hybride. Dans ouvrage collectif : Je est un autre (Gallimard)

    2011. La Mémoire de riz. Nouvelles (Zulma)

    2011. Sicile antique, en collaboration avec Bernard Birrer et Hervé Danesi. Préface par Juliette de La Genière. Essai (Édisud, collection Archéologie)

    2011. Ignorer le ciel. Hybride. Dans ouvrage collectif : Le Ciel vu de la Terre (Inculte)

    2011. Rempart du rouge. Nouvelle. Dans ouvrage collectif : L'Éloge des cent papiers (Association Verbes) 

    2011. Quéquette bicot. Nouvelle. Dans ouvrage collectif : Villa Europa n° 2 (Villa Europa n° 2, Sarrebruck)

    2012. Les Greniers de Babel. Nouvelle (Invenit)

    2013. La Secte des badasses. Nouvelle. Dans ouvrage collectif Brèves, n° 102 : Le Rêve sans fin

    2014. L'Île du point Némo. Roman (Zulma)

    2015. Hautes Lassitudes. Poésie (Dumerchez)

    2017. Dans l'Épaisseur de la chair. Roman  (Zulma)

     

    Source bibliographique :

    Site officiel de Jean-Marie Blas de Roblèshttp://blasderobles.fr/

     

     

     

    Dans mes Carnets de Lecture :

     

    jean-marie blas de roblès,j.-m. blas de roblès écrivain français contemporain,j.-m. blas de roblès bibliographieLa Mémoire de riz par Jean-Marie Blas de Roblès. Nouvelles (Éditions Zulma, 2011)

    "On a envie de dire : Entrez, entrez vite dans la baraque enchantée du conteur ! Machineries diaboliques, pantins articulés, leurres et aberrations piègent chaque récit, et le lecteur, littéralement sous le charme, découvre tour à tour de fabuleux paysages marins, des personnages éternels, des univers hantés. Depuis les grands mythes affolants de l'humanité jusqu'à la plus brûlante actualité qui secoue Maghreb et Machreck, maintes époques sont brassées, maintes civilisations, avec une prédilection pour l'Orient des Mille et Une Nuits.

    Forgées par une science quasi picturale de la description et conduites tambour battant par le bonheur de raconter, ces vingt-deux fictions - autant que d'arcanes majeurs dans le tarot - sont un moment de grande littérature, sur le versant flamboyant de l'imaginaire. Elles ont valu à son auteur le Prix de la nouvelle de l'Académie française." (Deuxième de couverture)

    "Rompu aux jongleries savantes de l'imaginaire, Jean-Marie Blas de Roblès nous entraîne, par la grâce de son écriture, dans les mondes gigognes de l'esprit aux prises avec les mystères ultimes, sans perdre jamais le fil du labyrinthe charnel du désir et de la folie de vivre." (Extrait troisième de couverture)

     

    "L'Échiquier de Saint-Louis

    Une grosse flambée de bois sec ronflait dans la vieille cheminée du manoir, et les lueurs d'incendie qu'elle projetait sur les murs - multipliées à l'infini par les surfaces lustrées des miroirs, des cadres dorés et de ce globe de verre sous lequel un petit lutin, sculpté dans la cire, narguait les flammes qui jouaient sur son vêtement de perles - donnaient à la pièce où je me trouvais la chaleur, l'intimité vacillante et mystérieuse d'une église baroque. La mer, au loin, s'enfournait avec fracas dans les grottes à vif de la côte rocheuse ; ogresse du Nord, elle mangeait les falaises d'Yport en laissant sur le silex écorché les traces de ses dents. Sa respiration de fauve se confondait avec le grognement opiniâtre du brasier.

    - Tu ne veux toujours pas apprendre à jouer ? Il fait un temps à pousser du bois toute la nuit, si seulement tu voulais te donner la peine...

    Mon ami Roetgen, chez qui je vivais déjà depuis quelques jours, venait de rompre le silence avec ce ton gentiment acerbe qui lui était particulier. Je connaissais sa folle passion pour le jeu d'échecs, mais j'avais toujours refusé d'apprendre à "pousser du bois", pour employer son expression. Au début de mes rencontres avec lui, je n'avais pourtant guère de raison pour expliquer mon refus des échecs et, d'ailleurs, de tout jeu en général. Les heures que Roetgen passait devant son échiquier, l'extrême jouissance qu'il semblait en tirer, son insistance, enfin, à vouloir m'inoculer son vice, avaient fini cependant par asseoir mon aversion." (Extrait)

     

    Ibn ruh Al Jahim, "roi de la montagne et prince des Bédouins", offre à Saint Louis un échiquier "rutilant, scintillant de mille feux, un merveilleux échiquier de cristal, de nacre et d'argent. Le tout, comme Joinville l'écrivit par la suite, le tout fait à belles fleurettes d'ambre, liées à belles vignettes de fin or. Un parfum exquis, où le jasmin jouait sa note fraîche et entêtante, commençait à envahir la pièce."

    Les deux souverains s'apprêtent à se mesurer aux échecs. Les personnages ornant le pourtour de l'échiquier représentent des scènes d'un réalisme tel - "l'armée chrétienne avec des chevaliers en armure [...] et son cortège de fantassins déguenillés" - que Saint Louis vit à nouveau les années de guerre en Égypte, "sa capture, l'humiliation et les tortures de l'exil..." et joue presque machinalement. L'enjeu est pourtant très grave...

     

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    Le Joueur d'échecs par Honoré Daumier (1863)

     

    Franchi le cap, ô combien délicat ! de la première des nouvelles intitulée L'Illusionniste, le lecteur, peut-être doté d'une âme sensible, s'étant répété : "Fiction, ce n'est que fiction...", maintenant avide de plonger avec témérité dans les profondeurs abyssales de ce recueil, poursuit avec curiosité, et parfois avec crainte, son voyage imaginaire au fil des récits de Jean-Marie Blas de Roblès.

    Ce lecteur découvre, ou redécouvre, un écrivain passionnant dont l'immense érudition va l'entraîner toujours plus loin.

     

    Mais revenons vers L'Illusionniste : le lecteur pénètre dans un effrayant espace de manipulation où règne Eléazard, "cet esprit d'encyclopédie, d'investigation débridée qui reste la plus grande gloire de la Renaissance", expert en "genèses, cosmogonies", le "mécréant irrémédiable", expert en "religions de tous ordres". Le lecteur se trouve confronté à la réalité : sa propre destinée est l'œuvre qu'il a lui-même conçue...

     

    Et vingt autres nouvelles étranges, surprenantes, fascinantes...   

     

     

    jean-marie blas de roblès,j.-m. blas de roblès écrivain français contemporain,j.-m. blas de roblès bibliographie,la mémoire de riz par j.-m. blas de roblèsLà où les tigres sont chez eux par Jean-Marie Blas de Roblès. Roman (Éditions Zulma, 2008). Prix Médicis 2008. Prix du Roman FNAC 2008. Prix du Jury Jean Giono 2008.

    "Eléazard von Wogau, héros inquiet de cette incroyable forêt d'histoires, est correspondant de presse au fin fond du Nordeste brésilien. On lui adresse un jour un fascinant manuscrit, biographie inédite d'un célèbre jésuite de l'époque baroque. Commence alors une enquête à travers les savoirs et les fables qui n'est pas sans incidence sur sa vie privée.

    Comme si l'extraordinaire plongée dans l'univers d'Athanase Kircher se répercutait à travers les aventures croisées d'autres personnages, tels Elaine, archéologue en mission improbable dans la jungle du Mato Grosso, Moéma, étudiante à la dérive, ou bien Nelson, jeune gamin infirme des favelas de Pirambú qui hume le plomb fondu de la vengeance.

    Nous sommes au Brésil, dans le pays des démesures. Nous sommes aussi dans la terra incognita d'un roman monstre, dont chaque partie s'ouvre sur un chapitre de la biographie de Kircher, "le maître des cent arts", ancêtre de l'égyptologie et de la volcanologie, inventeur du microscope ou de la lanterne magique.

    On songe au réalisme magique des Borges et Cortazar, à Italo Calvino ou Umberto Eco, ou encore à Potocki et son Manuscrit trouvé à Saragosse, sans jamais épuiser la réjouissante singularité de ce roman palimpseste qui joue à merveille des mises en abyme et des vertiges spéculaires." (Deuxième de couverture)

     

    "Lui-même globe-trotter et polyglotte, spécialiste de l'archéologie sous-marine, habitué des déserts africains, Jean-Marie-Blas de Roblès nous offre, autour de la révélation du génie baroque d'Athanase Kircher, une Kyrielle extravagante de portraits contemporains en lice pour la conquête du sens dans un monde forcené et pathétique.

    Là où les tigres sont chez eux est le fruit de dix ans de travail, roman somme qui interroge le genre avec une formidable érudition mise au service d'un merveilleux sens de la narration." (Troisième de couverture)

     

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    Athanasius Kircher (1602-1680)

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    "... Eléazard laissa errer son regard à travers la grande fenêtre qui lui faisait face. Elle s'ouvrait directement sur la jungle, ou plus exactement sur la mata, cette luxuriance de grands arbres, de lianes torses et de feuillages qui avait repris possession de la ville sans que nul n'y trouve à redire. De son premier étage, Eléazard avait le sentiment de plonger au cœur même de l'organique, un peu comme un chirurgien surplombe un ventre offert à sa seule curiosité. Lorsqu'il s'était décidé à quitter São Luís pour acheter une maison à Alcântara, il n'avait eu que l'embarras du choix. Cette ancienne ville baroque, le fleuron de l'architecture du XVIIIe siècle au Brésil, tombait en ruine. Abandonnée par l'histoire depuis la chute du marquis de Pombal, phagocytée par la forêt, les insectes et l'humidité, elle n'était plus habitée que par une infime population de pêcheurs, trop pauvres pour vivre ailleurs que dans des cabanes de tôles, d'argile et de bidons, ou des taudis à moitié écroulés. On y voyait paraître de temps à autre quelque cultivateur, hagard d'avoir si brusquement quitté l'obscurité de la grande forêt pour vendre sa production de mangues ou de papayes aux courtiers faisant la navette avec São Luís." (Extrait)

     

    Eléazard note, dans ses carnets, de judicieuses pensées, dont celle-ci que j'aime particulièrement : 

    "LA VÉRITÉ n'est ni un chemin de traverse ni même cette clairière où la lumière se confond avec l'obscurité. Elle est la jungle même et son foisonnement trouble, son impénétrabilité. Voici longtemps qu'il ne s'agit plus pour moi de chercher une issue quelconque dans la forêt, mais bien de m'y perdre au plus profond." (Extrait)

     

    Dans chacun des chapitres du roman Là où les tigres sont chez eux se déroule une partie de la biographie d'Athanase Kircher, célèbre jésuite de l'époque baroque, tout d'abord étudiant en philosophie, poursuivant des études personnelles de physique, de langues et de mathématiques, puis pratiquant l'astronomie à laquelle il ajoute la physiologie et l'alchimie tout en approfondissant sa connaissance des langues. "À l'âge de vingt-trois ans, Kircher éclipsait sans peine ses collègues, lesquels s'accordaient à lui reconnaître d'incroyables dons de mémoire en sus d'un génie inventif  & d'une habileté mécanique hors du commun." 

    En parallèle, le lecteur fait la connaissance des nombreux personnages qui gravitent autour d'Eléazard von Wogau, correspondant de presse chargé "de l'établissement du texte" de la biographie d'Athanase Kircher, "et de son commentaire". Parmi ces héros, voici Soledade, la jeune domestique d'Eléazard, métissée de Noir et d'Indien, Elaine, professora von Wogau, géologue et ex-femme d'Eléazard, Moéma, fille d'Eléazard et d'Elaine, étudiante, et son amie Thaïs, toutes deux consommatrices de coke. Et bien d'autres...

    Dans ce roman aux étranges et passionnantes sinuosités, passant sans heurt de l'époque baroque du XVIIe siècle à l'époque contemporaine, croisant les destins de personnages si différents, aux recherches et intérêts extrêmement éloignés, d'un continent à l'autre, par-delà les pays, par-delà les siècles, Jean-Marie Blas de Roblès dévoile, à chaque page, un savoir encyclopédique, une érudition éblouissante.

     

    Critiques littéraires :

    "Ce roman encyclopédique et mystificateur, truffé d'élucubrations picaresques, réjouit et fascine. [...] Umberto Eco revu par Indiana Jones chez Malcolm Lowry, avec un zest d'African Queen et de Lévy-Strauss chez les Nambikwara. [...] Une merveilleuse, une vertigineuse galaxie de cette rentrée romanesque." (Patrick Grainville. Le Figaro littéraire)

    "Jean-Marie Blas de Roblès joue avec les illustres références, malmène le réalisme magique, pour un livre en forme d'irrévérence. Là où les tigres sont chez eux est un chahut érudit, d'une grande ambition, un palimpseste qui s'amuse." (Clara Dupont-Monod. Marianne) 

    (Source : http://www.zulma.fr/)

     

     

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    La Montagne de minuit par Jean-Marie Blas de Roblès. Roman (Éditions Zulma, 2010). Grand Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres, 2010.

    "Au cœur de ce roman, un personnage hors du commun : Bastien, gardien d'un collège jésuite et secrètement passionné par tout ce qui concerne le Tibet et le lamaïsme. Tenu à l'écart de son voisinage pour d'obscurs motifs, le vieil homme vit plus solitaire qu'un moine bouddhiste. 

    L'aventure commence à Lyon, par la rencontre entre le vieux sage et Rose, nouvellement emménagée avec son petit Paul. Séduite par l'étrangeté du personnage, cette dernière s'attache à lui au point de lui permettre d'accomplir le voyage de sa vie...

    Vérités et mensonges, fautes et rédemption s'enlacent et se provoquent dans ce roman qui interroge avec une désinvolture calculée les "machines à déraisonner" de l'Histoire contemporaine. Roman à thèse si l'on veut, sous les bonheurs du romanesque pur, la Montagne de minuit se lit comme une exploration intrépide des savoirs et des illusions. " (Deuxième de couverture)

     

    "C'était un vieux jeune monsieur, le gardien du lycée Saint-Luc, l'un de ces faux vieillards à visage d'enfant affublé d'une perruque et de trois ou quatre rides grossièrement maquillées autour des yeux. Les élèves l'appelaient Belette, les professeurs monsieur Lhermine. Un Lyonnais faisant partie des meubles, un pauvre type dont nul n'aurait imaginé qu'il mourrait à Berlin, au plus près du scandale qui avait bouleversé son existence." (Extrait)

     

    Bastien Lhermine, homme effacé et solitaire, passionné par le Tibet et l'élaboration de son mandala de sable, rêvant de voir le Palais du Potala, est le gardien du lycée jésuite Saint-Luc à Lyon. L'arrivée d'un nouveau proviseur porte le coup de grâce à sa vie professionnelle. 

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    Mandala de sable tibétain

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Bastien Lhermine croise dans son immeuble Rose et son petit garçon, Paul. La jeune femme découvre dans les yeux de cet homme discret "quelque chose d'incomparable, une mansuétude, une douceur... Le cœur authentique de la détresse." 

    "[...] on a de tels préjugés sur les gens, on les enferme dans des cages si exiguës, qu'on reste ahuri lorsqu'ils en débordent subitement de tous côtés. Je me suis trouvée bête, dirait-elle [...], je m'en suis voulue de constater combien ma perception de cet homme avait changé, à quel point il était remonté dans mon estime par la seule magie de ses compétences en langues orientales. J'étais vexée de mon étroitesse d'esprit [...]". (Extrait)

     

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    Le Palais du Potala construit au XVIIe siècle

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Antoine Taveneaux)

     

    Critiques littéraires :

    « Blas de Roblès excelle, chemin faisant, dans ses impressions de voyage, vivantes, colorées et terribles, sur le Tibet opprimé [...]. Rien n'est unilatéral dans ce roman délicat comme un effeuillement, grâce à sa composition tressée à plusieurs voix. » (David Fontaine. Le Canard enchaîné)

    (Source : http://www.zulma.fr/livre-la-montagne-de-minuit)

     

    Dans son article intitulé "La Montagne de minuit, de Jean-Marie Blas de Roblès, un Tibet de fantasmes", Benjamin Fau écrit : "L'une des grandes forces de La Montagne de minuit est de poser plus de questions qu'elle n'offre de réponses - car la plupart d'entre elles, préparées et prémâchées par la pensée d'autrui, seraient trop aisées, tronquées et forcément trompeuses. Avec une élégance et une sorte d'évidence émouvante qui parle au coeur autant qu'à la raison, elle se révèle un formidable appel aux pouvoirs de la connaissance face aux dangers de l'obscurantisme. En peu de pages, Blas de Roblès parvient à ouvrir tellement de portes dans l'esprit de son lecteur que son roman, s'échappant de son cadre et de ses circonstances, se fait merveilleuse matière à réflexion et à apprentissage." (Le Monde, 9 septembre 2010)

    (Source : http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/09/09/la-montagne-de-minuit)

     

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    L'Île du Point Némo par Jean-Marie Blas de Roblès. Roman (Éditions Zulma, 2014) 

    "Incroyable machinerie de l'imaginaire, l'Île du Point Némo est un roman d'aventures total, conquérant, tourbillonnaire. Un fabuleux diamant vient d'être dérobé à Lady MacRae. Nous voilà donc embarqués à la poursuite de l'insaisissable Enjambeur Nô. Avec Martial Canterel, richissime dandy opiomane, son vieil ami Holmes (John Shylock), mais aussi Grimod de La Reynière en majordome ou la très inventive Miss Sherrington.

    Par une mise en abyme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s'inscrire dans les aléas d'une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture à voix haute. Bientôt reconvertie en usine de liseuses électroniques par Monsieur Wang, voyeur high-tech et directeur de B@bil Books...

    Avec une ironie abrasive, Jean-Marie Blas de Roblès ouvre d'extraordinaires horizons de fiction. Cette folle équipée romanesque est aussi une critique radicale des idéologies et des gouvernances anonymes, tentaculaires, doublée d'une piquante réflexion sur l'art littéraire." (Deuxième de couverture)

     

    "En baroque inventif, Jean-Marie Blas de Roblès fait feu de tout bois dans ce roman des romans : Vingt Mille Lieues sous les mers, l'Île mystérieuse et toute la littérature populaire du siècle romantique alimentent un brasier d'histoires dont la structure d'ensemble relève de factures ultra-contemporaines héritées diversement des Joyce, Bradbury, ou Philip K. Dick. À cet égard comme à tant d'autres, l'Île du Point Némo est un chef-d'œuvre." (Extrait de la troisième de couverture)

     

    "Les Immortels ont beau ressusciter, ils ne se renouvellent pas assez vite pour étaler la vague macédonienne. Et soudain, voici qu'ils se débandent, le centre perse est enfoncé, Darius fuit. C'est au moment où Alexandre voit son char bariolé disparaître dans la poussière qu'un messager réussit à l'atteindre : sur l'aile gauche, Parménion et ses cavaliers thessaliens faiblissent devant les Perses ; sans renfort ils ne tiendront plus longtemps.

    Ce fut l'instant choisi par Miss Sherrington pour secouer l'épaule du maître de maison :

    - Monsieur, s'il vous plaît, Monsieur Canterel...

    Martial Canterel était allongé sur un lit importé à grands frais d'une fumerie de Hong Kong. Le champ de bataille s'étendait au sol, occupant presque toute la surface du parquet ; vingt-cinq mille soldats de plomb qu'il avait passé plusieurs jours à positionner pour reproduire ce moment crucial: Alexandre devait-il rattraper Darious ou secourir Parménion ?" (Extrait)

     

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    Projection hémisphérique de la Terre, centrée sur le point Nemo,

    pôle maritime d'inaccessibilité (source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Le richissime original Martial Canterel et son vieil ami Sir Shyrlock Holmes accompagné de son majordome, Grimod de La Reynière, déploient toute leur perspicacité afin de retrouver l'exceptionnel diamant de Lady MacRae. À Grimod, qui s'étonne de l'étrange logique déductive de Martial Canterel, ce dernier répond :

    "Si je ne craignais pas la contradiction des termes, je parlerais d'une logique de l'irrationnel, un processus mental dont je me suis aperçu qu'il tirait de la marge, des rencontres aléatoires, et en quelque sorte de la poésie pure, la magie de son fonctionnement. En y réfléchissant un peu, je dirais que je ne suis sans doute pas un si mauvais poète." (Extrait) 

    Au gré de la fantaisie des chapitres, le lecteur voyage, je dirais même qu'il est transporté, chahuté, bousculé, dans des aventures ahurissantes qui l'entraînent, sans le laisser reprendre son souffle un seul instant, de l'océan Pacifique... au Périgord noir.

    Une fois encore, l'érudition domine tout au long de ce roman et l'on déplore que le Temps ne puisse s'arrêter pour aller à la recherche soit d'un personnage, pourtant célèbre, dont la biographie mériterait toutefois d'être mieux connue, soit d'un pays dont le nom, presque familier, ne permet cependant pas de le situer avec précision. Comme chacun des livres de Jean-Marie Blas de Roblès, à lire, à relire et savoir s'arrêter pour améliorer encore et toujours ses connaissances... en oubliant le Temps.

     

    Critiques littéraires :

    "Jean-Marie Blas de Roblès conte la folle odyssées de trois hommes jusqu'à la mystérieuse île Nemo.

    [...] Certes, l'odyssée comporte des farcissures, des détours tirés par les cheveux, des arabesques érudites ou farfelues. Blas de Roblès est un baroque en zigzags auquel sa déontologie interdit le tracé orthogonal. Pages significatives sur les lectures pratiquées dans les fabriques de cigares à Cuba. Car ce roman est un hymne au livre, aux mille arborescences de la fiction.

    Ainsi, ce qui semblait, au début, un jeu, un pastiche étourdissant, révèle sa profondeur, sa nécessité vitale. Quel hydrogène, quel hélium que l'imagination de Blas de Roblès !" (Patrick Grainville. Le Figaro, 18 septembre 2014)

    (Source : http://www.lefigaro.fr/livres/)

     

    "Le Grand Huit de Blas de Roblès.

    Ce livre est un hold-up. Un roman d'aventures total, "tourbillonnaire", abrasif. Le genre qu'on ne lit pas souvent (surtout depuis la dictature planétaire de l'autofiction). [...] Quand il décolle, Blas de Roblès, c'est comme s'il restait bloqué sur l'accélérateur.[...] Plus de limites, pas de freins. Sa prodigieuse machine à fiction s'emballe, impossible de l'arrêter. Les paysages, les références, les époques, les rebondissements, les situations absurdes, les mises en abyme et les coups de théâtre défilent comme des fous furieux. [...] Quelle odyssée fascinante et bondissante en Fantaisie, cette ile imaginaire au milieu du tempsn, ce lieu de nulle part cher à Thomas More, cette "Utopie" où l'on ne fait que rêver, inventer, se tromper et dire la vérité : L'Île du point Nemo ! " (Marine de Tilly. Le Point, 26 juillet 2014).

    (Source : http://www.lepoint.fr/culture/)

           

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  • Christian Bobin, l'auteur d'une oeuvre lumineuse

     

     

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    Christian Bobin, en 2011

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Ji-Elle)

     

    Christian Bobin, écrivain et poète français, est né en 1951 au Creusot, en Saône-et-Loire. Son père enseignait le dessin technique à l'usine Schneider et sa mère était calqueuse.

    Christian Bobin, enfant, recherche déjà la solitude et s'isole avec ses compagnons de prédilection, les livres.

    Professeur de philosophie, puis infirmier psychiatrique, il est aussi rédacteur à la revue Milieux

    Christian Bobin ne quitte guère sa région natale. Il "fuit les mondanités et préfère explorer le silence. Il y consacre sa vie et son œuvre". Lors d'un entretien avec Marie de Solemne paru dans Psychologies, il différencie deux sortes de solitude :

    "Il y a deux solitudes [...] Une mauvaise solitude. Une solitude noire, pesante. Une solitude d'abandon [...] Cette solitude-là n'est pas celle dont je parle dans mes livres. Ce n'est pas celle que j'habite, et ce n'est pas dans celle-là que j'aime aller [...] C'est l'autre solitude que j'aime. C'est l'autre solitude que je fréquente, et c'est de cette autre dont je parle presque en amoureux." 

    Dans ce même article de Psychologies, le philosophe et écrivain français André Comte-Sponville déclare qu'il considère Christian Bobin comme l'écrivain "le plus doué, le plus original, le plus libre -à l'écart de tout-, mais aussi le plus émouvant [...]" de sa génération, "l'un des rares qui nous éclairent, qui nous élèvent, et parmi ceux-là sans doute le plus purement poète." 

    (Source : http://www.psychologies.com/

    Le poète et écrivain belge Guy Goffette écrit que Christian Bobin "fait entrer une sorte d'innocence et de candeur dans un monde où le cynisme a du succès".

    Christian Bobin, à la recherche de la plus grande simplicité, élague avec soin ses textes. À ses débuts, il écrit : 

    "Croître en clarté, voilà le but." (Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/)

    "Je pense que l'écriture est un travail de guérison [...]. Pas uniquement ma propre guérison mais une guérison (...] de la vie souffrante. De la vie mise à mal par les conditions modernes." (Christian Bobin).  Propos recueillis par François Busnel (L'Express, 11 février 2013).

    (Source : http://www.lexpress.fr/culture/livre/christian-bobin)

    "Christian Bobin est un colporteur de magies quotidiennes. Dès la publication de ses premières plaquettes poétiques, il est apparu comme une voix évidente. Pourtant, il venait sans escorte, sans blindage théorique, sans corset rhétorique, sans aucun formalisme cousu de fil barbelé. Le scandale voulait qu'il ait précisément quelque chose à dire et que sa parole ait un goût de source, un goût de rosée, un goût de matin du monde." (Source : https://www.franceculture.fr/)

    Christian Bobin est un "écrivain solitaire à la pureté franciscaine".

    "Je suis fou de pureté. Je suis fou de cette pureté qui n'a rien à voir avec une morale, qui est la vie dans son atome élémentaire, le fait simple et pauvre d'être pour chacun au bord des eaux de sa mort noire et d'y attendre seul, infiniment seul, éternellement seul."  (Christian Bobin)

    (Source : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/)

    "Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit, c'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour." (Christian Bobin)

    Christian Bobin cultive souvent le fragment, une forme littéraire en prose d'une grande brièveté. Ses livres dépeignent la gaieté et l'émerveillement, mais la mélancolie, l'absence et la mort y mêlent leur souffle mystérieux. Son style d'écriture est musical, ses mots coulent tantôt d'une source paisible, tantôt d'une cascade bondissante. Ses écrits, empreints de bonté, de douceur, de lumière, de douleurs aussi, se lisent dans la paix du cœur et de l'âme.

     

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    Christian Bobin (Prix des Deux Magots, 1993)

    (Source photographique : http://www.babelio.com/)

     

     

     

    Œuvres :

     

    1977. Lettre pourpre, Éditions Brandes

    1978. Le Feu des chambres, Brandeschristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

    1984. Le Baiser de marbre noir, Brandes

    1985. Souveraineté du vide, Éditions Fata Morgana

    1986. L'Homme du désastre, Fata Morgana

    1986. Le Huitième Jour de la semaine, Éditions Lettres Vives

    1986. Ce que disait l'Homme qui n'aimait pas les oiseaux, Brandes

    1987. Dame, roi, valet, Brandes

    1987. Lettres d'or, Fata Morganachristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

    1989. L'Enchantement simple, Lettres Vives

    1989. La Part manquante, Éditions Gallimard

    1990. Éloge du rien, Fata Morgana

    1990. Le Colporteur, Fata Morgana

    1990. La Vie passante, Fata Morgana

    1990. La Femme à venir, Gallimard

    1991. L'Autre Visage, Lettres Vives

    1991. La Merveille et l'Obscur, Éditions Parole d'Aubechristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

    1991. Une Petite Robe de fête, Gallimard

    1992. Le Très-Bas, Gallimard, collection Folio (Prix des Deux Magots, 1993. Grand Prix catholique de littérature, 1993)

    1992. Un Livre inutile, Fata Morgana

    1992. Isabelle Bruges, Éditions Le Temps qu'il fait

    1993. Cœur de neige, Éditions Théodore Balmoralchristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

    1993. L'Éloignement du monde, Lettres Vives

    1994. L'Inespérée, Gallimard

    1994. L'Épuisement, Le Temps qu'il fait

    1994. Quelques Jours avec elles, Le Temps qu'il fait

    1995. L'Homme qui marche, Le Temps qu'il fait

    1995. La Folle Allure, Gallimard

    1995. Bon à rien, comme sa mère, Lettres Viveschristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

    1996. La Plus que vive, Gallimard

    1996. Clémence Grenouille. Livre pour enfants, Le Temps qu'il fait

    1996. Une Conférence d'Hélène Cassicadou. Livre pour enfants, Le Temps qu'il fait

    1996. Gaël Premier, roi d'Abîmmmmmmme et de Mornelonge. Livre pour enfants, Le Temps qu'il fait

    1996. Le Jour où Franklin mangea le soleil, Le Temps qu'il fait

    1996. Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, en collaboration avec Édouard Boubat,                          Gallimard (réédition en 2010)

    1997. Autoportrait au radiateur, Gallimard

    1997. Mozart et la pluie suivi de Un Désordre de pétales rouges, Lettres Vives

    1998. Geai, Gallimard

    1998. L'Équilibriste, Le Temps qu'il fait

    1998. La Grâce de solitude. Dialogues avec Christian Bobin, Jean-Michel Besnier, Jean-Yves                          Leloup et Théodore Monod, Éditions Dervychristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

    1999. La Présence pure, Le Temps qu'il fait

    1999. Tout le Monde est occupé. Roman, Mercure de France

    2001. Ressusciter, Gallimard

    2001. La Lumière du monde, Gallimard

    2001. L'Enchantement simple et autres textes, Gallimard (collection Poésie)christian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

    2001. Paroles pour un adieu, Éditions Albin Michel

    2002. Le Christ aux coquelicots, Lettres Vives

    2004. Louise Amour, Gallimard

    2005. Prisonnier au berceau, Mercure de France

    2006. Une Bibliothèque de nuages, Lettres Vives

    2007. La Dame blanche, Gallimard

    2009. Les Ruines du ciel, Gallimard (Prix du Livre de spiritualité Panorama La                             Procure, 2010)christian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

    2011. Carnet du soleil, Lettres Vives

    2011. Un Assassin blanc comme neige, Gallimard

    2011. Éclat du Solitaire, Fata Morgana

    2012. L'Homme-joie, Éditions L'Iconoclaste

    2013. La Chair et le Souffle, "Le bouclier" (volume 8, n° 2, pp. 48-56)

    2014. La Grande Vie, Gallimard

    2015. Noireclaire, Gallimard

    2015. La Prière silencieuse, photographies de Frédéric Dupont, Gallimard.

     

    Le Prix d'Académie 2016 a été décerné à Christian Bobin pour l'ensemble de son œuvre.  

     

    (Source bibliographique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Bobin)

    Prix littéraires : 

    1993. Prix des Deux Magots décerné à Christian Bobin pour Le Très-Bas.

    1993. Grand Prix catholique de littérature pour Le Très-Bas.

    2010. Prix du Livre de spiritualité Panorama - La Procure pour Les Ruines du Ciel.

    2016. Prix d'Académie décerné à Christian Bobin pour l'ensemble de son œuvre.

    Dans mes Carnets de Lecture :

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    Une Petite Robe de fête par Christian Bobin (Gallimard, collection Folio, 1991)

     

    "Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue - comme une étoile au point du jour. À vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. À voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu.

    Avec le regard simple, revient la force pure." (Christian Bobin. Quatrième de couverture)

     

    Ce livre comprend neuf textes courts. Voici un extrait du premier récit intitulé : Une histoire dont personne ne voulait.

    "Le manuscrit est défraîchi. Il y a une date à la dernière page. Cinq ans. Il vous arrive par la poste. Vous le laissez sur un coin de table, vous n'y pensez plus. Arrive le samedi. Le samedi est un jour où vous êtes très occupé : vous faites le chauffeur de maître pour une poignée d'enfants. On veut aller ici, on veut que tu nous emmènes à la fête, on veut ceci, on veut cela, on veut tout. Vous obéissez avec ravissement, faisant le désespoir des parents qui mettent des heures à contredire cet air d'insouciance que vous amenez avec vous. La vie passe si vite, les jours s'éteignent si tôt. [...]

    Christian Bobin conte l'histoire d'un manuscrit dont personne ne voulait, l'histoire d'un suicide manqué, l'histoire d'une "jeune femme qui tombe sur le carrelage et son âme qui tombe à ses côtés, son âme lourde, plus lourde qu'un oiseau mort, la blanche colombe gazée [...]". La jeune femme qui n'a plus d'âme un jour lit une page de Rilke...  

     

    Et qu'on le laisse en paix : "Au douzième siècle Chrétien de Troyes crée Perceval le Gallois [...], enveloppé de lumière [...]", et qui "va de château en château, de tournois en tournois...". Christian Bobin relate l'immense fatigue de Perceval qui ne sait pas vraiment ce qu'il cherche, sinon qu'il s'agit du Graal dont il ne connaît presque rien, et entraîne le lecteur dans une émouvante contemplation poétique.

     

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      Perceval à la Recluserie 

    (Source illustration : Wikimedia Commons)

     

    La faiblesse des anges offre un éblouissement au lecteur : Racine et son Iphigénie sous la plume de Christian Bobin. La pièce est une "soie de ciel pur [...]. Un livre est grand par la grandeur du désespoir dont il procède, par toute cette nuit qui pèse sur lui et le retient longtemps de naître. Donc cela au départ. Avant le livre, avant l'écriture. Donc cette ombre planante du père, cette nuit fauve dans la tête de Racine, dans son attente du premier vers [...]". 

    Soudain, se déverse "la pluie d'encre sur les nerfs", s'ouvre un "abîme ouvert par ces phrases, par leur résonance en vous, comme une pierre dans le puits d'âme [...]".

     

      

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    Tout le Monde est occupé par Christian Bobin. Roman (Mercure de France, 1999 - Gallimard, collection Folio)

     

    "Je m'appelle Manège, j'ai neuf mois et je pense quelque chose que je ne sais pas encore dire. Entrez dans ma tête. Mon cerveau est plié en huit comme une nappe de coton. En huit ou en seize. Dépliez la nappe, voilà ma pensée de neuf mois : d'une part, les coccinelles n'ont pas bon goût. D'autre part, les ronces brûlent. Enfin, les mères volent. Bref, rien que d'ordinaire. Il n'y a que du naturel dans ce monde. Ou si vous voulez, c'est pareil : il n'y a que des miracles dans ce monde." (Quatrième de couverture)

     

    "Ariane buvait, dansait, riait. Robe bleue, cœur rouge. Un beau mariage. Boissons, danses et confidences. Un château avait été loué pour l'occasion. Château, c'était beaucoup dire - plutôt une grosse ferme avec des salles immenses, des murs épais et des plafonds bas. Ariane buvait, dansait beaucoup et riait encore plus. Personne n'avait jamais réussi à l'éduquer, à lui apprendre les bonnes manières. Les bonnes manières sont des manières tristes. Ariane n'était pas douée pour la tristesse. Elle aimait et elle voulait. Le reste n'importait pas. Vivre est si bref. Donne-moi ce que j'aime. Je n'aime que la vérité. Donne-moi ce que tu es, laisse tomber ce que t'ont appris tes maîtres, oublie ce qu'il est convenable de faire. Telle était la magie d'Ariane : une rare plénitude d'être là, fraîche, simplifiée, simplifiante." (Extrait)

     

    Ariane, fraîche, rieuse, vit avec enthousiasme, plane "endormie, autour du laurier rose ou du tilleul dans le jardin", se marie, se remarie, met au monde après un simple baiser des enfants aux dons exceptionnels...

    "Il y a des fous tellement fous que rien ne pourra jamais leur enlever des yeux la jolie fièvre d'amour. Qu'ils soient bénis. C'est grâce à eux que la terre est ronde et que l'aube chaque fois se lève, se lève, se lève." (Extrait) 

    Dans la maison d'Ariane, Rembrandt, le chat intellectuel, rôde autour de Van Gogh, le canari inculte qui tourne autour d'un rayon de soleil.

    Ariane a un nouvel amour. "L'amour est une guerre et un repos, une science et un artisanat. L'amour est tout, et même rien avec le tout. Innocence et ruse, innocence avec ruse. Apparaître et disparaître." (Extrait)

    J'ai dévoré ce livre frais, original, délicieux, lumineux...

     

     

    christian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poèteLouise Amour par Christian Bobin. Roman (Gallimard, 2004)

    "Nous étions dans la ville des rois et dans la maison de Dieu. Je tenais par la main celle qui, sans avoir besoin de rien faire, les surclassait tous." (Quatrième de couverture) 

     

    "J'étais tombé amoureux de Louise Amour avant de la connaître : son nom, plus aveuglant pour moi que la clarté laiteuse des roses trémières ou que la pellicule d'or dont les moines recouvraient le bois de leurs icônes, était apparu à côté du mien sous la rubrique "Senteurs" du magazine Rosiers de France, revue confidentielle à laquelle m'avait abonné ma passion pour cette fleur. Nos deux noms, séparés par une simple virgule, s'avançaient vers le lecteur comme deux mariés sous une voûte de papier glacé. Il était écrit que Louise Amour, créatrice de parfums aussi renommés que Jamais ou Absente, venait d'en inventer un nouveau nommé Madone, en s'inspirant d'un de mes livres. J'étais présenté comme un jeune penseur plein d'avenir. Il n'y avait pas de photographie de Louise Amour dans ce journal, mais l'éclat discrètement ensauvagé de son nom me fascina plus qu'une image." (Extrait)

     

    Un homme de trente ans, solitaire, vit entouré de livres qu'il parcourt avec avidité entre des études de théologie poursuivies en autodidacte et, jusque tard dans la nuit, ses travaux d'écrivain où il rédige des phrases "sur Dieu, le ciel et le vide".

    Un article, paru dans une revue de théologie et consacré à ses deux livres publiés, fait basculer sa vie en une seconde dans un univers aux antipodes du sien, un univers de luxe, une exposition sans fin d'apparences trompeuses. Pour ce penseur, "triompher dans le monde, c'est avoir tout perdu".

    Une carte d'invitation de Louise Amour, créatrice de parfums, le précipite hors d'un nid qui, jusqu'alors, protégeait son "cœur du froid du monde".

    Avec sa prose poétique enchanteresse, Christian Bobin décrit le cheminement du héros vers un amour platonique, une union improbable, et la folie qui l'envahit, folie dont personne ne peut s'apercevoir tant l'homme reste discret, effacé.

    Louise Amour lui propose un rendez-vous à l'ombre de la basilique de Vézelay, "nuage de pierre gris orangé, flottant depuis plus de huit siècles sur un village fortifié, au-dessus d'une colline blonde."

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    La basilique de Vézelay (Yonne)

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur photographie : Desiderius Severus)

     

    "J'étais devenu incapable de lire, d'écrire, de dormir, incapable de toute autre occupation que celle de penser à Louise Amour, aux accroches de la lumière sur ses cheveux, aux petites nuances paradisiaques de sa voix [...]" 

    Des retours à l'enfance du héros, dans un milieu modeste, parsèment ce récit de souvenirs émouvants : "Je n'avais rien oublié du décor dans lequel j'avais joué mon rôle d'enfant sauvage, petit page taciturne de sa mère [...]. La pauvreté qui était entrée comme un ange dans la ville, baisant chaque porte de chaque rue, avait empêché la prétention des temps modernes d'entrer ici. C'était dans les fastes de cette pauvreté que j'avais grandi et c'était de son royaume que je m'apprêtais insensiblement à sortir."

    Louise Amour est une véritable ode à la beauté parfaite d'une femme dont le souci majeur, jalousement entretenu, est de "plaire", plaire jusqu'à l'épuisement...

     

     

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    L'Homme-joie par Christian Bobin (Éditions L'Iconoclaste, 2012).

    "J'ai rêvé d'un livre qu'on ouvrirait comme on pousse la grille d'un jardin abandonné.

    Christian Bobin, renouant avec sa fibre narrative, construit son livre en [...] récits : des portraits d'êtres chers (son père), des rencontres (Maria, l'enfant gitane), des figures emblématiques (Soulages, Glenn Gould), des visions, puis une longue lettre à la femme aimée et perdue, "la plus que vive". Entre ces récits viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d'humanité.

    Un même fil rouge unifie ces textes, c'est la voix de Bobin à nulle autre pareille, et son regard de poète qui transfigure le quotidien." (Quatrième de couverture)

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    Statue de Glenn Gould, pianiste, compositeur et écrivain canadien (1932-1982)

    à Toronto (source photographique : Wikimedia Commons)

     

    "Partons de ce bleu, si vous voulez bien. Partons de ce bleu dans le matin fraîchi d'avril. Il avait la douceur du velours et l'éclat d'une larme. J'aimerais vous écrire une lettre où il n'y aurait que ce bleu. Elle serait semblable à ce papier plié en quatre qui enveloppe les diamants dans le quartier des joailliers à Anvers, ou Rotterdam, un papier blanc comme une chemise de mariage, avec à l'intérieur des grains de sel angéliques, une fortune de Petit Poucet, des diamants comme des larmes de nouveau-né.

    Nos pensées montent au ciel comme des fumées. Elles l'obscurcissent. Je n'ai rien fait  aujourd'hui et je n'ai rien pensé. Le ciel est venu manger dans ma main." (Extrait)

     

    L'Homme-joie comporte dix-sept textes de prose poétique, dont l'un, intitulé Un Carnet bleu, est une lettre manuscrite adressée par Christian Bobin à "la plus que vive" en 1980, "celle qu'il a aimée et continue d'aimer". L'écrivain révèle au lecteur que l'homme-joie est un "Roi-Soleil" abrité par chaque être humain dans "la grande salle de son cœur". Parfois, "ce roi, cet homme-joie, descend de son trône et fait quelques pas dans la rue."

    L'homme-joie regarde le monde, ce champ de bataille, ses cavaliers noirs avec un "bruit d'épée au fond des âmes." Ce n'est pas important. Ses yeux se posent sur un oiseau "vêtu d'or comme un poème." Cela est important.

    Dans un texte dédié au peintre français Pierre Soulages, Christian Bobin écrit : "La vision de Soulages est plus puissante que la mort, elle l'arrête comme jadis on arrêtait un vampire avec une croix. Ce noir charpente mon cerveau, y tend ses poutres maîtresses dont le deuil n'est qu'apparent; le noir est l'éclair d'un sabre de cérémonie, une décapitation qui ouvre le bal des lumières. Ces œuvres appellent le grand air, leurs falaises réclament un vent furieux." 

     

    Lors d'un entretien avec Catherine Barry (article du 24 novembre 2012 pour Le Point, intitulé "Christian Bobin : La mort est peut-être la carte la plus belle", l'écrivain dit : "Quand mes yeux se fermeront, ils le feront sur une immense bibliothèque constituée par des visages qui m'auront ému, troublé, éclairé. Un visage est éclairant quand un être est bienveillant et qu'il est tourné vers autre chose que lui-même. Le soin qu'il prend de l'autre l'illumine, le rend vivant." 

    (Source : http://www.lepoint.fr/culture/christian-bobin-la-mort-est-peut-etre-la-carte-la-plus-belle)  

     

    Dans chacune des pages de L'Homme-joie s'inscrivent beauté, musique, poésie, pureté, bonheur et souffrance mêlés, vie et mort entrelacées...

     

     

     

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    La Grande Vie par Christian Bobin (Éditions Gallimard, collection Folio, 2014)

    "Les palais de la grande vie se dressent près de nous. Ils sont habités ici par des rois, là par des mendiants. Thérèse de Lisieux et Marilyn Monroe, Marceline Desbordes-Valmore et Kierkegaard. Un merle, un geai et quelques accidents lumineux. La grande vie prend soin de nous quand nous ne savons plus rien. Elle nous écrit des lettres." (Christian Bobin)

    (Quatrième de couverture)

     

     

    "Les anges en robes rouges

    Elles sont arrivées à deux. C'était un vendredi matin en face de la poste du Creusot, dans la caverne en papier du bureau de tabac. L'une est restée dehors. L'autre a jailli d'une revue d'art que je feuilletais. Elles étaient de la même famille. La pluie acharnée et cette femme en bleu lisant une lettre, peinte par Vermeer, étaient de même race, même souche. Deux contemplatives qui s'associaient pour m'aérer le cœur." (Extrait)

    Par la grâce de la forme littéraire qu'il affectionne, le fragment, par la grâce de ses rêveries, Christian Bobin partage avec le lecteur des interprétations très personnelles telles que sa description de La Femme en bleu lisant une lettre par le peintre néerlandais Johannes Vermeer : "La bouche de la lectrice est entrouverte. Elle boit le petit-lait du ciel. Les hommes regardent les femmes et ils en perdent la vue. Les femmes regardent les mots d'amour et elles y trouvent leur âme."    

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    La Femme en bleu lisant une lettre par Johannes Vermeer

    (vers 1662 - 1665)

     

    Christian Bobin, pensant à la vie venue prendre un enfant à Mallarmé, met ces mots dans la bouche de la vie : "[...] maintenant chante, si tu peux. Chante avec ce trou que j'ai fait dans ta gorge. La disparition en plein vol d'un enfant, c'est Dieu qui jette notre cœur aux bêtes."

    Un cheminement ébloui au fil des pages de La Grande Vie m'entraîne de découverte en découverte, de réflexion en réflexion. Dites-moi, est-il possible de trouver une seule phrase de Christian Bobin qui ne soit pas digne de figurer dans un volume de citations ? "L'extrême sensibilité est la clé qui ouvre toutes les portes mais elle est chauffée à blanc et brûle la main qui la saisit." Ou encore : "Des nomades campent dans mes yeux. Les feux qu'ils allument, ce sont les livres que je lis."...

     

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  • Daniel Pennac (2) Romans philosophiques et/ou rocambolesques

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    Daniel Pennac

    (Source photographique : http://smallthings.fr/lespetitslivres/

     

    Daniel Pennac (Daniel Pennacchioni), né à Casablanca, au Maroc, en 1944, est un écrivain français. Professeur de lettres, il connaît le succès avec une série de romans rocambolesques et ses livres pour la jeunesse.

     

    Daniel Pennac est le dernier enfant d'une fratrie de quatre garçons. Son père est militaire et toute sa famille l'accompagne dans ses déplacements en Afrique, en Asie et en Europe. 

    Daniel Pennac effectue une partie de sa scolarité dans un internat, où l'on ne permet pas aux élèves de lire d'autres ouvrages que leurs livres de classe.

    Professeur de lettres de 1969 à 1995, il enseigne à Soissons et à Paris. En 1973, après son service militaire, il écrit son premier livre, Le Service militaire, au service de qui ?, un pamphlet s'attaquant aux principes du service national : l'égalité, la virilité, la maturité. Il choisit comme nom d'écrivain Daniel Pennac afin de ne pas faire de tort à son père.

    En 1979, Daniel Pennac part au Brésil où il reste deux années. Deux décennies plus tard, il publie un roman prenant sa source au Brésil, Le Dictateur et le hamac. 

    Entre-temps, Daniel Pennac écrit la saga de l'attachante et... surprenante famille Malaussène*, puis une tétralogie pour les enfants où, préoccupé par l'école et l'amitié, il met en scène des héros proches de l'univers enfantin : Kamo.

    En 1995, il met fin à son métier d'enseignant pour se consacrer à la littérature, cependant il va régulièrement à la rencontre des élèves dans leurs classes.

    Du 4 au 6 novembre 2016, Daniel Pennac présidera la 35ème édition de la Foire du livre de Brive.

    (Source : http://www.lefigaro.fr/).

     

    * Voir l'article : Daniel Pennac (1) La famille Malaussène.     

     

    Prix et distinctions :

    La Fée Carabine (roman, Gallimard, 1987) : Prix Mystère de la critique 1988.

    La Petite marchande de prose (roman, Gallimard, 1989) : Prix du Livre Inter 1990.

    Chagrin d'école (récit autobiographique, Gallimard, 2007) : Prix Renaudot 2007.

    Ernest et Célestine (film d'animation de Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar, 2012. Scénario d'après la série d'albums jeunesse Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent) : nommé aux Annie Awards en 2014 dans la catégorie "Meilleur scénario pour un long métrage d'animation".

    Le Prix Ulysse a été décerné à Daniel Pennac, en 2005, pour l'ensemble de son œuvre, ainsi que le Grand Prix Metropolis bleu en 2008.

    (Source biographique : http://www.gallimard)

     

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    Daniel Pennac

    (Source photographique : http://www.babelio.com/auteur/Daniel-Pennac)

     

     

    Œuvres :

    1973. Le Service militaire au service de qui ? (essai. Seuil)

    1978. Les Enfants de Yalta, en collaboration avec Eliad Tudor (roman. Grasset)

    1979. Père Noël, en collaboration avec Eliad Tudor (biographie romancée. Grasset)

    1980. Le Grand Rex (livre illustré. Centurion-Jeunesse)          

    1982. Cabot-Caboche (livre Jeunesse. Nathan ; Pocket Jeunesse)

    1984. L'Œil du loup (livre Jeunesse. Nathan). Court-métrage d'animation L'Œil  du loup (1998) de Hoël Caouissin, sur un scénario de René Laloux, d'après le livre de Daniel Pennac.

    1985. Au Bonheur des ogres (roman. Gallimard). Au Bonheur des ogres (2013) de Nicolas Bary, scénario de Jérôme Fansten, Serge Frydman et Nicolas Bary d'après le roman Au Bonheur des ogres.daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    1987. La Fée Carabine (roman. Gallimard) Prix Mystère de la critique 1988

    1988. La Fée Carabine (scénario, épisode de la série télévisée Série noire d'Yves Boisset, d'après le roman La Fée Carabine de Daniel Pennac)

    1989. La Petite marchande de prose (roman. Gallimard) Prix du Livre Inter 1990

    1991. Le Sens de la houppelande, illustrations de Jacques Tardi (roman graphique. Futuropolis ; Gallimard)

    1991. Les Grandes Vacances, en collaboration avec Robert Doisneau (Hoëbeke)

    1992. Comme un roman (essai. Gallimard)daniel pennac,écrivain français,romans,essais,pièces de théâtre,messieurs les enfants par daniel pennac,chagrin d'école par daniel pennac,comme un roman par daniel pennac,journal d'un corps par daniel pennac

    1992. Kamo. L'agence Babel, illustrations de Jean-Philippe Chabot (collection Lcture Junior, Gallimard Jeunesse). Lu par Daniel Pennac (collection Folio Junior, Gallimard Jeunesse ; collection Écoutez Lire, Gallimard, CD, 2007)

    1992. L'Évasion de Kamo, illustrations de Jean-Philippe Chabot (collection Lecture Junior, Gallimard Jeunesse ; collection Folio Junior, Gallimard Jeunesse, 1997)

    1992. Kamo et moi, illustrations de Jean-Philippe Chabot (collection Folio Junior, Gallimard Jeunesse, 2007)

    1993. Kamo. L'idée du siècle, illustrations de Jean-Philippe Chabot (collection Folio Junior, Gallimard Jeunesse ; collection Écoutez Lire, Gallimard, CD, 2007)

    1994. Le Tour du ciel (Peintures de Miro. Album pour enfants. Calmann-Lévy et Réunion des Musées Nationaux) 

    1995. Monsieur Malaussène (roman. Gallimard). Téléfilm italien (2001) de Roberto Capanna d'après le roman Monsieur Malaussène par Daniel Pennac.daniel pennac,écrivain français,romans,essais,pièces de théâtre,messieurs les enfants par daniel pennac,chagrin d'école par daniel pennac,comme un roman par daniel pennac,journal d'un corps par daniel pennac

    1996. Monsieur Malaussène au théâtre (roman. Gallimard)

    1996. Monsieur Malaussène au théâtre (pièce de théâtre. Gallimard) 

    1997. Messieurs les enfants (roman. Gallimard)

    1997. Messieurs les enfants (scénario coécrit avec Pierre Boutron, d'après le roman de Daniel Pennac, Messieurs les enfants, avec une apparition de Daniel Pennac jouant l'homme dans la voiture).

    1997. Qu'est-ce que tu attends, Marie ? (peintures de Monet. Album pour enfants. Calmann-Lévy et Réunion des Musées Nationaux)

    1999. Des Chrétiens et des Maures (roman. Gallimard)

    1999. Aux Fruits de la passion (roman. Gallimard)daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    1999. Sahara, illustrations d'Antonin Louchard (album pour enfants. Thierry Magnier Eds)

    1999. Vercors d'en haut : la Réserve naturelle des hauts-plateaux (livre illustré. Milan)

    2000. Gardiens et Passeurs (essai. Fondation Banques CIC pour le livre)

    2000. La Débauche, dessins de Tardi (bande dessinée. Futuropolis ; Gallimard)

    2000. Bartleby le scribe de Herman Melville dans la traduction de Pierre Leyris (CD audio, collection À voix haute. Gallimard)  

    2001. Bon Bain les bambins, illustrations de Ciccolini (collection Gaffobobo. Gallimard)

    2001. Le Crocodile à roulettes, illustrations de Ciccolini (collection Gaffobobo. Gallimard) 

    2001. Le Serpent électrique, illustrations de Ciccolini (collection Gaffobobo. Gallimard)

    2003. Le Dictateur et le hamac (roman. Gallimard)

    2004. Merci (roman. Gallimard). Grazie, téléfilm italien (2004) d'après le roman Merci.daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    2004. Merci, lu par Claude Piéplu, illustrations de Quentin Blake (CD audio, collection Écoutez Lire. Gallimard)

    2004. Merci, mise en scène et réalisation de Jean-Michel Ribes. Musique "Jeux pour deux", 1975, de François Vercken (DVD, conception graphique d'Étienne Théry. Gallimard)

    2006. Merci suivi de Mes Italiennes (chronique d'une aventure théâtrale et de Merci, adaptation théâtrale. Gallimard)

    2006. La Lunga Notte del dottor Galvan (téléfilm italien) 

    2006. Némo (livre illustré.  Hoëbecke)

    2007. Écrire (livre illustré.  Hoëbecke)

    2007.  La Vie de famille, en collaboration avec Robert Doisneau (Hoëbeke) 

    2007. Chagrin d'école (récit autobiographique. Gallimard) Prix Renaudot 2007daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    2009. Histoires comme ça (série télévisée d'animation de Jean-Jacques Prunès, narrateur : Daniel Pennac)

    2010. Bartleby le scribe (téléfilm de Jérémie Carboni, adaptation de la nouvelle Bartleby d'Herman Melville, narrateur : Daniel Pennac)

    2010. Lucky Luke contre Pinkerton en collaboration avec Tonino Benacquista, dessins de Achdé (bande dessinée. Lucky Comics)

    2012. Cavalier seul en collaboration avec Tonino Benacquista, dessins de Achdé (bande dessinée. Lucky Comics)

    2012. Le Roman d'Ernest et Célestine (roman pour la Jeunesse. Casterman - Gallimard Jeunesse)daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    2012. Ernest et Célestine (film d'animation de Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar. Scénario d'après la série d'albums jeunesse Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent). Nommé aux Annie Awards en 2014 dans la catégorie "Meilleur scénario pour un long métrage d'animation".

    2012. Le 6e Continent (pièce de théâtre. Gallimard, Collection Blanche)

    2012. L'Œil du loup, lu par Daniel Pennac, illustrations de Catherine Reisser. Mis en musique par Karol Beffa. Avec l'Orchestre de chambre de Paris. (CD audio, collection Écoutez Lire. Gallimard Jeunesse)

    2012. Ancien Malade des hôpitaux de Paris (pièce de théâtre. Gallimard, Collection Blanche)  

    2012. Journal d'un corps (roman. Gallimard). Prix des lecteurs de l'Express 2012. daniel pennac,écrivain français,romans,essais,pièces de théâtre,messieurs les enfants par daniel pennac,chagrin d'école par daniel pennac,comme un roman par daniel pennac

    2012. Les Dix Droits du lecteur, animé par Gérard Lo Monaco (livre pop-up. Gallimard Jeunesse)

    2013. Journal d'un corps (album illustré, mis en dessin par Manu Larcenet. Futuropolis)

    2015. Un Amour exemplaire, dessins de Florence Cestac (bande dessinée. Dargaud)

    2015. Eux, c'est nous. Livre collectif : L'instinct, le cœur et la raison par Daniel Pennac, suivi de Réfugiés en 8 lettres par Jessie Magana et Carole Saturno, illustrations de Serge Bloch (livre jeunesse. Gallimard Jeunesse. Publication par 40 éditeurs jeunesse)

    2017. Le Cas Malaussène. I - Ils m'ont menti (Gallimard)

    2018. Mon frère (Gallimard, Collection Blanche)

     

    (Source bibliographique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Pennac

     

    Dans mes Carnets de Lecture :

     

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    Messieurs les enfants par Daniel Pennac. Roman (Éditions Gallimard, 1997).

     

     

    "- L'imagination, ce n'est pas le mensonge.

    Crastaing hurlait ça sans élever la voix.

    - L'imagination, ce n'est pas le mensonge !

    Son cartable vomissait nos copies sur son bureau.

    - Vous le faites exprès ?

    Personne ne le faisait exprès. Il aurait fallu être cinglé pour le faire exprès.

    - Combien de fois faudra-t-il vous le répéter ?

    Trente ans plus tard, il le répétait encore :

    - L'imagination, ce n'est pas le mensonge !" (Extrait)

     

    M. Crastaing est le type du professeur inoxydable, sans âge. Il transforme ses élèves en "statues de sel" avant même son entrée dans la classe. Depuis trente années, il clame de sa voix de craie : "L'imagination, ce n'est pas le mensonge !" 

    Mais quel est ce dessin que tentent de s'arracher trois lascars : Igor Laforgue, Joseph Pritsky et Nourdine Kader ? D'innombrables petits bonshommes, certains lourdement armés, pourchassent un individu, qui est probablement leur professeur car une immense banderole portant une formule vengeresse et outrageuse se déploie, bien en évidence, sur la feuille. Les trois garnements revendiquant cette œuvre géniale, la même sanction leur est attribuée, une rédaction.

    "Sujet :

    Vous vous réveillez un matin et vous constatez que, dans la nuit, vous avez été transformé en adulte. Complètement affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents. Ils ont été transformés en enfants.

    Racontez la suite."

    Qui sont ces adultes dont les enfants vont devoir prendre l'âge, la taille et les responsabilités ?

    Le père d'Igor Laforgue est mort à trente-huit ans, après avoir franchi "à peu près sain les portes d'un hôpital" et en être ressorti "contaminé jusqu'à l'os par ceux-là mêmes qui devaient se contenter de lui ôter les amygdales". Devenu fantôme grâce à l'insistance d'Igor qui s'obstine à s'entretenir avec lui au cimetière du Père-Lachaise, il est le narrateur de ce récit.

    Tatiana Laforgue, la mère d'Igor, conseillère conjugale pour magazines féminins, "maigrichonne et fébrile qui clope comme un cendrier et regarde, avec une tristesse d'outre-tombe, son enfant jouer les grands", tente vainement de trouver le digne remplaçant de son défunt mari.

    Le père de Joseph, Pope Pritsky, "le sourire plein d'épingles", tient une boutique de tailleur pour "Personnalités vraiment exceptionnelles".

    Derrière le comptoir de la boutique, se trouve la femme de Pope, la jolie Moune Pritsky, à la "voix délicieuse et stratège" ainsi qu'aux charmes physiques très convaincants.

    Le père de Nourdine, Ismaël Kader, ancien chauffeur de taxi, dont la femme s'est enfuie avec un postier, peint dans son garage. "C'est beaucoup plus que la prière, la peinture d'Ismaël. Ça ne demande rien à Dieu ni à personne. [...] Six mois qu'Ismaël a vendu le taxi pour s'enterrer dans le garage, avec ses pinceaux, sous le niveau des hommes, et il n'y a pas d'endroit où la lumière soit plus paisible qu'entre les murs peints du garage d'Ismaël ; la soie de ses pinceaux met le soleil au mur..."

    Joseph, Nourdine puis Igor s'attellent à leur rédaction punitive... et le lecteur savoure un roman philosophique de fiction !

     

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    Chagrin d'école par Daniel Pennac. Récit autobiographique (Éditions Gallimard, 2007). Prix Renaudot 2007. 

     

    "Commençons par l'épilogue : Maman, quasi centenaire, regardant un film sur un auteur qu'elle connaît bien. On voit l'auteur chez lui, à Paris, entouré de ses livres, dans sa bibliothèque qui est aussi son bureau. La fenêtre ouvre sur une cour d'école. Raffut de récré. On apprend que pendant un quart de siècle l'auteur exerça le métier de professeur et que s'il a choisi cet appartement donnant sur deux cours de récréation, c'est à la façon d'un cheminot qui prendrait sa retraite au-dessus d'une gare de triage. Puis on voit l'auteur en Espagne, en Italie, discutant avec ses traducteurs, blaguant avec ses amis vénitiens, et sur le plateau du Vercors, marchant, solitaire, dans la brume des altitudes, parlant métier, langue, style, structure romanesque, personnages..." (Extrait)

     

    "Chagrin d’école [...] aborde la question de l’école du point de vue de l’élève, et en l’occurrence du mauvais élève. Daniel Pennac, ancien cancre lui-même, étudie cette figure du folklore populaire en lui donnant ses lettres de noblesse, en lui restituant aussi son poids d’angoisse et de douleur". (Gallimard)

     

    À la Fondation Suisse de la Cité Internationale Universitaire de Paris, Daniel Pennac, reçu par Olivier Barrot dans l'émission "Un Livre, un jour", en décembre 2007, se souvient de sa scolarité d'ancien cancre et évoque le cas d'enfants submergés par les problèmes familiaux.

    (Source : http://www.ina.fr/video)

     

    "J'étais un cancre gai. C'est ce qui m'a sauvé." (Daniel Pennac)

    "Daniel Pennac fend l'armure. Chagrin d'école est un superbe texte autobiographique dans lequel l'auteur des Malaussène dévoile pour la première fois son passé de cancre." (François Busnel - L'Express)

    Lors d'un entretien, le 1er octobre 2007, pour L'Express :

    François Busnel : "Pourquoi ce livre sur les cancres alors que la figure du cancre, loin de faire honte, devient au contraire un statut ou une frime ?" 

    Daniel Pennac : "Oui, c'est devenu une façon de se mettre en valeur, surtout chez les gens qui ont réussi. En société, on avoue sa cancrerie pour la vanter. On se flatte d'avoir été un enfant rétif au système scolaire. Mais je n'y crois pas trop. En vérité, ce type d'aveu trahit souvent un écho de la douleur passée. C'est un martyre de ne rien comprendre à rien dès le début de l'apprentissage de l'alphabet. On peut compenser par le chahut, par l'opposition systématique à l'adulte ou à l'institution. Mais le fond demeure. Je ne crois guère les gens qui posent la cancrerie comme une décoration."

    (Source : http://www.lexpress.fr/culture/) 

     

    J'ai tout d'abord pensé que Chagrin d'école était destiné aux enseignants et aux parents dont les enfants éprouvaient des difficultés scolaires. Puis, de très belles pages ont retenu mon attention : elles s'adressaient à tous, à moi aussi, elles contenaient de profondes réflexions, et tant de vérités, tant d'enseignement !

    "Une constatation préalable : adultes et enfants, on le sait, n'ont pas la même perception du temps. Dix ans ne sont rien aux yeux de l'adulte qui calcule par décennies la durée de son existence. C'est si vite passé, dix ans, quand on en a cinquante ! Sensation de rapidité qui, d'ailleurs, aiguise l'inquiétude des mères pour l'avenir de leur fils. Le bac dans cinq ans, déjà, mais c'est tout de suite ! Comment le petit peut-il changer si radicalement en si peu de temps ? Or, pour le petit, chacune de ces années-là vaut un millénaire ; à ses yeux, son futur tient tout entier dans les quelques jours qui viennent. Lui parler de l'avenir c'est lui demander de mesurer l'infini avec un décimètre. Si le verbe "devenir" le paralyse, c'est surtout parce qu'il exprime l'inquiétude ou la réprobation des adultes. L'avenir, c'est moi en pire, voilà en gros ce que je traduisais quand mes professeurs m'affirmaient que je ne deviendrais rien." (Extrait)

     

    Combien j'ai aimé lire que la "mémoire était une bibliothèque à enrichir" plus qu'un "muscle à entraîner" !

    "On laisserait s'envoler des pages pareilles comme des feuilles mortes, parce que ce n'est plus de saison ? Ne pas retenir de telles rencontres, est-ce envisageable ? Si ces textes étaient des êtres, si ces pages exceptionnelles avaient des visages, des mensurations, une voix, un sourire, un parfum, ne passerions-nous pas le reste de notre vie à nous mordre le poing de les avoir laissé filer ? Pourquoi se condamner à n'en conserver qu'une trace qui s'estompera jusqu'à n'être plus que le souvenir d'une trace...[...] Au nom de quel principe, ce gâchis ? " (Extrait) 

     

     

     

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    Comme un Roman par Daniel Pennac. Essai (Éditions Gallimard, 1992)

     

    "Les droits imprescriptibles du lecteur

    1. Le droit de ne pas lire.

    2. Le droit de sauter des pages.

    3. Le droit de ne pas finir un livre.

    4. Le droit de relire.

    5. Le droit de lire n'importe quoi.

    6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).

    7. Le droit de lire n'importe où.

    8. Le droit de grappiller.

    9. Le droit de lire à haute voix.

    10. Le droit de nous taire." 

    (Quatrième de couverture)

     

    Critique littéraire :

    "Le plus admirable, c'est que Daniel Pennac, lui l'écrivain, le professeur de lettres, le lecteur insatiable de romans, n'en veut aucunement à cette jeunesse fâchée avec le livre. Inquiet de voir la désaffection à l'égard des grands écrivains se généraliser, il ne cède pas pour autant au pessimisme. Bien au contraire ! Pour en avoir fait, comme le poète Georges Perros, l'expérience, il sait qu'il suffirait de mettre en place une pédagogie fondée sur la contagion de l'enthousiasme. En un mot, de tout reprendre dès le début. Fichez-leur la paix avec vos fiches infernales ! Faites-leur la lecture à voix haute, comme autrefois !" (L'Express - extrait)

    (Source : http://www.lexpress.fr/culture/livre/1992)

     

    "Le verbe lire ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres : le verbe "aimer"... le verbe "rêver"...

    On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y : "Aime-moi !" "Rêve !" "Lis !" "Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t'ordonne de lire !"

    - Monte dans ta chambre et lis !

    Résultat ?

    Néant.

    Il s'est endormi sur son livre. La fenêtre, tout à coup, lui a paru immensément ouverte sur quelque chose d'enviable. C'est par là qu'il s'est envolé. Pour échapper au livre. Mais c'est un sommeil vigilant : le livre reste ouvert devant lui." (Daniel Pennac. Extrait de Comme un Roman)

     

    Le narrateur pourrait être l'un des parents de l'enfant qui, sachant depuis peu aligner les mots, se trouve désormais dans l'obligation de lire tout en rêvant de refermer son livre, de s'envoler par la fenêtre. Mais comment avouer son aversion pour la lecture à ses parents, comment éviter cette déception à ceux qui, voilà peu de temps, ravis par son éclosion au langage, étaient devenus ces merveilleux conteurs ? "C'était une aptitude que nous ne nous connaissions pas. Son plaisir nous inspirait. Son bonheur nous donnait du souffle. Pour lui, nous avons multiplié les personnages, enchaîné les épisodes..."

    L'enfant éprouvait un véritable chagrin de ne pouvoir donner satisfaction à ses parents. Il ne jouait pas la comédie, sa souffrance était bien réelle. Les inévitables questions sont alors posées : "Était-il sourd ? Dyslexique, peut-être [...] ? Paresseux ? [...] 

    Non, il allait à son rythme, voilà tout, et qui n'est pas nécessairement celui d'un autre, et qui n'est pas nécessairement le rythme uniforme d'une vie, son rythme d'apprenti lecteur, qui connaît ses accélérations et ses brusques régressions, ses périodes de boulimie et ses longues siestes digestives, sa soif de progresser et sa peur de décevoir..."

     

    Comme un Roman est un hymne à la lecture, et plus précisément un hymne à la liberté de lire, lire uniquement selon ses désirs, ses goûts, en ne se laissant jamais imposer le conformisme édicté par la société. Mais, avant tout, cet essai de Daniel Pennac, dont les généreux conseils pédagogiques sont si précieux et convaincants, enseigne comment offrir à l'enfant l'enthousiasme contagieux de l'amour de la lecture...

     

     


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    par Daniel Pennac. Roman (Éditions Gallimard, 2012). Prix des lecteurs de l'Express 2012.

     

    "13 ans, 1 mois, 8 jours       Mercredi 18 novembre 1936

    Je veux écrire le journal de mon corps parce que tout le monde parle d'autre chose.

    30 ans et 3 mois       Jeudi 10 janvier 1974

    Si je devais rendre ce journal public, je le destinerais d'abord aux femmes. En retour, j'aimerais lire le journal qu'une femme aurait tenu de son corps. Histoire de lever un coin du mystère. En quoi consiste le mystère ? En ceci par exemple qu'un homme ignore tout de ce que ressent une femme quant au volume et au poids de ses seins, et que les femmes ne savent rien de ce que ressentent les hommes quant à l'encombrement de leur sexe.

    86 ans, 9 mois, 16 jours       Lundi 26 juillet 2010

    Nous sommes jusqu'au bout l'enfant de notre corps. Un enfant déconcerté.

     

    De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire."

    (Quatrième de couverture)

     

    "64 ans, 2 mois, 18 jours       Lundi 28 décembre 1987

    Une blague stupide faite par Grégoire et son copain Philippe à la petite Fanny m'a rappelé la scène originelle de ce journal, la trame qui l'a fait naître.

    Mona, qui aime faire le vide, a ordonné un grand feu de vieilleries dont la plupart dataient du temps de Manès : chaises bancales, sommiers moisis, une charrette vermoulue, des pneus hors d'usage, autant dire un autodafé gigantesque et pestilentiel. (Ce qui, à tout prendre, est moins sinistre qu'un vide-greniers.) Elle en a chargé les garçons qui ont décidé de rejouer le procès de Jeanne d'Arc. J'ai été tiré de mon travail par les hurlements de la petite Fanny, recrutée pour tenir le rôle de la sainte. Pendant toute la journée, Grégoire et Philippe lui ont vanté les mérites de Jeanne dont Fanny, du haut de ses six ans, n'avait jamais entendu parler. Ils lui ont tant fait miroiter les avantages du paradis qu'elle battait des mains en sautant de joie à l'approche du sacrifice. Mais quand elle a vu le brasier dans lequel on se proposait de la jeter toute vivante, elle s'est précipitée chez moi en hurlant. (Mona, Lison et Marguerite étaient en ville.) Ses petites mains m'ont agrippé avec une terreur de serres. Grand-père ! Grand-père ! J'ai tenté de la consoler avec des "là, là", des "c'est fini", des "ce n'est rien" (ce n'était pas rien, c'était même assez grave, mais je n'étais pas au courant de ce projet de canonisation). Je l'ai prise sur mes genoux et j'ai senti qu'elle était humide. Plus que cela, même, elle avait fait dans sa culotte, elle s'était souillée de terreur. Son cœur battait à un rythme effrayant, elle respirait à coups minuscules. Ses mâchoires étaient à ce point soudées que j'ai craint une crise de tétanie. Je l'ai plongée dans un bain chaud. C'est là qu'elle m'a raconté, par bribes, entre deux restes de sanglot, le destin que ces deux abrutis lui avaient réservé.

    Et me voilà renvoyé à la création de ce journal." (Extrait)

     

    Daniel Pennac, par l'intermédiaire d'un narrateur dont le corps est le véritable "héros" de ce livre, narrateur qui lègue à sa fille Lison une pile de cahiers décrivant, de ses douze ans jusqu'à ses quatre-vingt-sept ans, les transformations de son corps, ses maux, ses peurs et ses victoires, compose un journal original, étrange, dont les premières pages naissent sous la plume d'un enfant qui met en œuvre son mental et son corps pour ressembler à l'écorché du dictionnaire Larousse. Il y parvient.

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    L'Écorché par Léonard de Vinci

     

    Maquisard, le narrateur constate la suprématie de l'esprit sur le corps : "Je ne sais pas si quelqu'un s'est jamais penché sur la question de la santé dans les guerres clandestines mais c'est un sujet à creuser. J'ai vu très peu de malades parmi mes camarades. Nous avons tout imposé à nos corps : la faim, la soif, l'inconfort, l'insomnie, l'épuisement, la peur, la solitude, le confinement, l'ennui, les blessures, ils ne regimbaient pas. Nous ne tombions pas malades. Une dysenterie occasionnelle, un refroidissement vite réchauffé par les nécessités du service, rien de sérieux. Nous dormions le ventre creux, nous marchions la cheville foulée, nous n'étions pas beaux à voir, mais nous ne tombions pas malades." (Extrait)

     

    Le narrateur qui n'a jamais parlé de sa prime jeunesse à sa progéniture décide de lever le voile sur les débuts de son existence : "Vois-tu, je suis né d'une agonie. Mon père était un de ces innombrables morts vivants rendus par la Grande Guerre à la vie civile. L'esprit saturé d'horreurs, les poumons détruits par les gaz allemands, il tenta vainement de survivre. Ses dernières années (1919-1933) furent le combat le plus héroïque de sa vie. Je suis né de cette tentative de résurrection. Ma mère avait entrepris de sauver son mari en me concevant. Un enfant lui ferait le plus grand bien, un enfant c'est la vie ! J'imagine qu'il n'eut d'abord ni force ni appétit pour ce projet, mais ma mère le requinqua suffisamment pour que je fasse mon apparition le 10 octobre 1923. En pure perte ; le lendemain de ma naissance mon père retombait en agonie. Ma mère ne nous pardonna pas cet échec, ni à lui ni à moi. (Extrait)

     

    Critiques littéraires :

    "L'auteur nous plonge dans le journal intime d'un homme dont le corps a connu mille morts et autant de résurrections.

    Ce journal d'un corps n'est pas autobiographique puisque son auteur est né en 1923 et meurt en 2010 ! Mais ce détour par l'imaginaire est fécond, il nous évite ces journaux qui prétendent à l'authenticité en sacrifiant la littérature. Or c'est elle qui atteint la vérité profonde. Les fantasmes en disent plus long sur nous-mêmes que la recension du vrai factuel dont on rebat les oreilles. Le récit commence avec une histoire de peur, d'enfant ligoté dans une forêt par ses petits camarades au cours d'un jeu guerrier. Une colonie de fourmis menace de le dévorer. L'angoisse originelle par excellence, celle de l'ogre. Et des peurs, ces pages en regorgent." (Patrick Granville - Le Figaro, 15 février 2012.) (Extrait)

    Site : http://www.lefigaro.fr/livres/

     

    Journal d'un corps, de Daniel Pennac (Prix des lecteurs de L'Express), est une réelle performance littéraire.

    "Daniel Pennac prouve encore avec son [...] roman qu'il fait partie des meilleurs écrivains français - et inutile d'ajouter "de sa génération" -. L'écriture est travaillée, belle et efficace. [...] 

    On pourrait y voir [...] un texte "exhibitionniste". Mais, pas de doute, l'objectif de Daniel Pennac est de toucher le lecteur dans ce qu'il a de plus intime [...]. Cette intimité narrée fait écho chez soi, on la penserait unique, privée, impossible à partager, et la voilà étalée dans un roman !" (Amélie Grossmann-Etoh, 23 avril 2012 - L'Express)  (Extrait)

    Site : http://www.lexpress.fr/culture/livre/

     

    Daniel Pennac au Théâtre du Rond-Point à Paris.

    "[...] le "Journal d'un corps" de Daniel Pennac a touché le cœur de la metteuse en scène Clara Bauer. Elle a choisi l'auteur lui-même pour vivre les mots de son roman en clôture de la saison du Théâtre du Rond-Point à Paris. Une belle aventure partagée avec les spectateurs."

    Seul sur scène, Daniel Pennac lit, pendant une heure et demie, Journal d'un corps. "Le plaisir des mots se trouve ici décuplé par l'interprétation candide de Daniel Pennac."  (Odile Morain, franceinfo, 8 juillet 2014) . (Extrait)

    Site : http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/theatre/

      

    À voir aussi : https://www.youtube.com/watch 

     

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  • Daniel Pennac (1) La famille Malaussène

     

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    Daniel Pennac  

     

    Daniel Pennac (Daniel Pennacchioni), né à Casablanca, au Maroc, en 1944, est un écrivain français. Professeur de lettres, il connaît le succès avec une série de romans rocambolesques et ses livres pour la jeunesse.

     

    Daniel Pennac est le dernier enfant d'une fratrie de quatre garçons. Son père est militaire et toute sa famille l'accompagne dans ses déplacements en Afrique, en Asie et en Europe. Daniel Pennac évoque ainsi son père qu'il assimile au plaisir de la lecture :

    "Pour moi, le plaisir de la lecture est lié au rideau de fumée dont mon père s'entourait pour lire ses livres. Et il n'attendait qu'une chose, c'est qu'on vienne autour de lui, qu'on s'installe et qu'on lise avec lui, et c'est ce que nous faisions."

    Daniel Pennac effectue une partie de sa scolarité dans un internat, où l'on ne permet pas aux élèves de lire d'autres ouvrages que leurs livres de classe :

    "En sorte que lire était un acte subversif. À la découverte du roman s'ajoutait l'excitation de la désobéissance..." (Daniel Pennac)

    Professeur de lettres de 1969 à 1995, il enseigne à Soissons et à Paris. En 1973, après son service militaire, il écrit son premier livre, Le Service militaire, au service de qui ?, un pamphlet s'attaquant aux principes du service national : l'égalité, la virilité, la maturité. Il choisit comme nom d'écrivain Daniel Pennac afin de ne pas faire de tort à son père.

    En 1979, Daniel Pennac part au Brésil où il reste deux années. Deux décennies plus tard, il publie un roman prenant sa source au Brésil, Le Dictateur et le hamac. 

    Entre-temps, Daniel Pennac écrit la saga de l'attachante et... surprenante famille Malaussène, puis une tétralogie pour les enfants où, préoccupé par l'école et l'amitié, il met en scène des héros proches de l'univers enfantin : Kamo.

    "Kamo, c'est l'école métamorphosée en rêve d'école, ou en école de rêve, au choix." (Daniel Pennac) 

    En 1995, il met fin à son métier d'enseignant pour se consacrer à la littérature, cependant il va régulièrement à la rencontre des élèves dans leurs classes.

    Du 4 au 6 novembre 2016, Daniel Pennac présidera la 35ème édition de la Foire du livre de Brive.

    (Source : http://www.lefigaro.fr/).

     

    "L'homme se construit des maisons parce qu'il sait qu'il est vivant, mais il écrit des livres parce qu'il sait qu'il est mortel. Il habite en bande parce qu'il est grégaire, mais il lit parce qu'il est seul. Cette lecture est pour lui une compagnie qui ne prend la place d'aucune autre, mais qu'aucune autre compagnie ne saurait remplacer. Elle ne lui offre aucune explication définitive sur son destin mais tisse un réseau de connivences entre la vie et lui. Infimes et secrètes connivences qui disent le paradoxal bonheur de vivre alors même qu'elles éclairent l'absurdité tragique de la vie. En sorte que nos raisons de lire sont aussi étranges que nos raisons de vivre. Et nul n'est mandaté pour nous réclamer des comptes sur cette intimité-là." (Daniel Pennac. Extrait de Comme un Roman).      

     

    Prix et distinctions :

    La Fée Carabine (roman, Gallimard, 1987) : Prix Mystère de la critique 1988.

    La Petite marchande de prose (roman, Gallimard, 1989) : Prix du Livre Inter 1990.

    Chagrin d'école (récit autobiographique, Gallimard, 2007) : Prix Renaudot 2007.

    Ernest et Célestine (film d'animation de Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar, 2012. Scénario d'après la série d'albums jeunesse Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent) : nommé aux Annie Awards en 2014 dans la catégorie "Meilleur scénario pour un long métrage d'animation".

    Le Prix Ulysse a été décerné à Daniel Pennac, en 2005, pour l'ensemble de son œuvre, ainsi que le Grand Prix Metropolis bleu en 2008.

    (Source biographique : http://www.gallimard)

     

    Voir l'article : Daniel Pennac (2) Romans philosophiques et/ou rocambolesques

     

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    Daniel Pennac

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

     

    Œuvres :

    1973. Le Service militaire au service de qui ? (essai. Seuil)

    1978. Les Enfants de Yalta, en collaboration avec Eliad Tudor (roman. Grasset)

    1979. Père Noël, en collaboration avec Eliad Tudor (biographie romancée. Grasset)

    1980. Le Grand Rex (livre illustré. Centurion-Jeunesse)          

    1982. Cabot-Caboche (livre Jeunesse. Nathan ; Pocket Jeunesse)

    1984. L'Œil du loup (livre Jeunesse. Nathan). Court-métrage d'animation L'Œil  du loup (1998) de Hoël Caouissin, sur un scénario de René Laloux, d'après le livre de Daniel Pennac.

    1985. Au Bonheur des ogres (roman. Gallimard). Au Bonheur des ogres (2013) de Nicolas Bary, scénario de Jérôme Fansten, Serge Frydman et Nicolas Bary d'après le roman Au Bonheur des ogres.daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    1987. La Fée Carabine (roman. Gallimard) Prix Mystère de la critique 1988

    1988. La Fée Carabine (scénario, épisode de la série télévisée Série noire d'Yves Boisset, d'après le roman La Fée Carabine de Daniel Pennac)

    1989. La Petite marchande de prose (roman. Gallimard) Prix du Livre Inter 1990

    1991. Le Sens de la houppelande, illustrations de Jacques Tardi (roman graphique. Futuropolis ; Gallimard)

    1991. Les Grandes Vacances, en collaboration avec Robert Doisneau (Hoëbeke)

    1992. Comme un roman (essai. Gallimard)daniel pennac,daniel pennac écrivain français,daniel pennacchioni,la petite marchande de prose par daniel pennac,monsieur malaussène par daniel pennac,le zèbre belleville paris,salle de spectacles le zèbre belleville paris,aux fruits de la passion par daniel pennac,au bonheur des ogres par daniel pennac

    1992. Kamo. L'agence Babel, illustrations de Jean-Philippe Chabot (collection Lecture Junior, Gallimard Jeunesse). Lu par Daniel Pennac (collection Folio Junior, Gallimard Jeunesse ; collection Écoutez Lire, Gallimard, CD, 2007)

    1992. L'Évasion de Kamo, illustrations de Jean-Philippe Chabot (collection Lecture Junior, Gallimard Jeunesse ; collection Folio Junior, Gallimard Jeunesse, 1997)

    1992. Kamo et moi, illustrations de Jean-Philippe Chabot (collection Folio Junior, Gallimard Jeunesse, 2007)

    1993. Kamo. L'idée du siècle, illustrations de Jean-Philippe Chabot (collection Folio Junior, Gallimard Jeunesse ; collection Écoutez Lire, Gallimard, CD, 2007)

    1994. Le Tour du ciel (Peintures de Miro. Album pour enfants. Calmann-Lévy et Réunion des Musées Nationaux) 

    1995. Monsieur Malaussène (roman. Gallimard). Téléfilm italien (2001) de Roberto Capanna d'après le roman Monsieur Malaussène par Daniel Pennac.daniel pennac,daniel pennac écrivain français,daniel pennacchioni,la petite marchande de prose par daniel pennac,monsieur malaussène par daniel pennac,le zèbre belleville paris,salle de spectacles le zèbre belleville paris,aux fruits de la passion par daniel pennac,au bonheur des ogres par daniel pennac

    1996. Monsieur Malaussène au théâtre (roman. Gallimard)

    1996. Monsieur Malaussène au théâtre (pièce de théâtre. Gallimard) 

    1997. Messieurs les enfants (roman. Gallimard)

    1997. Messieurs les enfants (scénario coécrit avec Pierre Boutron, d'après le roman de Daniel Pennac, Messieurs les enfants, avec une apparition de Daniel Pennac jouant l'homme dans la voiture).

    1997. Qu'est-ce que tu attends, Marie ? (peintures de Monet. Album pour enfants. Calmann-Lévy et Réunion des Musées Nationaux)

    1999. Des Chrétiens et des Maures (roman. Gallimard)

    1999. Aux Fruits de la passion (roman. Gallimard)daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    1999. Sahara, illustrations d'Antonin Louchard (album pour enfants. Thierry Magnier Eds)

    1999. Vercors d'en haut : la Réserve naturelle des hauts-plateaux (livre illustré. Milan)

    2000. Gardiens et Passeurs (essai. Fondation Banques CIC pour le livre)

    2000. La Débauche, dessins de Tardi (bande dessinée. Futuropolis ; Gallimard)

    2000. Bartleby le scribe de Herman Melville dans la traduction de Pierre Leyris (CD audio, collection À voix haute. Gallimard)  

    2001. Bon Bain les bambins, illustrations de Ciccolini (collection Gaffobobo. Gallimard)

    2001. Le Crocodile à roulettes, illustrations de Ciccolini (collection Gaffobobo. Gallimard) 

    2001. Le Serpent électrique, illustrations de Ciccolini (collection Gaffobobo. Gallimard)

    2003. Le Dictateur et le hamac (roman. Gallimard)

    2004. Merci (roman. Gallimard). Grazie, téléfilm italien (2004) d'après le roman Merci.daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    2004. Merci, lu par Claude Piéplu, illustrations de Quentin Blake (CD audio, collection Écoutez Lire. Gallimard)

    2004. Merci, mise en scène et réalisation de Jean-Michel Ribes. Musique "Jeux pour deux", 1975, de François Vercken (DVD, conception graphique d'Étienne Théry. Gallimard)

    2006. Merci suivi de Mes Italiennes (chronique d'une aventure théâtrale et de Merci, adaptation théâtrale. Gallimard)

    2006. La Lunga Notte del dottor Galvan (téléfilm italien) 

    2006. Némo (livre illustré.  Hoëbecke)

    2007. Écrire (livre illustré.  Hoëbecke)

    2007.  La Vie de famille, en collaboration avec Robert Doisneau (Hoëbeke) 

    2007. Chagrin d'école (récit autobiographique. Gallimard) Prix Renaudot 2007daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    2009. Histoires comme ça (série télévisée d'animation de Jean-Jacques Prunès, narrateur : Daniel Pennac)

    2010. Bartleby le scribe (téléfilm de Jérémie Carboni, adaptation de la nouvelle Bartleby d'Herman Melville, narrateur : Daniel Pennac)

    2010. Lucky Luke contre Pinkerton en collaboration avec Tonino Benacquista, dessins de Achdé (bande dessinée. Lucky Comics)

    2012. Cavalier seul en collaboration avec Tonino Benacquista, dessins de Achdé (bande dessinée. Lucky Comics)

    2012. Le Roman d'Ernest et Célestine (roman pour la Jeunesse. Casterman - Gallimard Jeunesse)daniel pennac,daniel pennac écrivain français

    2012. Ernest et Célestine (film d'animation de Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar. Scénario d'après la série d'albums jeunesse Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent). Nommé aux Annie Awards en 2014 dans la catégorie "Meilleur scénario pour un long métrage d'animation".

    2012. Le 6e Continent (pièce de théâtre. Gallimard, Collection Blanche)

    2012. L'Œil du loup, lu par Daniel Pennac, illustrations de Catherine Reisser. Mis en musique par Karol Beffa. Avec l'Orchestre de chambre de Paris. (CD audio, collection Écoutez Lire. Gallimard Jeunesse)

    2012. Ancien Malade des hôpitaux de Paris (pièce de théâtre. Gallimard, Collection Blanche)  

    2012. Journal d'un corps (roman. Gallimard)

    2012. Les Dix Droits du lecteur, animé par Gérard Lo Monaco (livre pop-up. Gallimard Jeunesse)

    2013. Journal d'un corps (album illustré, mis en dessin par Manu Larcenet. Futuropolis)

    2015. Un Amour exemplaire, dessins de Florence Cestac (bande dessinée. Dargaud)

    2015. Eux, c'est nous. Livre collectif : L'instinct, le cœur et la raison par Daniel Pennac, suivi de Réfugiés en 8 lettres par Jessie Magana et Carole Saturno, illustrations de Serge Bloch (livre jeunesse. Gallimard Jeunesse. Publication par 40 éditeurs jeunesse)

    2017. Le Cas Malaussène. I - Ils m'ont menti (Gallimard)

    2018. Mon frère (Gallimard, Collection Blanche)

     

    (Source bibliographique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Pennac)

     

     

    Dans mes Carnets de Lecture :

     

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    Au Bonheur des ogres par Daniel Pennac. Roman (Éditions Gallimard, 1985).

     

    "Côté famille, maman s'est tirée une fois de plus en m'abandonnant les  mômes, et le Petit s'est mis à rêver d'ogres Noël.

    Côté cœur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).

    Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j'étais là aussi pour l'explosion de la troisième, ils m'ont tous soupçonné.

    Pourquoi moi ?

    Je dois avoir un don..."

    (Quatrième de couverture)

     

    "La voix féminine tombe du haut-parleur, légère et prometteuse comme un voile de mariée.

    - Monsieur Malaussène est demandé au bureau des Réclamations.

    Une voix de brume, tout à fait comme si les photos de Hamilton se mettaient à parler. Pourtant, je perçois un léger sourire derrière le brouillard de Miss Hamilton. Pas tendre du tout, le sourire. Bon, j'y vais. J'arriverai peut-être la semaine prochaine. Nous sommes un 24 décembre, il est seize heures quinze, le Magasin est bourré. Une foule épaisse de clients écrasés de cadeaux obstrue les allées. Un glacier qui s'écoule imperceptiblement, dans une sombre nervosité. Sourires crispés, sueur luisante, injures sourdes, regards haineux, hurlements terrifiés des enfants happés par des pères Noël hydrophiles." (Extrait)

     

    Le Bonheur des ogres est le premier roman de la saga Malaussène. Benjamin Malaussène doit remplir l'ingrate fonction de "bouc émissaire du Magasin" : dans la cage en verre des Réclamations, avec la complicité de son collègue Lehmann, il s'accuse de toutes les incompétences du monde et assume la responsabilité de la totalité des défaillances des appareils électro-ménagers vendus à une clientèle mécontente, hargneuse, colérique.

    Les rôles du duo, Lehmann le venimeux, Malaussène le lamentable, fonctionnent à merveille. Le client devenu éponge de compassion, repart avec un nouveau bon de commande sans déposer la plainte promise à son arrivée afin de ne pas avoir le suicide du pitoyable Malaussène sur la conscience.

    Outre cette fonction de bouc émissaire, Benjamin, le grand "frère de famille", veille sur tous ses demi-frères et sœurs semés par une mère volage et insouciante.

    Voici le Petit qui dessine des ogres Noël anthropophages, Jérémy qui ne surveille pas toujours son langage mais a la capacité "de retrouver le sourire de ses cinq ans, en cas d'urgence", la douce Clara à la voix de "velours bien vert", passionnée de photographie, Thérèse l'astrologue au "regard fixe de nonne anorexique", et Louna en instance de maternité, peut-être de... célibat.

     

    Soudain, une explosion... la première bombe déposée dans le Magasin, bien d'autres suivront, toujours lors de la présence de Benjamin... 

    "Un amas de corps hérissés de bras et de jambes obstrue l'escalier roulant. Les clients remontent quatre à quatre l'escalier qui descend, mais refluent sous la poussée d'une vague venue d'en haut. Le temps de s'expliquer, tout le monde arrive au pied de l'escalator et bascule sur le bouchon humain. Ça grouille et ça hurle."

     

    Ce premier livre de la saga Malaussène est, lui, annonciateur d'explosions de joie et de rires à la découverte de toujours plus de trouvailles "pennaciennes" désopilantes !

     

    Le film Au Bonheur des ogres, réalisé par Nicolas Bary, d'après le roman de Daniel Pennac, est sorti en 2013 (scénario de Jérôme Fansten, Serge Frydman et Nicolas Bary).

    À voir aussi le site : http://www.ina.fr/video avec une présentation d'Olivier Barrot. 

     

     

      

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    La Petite Marchande de prose par Daniel Pennac. Roman (Éditions Gallimard, 1989). Prix du Livre Inter 1990.

    " - L'amour, Malaussène, je vous propose l'amour !

    L'amour ? J'ai Julie, j'ai Louna, j'ai Thérèse, j'ai Clara, Verdun, le Petit et Jérémy. J'ai Julius et j'ai Belleville...

    - Entendons-nous bien, mon petit, je ne vous propose pas la botte ; c'est l'amour avec un grand A que je vous offre : tout l'amour du monde ! 

    Aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai accepté. J'ai eu tort."

    Transformé en objet d'adoration universelle par la reine Zabo, éditeur de génie, Benjamin Malaussène va payer au prix fort toutes les passions déchaînées par la parution d'un best-seller dont il est censé être l'auteur.

    Vol de manuscrit, vengeance, passion de l'écriture, frénésie des lecteurs, ébullition éditoriale, délires publicitaires, La petite marchande de prose est un feu d'artifice tiré à la gloire du roman. De tous les romans." (Quatrième de couverture)

     

    "C'est d'abord une phrase qui m'a traversé la tête : "La mort est un processus rectiligne." Le genre de déclaration à l'emporte-pièce qu'on s'attend plutôt à trouver en anglais : "Death is a straight on process"... quelque chose comme ça.

    J'étais en train de me demander où j'avais lu ça quand le géant a fait irruption dans mon bureau. La porte n'avait pas encore claqué derrière lui qu'il était déjà penché sur moi :

    - C'est vous, Malaussène ?

    Un squelette immense avec une forme approximative autour. Des os comme des massues et le taillis des cheveux planté au ras du pif.

    - Benjamin Malaussène, c'est vous ?

    Courbé comme un arc par-dessus ma table de travail, il me maintenait prisonnier dans mon fauteuil, ses mains énormes étranglant les accoudoirs. La préhistoire en personne. J'étais plaqué à mon dossier, ma tête s'enlisait dans mes épaules et j'étais incapable de dire si j'étais moi. [...]"

    C'est alors qu'il a décidé de nous mettre à niveau : d'un  coup de reins, il nous a arrachés au sol, mon fauteuil et moi, pour nous poser en face de lui, sur le bureau. Même dans cette position, il continuait à dominer la situation d'une bonne tête. [...]" (Extrait)

     

    Benjamin Malaussène occupe la fonction de "bouc émissaire" aux Éditions du Talion, dirigées par la reine Zabo. Son rôle consiste à se déclarer responsable de tous les refus de manuscrits, de la mise au chômage des imprimeurs livrant les ouvrages avec une semaine de retard, de recevoir tous les insatisfaits, les briseurs de mobilier, sous l'œil de Julius le Chien, impassible, "gueule tordue et langue pendante," qui regarde "passer la Seine, ses péniches, ses cageots, ses godasses, ses amours..."

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    "la Seine, ses péniches..."

    (Source photographique : http://fr.123rf.com/)

     

    Lassé, Malaussène rend son tablier de bouc. Mais le véritable motif de sa démission est le futur mariage de sa sœur Clara. Benjamin Malaussène a toujours veillé sur ses frères et sœurs, tous de pères différents, mis au monde par une mère plus soucieuse de ses aventures amoureuses que de ses enfants.

    Parmi les enfants Malaussène, outre Benjamin, "le frère de famille", qui a élevé tous ses frères et sœurs, voici : 

    Louna, infirmière, mariée à un médecin, Laurent. Louna est la seule à ne plus vivre sous l'aile de Benjamin.

    Thérèse, "susceptible comme un fil dénudé", qui "même fringuée de paillettes à la proue d'une école de samba, garderait cette raideur inoxydable que lui confère l'intimité des astres".

    Clara "et son inséparable appareil photo", Clara, le "duvet d'âme", qui s'interpose toujours entre les querelleurs "à l'heure de l'engueulade quotidienne". 

    Jérémy, très inventif et turbulent, c'est lui qui imagine les noms ou surnoms des membres de la tribu.

    le Petit, qui n'a peur de rien sauf de ses cauchemars, qui ne peuvent être calmés qu'en lui posant ses lunettes rouges sur le nez.

    Verdun, née furieuse, "avec ses six mois d'existence et de colère, Verdun et ses petits poings serrés face au monde", est toujours prête à exploser.

    Dans La Petite Marchande de prose, naît C'est Un Ange, fils de Clara Malaussène et de Clarence de Saint-Hiver. C'est Un Ange, neveu de Benjamin Malaussène, ne connaîtra pas son père. 

    Partie intégrante de la famille, Julius le Chien, à l'odeur épouvantable, dont les crises d'épilepsie annoncent immanquablement un drame.

     

    Autour de la tribu Malaussène gravitent d'étonnants personnages :

    Julie Corrençon, fille d'un gouverneur colonial opiomane, belle et indépendante journaliste d'investigation, le grand amour de Benjamin.

    Loussa de Casamance, "ami en édition", ex-tirailleur sénégalais, qui rêve de traduire le Code civil en chinois.

    Hadouch Ben Tayeb, petit truand, ami d'enfance de Benjamin.

    Amar, le père de Hadouch Ben Tayeb, un restaurateur de Belleville.

    Yasmina, la femme d'Amar, leur "maman à tous".

    Mo le Mossi et Simon le Kabyle, lieutenants de Hadouch.

    Thian, inspecteur de police franco-vietnamien, le porteur attitré de la petite Verdun.

    Stojilkovicz, un Yougoslave qui traduit, en prison, Virgile en serbo-croate, après avoir lâché dans les rues de Belleville de vieilles dames armées jusqu'aux dents grâce à "un vieux stock de pétoires" afin qu'elles puissent se défendre.  

    Cissou la Neige, amateur de cocaïne, serrurier pour un huissier. Il remplace avant la saisie les meubles en bon état par du mobilier à jeter afin que les personnes en difficulté puissent conserver leurs biens.

    Et bien d'autres personnages ahurissants...

     

    L'éditrice, la reine Zabo, propose à Benjamin d'endosser le personnage d'un écrivain à succès, mais anonyme, J.L.B. (J.L. Babel), la "machine à best-sellers, la poule aux encriers d'or". De péripéties rocambolesques en situations macabres toujours pimentées d'humour, le lecteur se mêle, sans jamais se lasser, à la tribu Malaussène et aux rebondissements incessants nés de l'imagination fertile de Daniel Pennac...

     

     

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    Monsieur Malaussène par Daniel Pennac. Roman (Éditions Gallimard, 1995). Téléfilm italien (2001) de Roberto Capanna d'après le roman Monsieur Malaussène par Daniel Pennac. 

    "- La suite ! réclamaient les enfants. La suite ! La suite !

    Ma suite à moi c'est l'autre petit moi-même qui prépare ma relève dans le giron de Julie. Comme une femme est belle en ces premiers mois où elle vous fait l'honneur d'être deux ! Mais, Julie, crois-tu que ce soit raisonnable ? Julie, le crois-tu ? Franchement... hein ? Et toi, petit con, penses-tu que ce soit le monde, la famille, l'époque où te poser ? Pas encore là et déjà de mauvaises fréquentations !

    - La suite ! La suite !

    Ils y tenaient tellement à leur suite que moi, Benjamin Malaussène, frère de famille hautement responsable, bouc ressuscité, père potentiel, j'ai fini par me retrouver en prison, accusé de vingt et un meurtres.

    Tout ça pour un sombre trafic d'images en ce siècle Lumière.

    Alors, vous tenez vraiment à ce que je vous la raconte, la suite ? " (Quatrième de couverture)

     

    "Et ta future grand-mère apparut sur le seuil. Celle-là aussi, il faut que je te la présente. Elle a le cœur immédiat et l'entraille généreuse, ta future grand-mère. Benjamin-moi-même, Louna, Thérèse, Clara, Jérémy, le Petit, Verdun, nous autres de la tribu Malaussène, sommes tous les fruits de ses entrailles. Même Julius le Chien a pour elle des regards de puîné.

    Qu'est-ce que tu dis de ça, toi qui es le produit d'une longue interrogation procréatoire : "Faut-il faire des enfants dans le monde où nous sommes ? Le Divin Parano mérite-t-il qu'on ajoute à son œuvre ? Ai-je le droit d'enclencher un destin ? Ne sais-je point que mettre une vie en marche c'est lancer la mort à ses trousses ? [...] Tu crois qu'elle s'est posé ce genre de question, ta grand-mère ? Rien du tout ! Un enfant par coup de cœur, telle est sa loi. L'essai chaque fois transformé et le souvenir du papa aussitôt évacué. [...] Mais tu ne peux pas juger, toi, dans ton petit habitacle opalin... Il paraît que vous ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez, là-dedans, et que tout y baigne dans une lueur bleutée. Veinard... La seule chose que je t'envierai jamais : un bail de neuf mois dans le ventre de Julie." (Extraits pp. 27-28)

     

    Critique littéraire :

    "Sauver le Zèbre, le dernier cinéma de Belleville, que pouvait-il [...] arriver de pire [à Benjamin Malaussène] ? Monsieur Malaussène, bouquet final de la série, est un véritable feu d'artifice. Malaussène est impliqué simultanément dans deux affaires criminelles : l'assassinat en série de putes repenties qui ont la particularité d'avoir l'épiderme tatoué de tableaux de maîtres, et la quête sanglante d'un film extraordinaire qui doit être l'événement du Centenaire du cinéma. Dans le même temps, il se bat toujours contre les promoteurs qui font main basse sur Belleville et se débat dans les angoisses de la paternité. La grossesse de Julie, le combat pour sauver le Zèbre [...], l'héritage cinématographique du vieux Job et de Liesl (la nièce de Karl Craus), la maison piégée dans le Vercors, la grossesse de Gervaise, nonne, vierge et inspecteur de police, tout cela paraît sans rapport et finit pourtant par constituer un canevas presque logique." (Gérard Meudal, Libération, 1995. "L'Évangile selon Pennac : Monsieur Malaussène").

     

    Monsieur Malaussène et quelques nouveaux personnages :

    Maître La Herse, huissier de Belleville.  

    Clément Clément, Graine d'Huissier, étudiant stagiaire de La Herse.

    Nourdine et Leila, enfants amis de la tribu Malaussène.

    Suzanne O' Zyeux bleus (ainsi baptisée par Jérémy), la tenancière du cinéma le Zèbre.

    Gervaise, la fille du vieux Thian, vierge enceinte et inspecteur de police.

    Titus et Silistri, inspecteurs de police au grand banditisme détachés à la protection de Gervaise, accusés d'avoir engrossé Gervaise, la protectrice virginale de prostituées artistiquement tatouées.

    Pescatore, "barbeau toscan tatoué aux armes de saint Michel", veille aussi, avec ses anges noirs, "maquereaux repentis", sur Gervaise. Pescatore et ses anges noirs sont eux aussi soupçonnés d'avoir violé Gervaise. 

    Théo, "qui n'a jamais aimé que les blonds".

    Berthold, chirurgien, le "génie de la plomberie humaine".

    Marty, le médecin de la famille, "qui les avait tous sauvés deux ou trois fois d'une mort certaine".

    Matthias Fraenkhel, le gynécologue de Julie, "l'accoucheur des stars et des monarques".

    Barnabé Fraenkhel, fils de Matthias. Il éprouve une hostilité de sauvage envers la photographie ; il est la négation absolue du cinématographe.  

    Job Fraenkhel et sa femme Liesl, les parents de Matthias, tournent en secret depuis soixante-quinze ans le "Film Unique" qu'ils lèguent à Julie. Liesl, quatre-vingt-quatorze ans, refuse la morphine afin d'enregistrer sur son magnéto sa lente agonie 

    et... Maman. "C'était maman et ce n'était pas maman. C'était maman sans son intérieur. D'habitude maman n'arrive jamais seule. Elle arrive précédée de son ventre, d'habitude... annoncée par l'ambassade de son imminente maternité. Là, point de ventre. [...] No future." 

    Enfin, Monsieur Malaussène Malaussène (prénom : Monsieur Malaussène), dont je ne puis rien dire de plus afin de ne pas déflorer ce roman.

     

    Et toujours Benjamin Malaussène, "frère de famille hautement responsable", Cissou la Neige, "le sésame de la saisie, le rossignol de l'expulsion, le passe-partout favori du cabinet La Herse", Yasmina, la reine Zabo, éditrice du Talion, et la propre tribu de Benjamin : Clara, Thérèse, Louna, Jérémy, le Petit, Verdun, C'Est Un Ange, "Julie ma Julie" et "Julius mon chien". "Sans oublier la smala Ben Tayeb au grand complet", et d'autres encore...

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    Mais... n'est-ce pas Julius le Chien ?

    (Source photographique : http://fr.123rf.com/)

     

    Soudain, se profile la destruction du dernier cinéma de Belleville, le Zèbre, transformé provisoirement en théâtre... et en dortoir, avec l'assentiment de Suzanne O' Zyeux bleus, par le bouillonnant Jérémy -la reine Zabo a décidé qu'il serait un grand écrivain- et les enfants Malaussène, à l'exception de Benjamin qui loge toujours dans une ancienne quincaillerie :

    "Le plus impressionnant, c'était le silence. Même Jérémy se taisait. Rayure après rayure, le zèbre avait bel et bien disparu. Jusqu'à laisser un trou gris ciel dans le fronton du cinéma.

    Tout Belleville avait vu l'animal se dissoudre dans l'espace.

    Mais, après tout, le zèbre n'était qu'une effigie de bois, un dessin sans épaisseur. Quand ils s'attaqueraient à la pierre, ce serait autre chose. Ils ne pourraient tout de même pas faire disparaître un cinéma ! Un cinéma, c'est un immeuble ! Ce n'est pas seulement une façade, c'est un ventre, avec un hall, un balcon, une scène, des sièges, les meubles de Belleville dans ses coulisses... la tripaille des câbles et des tuyauteries, le volume de toute chose... Ça ne s'efface pas comme ça ! [...]

    Le silence de la foule s'alourdit.

    Voilà que le bleu du fronton commençait à pâlir ! La couleur se diluait ! [...] Tout fut emporté. [...] Le vide rongeait les affiches collées sur la façade du Zèbre, à présent. Le vide éteignait les affiches une à une et dissolvait les murs. Le vide rampait silencieusement le long du trottoir, effaçant chaque pierre, et il ne resta bientôt plus qu'une grille de fer noir dressée au pied de la façade disparue. [...] Il ne restait plus que le cadenas doré, flottant seul dans l'espace. [...]

    Quelque chose d'inattendu était en train de se produire. Jérémy le comprit au regard furieux que le brigadier échangea avec le flic son voisin. Quelqu'un avait forcé le barrage. [...] Thérèse traversait le no man's land qui les séparait du cinéma, à grands pas, droite comme la justice, raide comme les matraques qui auraient dû l'en empêcher, seule au monde. Sa démarche avait l'autorité de celles qui ouvrent en deux la muraille des murs. Elle se dirigeait droit vers le cadenas flottant. [...]

    Là-bas, debout devant le vide, Thérèse sortit une clef de sa poche et ouvrit le cadenas. Puis on vit nettement l'effort de ses bras et chacun put entendre le grincement familier d'une grille invisible.

    Thérèse fit un pas en avant et disparut à son tour.

    Avalée par le néant."

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    Salle de spectacles Le Zèbre, quartier de Belleville, Paris

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Julie est à l'hôpital, "le ventre vide". Benjamin, fou de douleur, se lance dans une course insensée dont la description est un morceau d'anthologie !

    "J'ai avalé des couloirs et dévalé des escaliers, quelques flics se sont aplatis contre les murs, des dossiers se sont envolés, des têtes ont jailli, leurs portes ne s'étaient pas encore refermées que je sautais déjà par-dessus la Seine. Prenez un Malaussène, faites-lui mal, il court. Il pourrait réquisitionner un taxi, plonger dans le métro, s'accrocher à la queue d'un avion, non, il court ! Il met le trottoir en branle, engloutit l'asphalte, fait défiler les balcons au-dessus de sa tête. Les passants qui se retournent l'ont déjà perdu de vue, les marronniers n'ont pas le temps de se compter... il court, Malaussène, il court le plus droit possible et saute le plus haut qu'il peut, les chiens le sentent passer au-dessus de leurs truffes et les flics ne le voient pas traverser les carrefours, il développe sa foulée parmi les coups de gueule et de klaxon, le hurlement de la gomme et la stridulation des sifflets, l'envolée des pigeons et le coulé des chats au dos creux, il court, Malaussène, et on ne voit pas trop qui pourrait courir plus vite, faire ainsi tourner le monde sous ses pieds, si ce n'est un autre Malaussène peut-être, un autre malheur en mouvement, et tout compte fait ils doivent être nombreux ces coureurs affligés, si on en juge par la rotation de la terre, car elle tourne sous les pieds de l'homme qui court, la terre [...] "

     

     

     

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    Aux Fruits de la passion par Daniel Pennac. Roman (Éditions Gallimard, 1999).

     

    "La tribu Malaussène et ses proches ont le regret de vous annoncer le mariage de Thérèse Malaussène avec le comte Marie-Colbert de Roberval, conseiller référendaire de première classe.

    Cet avis tient lieu d'invitation."

    (Quatrième de couverture) 

     

    "On devrait vivre a posteriori. On décide tout trop tôt. Je n'aurais jamais dû inviter ce type à dîner. Une reddition hâtive, aux conséquences désastreuses. Il faut dire que la pression était énorme. Toute la tribu s'était acharnée à me convaincre, chacun dans son registre, une puissance de feu terrible :

    - Comment, gueulait Jérémy, Thérèse est amoureuse et tu ne veux pas voir son mec ?

    - Je n'ai jamais dit ça.

    Louna a pris le relais :

    - Thérèse trouve un monsieur qui s'intéresse à elle, un phénomène aussi improbable qu'une tulipe sur la planète Mars, et tu t'en fiches ?

    - Je n'ai pas dit que je m'en fichais.

    - Même pas un chouia de curiosité, Benjamin ?

    Ça, c'était Clara, sa voix de velours...

    - Tu sais ce qu'il fait au moins, dans la vie, l'ami de Thérèse ? a demandé le Petit, derrière ses lunettes roses.

    - Des contes !

    - Des contes ?

    - C'est ce qu'a dit Thérèse : il fait des contes !

    Interdire notre quincaillerie à un conteur, c'était anéantir le système de valeurs du Petit. De ma propre personne à Loussa de Casamance, en passant par l'ami Théo, le vieux Risson, Clément Clément, Thian, Yasmina ou Cissou la Neige, le Petit n'avait rien fréquenté d'autre depuis sa naissance.

    - C'est vrai, ai-je demandé un peu plus tard à Julie, ce thérèsophile est un conteur ?

    - Conteur ou garagiste, a répondu Julie, il faudra que tu y passes, autant céder tout de suite. Organise un dîner." (Extrait pp. 15-16)

     

    Dès les premières pages, le lecteur est remis en présence de certaines de ses anciennes connaissances appartenant à la tribu Malaussène et à ses satellites. Et voici Thérèse Malaussène amoureuse ! "Thérèse à la roideur si fragile !" Thérèse, la "spirite en verre de Murano. Tellement cassante..." . Voyant cette roseur soudaine sur les joues de Thérèse, Benjamin avait espéré une innocente tuberculose et placé tout son espoir dans le bacille de Koch. "On peut attraper la tuberculose par romantisme, Thérèse n'en manquait pas. Six mois d'antibiotiques et il n'y paraîtrait plus."

     

    Les nouveaux personnages : 

    Marie-Colbert de Roberval (MC2), conseiller à la Cour des comptes, époux de Thérèse.

    Charles-Henri de Roberval (CH2), frère de Marie-Colbert. Il s'est pendu.

    Le vieux Semelle, "dans l'emploi du grand-père-artisan-retraité-méritant [...] avec son couscous merguez, son costard-serpillière..."

    Rachida, la fille de Kader, le taxi.

    Mondine, une des protégées de Gervaise.

    Hervé, "l'amour momentané de la vie de Théo"

    Et... Maracuja Malaussène...

     

    Daniel Pennac, lors d'un entretien avec les Éditions Gallimard, évoque les contraintes d'écriture qu'il s'impose : "Il faut qu'il y ait une mort compensée par une naissance, une crise d'épilepsie de Julius le Chien, un cauchemar du Petit ou quelque chose d'équivalent. Et une conversion de stéréotypes. Ici, c'est ce procès bourgeois d'un mariage jugé inconvenant par une famille elle-même très inconvenante ! " 

    Source : http://www.gallimard.fr/catalog/entretiens/

    Benjamin consulte ses amis qui lui conseillent unanimement de laisser agir Thérèse. Il se rend à la crèche de Gervaise baptisée Aux fruits de la passion. Elle y emploie Clara qui arrive tous les matins avec Verdun, C'Est Un Ange et Monsieur Malaussène qui sont tous, eux aussi, des fruits de la passion.

    Voilà arrivé le soir de la présentation de Marie-Colbert de Roberval à la famille Malaussène. Ce n'était pas un conteur, mais un conseiller à la Cour des comptes. "Le Petit était encore à l'âge où on place ses espoirs dans l'homonymie ; il entendait ce qu'il voulait entendre."  Thérèse avait rencontré son futur époux à son travail : elle disait la bonne aventure dans une minuscule caravane tchèque posée sur quatre parpaings, boulevard de Ménilmontant, sous les murailles du Père-Lachaise, et MC2 était venu la consulter...

     

    Une version plus courte de ce roman a été publiée en feuilleton dans Le Nouvel Observateur, du 8 juillet au 27 août 1998, sous le titre La Passion selon Thérèse.

     

     

    Trois autres romans de Daniel Pennac complètent la saga Malaussène :

    . Au Bonheur des ogres (Gallimard, 1985)

    . La Fée Carabine (Gallimard, 1987)

    . Des Chrétiens et des Maures (Gallimard, 1999).

    Peut-être, un jour, poursuivrai-je cet article s'il a le bonheur de vous intéresser...

    Est-ce utile de préciser que j'ai beaucoup aimé cette famille fantasque, originale, dont chacun des membres est prêt aux actes les plus héroïques pour le sauvetage de l'un d'entre eux ?  

    Merci, Monsieur Daniel Pennac !

     

    Voir aussi, si vous le souhaitez, l'article : Daniel Pennac (2) Romans philosophiques et/ou rocambolesques.

     

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  • Yann Queffélec, l'écrivain d'un sombre univers

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    Yann Queffélec (en 2013)

    (source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Yann Queffélec (né à Paris en 1949), fils de l'écrivain breton Henri Queffélec (Brest, 1910 - Maisons-Laffitte, 1992), est un écrivain français, auteur de nombreux romans et essais ainsi que d'un recueil de poèmes. Il a écrit les textes des chansons du dixième album de l'auteur-compositeur-interprète français Pierre Bachelet : La Ville ainsi soit-il (1995). 

    Yann Queffélec est diplômé de l'ICART (Institut supérieur des Carrières Artistiques) à Paris. Très attaché à la Bretagne, et plus particulièrement à l'Aber-Ildut dans le Finistère,  fervent amoureux de la mer, il a été moniteur à l'école de voile "Jeunesse et Marine" et a navigué avec Éric Tabarly (1931-1998). Il en a écrit la biographie : Tabarly (Fayard l'Archipel, 2008).

     

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    L'Aber-Ildut

    (source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Les romans de Yann Queffélec s'inspirent d'un univers sombre. Ses héros sont écorchés vifs, souvent victimes de relations familiales d'une extrême dureté, et se débattent au sein de la violence sociale.   

    Yann Queffélec est critique littéraire au Nouvel Observateur. Il a reçu le Prix Goncourt 1985 pour son deuxième roman, Les Noces barbares. Il a obtenu pour La Femme sous l'horizon le Prix Vogue Homme, Roman et Cinéma 1988, et le Prix Relay 1994 pour Disparue dans la nuit

     

     

    Œuvres : 

    Romans, essais, biographies, livres pour enfants :yann queffélec,écrivain français,tabarly par yann queffélec,les noces barbares de yann queffélec,la ville ainsi soit-il de pierre bachelet paroles de yann queffé

     

    1981. Béla Bartók (biographie. Mazarine. 1993, Stock)

    1983. Le Charme noir (roman. Gallimard)

    1985. Les Noces barbares (roman. Gallimard) Prix Goncourt 1985

    1988. La Femme sous l'horizon (roman. Julliard) Prix Vogue Homme, Roman et Cinéma 1988

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    1990. Le Maître des Chimères (roman. Julliard)

    1992. Prends garde au loup (roman. Julliard)

    1994. Disparue dans la nuit (roman. Grasset) Prix Relay 1994

    1994. Le Soleil se lève à l'ouest (photographies de Jean-Marc Durou. Récit. Laffont)

    1994. Le Poisson qui renifle (livre pour enfants. Nathan)

    1994. Le Pingouin mégamélomane (livre pour enfants. Nathan)

    1995. La Menace ou Noir Animal (roman. Christian de Bartillat)

    1996. Et la Force d'aimer (roman. Grasset)

    1996. Horizons (photographies de Philip Plisson. Le Chêne)

    1998. La Boîte à joujoux (avec Hervé Blondon. Conte musical sur la musique de La Boîte à joujoux, ballet pour enfants de Claude Debussy. Livre K7. Nathan)

    1998. Happy Birthday Sara (roman. Grasset)

    1999. Toi, l'Horizon (Cercle d'art)yann queffélec,écrivain français,tabarly par yann queffélec,les noces barbares de yann queffélec,la ville ainsi soit-il de pierre bachelet paroles de yann queffé

    2000. Osmose (roman. Laffont)

    2002. Boris après l'amour (roman.Fayard) Prix Breizh 2003

    2002. Idoles (peintures de Jeanne Champion. Cercle d'art)

    2002. La Mer (photographies de Philip Plisson. Éditions de la Martinière)

    2002. Tendre est la Mer (photographies de Philip Plisson. Récit. Éditions de la Martinière)

    2003. Vert cruel (roman. Bartillat)

    2004. Moi et Toi (roman. Fayard)

    2004. Les Affamés (roman. Fayard)yann queffélec,écrivain français,tabarly par yann queffélec,les noces barbares de yann queffélec,la ville ainsi soit-il de pierre bachelet paroles de yann queffé

    2004. Les Soleils de la nuit (roman. Le Livre de Poche)

    2005. La Dégustation (roman. Fayard)

    2005. Ma Première Femme (roman. Fayard)

    2006. L'Amante (roman. Fayard)

    2006. Mineure (roman. Lafon)

    2007. Le Plus heureux des Hommes (roman. Fayard)

    2007. L'Amour est fou (roman. Fayard)yann queffélec,écrivain français,tabarly par yann queffélec,les noces barbares de yann queffélec,osmose de yann queffélec,la ville ainsi soit-il de bachelet paroles de queffélec,prends garde au loup de yann queffélec,moi et toi de yann queffélec,disparue dans la nuit

    2008. Passions criminelles (écrit avec Mireille Dumas. Témoignages romancés. Fayard)

    2008. Barbaque (roman. Fayard)

    2008. Tabarly (biographie. Fayard - L'Archipel)

    2009. Adieu Bugaled Breizh (document-fiction. Éditions du Rocher)

    2009. La Puissance des corps (roman. Fayard)

    2009. Le Piano de ma mère (récit. L'Archipel)

    2009. Bretagne horizons. Carnet de bord d'un pêcheur d'images (Photographies de Philip Plisson. Éditions du Chêne)

    2010. Les Oubliés du vent (nouvelles. Éditions du Rocher)yann queffélec,écrivain français,tabarly par yann queffélec,les noces barbares de yann queffélec,osmose de yann queffélec,la ville ainsi soit-il de bachelet paroles de queffélec,prends garde au loup de yann queffélec,moi et toi de yann queffélec,disparue dans la nuit

    2010. Les Sables du Jubaland (roman. Plon)

    2011. Beau Parleur (roman. L'Archipel)

    2012. The Savage Wedding (roman. Traduit de l'anglais par Linda Coverdale. Capuchin Classics) 

    2013. Dictionnaire amoureux de la Bretagne ("dictionnaire-roman". Plon)

    2013. La Traversée du Petit Poucet (Recueil de chroniques littéraires. Éditions du Rocher)

    2014. Chaque jour est une finyann queffélec,écrivain français,tabarly par yann queffélec,les noces barbares de yann queffélec,la ville ainsi soit-il de pierre bachelet paroles de yann queffé

    2014. Désirable (Roman. Cherche-Midi)

    2014. On l'appelait Bugaled Breizh (document-fiction. Éditions du Rocher - L'Archipel)

    2014. Ma Nuit d'Armor (autobiographie. Seuil)

    2015. L'Homme de ma vie (récit. Guérin  - Paulsen) Prix des Hussards 2016

    2016. L'Ennemie dans la peau (roman. Archipel)

     

    Plusieurs livres de Yann Queffélec ont été réédités par les Éditions Le Livre de Poche.

     

     

    Dans mes Carnets de Lecture : 

     


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    de Yann Queffélec. Roman. Éditions Gallimard. 1985. Prix Goncourt 1985.

     

    "La fatalité d'un mal-aimé par Yann Queffélec

    Le roman donne à l'écrivain tous les pouvoirs. Inventer ses contraires, brosser les situations les plus inouïes comme s'il en avait forcément l'expérience, annexer des lieux où il n'a jamais mis les pieds, tuer ses congénères, déployer à sa convenance un réalisme si dur soit-il, pourvu qu'il soit tonifié par l'écriture, innocenté, détourner le lecteur de ses goûts et préjugés le temps d'une histoire si bien mise en scène qu'il ne peut s'en arracher. [...] 

    L'imagination, dans mon cas, naît la plume à la main. C'est une électricité qu'engendre avec plus ou moins d'intensité le contact de la feuille et du stylo. Autrement dit, j'ai commencé Les Noces barbares avec un minimum d'intentions, de préméditation, et c'est à force de gratter des pages que j'ai fini par rencontrer mes personnages et mon sujet. Il s'agirait d'un enfant rejeté par son milieu familial, et notamment par sa mère, pour des mobiles dont je n'avais pas encore le détail. La solitude et le dénuement affectif le rendraient sinon fou, du moins bizarre, inapte aux comportements dits normaux. Et ce serait la conscience tranquille, avec le prétexte en or de la débilité, que sa mère le ferait un jour enfermer dans un institut spécialisé. Le lecteur - et même l'auteur - devrait à la fin se poser au moins deux questions : Ludovic était-il ou non faible d'esprit ? Être un enfant mal aimé peut-il réduire quiconque à la folie ? [...]" (Yann Queffélec)

     

    Critiques littéraires :

    "Un livre très beau

    Sur un sujet terrible, Yann Queffélec a écrit un roman poignant et sombre qui tirerait des larmes à une montagne de glace. Son style, plus sobre, plus lisse que dans Le Charme noir, peint à merveille l'innocence et la démence de Ludo. Les dialogues sonnent aussi juste dans le cancan du boulanger, la méchanceté de l'infirmière, ou les chagrins du mécano, que dans les répliques adorables du pauvre Ludo. [...]" (Dominique Bona, Le Quotidien de Paris, extrait)

     

    "Une écriture efficace

    Avec son deuxième roman, Les Noces barbares, Yann Queffélec joue les premiers de la classe. Son livre possède la force, le souffle poétique sans lequel tout récit s'encalmine misérablement, une écriture efficace dans tous les registres des personnages de chair et d'os, de ceux qui peuplent la mémoire. (...) Queffélec est un "hyperréaliste" de l'écriture. À traquer le vrai dans le vrai, il transgresse les limites du regard et passe de l'autre côté. Univers sans ombre, éclairé au scialytique, insoutenable. (...) On s'en veut de résumer si mal un livre qui, de toutes parts, déchire, exalte, enfièvre le lecteur. Il vaut mieux qu'un prix littéraire et poser des lauriers là-dessus serait dérisoire. Mais puisque ce dérisoire-là est le moyen de vivre des écrivains, il serait inconvenant de ne pas le faire..." (Jean David, V.S.D.) 

     

    "Bourré de talent

    On défie quiconque de ne pas être bouleversé à chaque page. Queffélec est un romancier, au pur sens du terme, qui sait raconter une histoire et se mettre à la place de tous les protagonistes et nous faire partager la détresse de Ludovic. On avait un peu perdu l'habitude de rencontrer une telle puissance, une pareille invention. Bourré de talent, il réussit à se tirer de toutes les situations. Il a choisi l'économie des moyens. On chercherait en vain un reproche à lui adresser. Il y a des jours où la critique devient quelque chose d'assez dérisoire, des jours où l'on a envie de prononcer ce seul mot : lisez !" (Éric Neuhoff, Madame Figaro)

     

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    (Source photographique : http://fr.123rf.com/)

     "Une réussite entière

    Enfin un roman, un vrai ! (...) La réussite est entière parce que l'auteur allie deux dons rares : celui des petits faits vrais et celui des grandes perspectives.

    Les destins des personnages sont cernés avec un sens aigu de l'observation ; leurs propos, notamment, annoncent un grand dialoguiste de l'âpreté à la Pialat. Queffélec se tire parfaitement de la difficulté majeure qu'il y a à faire parler naturellement des êtres frustes et frustrés, des enfants, des malades. Les reparties et les monologues intérieurs de Ludo suggèrent tout à fait le non-sens des phrases apprises, aussi longtemps qu'un manque affectif empêche l'enfant de s'approprier la parole. Avec ce réalisme mordant coexiste un talent descriptif qui n'exclut pas l'image de poète et qui se déploie particulièrement dans la dernière partie, aux accents de légende." (Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde

      

    "Un roman fascinant

    Les Noces barbares est un roman fascinant et fasciné. Yann Queffélec se promène dans ce monde de chimères avec une présicion, une sûreté rares. Certaines séquences - celle du viol de Nicole, le passage chez les dingues - sont époustouflantes. (...) Le roman de Queffélec est un livre superbement accompli, dans sa violence et sa poésie. Mais ce qu'il y a de plus beau et surtout de plus émouvant en fin de compte dans ce texte, c'est ce qui touche le plus au cœur de l'auteur : la mer." (Jean-François Josselin, Le Nouvel Observateur

     

    "Un vrai grand livre

    Un vrai grand livre. À propos de ces Noces barbares de Yann Queffélec, que le Prix Goncourt vient de couronner, on serait même tenté d'écrire : un chef-d'œuvre, si le mot n'était aussi galvaudé. En tout cas, un roman magnifiquement conduit qui est, à coup sûr, le plus poignant de tous ceux de cette abondante rentrée. (...) Mais ce qui  rend ce roman tellement unique, c'est l'art, l'émotion, la mesure, le lyrisme maîtrisé avec lesquels Yann Queffélec (trente-six ans) reconstruit de l'intérieur cette lente agonie d'une âme - et son dérisoire combat pour survivre." (Jacques Prezelin, France-Soir Magazine

     

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    Voilà quelques mois, j'ouvris Les Noces barbares et, terrifiée, immergée dans une sensation d'horreur indescriptible, ressentant la souffrance de cette fillette de treize ans, Nicole, imaginant l'atrocité du drame qui la détruisait à tout jamais, je fus incapable, dans un premier temps, de poursuivre ma lecture. Puis, je décidai, ce difficile cap franchi, de plonger toujours plus profondément dans la découverte d'une vie meurtrie si cruellement dès l'adolescence.

    Stupéfaite,  bouleversée, je vis que Nicole était bien loin d'être le personnage principal de ce livre. Ludovic, l'enfant de l'injustice, l'enfant émouvant, le gamin étrange, assoiffé de l'amour de sa mère, le garçonnet que la privation de soins et d'affection risquait de transformer en enfant débile, Ludovic était le véritable héros des Noces barbares.

     

    "Des pas et des voix résonnaient au loin. L'enfant prêta l'oreille et reposa la tête de poisson qu'il finissait de polir avec l'ongle du pouce, le seul qu'il ne rongeât pas. Il se mit aux aguets. De sa cabane aérienne, on pouvait surveiller l'entrée du grenier par les judas ménagés dans la toile à sac. La clé tourna. Nicole apparut la première, devançant Nanette qui pendit au perroquet sa pèlerine mouillée.

    "C'est pas de la pluie, c'est de la soupe !... Alors, où c'est qu'il a bien pu se fourrer encore ?

    - Là-haut, comme d'habitude, soupira Nicole d'un ton blasé.

    - C'est un vrai singe, s'émerveilla Nanette à voix basse. Tout comme Brieuc. Fallait toujours jouer à le retrouver."

    Puis à la cantonade et la tête levée : "C'est trop dur pour son âge de grimper. Faut déjà être agile, et drôlement costaud."

    Ludo laissa tomber par une fente une tête de mulet raclée jusqu'à l'os. Il en avait une dizaine ainsi qu'il conservait dans son mirador, jouant à se mordre les doigts avec les minuscules dents acérées.

    "Tiens ! une gueule de poisson, lança Nanette en la ramassant. Voilà qu'il pleut du poisson maintenant. Mais moi, c'est Ludo que je viens voir. À moins qu'une vilaine sorcière ait changé mon Ludovic en mulet. On ne sait...

    - ... À quoi ça sert, trancha Nicole aigrement. Tu sais très bien qu'il est là."

    Et prenant un balai contre l'armoire, elle vint aiguillonner la toile où se découpait l'ombre d'un corps tapi. [...]

     

    Il ne se souvenait pas d'avoir habité d'abord l'étage au-dessous, d'avoir eu mal entre sa mère et sa grand-mère qui lui faisait avaler des biberons trop chauds ou trop froids - s'il en crevait ce serait parfait. Ni d'avoir été battu, trimballé, bâillonné dans son berceau - "comme ça on a la paix". Ni d'avoir entendu cauchemarder Nicole au souvenir du viol, voulant la mettre au feu, cette plaie ! Ni cette nuit-là d'avoir frôlé la mort au fournil : il avait fallu que Monsieur Blanchard ceinturât sa fille et lui arrachât l'enfant, pour l'empêcher d'ouvrir le four où lui-même avait incinéré toutes ses poupées, tous ses baigneurs en apprenant sa grossesse - "ah catin ! tu vas pouvoir y jouer, maintenant ! et pour de bon, à la maman !" (Extrait)

     

    Je n'ai jamais regretté d'avoir enfin dévoré ce livre jusqu'à l'ultime page. Un livre que l'on ne peut oublier...


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    Disparue dans la Nuit de Yann Queffélec. Roman. Grasset, 1994. Prix Relay 1994.

     

     "Dans la nuit, deux adolescents roulent à tombeau ouvert. Un cargo les attend au port. Momo, quatorze ans, l'enfant des cités Nord de Marseille, conduit la voiture volée. À son côté, Léna, la lycéenne blonde et fugueuse qu'il veut emmener au Maroc.

    "Tu te rends compte que tu couches avec la fille d'un flic, toi qui n'as pas de papelards, pas de boulot, rien qu'une petite gueule d'Arabe en fuite ? Et en plus, je suis mineure. Mineure et foutue."

    À quoi Momo veut-il échapper ? Est-ce Léna qui l'obsède ou la vengeance de Karim, son frère aîné, le puissant dealer qu'il a dénoncé à la police ? Est-ce par amour qu'il se sacrifie, ou par peur ?

    Quant à Léna, c'est bien l'amour qui la mène où qu'elle aille. L'amour sans espoir des interdits et des libertés volées. Elle a épuisé tous les chantages pour décider son père à revivre sous le toit familial, et à l'aimer. Trahie, rejetée, fautive, elle erre dans la nuit, elle hante la zone, à corps perdu pour sauver son âme." (Quatrième de couverture)

     

    "Il a dit d'avancer alors elle avance. Il y a si longtemps qu'elle n'a pas marché dehors. Elle reconnaît la nuit qui vient par vagues, l'ombre, les étoiles, le vent, le silence, et par vagues aussi la rumeur de l'autoroute au bas des collines. La mer et la nuit se mélangent comme une chanson. Elle suit Momo qui se retourne sans cesse et crie : "Magne-toi, Léna. Qu'est-ce que tu fous ?" Ses baskets lui font mal. Elle a coupé les bouts, supprimé les lacets. Il dit qu'il lui paiera des baskets neuves et des fringues. Ils ont vendu ses boucles d'oreilles et mis l'argent de côté. Il dit qu'il la protégera. On verra bien. Il dit qu'il n'est pas méchant. Si les gens savaient, il n'aurait plus qu'à leur donner ses yeux pour pleurer. [...]" (Extrait)

     

    Momo drogue Léna depuis un an et la séquestre. Sans elle, il est perdu. Sans les comprimés de pâte à mâcher euphorisante qu'il lui fournit, elle est perdue. Il porte le blouson de cuir volé à son frère Karim contenant de l'héroïne pure, des pilules d'Ecstasy, du chanvre indien et trois cent mille nouveaux francs répartis sous la doublure. Il veut aller au Maroc pour devenir berger et garagiste, mais pas sans Léna. "Elle pourrait vraiment lui faire avaler la lune. Elle aime quand il souffre et quand il a peur. Chaque fois elle trouve un nouveau truc pour le foutre en l'air et ne l'en aimer que plus. L'intox du dealer qui s'envoie la fille d'un flic, c'est un vrai tube, elle en chialerait d'attendrissement. On dirait qu'il est déjà sur la chaise électrique."

    David, le père de Léna est policier, "pas un flic de terrain. Il enseigne. C'est beau le devoir civique." Il ne peut oublier un amour d'enfance, Muriel, mais il épouse Fabienne. Délaissant sa femme et sa fille, il s'accorde souvent des congés intempestifs. Léna lui glisse des mots dans ses poches : "Je t'en supplie, papa, ne pars plus."

    Provocations, tenues vestimentaires extravagantes, insolences, innombrables messages, errances dans les quartiers "où la police ne s'aventure pas" et fugues, Léna tente douloureusement d'attirer le regard de son père, de le contraindre à s'évader de son égoïsme... 

      

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    Osmose de Yann Queffélec. Roman. Éditions Robert Laffont, 2000.

    "Sur une plage au crépuscule, des adolescents écoutent l'un d'entre eux raconter une histoire. Belle histoire ? Un crime.

    Désertas est un îlot pénitentiaire, nul ne sait où. Pierre vient d'arriver. Soumis à la loi des jeunes criminels, il doit avouer.

    Il raconte les riches heures où ses parents s'aimaient, où son père, un embobineur, croyait tirer les ficelles et répartir les rôles, où les secrets restaient secrets. Jusqu'au soir où sa mère disparaît. J'allais avoir six ans, les Delfonics tournaient, le vent secouait les rideaux, la nuit menaçait de tout emporter, je me réveillais dans un livre habité par des bûcherons réduits à manger leurs enfants, un rêve où mon père se profile à la manière d'un voleur, arrivant chez lui débraillé, pâle, sa veste noire parsemée de flocons : il referme à clé, il va boire à l'évier avec le bruit d'un animal en train de mourir, pendant que moi je vois ses mocassins enneigés et son pantalon trempé. De nous deux lequel est le plus effrayé quand nos regards se croisent ?

    À dire ce qu'il n'a jamais dit, à revivre ce que la veille encore il voulait oublier, Pierre entre pour la première fois en lui-même, il ose affronter son père et se résout à lui ressembler."

    (Quatrième de couverture)

     

    "Le cargo Désertas se traînait vers l'horizon. Pierre somnolait à l'avant, assis sur le treuil. Il aurait bien voulu s'allonger, mais la tôle était brûlante. Elle tiédissait dans la soirée, elle était gelée la nuit. Dès qu'il bougeait, les menottes tintaient. Il avait une main libre, l'autre reliée par un bracelet d'inox à la chaîne d'ancre. Elle vibrait, le bracelet vibrait, c'était douloureux. Pourvu qu'ils ne jettent pas l'ancre."

    (Extrait)

     

    Marc roulait vite pour retrouver, dans un "minable bled" où il ne se passait jamais rien, Nelly qu'il aimait d'un "amour à vif, étranglé". Il voulait lui faire payer, ce soir, cet amour qu'elle humiliait depuis des mois, "aux crochets duquel ils vivaient grassement, elle et son horrible gosse. Deux sangsues". Marc, qui ne connaît pas l'identité du père biologique de Pierre, lui a donné son nom.

    Le repas préparé par Nelly n'était qu'un piège. Sans un mot, elle enfourcha sa vieille moto et s'enfuit. Marc, ivre, la suivit en voiture, revivant "chaque dispute où la jalousie l'avait fauché". Elle revint à sa rencontre, tenta encore de l'éviter...

    "Elle est où maman ?" [...]

    "Mais tant qu'il eut des anniversaires elle ne fut pas là ; le feu aurait pu s'éteindre sur toutes les bougies du monde et de tous les âges sans qu'elle revienne."

    Des années de mensonges, de voyages à Paris pour rencontrer une improbable mère. L'osmose entre la mère et l'enfant s'était effondrée, comme celle entre Nelly et Marc auparavant. Le père s'est attaché à Pierre et, devenus inséparables, ils vivent en parfaite osmose dans un monde étouffant de mensonges quotidiens, de non-dit qui les oppressent.

     

       

     

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    Moi et Toi de Yann Queffélec (roman. Éditions Fayard, 2004).

     

    "Il est amoureux mais incapable d'aimer.

    Elle fait monter la pression atmosphérique, elle rend l'air suffocant.

    Ils connaissent tous les trucs du jeu mortel qui consiste, pour les époux, à se faire aussi mal qu'ils se font bien l'amour, jusqu'à ce que l'un des deux, touché, soit coulé.

    Il revient de loin, ce couple modèle, et qui sait par quel aveuglement il se croit né sous le signe du grand amour."

    (Quatrième de couverture) 

     

    "Dominant les pointus provençaux, une vedette en bois bleue se dandine entre ses amarres. Elle est là depuis toujours, au-dessus d'un herbier. La peinture est fendillée, la flottaison tapissée d'une mousse verdâtre et les carreaux crasseux ; les vernis du rouf ont perdu leur brillant. Sur les joues de pitchpin vissées à l'étrave on peut lire un nom gravé :

    SUDOUNOR

    Selon la rumeur, les derniers à l'avoir fait sortir en mer sont les doryphores de la Kriegsmarine, en vue d'un déminage où elle aurait dû sauter. Après la guerre un Anglais l'a rachetée aux Domaines et voulait la rebaptiser YOU AND ME. Il est mort à Brisbane entre-temps."

    (Extrait)

     

    Michel, un Parisien chargé de mission à la mairie du XXe arrondissement, décide d'offrir, pour la fête des Mères, à sa femme Julia, juge d'application des peines, une vedette en bois avec moteur diesel d'origine, amarrée à Toulon. Leur fille Madeline (Mado ou Madi) sera heureuse de naviguer avec ses parents.

     

    "Il dit qu'il va bientôt reprendre la mer et, de sa vieille hélice bipale en laiton forgée à La Spezia, se mettre à voir du pays, des îles. Ah ! les îles...

    Les mécanos sont d'un autre avis. L'affaire est entendue, ce doux baratineur est amoureux d'une épave. Ils attendent le moment où le bateau va rendre l'âme au port et se gaver en mourant de glouglous voluptueux. Chaque matin, se rendant au boulot, ils regardent où en est la flottaison. Ça tient, ouais, ça flotte. Il y en aurait pour cher de récupe, à bord, entre le matériel culinaire et les bois tropicaux."

     

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    (Source image : http://fr.123rf.com/images

     

    Michel est immature, rêveur, égoïste, distribue tout haut des mots caressants, tout bas des blasphèmes et des promesses de meurtre. Il a collectionné "les jolies mamans qu'il négligeait d'aimer, ou d'aimer sans partage". Julia, jalouse, râleuse, étouffante, destructrice, a "un physique rayonnant, mais l'air un tantinet accablé". Ils croient s'aimer... Madeline, leur fille, entend les cris et les coups échangés par ses parents. "Amour égale Violence égale Haine. Cela, un enfant ne le comprenait pas."

     

     

     

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    Prends garde au loup de Yann Queffélec (roman. Éditions Julliard, 1992)

    "Toni est un enfant dont le seul désir semble être l'amour qu'il porte à sa cousine Maï. Ils vivent aux Angéliques, une maison située dans les marais des Sphaignes et comme oubliée des temps.

    Maï est assez froide et secrète pour le hanter à chaque instant, assez orgueilleuse pour faire de lui, au fil des années, un être solitaire, écorché vif, jaloux, dissimulé.

    Il finit par inspirer la méfiance à tous. À son ami l'Antillais Julius, un manipulateur de charme. À ses parents. À Maï qu'il veut à lui sans partage. Est-ce l'amour frustré qui tue chez Toni l'innocence et la fantaisie ? Est-ce le clan familial replié sur des maux inavouables et qui craint de voir Toni lui échapper ? Si Maï l'aimait, Toni pourrait s'accepter lui-même, accepter les mystères et la honte. Comment savoir avec elle ? Et si jamais elle préférait Julius ?

    Drame de la solitude, de la jalousie qui rend fou, Prends garde au loup met en scène les jeux périlleux de l'amour et du désir. 

    (Deuxième de couverture)

     

    Critiques littéraires :

    "Queffélec use des mots et des rythmes avec une sorte de fureur sacrée. En France, la pulsion lyrique est en général fatale au romanesque. Je plains les cuistres et pisse-froid de tout acabit qui ne recevraient pas d'un cœur ému le souffle visionnaire de cette écriture. Un roman à l'état pur." (Jean David, V.S.D.)

    (Quatrième de couverture)

     

    Pierre Maury écrit dans Le Soir du 22 avril 1992 :

    "Si Prends garde au loup touche au ventre, là où ça fait mal, c'est parce que tout y est poussé jusqu'aux extrêmes. L'amour est trop fort, la haine est trop brutale, la déception est trop vive, le temps est trop long. Et, curieusement, jamais le roman ne verse dans l'invraisemblance ou dans l'incohérence. Tout y est tenu par la poigne d'un écrivain capable d'aborder, d'affronter faudrait-il dire, ce qu'il y a de plus difficile à vivre et à raconter. Oui, difficile à raconter alors que cela se résume en trois lignes. Il ne suffit pas de rendre la trame du récit, il faut aller jusqu'au plus intime des pensées de Toni, dans ces profondeurs sombres où il choisira de s'enfoncer [...]"

    (http://archives.lesoir.be/yann-queffelec)

     

    "Encore une île et Toni saurait. Encore une île et Clochy rendait son âme aux diables. Encore une île et Mamina guérissait, les salamoks retournaient en enfer : fini les esprits méchants qui tourmentent les vieillards et mordent au cou les enfants endormis.

    Toni ramait au crépuscule à travers les marais déserts et la rame grinçait. Pas une âme en vue. Le brouillard calfeutrait l'horizon, le chaland filait sur les joncs noyés. Jambes nues à l'arrière du bateau, les larmes aux yeux, il suppliait : s'il vous plaît, sauvez-la, s'il vous plaît. Lanciné par l'angoisse il voyait sa grand-mère à l'hôpital, le visage épuisé, les salamoks à l'affût près du lit, sauvez-la, sauvez-la."  (Extrait)

     

    Toni, un enfant des marais du pays de Sphaignes près de Niort, qui se nourrit de croyances ancestrales, luttant contre ses terreurs, contre l'esprit du mal jusqu'à la cruauté, enfant à l'imagination délirante, est obsédé par sa jolie cousine, Maï. Il est certain de l'épouser un jour dans "son" île perdue dans les marais, sous les ronces.

     

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    (Source image : http://fr.123rf.com)

     

    "Un ciel houleux se hâtait vers l'est, rasant la lande assombrie des Sphaignes, alternant à l'horizon les grains obliques et des traînées d'aube effilochées. Il aimait respirer sur les marais cette odeur d'océan, de chanvre et de miel, de vagues épuisées, cette odeur de crabes et de fleurs broyées, d'algues à la grève, et qui peut-être ignorait la mer, la mer était si loin des Sphaignes, un jour ils se marieraient là-bas." 

     

    Toni, l'enfant obsédé, Toni, l'adolescent trahi, Toni, l'homme fou...

    Une vidéo de l'INA : http://www.ina.fr/video/LXD09006073 

     

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  • Pearl Buck, infatigable romancière de la Chine

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    Pearl Buck (en 1932)

     

    Pearl Buck voit le jour aux États-Unis, à Hillsboro (Virginie) en 1892. Ses parents, Carie et Absalom Sydenstricker, missionnaires, partent en Chine avec leur enfant de trois mois. Ils vivent à Zhenjiang, dans la province du Jiangsu, au sud du fleuve Yangzi Jiang, où ils côtoient quotidiennement la population la plus humble de la Chine. Pearl apprend le chinois avant sa langue maternelle.

    Une société secrète chinoise, dont les membres sont les Boxers, anime à partir de 1895 un mouvement xénophobe qui culmine en 1900, contraignant toute la famille à retourner temporairement aux États-Unis. En 1909, Pearl commence des études littéraires au Randolph Macon Women's College de Lynchburg en Virginie. Ses études universitaires terminées et diplômée en 1914, Pearl retourne en Chine.

     

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    Le Yangzi Jiang (Chine)

     

    En 1917, elle épouse le missionnaire américain John Lossing Buck, ingénieur agronome, et part avec lui pour la Chine du Nord, où ils vivent pendant trois années dans l'une des plus pauvres bourgades, Nanhsuchou, dans la province d'Anhwei. Cette période de sa vie lui offrira un important enseignement pour ses romans sur la vie des paysans chinois. Pearl Buck et son mari vivent ensuite dans la province d'Anhéleux. Elle enseigne l'anglais à l'Université de Nankin.

    En 1921, Pearl et John Buck ont une fille qui naît avec une maladie mentale, inspirant à Pearl Buck un roman : L'Enfant qui ne devait jamais grandir (1950). Le couple adopte une petite fille en 1925.

    En mars 1927, lors des incidents de Nankin provoqués par les nationalistes de Tchang Kaï-chek, les communistes et plusieurs seigneurs de guerre locaux, des Occidentaux sont tués. Pearl et John Buck s'enfuient avec leurs enfants et sont secourus par un navire de guerre américain. Ils restent jusqu'à la fin de l'année au Japon, puis retournent à Nankin.

    En 1934, Pearl Buck quitte la Chine et revient aux États-Unis afin d'offrir de meilleures conditions de vie à sa fille handicapée. Elle ne retournera jamais en Chine.

    "L'amical pays de Chine, terre de mon enfance et de ma jeunesse, m'est désormais un pays proscrit. Je refuse de l'appeler un pays ennemi. Mes souvenirs de son peuple sont trop doux, et ceux de sa terre trop beaux."

    Un divorce met fin à son mariage en 1935. Pearl Buck épouse son éditeur, Richard Walsh, directeur des éditions John Day. Ils s'installent dans une vieille ferme, Green Hills Farm, en Pennsylvanie, et adoptent six enfants.

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    Green Hills Farm en Pennsylvanie

     

    En 1923, Pearl Buck commence à écrire des nouvelles qu'elle envoie à des revues américaines. Elle relate la vie quotidienne des paysans chinois, mêlant à ses récits des scènes de sa propre existence.

    En 1929 paraît son premier roman inspiré par la Chine : Vent d'Est, Vent d'Ouest. Le Prix Pulitzer (1932) couronne un autre de ses ouvrages, La Terre chinoise (1931), et la Médaille de l'Académie des arts et des lettres lui est décernée la même année. La Terre chinoise est le premier livre d'une trilogie complétée par Les Fils de Wang Lung (1932) et La Famille dispersée (1935).

    Pearl Buck est lauréate du Prix Nobel de Littérature en 1938 pour ses "descriptions riches et épiques de la vie des paysans en Chine et pour ses chefs-d'œuvre biographiques".

    De 1934 à 1946, dans le magazine Asia, édité par Richard Walsh, figurent de nombreuses contributions de Pearl Buck, experte renommée en matière d'affaires de l'Extrême-Orient.

     

    Elle crée en Pennsylvanie une fondation pour l'adoption d'enfants eurasiens abandonnés, la Pearl S. Buck Foundation, à laquelle elle consacre une grande part de son temps et des revenus provenant de ses ouvrages tout en continuant son œuvre littéraire. Grande voyageuse, elle publie notamment, après la Seconde Guerre mondiale, Les Mondes que j'ai connus, La Lettre de Pékin, Terre coréenne...

    Bien que fille de missionnaires, Pearl Buck garde ses distances avec la religion. En 1939 elle écrit : 

    "Je ne ressens aucun besoin d'avoir foi en quoi que ce soit d'autre que les êtres humains. Tout comme Confucius jadis, je suis bien trop occupée à observer les beautés de la nature et la vie sur terre pour avoir le temps de penser au Paradis et aux anges... S'il n'y a pas d'autre vie après la mort, [...] celle-ci aura au moins eu le mérite de me permettre de naître en tant qu'être humain." 

     

    Elle milite pour les droits civiques et pour les droits des femmes. Avec son mari, Richard Walsh, elle fonde, en 1942, l'Association Est-Ouest pour les échanges culturels entre l'Asie et l'Occident. En 1949, elle crée la première institution internationale interraciale pour l'adoption, The Welcome House Adoption Agency.

    Pearl Buck est l'auteur de plus de quatre-vingts ouvrages rédigés dans un style d'écriture agréable, aisé, toujours passionné avec des descriptions magiques, enchanteresses : romans, récits historiques, pièces de théâtre, scénarios, recueils de poésie, biographies, autobiographie, livres pour enfants... Elle signe quelques-uns de ses livres d'un pseudonyme : "John Sedges", principalement de 1947 à 1959 ; ils sont traduits en français entre 1951 et 1962.

    Cette militante de l'égalité des races, humaniste infatigable, meurt en 1973 à Danby (Vermont), aux États-Unis, à l'âge de quatre-vingts ans.

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    Pearl Buck (en 1972)

     Sources : Éditions Stock

                       http://www.aufeminin.com/

                       http://www.fichesdelecture.com

                       L'Express

     

     

    Œuvres :

    Trilogie :pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency

    1931. La Terre chinoise (roman, titre original : The Good Earth. Traduction de l'anglais par Théo Varlet, Payot). Prix Pulitzer, 1932. Médaille de l'Académie des arts et des lettres, 1932. Film : Visages d'Orient ou La Terre chinoise (The Good Earth en 1937)

    1932. Les Fils de Wang Lung (roman, titre original : Sons. Traduction par Théo Varlet, Payot) 

    1935. La Famille dispersée (roman, titre original : A House Divided. Traduction par Suzanne Campaux, Payot).

     

    Romans, récits historiques, recueils de nouvelles, biographies, autobiographie, littérature enfance et jeunesse, essais, scénarios :

    1929. Vent d'Est, Vent d'Ouest (roman, titre original : East Wind, West Wind. Traduction par Germaine Delamain. Préface de Marc Chadourne, Stock)

    1934. La Mère (roman, The Mother. Traduction par Germaine Delamain, Stock)pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency,bibliographie de pearl buck,john sedges

    1935. La Première Femme de Yann (recueil de nouvelles, The First Wife and Other Stories. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

    1937. L'Exilée (récit biographique, The Exile. Traduction par Germaine Delamain, Delamain et Boutelleau)

    1937. L'Ange combattant (récit biographique, Fighting Angel. Traduction par Jeanne Fournier-Pargoire, Delamain et Boutelleau)

    1938. Un Cœur fier (roman, This Proud Heart. Traduction par Germaine Delamain, Stock) 

    1938. Le Patriote (roman, The Patriot. Traduction par Germaine Delamain, éditions Delamain et Boutelleau)

    1943. Fils de dragon (roman, Dragon Seed. Traduction par Jane Filion, Jeheber). Film : Les Fils du dragon (Dragon Seed en 1944)

    1944. China Sky (Ciel de Chine, nouvelle et scénario) 

    1945. Promesse (roman, The Promise. Traduction par Jane Filion, Jeheber)

    1947. Histoire d'un mariage (roman, Portrait of a Marriage. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

    1947. Pavillon de femmes (roman, Pavilion of Women. Traduction par Germaine Delamain, Stock). Film : Pavilion of Women en 2001)

    1948. Pivoine (roman, Peony. Walsh, 1975. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

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    1949. Les Nouveaux Dieux (roman, Other Gods. Traduction par Mme Pierre Jeanneret, Delamain et Boutelleau)

    1950. Liens de sang (roman, Kinfolk. Traduction Lola Tranec, Delamain et Boutelleau)

    1950. L'Enfant qui ne devait jamais grandir (roman, The Child who never grew. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1951. Un Long Amour (roman signé John Sedges, A Long Love. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

    1951. D'ici et d'ailleurs (recueil de nouvelles, Far and Near. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1952. Le Pain des Hommes (roman, God's Men. Traduction Lola Tranec, Delamain et Boutelleau)

    1953. La Fleur cachée (roman, The Hidden Flower. Traduction Lola Tranec, Delamain et Boutelleau)

    1953. La Belle Procession (roman signé John Sedges, Bright Procession. Traduction par Denise Niard, Delamain et Boutelleau)

    1954. Viens, mon bien-aimé (roman, Come, My Beloved. Traduction Lola Tranec, Delamain et Boutelleau)pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency,bibliographie de pearl buck,john sedges

    1954. Le Dragon magique et autres contes (recueil de nouvelles, The Dragon Fish. Traduction par Léo Lack, Stock)

    1955. Les Mondes que j'ai connus (autobiographie, My Several Words. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1956. Impératrice de Chine (récit historique romancé, biographie, Imperial Woman. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1956. Les Voix dans la maison (roman signé John Sedges, Voices in the House. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

    1958. La Lettre de Pékin (roman, Letter from Peking. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1959. La Grande Aventure (roman signé John Sedges, The Townsman. Traduction par Colette-Marie Huet, Stock)

    1960. Es-tu le Maître de l'aube ? (roman, Command the Morning. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1961. Le Vieux Hêtre suivi du Fantôme de Noël et de La Nuit merveilleuse (littérature jeunesse, The Beech Tree. Traduction par Marcelle Vérité, Casterman)

    1961. La Grande Vague (The Big Wave, roman et scénario. L'histoire de ce film est relatée dans l'ouvrage Je n'oublierai jamais, 1963)

    1962. Une Histoire de Chine (roman, Satan never sleeps. Traduction par Lola Tranec, Stock). Film : Une Histoire de Chine (Satan never sleeps en 1962)pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency,bibliographie de pearl buck,john sedges

    1962. L'Épouse en colère (roman signé John Sedges, The Angry Wife. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1963. Une Certaine Étoile (recueil de nouvelles, Fourteen Stories. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1963. Je n'oublierai jamais (autobiographie, A Bridge for Passing. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1964. Terre coréenne (roman, The Living Reed. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1965. Le Roi fantôme (roman, Death in the Castle. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1965. The Guide (scénario de Pearl Buck et Tad Danielewski d'après une nouvelle de R. K. Narayan)

    1966. Contes d'Orient (recueil de nouvelles, Fairy Tales of the Orient. Traduction par Élisabeth Gille, Stock)

    1966. Les Enfants abandonnés (essai, Children for Adoption. Traduction par Lola Tranec, Stock) 

    1967. La Vie n'attend pas (roman, The Time is Noon. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1967. Les Grands Amis (littérature jeunesse, Matthew, Mark, Luke and John and The Big Fight. Traduction par Lola Tranec, Stock)pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency,bibliographie de pearl buck,john sedges

    1967. Le Peuple du Japon (essai, The People of Japon. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1968. Pour un Ciel plus bleu (autobiographie, For Spacious Skies. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1969. L'Histoire de Kim Christopher (roman, The New Year. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1969. Le Sari vert (recueil de nouvelles, The Good Deed and Other Stories. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1969. À mes Filles (essai, To my Daughters with Love. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1970. Les Trois Filles de Madame Liang (roman, The Three Daughters of Madame Liang. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1970. Les Femmes Kennedy (récit historique, The Kennedy Women. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1971. Mandala (roman, Mandala, a Novel of India. Traduction par Lola Tranec, Stock)

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    1971. La Chine comme je la vois (essai, Chine as I see it. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1972. L'Amour demeure (roman, The Goddess Abides. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1972. La Bible racontée (essai, The Story Bible. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1973. Sous le même Ciel (recueil de nouvelles, All Under Heaven. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1973. Hommes et Femmes (essai, Of Men and Women. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1974. Noëls (littérature jeunesse, Once upon a Christmas. Traduction par Lola Tranec, Stock) 

    1975. L'Arc-en-ciel (roman, The Rainbow. Traduction par Lola Tranec-Dubled, Stock)

    1976. La Coupe dorée (recueil de nouvelles, East and West Stories. Traduction par Lola Tranec-Dubled, Stock) 

    1977. Les Secrets du Cœur (recueil de nouvelles, Secrets of the Heart. Traduction par Lola Tranec-Dubled, Stock)

    1978. Les Amoureux (recueil de nouvelles, The Lover, and Other Stories. Traduction par Lola Tranec-Dubled, Stock)

     

    De nombreux livres de Pearl Buck sont réédités en collection "Livre de Poche".

     

    Sources bibliographie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pearl_Buck

                                                 Éditions Stock

     

     

     

    Dans mes Carnets de Lecture :

     

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    Pivoine (roman. 1948, Peony. 1975, Walsh. Traduit de l'anglais par Germaine Delamain, Stock)

     

    "Pivoine, la petite esclave chinoise, est au centre de ce roman qui évoque avec un talent admirable la vie quotidienne d'une famille dans la Chine d'avant Mao. Pivoine possède toutes les qualité des grands livres de Pearl Buck et surtout cette chaleur humaine, cet amour de la vie, ce désir d'un monde meilleur qui ont fait l'immense succès de la grande romancière américaine."

    (Quatrième de couverture) 

     

    "Dans les cours de la maison d'Ezra ben Israël, des branches avaient été coupées plusieurs jours à l'avance, ce qui permettait aux boutons de fleurir pour la fête. Chaque printemps, Pivoine, la petite esclave chinoise, tapissait de ces rameaux fleuris les murs du grand hall. Et, chaque année, Ezra, son maître, et Mme Ezra, sa maîtresse, ne manquaient pas de prêter attention à ce qu'elle avait fait. Ce jour-là, songeant au printemps si froid et aux vents poussiéreux du nord qui avaient soufflé sur la ville, ils félicitèrent tout spécialement la jeune fille."

     

    Pivoine, "une année de famine, lorsque le fleuve Jaune avait rompu ses digues et inondé les terres basses", a été achetée pour être esclave dans une "bonne maison juive" et tenir compagnie à David, fils unique d'Ezra ben Israël. Pivoine, qui veille au bien-être de tous, est traitée affectueusement et bénéficie du même enseignement que David.

     

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    Le fleuve Jaune (Chine)

    (source photographique : André Holdrinet de en.wikipedia.org)

     

    Les ancêtres d'Ezra ainsi que ceux de sa femme ont traversé la Perse et l'Inde, par terre et par mer. Ils ont "émigré, chargés de cotonnades, véritable trésor pour les Chinois qui ne connaissaient que la fabrication de la soie." Si Mme Ezra souhaite mourir en Palestine, son mari, dont la mère était la concubine chinoise d'un Juif, ne veut pas quitter la Chine.

      

    "Mme Ezra, [...], veillait à ce que chaque rite du sabbat et des jours de fête fut observé. Lorsque David se trouvait avec le rabbin, elle venait s'informer si tout se passait selon les prescriptions de la Torah, car, disait-elle, après tant d'années, tant de générations passées dans ce pays païen, elle-même devenait ignorante. C'est ainsi que les rites de la pâque et du Pourim se mêlaient au Festival chinois du printemps ; la fête des Premiers Fruits se confondait avec celle de la Lune d'Été, et les six jours sacrés de la Pénitence avant Yom Kippur concordaient souvent avec la fête de l'Année de la Nouvelle Lune, si bien que David allait trop aisément de la pénitence au plaisir."

     

    Pivoine, passionnée, exclusive, dévouée, prompte à prendre les décisions les plus difficiles, devient celle sur qui tous s'appuient... 

     

     


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    de Chine 
    : récit historique romancé, biographie. Titre original : Imperial Woman. Traduit de l'anglais par Lola Tranec (Éditions Stock, 1956. Livre de Poche, 1984).

     

    "De 1875 au début de notre siècle [XXe siècle], l'Empire chinois connaît une histoire agitée : rivalité avec le Japon, menées coloniales des pays occidentaux, révolte des Boxers.

    Durant tout ce temps, il est dirigé par une femme : Tzu-Hsi, régente à la mort de son mari Hsien Feng, puis impératrice douairière avant de céder la place à Pu Yi, le dernier empereur.

    En 1852 elle n'était pourtant qu'une jeune fille parmi soixante, proposées comme épouses au jeune monarque. Seule serait impératrice celle qui lui donnerait un fils. Tzu-Hsi [...] (Yehonala), a dû déployer des trésors de ruse et de séduction pour être celle-là...

    C'est cette vie exceptionnelle que raconte [Pearl Buck], prix Nobel de littérature 1938, dans ce roman biographique où revit toute une civilisation à son déclin.

    (Quatrième de couverture d'Impératrice de Chine)

     

    "Au mois d'avril 1852, soixante jeunes filles appartenant aux meilleures familles mandchoues sont convoquées au palais de l'empereur de Chine, Hsien Feng [...]. Mais il ne suffit pas d'être élue, encore faut-il ne pas se laisser oublier...

    Yehonala ne l'ignore pas. Elle a rusé pour se faire distinguer par l'empereur, mais se souviendra-t-il encore d'elle demain ? Ambitieuse et intelligente, elle prépare avec soin les voies de son succès [...](Le Livre de Poche, extrait).

     

    "C'était au mois d'avril, à Pékin, le quatrième mois de l'année solaire 1852, soit le troisième mois de l'année lunaire de la deux cent-huitième année de la dynastie mandchoue, la grande dynastie des Ch'ing. Le printemps se faisait attendre et les vents du nord, chargés de l'impalpable sable jaune du désert de Gobi, soufflaient sur les maisons comme en hiver. Le sable s'engouffrait dans les rues, s'envolait en tourbillons et s'infiltrait sous les portes et les fenêtres. Il s'accumulait dans les coins, s'amoncelait sur les tables et les chaises, ainsi que dans les plis des vêtements. Il séchait sur les joues des enfants en larmes et s'incrustait dans les rides des vieilles gens.

    Allée des Étains, dans la demeure du porte-étendard mandchou Muyanga, le sable se faisait plus importun qu'ailleurs, car les fenêtres joignaient mal et les portes jouaient sur leurs gonds de bois."

     

    Nous pénétrons, avec ces lignes aux termes imagés chers à Pearl Buck, dans l'humble demeure où vit Orchidée, "une bien jolie fille", qui doit être présentée à l'empereur de Chine sous le nom de Yehonala afin de devenir, si l'impératrice douairière la choisit, l'une des concubines de l'empereur Hsien Feng. Orchidée est pratiquement fiancée depuis l'enfance à son cousin au troisième degré, Jung Lu, garde aux portes de la "Ville interdite". Jung Lu a déjà parlé de mariage à Orchidée "le jour de la fête chinoise du Début du Printemps".

     

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    Portrait officiel de Hsien Feng (Xianfeng), empereur de Chine

     

    Choisie pour être l'une des concubines de l'empereur, Yehonala attend, au Palais, qu'il la fasse appeler, certaine de son destin d'impératrice.

     

    "Ici, dans la bibliothèque, elle passait chaque jour cinq heures à étudier avec son précepteur, cet eunuque qui possédait les titres universitaires les plus élevés. Autrefois, quand il était encore un homme, il était connu pour ses essais en vers octosyllabiques et ses poésies dans le style T'ang. À cause de sa célébrité, il avait reçu l'ordre de se faire eunuque pour devenir le précepteur du jeune prince, maintenant empereur, et s'occuper de la formation intellectuelle de ses concubines."

     

    Yehonala met au monde "l'héritier". Désormais, elle s'appelle Tzu-Hsi et sa nouvelle ambition est de "préserver l'Empire du démembrement pour son fils". Chaque matin, dès le petit jour, dans la salle des audiences, cachée par un écran en bois sculpté placé derrière le "trône du Dragon", elle assiste à l'audience impériale. Ce jour-là, Yeh, le vice-roi de la province Kwang, se tient debout devant l'empereur. Sa requête concerne ses démêlés avec l'Anglais John Bowring, attaché commercial à Canton.

     

    "Ce qu'il veut, ce sont des troubles qui lui fournissent une excuse pour livrer une autre guerre et dévorer encore un peu plus notre pays et nos trésors. Cet Anglais envenime toutes les querelles. Ainsi, bien qu'il soit contraire à la loi d'introduire de l'opium des Indes, il encourage cette contrebande, prétextant que du moment que les commerçants chinois la pratiquent, les Anglais, les Indiens et même les Américains peuvent également vendre à notre peuple cette drogue néfaste qui le démoralise et l'affaiblit. Mieux encore : la contrebande procure également des armes aux rebelles chinois du Sud ; et enfin, lorsque les Blancs du Portugal ont enlevé des Chinois pour les vendre comme coolies, Bowring a soutenu les Portugais. [...] Très-Haut, ces Anglais ne prétendent-ils pas que nous leur ouvrirons les portes mêmes de Canton, afin qu'eux et leur famille puissent déambuler dans nos rues et se mêler à notre peuple ? On verrait alors les hommes blancs regarder nos femmes, et les femmes blanches, qui n'ont pas de pudeur, aller et venir aussi librement que les hommes. Et naturellement, si l'on accorde des avantages à une tribu blanche, les autres exigeront les mêmes, comme par le passé. Cela ne risque-t-il pas de détruire nos traditions et de corrompre notre peuple ?"   

      

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    Portrait officiel de l'impératrice douairière Tzu-Hsi (Cixi)

     

     

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  • David Lodge, écrivain caustique et drôle

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    David Lodge, à Birmingham (2011)

    Photographie : Eric Garault/Pasco, Le Monde

     

    David Lodge est né à Londres (Grande-Bretagne) en 1935. Après des études à l'University College, il enseigne la littérature anglaise jusqu'en 1987 à l'Université de Birmingham (Midlands, Angleterre) et donne des conférences dans le monde entier, notamment à Berkeley (Californie, États-Unis).

    David Lodge se consacre à l'écriture à partir de 1987. Il est l'auteur de nombreux ouvrages : essais (histoire de la littérature, théorie de la littérature), romans, biographies romancées, nouvelles, pièces de théâtre, autobiographie, mémoires.

    Il reçoit plusieurs distinctions :

    . 1975 : Prix Hawthornden.david lodge,écrivain britannique

    . 1980 : lauréat du Whitbread Book of the Year avec How far can you go ? (Jeux de maux, 1993).

    . 1984 et 1988 : ses romans Small World, 1984 (Un tout petit monde, 1991) et Nice Work, 1988 (Jeu de société, 1990) ont été retenus pour la sélection du Booker Prize.

    . 1997 : Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en France.

    . 1998 : Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord.

    Doté d'une immense culture littéraire, David Lodge est membre de la Société Royale de Littérature.

     

    À la question : "Le professeur de littérature peut-il nous présenter le romancier?", David Lodge répond :

    "Je suis un romancier "littéraire", à l'instar de Julian Barnes, Salman Rushdie ou Martin Amis*. Comme eux, je considère le roman comme une forme d'art mais aussi de divertissement. Le vrai test pour un livre : aurez-vous envie de le relire ? Si oui, c'est un bon roman [...]"

     

    Plusieurs des ouvrages de ce "brillant théoricien du roman", du "très pince-sans-rire David Lodge", décrivent avec dérision, dans un style d'écriture limpide et pétri d'humour, les milieux universitaires et littéraires, la société anglaise, ainsi que la sexualité dans le milieu catholique dont il est lui-même issu. Observateur et caustique, David Lodge, qui fait siennes ces paroles de l'écrivain irlandais James Joyce (1882-1941) : "J'ai déjà les mots. Ce que je cherche, c'est l'ordre parfait de la phrase", promène un regard extrêmement pertinent et drôle sur la société contemporaine.

    Avec un humour très britanniqueil dépeint à merveille les névroses des intellectuels du milieu universitaire.

    Il vit à Birmingham, en Angleterre.

     

    * Julian Barnes (né en 1946) est un romancier anglais qui publie également sous le pseudonyme de Dan Kavanagh.

    * Salman Rushdie (né en 1947) est un écrivain britannique d'origine indienne.

    * Martin Amis (né en 1949) est un romancier britannique.

     

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    David Lodge

    Source photographique : https://thehypertextual.com

     Sources :

    Éditions Rivage

    Le Monde

    France Inter

    http://www.pleinevie.fr/article/

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    Livres publiés traduits en français :

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    . Changement de décor (roman. Titre original: Changing Places), Rivages, 1990.

    . Jeu de société (roman. Nice Work), Rivages, 1990. Booker Prize.

    . La Chute du British Museum (roman. The British Museum is falling down), Rivages, 1991.

    . Un tout petit monde (roman. Small World), Rivages, 1991. Booker Prize.

    . Jeux de maux (roman. How far can you go ?), Rivages, 1993. Whitbread Book of the Year.

    . Hors de l'Abri (roman. Out of the Shelter), Rivages, 1994.

    . Nouvelles du Paradis (roman. Paradise New), Rivages, 1994.

    . Thérapie (roman. Therapy), Payot et Rivages, 1996.

    . L'Homme qui ne voulait plus se lever et autres nouvelles (nouvelles. The Man who wouldn't get up and other stories), Payot et Rivages, 1997.david lodge,écrivain britannique,kierkegaard,un tout petit monde de david lodge,thérapie de david lodge,préface d'umberto eco,structuralisme

    . Les Quatre Vérités (roman. Home Truths), Payot et Rivages, 1999.

    . Pensées secrètes (roman. Thinks...), Payot et Rivages, 2001.

    . Trilogie de Rummidge (roman), Payot et Rivages, 2002.

    Cette trilogie est composée de : Changement de décor, Un tout petit monde, Jeu de société.

    À la Réflexion (essai, théorie de la littérature. Consciousness and the Novel), Payot et Rivages, 2003.

    . L'Auteur ! L'Auteur ! (biographie romancée. Author, Author, novel) Rivages, 2005.

    . La Vérité toute nue (pièce de théâtre. The Death of Diana), Payot et Rivages, 2006.

    . Dans les Coulisses du Roman (essai, théorie de la littérature. The Year of Henry James), Payot et Rivages, 2007.

    . La Vie en sourdine (roman. Deaf Sentence), Payot et Rivages, 2008.

    . L'Atelier d'écriture, suivi de Play-back (pièce de théâtre. The Writing Game), Payot et Rivages, 2008.

    . L'Art de la fiction (essai, théorie de la littérature. The Art of Fiction), Payot et Rivages, 2008.

    . Un Homme de tempérament (biographie romancée. A man of Parts), Payot et Rivages, 2012.

    . Des Vies à écrire (essai, histoire de la littérature. Lives in Writing), Payot et Rivages, 2014.

    . Né au bon moment (autobiographie, mémoires. Quite a Good Time to be born), Payot et Rivages, 2016.

     

    Plusieurs ouvrages de David Lodge sont édités en Livre de Poche.

     

    Source bibliographique : https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Lodge)

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    Dans mes Carnets de Lecture :

     

    david lodge,écrivain britanniqueThérapie de David Lodge. Roman (traduction de l'anglais par Suzanne V. Mayoux), Payot et Rivages, 1996. (Titre original : Therapy, Martin Secker et Warburg Ltd, 1995). 

     

    "Lawrence Passmore a mal au genou. Mais son problème est beaucoup plus vaste. Il se livre en vain à toutes les thérapies possibles. Plus il se sent malheureux, plus les difficultés conjugales et professionnelles semblent s'accumuler. Ses tentatives d'aventures sexuelles sont loin de lui apporter la compensation souhaitée. Jusqu'à la trouvaille finale...

    David Lodge nous fait ressentir avec une drôlerie inimitable l'accablement croissant de son narrateur. Au passage, il dresse un portrait caustique du monde de la télévision... et des thérapeutes. C'est une vérité profonde de notre univers quotidien qui passe à travers le divertissement."

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    Lawrence Passmore, le narrateur de cette comédie dramatique, héros dépressif et hypocondriaque, est aux prises avec une douleur récidivante à l'intérieur du genou droit : "Cela provoquait mon hurlement au beau milieu de la nuit, de sorte que Sally croyait que je faisais un cauchemar. En réalité, les cauchemars sont à peu près la seule chose qui me soit épargnée, dans le genre. Je souffre d'accès de dépression, d'anxiété, de panique, de suées nocturnes, d'insomnies, mais je n'ai pas de cauchemars. Je n'ai jamais beaucoup rêvé. Ce qui signifie simplement, ai-je cru comprendre, que je ne me souviens pas de mes rêves, car nous passons tout notre sommeil à rêver, paraît-il. On dirait qu'il y a dans ma tête une télé qui clignote toute la nuit sans personne pour la regarder. Canal Rêve. Si seulement je pouvais l'enregistrer au magnétoscope. Cela me fournirait peut-être la clé de ce qui ne va pas chez moi. Je ne parle pas de mon genou. Je parle de ma tête. Mon esprit. Mon âme.

    Je trouvais ça un peu rude d'être affligé d'une douleur mystérieuse dans le genou en plus de tous mes autres soucis. D'accord, il peut vous en arriver de pires, [...]. Et n'oublions pas la guerre, la peste et la famine. C'est drôle que le fait d'avoir conscience de tout ça ne vous aide pas le moins du monde à supporter d'avoir mal au genou.

    Cela tient peut-être à ce qu'on appelle "l'effet d'usure de la compassion", l'idée que les médias nous jettent chaque jour à la figure une telle masse de souffrance humaine que notre sensibilité s'est émoussée, nous avons épuisé toutes nos réserves de pitié, de colère, d'indignation, et ne songeons plus qu'à la douleur qui nous travaille le genou."

     

    Lawrence Passmore tente de soigner sa dépression et son impuissance par l'aromathérapie. Le thérapeute le masse avec de l'huile essentielle de rose. Le succès est au rendez-vous... sauf pour la dépression : "Je me suis réveillé à trois heures cinq avec un cerveau qui broyait du noir comme une bétonneuse, des tourments semblables à des cailloux acérés qui tournoyaient dans une bouillasse d'angoisse, et j'ai passé les heures suivantes aux prises avec une vague somnolence où je glissais pour en sortir presque aussitôt, avec la sensation d'avoir fait un cauchemar dont j'étais incapable de me souvenir."

    Lawrence Passmore est maintenant assez désespéré pour poursuivre sa lecture d'un ouvrage du penseur et théologien danois Søren Kierkegaard (1813-1855) : Ou bien... Ou bien.

    "L'être malheureux, explique Kierkegaard, n'est pas présent en lui-même parce qu'il est dans le passé ou l'avenir. Il vit dans l'espoir ou le souvenir. Soit il pense que c'était mieux avant, soit il espère que ça ira mieux après, mais ça va toujours mal dans le moment présent."

    Continuant sa lecture, Lawrence Passmore découvre que l'être le plus malheureux l'est à la fois par le souvenir et par l'espoir. Il s'exclame : "Pas à tortiller, ce type-là, c'est moi. Le plus malheureux. Qu'est-ce que j'ai donc à faire une tête épanouie en lisant ces lignes ?"

    Jusqu'à la trouvaille finale...

     

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    Statue de Kierkegaard à Copenhague

    (Source photographique : Wikipédia) 

     

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    Un tout petit monde de David Lodge. Préface d'Umberto Eco (titre original: Small World. Traduit de l'anglais par Maurice et Yvonne Couturier. David Lodge, 1984. Éditions Rivages, 1991. Éditions Rivages pour l'édition de poche, 1992.)

     

    "Où sont les campus d'antan où des professeurs de lettres besogneux erraient comme des âmes en peine entre les salles de cours, la bibliothèque et la salle des professeurs, l'intelligence en jachère, le cœur en sommeil ? Le jumbo-jet, les médias ont changé tout cela, arrachant les universitaires d'aujourd'hui à leur solitude, les amenant à communiquer avec de lointains collègues à l'autre bout du monde. L'ère du campus global est arrivée et ses liturgies favorites sont les congrès. Celui de Rummidge, par exemple [...].

    Les innombrables professeurs de littérature anglaise qui peuplent ce roman ne cherchent pas tant à satisfaire leur soif de savoir qu'à assouvir leur immense besoin d'amour. Sous la baguette de David Lodge, la littérature est le prétexte de rencontres hilarantes, et la planète se rétrécit comme par magie pour devenir une sorte de grand livre, peut-être cette anthologie de tous les livres dont rêvait Borges dans "La Bibliothèque de Babel". (Extrait. Rivages). 

     

    "Un petit monde très moderne. 

    Bien qu'il n'ait été publié qu'en 1984, ce livre est un livre culte [...]. Le fait est que, [...] savants, chercheurs et professeurs de toutes les universités du monde lisent Small World (Un tout petit monde). Ils le lisent parce qu'il dit la vérité sur leur petit milieu international. Et comme c'est un livre d'un comique irrésistible, il dit les choses comme les disent les livres des grands comiques, c'est-à-dire en portant leur vérité jusqu'aux limites du paradoxe et du délire. C'est donc un livre "réaliste" sur l'univers des savants qui errent de congrès en congrès. Il met en scène, dans la pénombre de ces lieux retirés que sont les campus universitaires, des coups de théâtre, des reconnaissances, des entrecroisements de destins, des péripéties, auxquels seuls les feuilletons les plus éhontés nous avaient habitués. [...] 

    Si vous ignorez à quel point peut être romanesque l'univers des congrès universitaires, lisez Lodge. Vous aurez conquis un monde et vous vous serez amusés comme cela ne vous était jamais arrivé.

    [...] Mais, outre qu'il amuse, Lodge est méchant. Je crois que c'est l'un des hommes les plus méchants qui existent. En fin de compte, il dit du mal (mais avec quel délice) du monde dans lequel il vit. Mais, au fond, il s'agit bien là de la mission du Grand Narrateur. [...]"

    (Extrait de la préface d'Umberto Eco, traduit de l'italien par Antoine Ottavi).

     

    Critique :

    "Irrésistible de drôlerie, réaliste jusqu'à la crudité, le livre de David Lodge est surtout délicieusement mais parfaitement méchant comme savent l'être les œuvres des grands moralistes..."  (Patrick Raynal. Le Monde).

     

    Au congrès de Rummidge, une conférence, suivie d'une discussion sur le structuralisme, se termine. Un des congressistes, Persse, dont c'est le premier congrès, a "séché" la conférence mais tient absolument à savoir de quel courant de pensée il s'agit. Le professeur Robin Dempsey, arrivant avec un verre de sherry, brûle "d'envie de faire de l'épate". Des explications surréalistes s'ensuivent :

    - "Ça remonte à la linguistique de Saussure. L'arbitraire du signifiant. La langue comme système de différences sans termes positifs.

    - Donnez-moi un exemple, dit Persse. Je suis incapable de suivre une discussion si on ne me donne pas des exemples.

    - Eh bien, prenez les mots dog et cat. Il n'y a aucune raison objective pour que les phonèmes d-o-g signifient un quadrupède qui fait woof woof plutôt qu'un autre qui fait miaou. C'est une relation purement arbitraire, et on pourrait très bien décider demain que d-o-g signifie cat et c-a-t, dog.

    - Peut-être que ça sèmerait la confusion chez les animaux ? dit Persse.

    - Les animaux s'y feraient avec le temps, comme tout le monde, dit Dempsey. On sait cela parce que le même animal est représenté par des images acoustiques différentes dans les différentes langues naturelles. Par exemple dog se dit chien en français, Hund en allemand, cane en italien, et ainsi de suite. Cat se dit chat, Katze, gatto, selon la partie du Marché Commun où vous habitez. Et s'il faut en croire la langue plutôt que nos oreilles, les chiens anglais disent woof woof, les chiens français ouah ouah, les chiens allemands wau wau et les chiens italiens baau baau." 

     

    Voilà la notion de structuralisme parfaitement éclaircie !

     

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    David Lodge

    (Source photographique : http://www.bbc.com/news/entertainment-arts-13025696)

     

     

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  • Henri Gougaud, écrivain aux multiples talents

    "L'importance d'une parole se mesure à la place

    qu'elle prend durablement en chacun de nous,

    à ce qu'elle fait bouger en nous, à la terre intime

    qu'elle remue et fertilise." (Henri Gougaud)

     

    Quelques phrases seulement, lues dans le premier livre que je découvris d'Henri Gougaud, suffirent à m'insuffler le sentiment qu'à partir de ce moment-là mes réflexions prendraient un chemin qui m'était inconnu, une voie insoupçonnée hier encore.

     

    Henri Gougaud (né en 1936 à Carcassonne, dans l'Aude, en France) est un écrivain, poète et conteur. Il est l'auteur de romans, récits, contes, nouvelles, essais divers et recueils. Il dirige les collections La mémoire des sources et Contes des sages aux Éditions du Seuil. 

    Il crée des spectacles et anime des ateliers autour du conte. 

     

    À Paris, à la fin des années 1950, Henri Gougaud découvre la Rive gauche et les cabarets situés sur la rive sud de la Seine. Léo Noël, chanteur et musicien, cofondateur et animateur du Cabaret L'Écluse, alors en vogue au Quartier latin, cabaret qui se trouvait 15, quai des Grands Augustins dans le Ve arrondissement, l'engage.

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                                                                          Henri Gougaud

                                                              (http://www.henrigougaud.info/)

     

    Auteur de chansons, interprète, Henri Gougaud se dit "homme qui chante" plutôt que chanteur. Il partage la scène du Cabaret de L'Écluse avec Barbara, Gribouille (Marie-France Gaite) et le duo de chanteurs Marc et André (Marc Chevalier et André Schlesser). Serge Reggiani choisit une chanson d'Henri Gougaud afin de l'interpréter lui-même : Paris ma rose. À leur tour, Juliette Gréco, Jean Ferrat,  Marc Ogeret, et bien d'autres artistes, chantent ses textes. Il décide d'arrêter de se produire sur scène pour se consacrer à l'écriture.

     

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    Cabaret L'Écluse à Paris

    (Source : France Musique)

     

    Il crée avec des amis les Éditions Bélibaste en 1969. 

    Il traduit de l'ancien occitan de nombreux poèmes, les adapte et les met en chansons, dont entre autres :

    Chante les troubadours - Chants d'amour et de colère occitans (1972). 

    Il chante aussi en occitan : 

    Lo Pastre de paraules  (Le Berger des mots) (1974).

     

    En 1974, sur la station de radio France Inter, avec le journaliste, homme de radio, de télévision et écrivain Claude Villers, il présente une chronique de science-fiction : "Pas de panique". Puis il conte des histoires dans les émissions : "Marche ou rêve", "Le grand parler", "Ici l'ombre", "Contes des origines", etc.

     

    La Chambre des Théâtres pour l'Enfance et la Jeunesse, à Bruxelles, association rassemblant quatre-vingt-dix compagnies professionnelles de Théâtre/Danse jeune public, qui a pour objectif principal de favoriser le développement et la reconnaissance du Théâtre jeune public de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en Belgique et dans divers pays, référence les livres d'Henri Gougaud dans : Les Carnets de la CTEJ 3 : écrire pour le théâtre jeune public (II)  (rubrique : Quelques ouvrages sur le conte), aux Éditions Lansman (1996).

     

    "Le conte est plus un art de la relation qu'un art du spectacle. [...] Les contes font partie de ces arts premiers comme patrimoine de l'humanité. [...] Le conte fait toujours appel à quelque chose d'autre que nos mécanismes intimes. Il est cohérent sans jamais épuiser le mystère. C'est une porte ouverte sur l'infini qui permet de respirer." (Henri Gougaud, entretien avec François Devinat, Libération, 1999).

     

    Sources : http://www.henrigougaud.info/ 

                    http://www.franceinter.fr/personne-henri-gougaud

                    https://www.youtube.com/watch?v=HIR_IHDOxJ8  

     

     

    Les romans, légendes et contes d'Henri Gougaud capturent les rythmes et les parfums du monde entier. Son style d'écriture, à la musicalité profonde, recèle des saveurs pétillantes et perlées d'humour, mais aussi une immense sagesse ancestrale.

     

    Œuvres :  

    1968. Contes du vieux moulin (Casterman)

    1969. Chansons pour les enfants, avec Georges Brassens, illustrations de Philippe Lorin (R.S.T.)

    1969. Montségur, photographies de Guy Caujolle, reportage (Bélibaste)

    1969. Poèmes politiques des troubadours, traduction (Bélibaste)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    1971. Nous voulons vivre en communauté (Bélibaste)

    1973. Les Animaux magiques de notre univers, essai (Solar)

    1973. Contes de la Huchette (Casterman) 

    1973. Voir le Maroc, reportage avec Colette Gouvion (Hachette Réalités)

    1974. Démons et merveilles de la science-fiction, essai (Julliard)

    1976. Voir l'Égypte, reportage avec Colette Gouvion (Hachette Réalités)

    1976. Voir la France, reportage avec Colette Gouvion (Hachette Réalités) 

    1977. Départements et territoires d'outre-mort, recueil de nouvelles fantastiques (Julliard). Prix Goncourt de la Nouvelle.

    1977. Souvenirs invivables, poèmes, chansons, textes en prose (Ipomée)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    1978. Le Grand Partir, roman (Seuil). Grand Prix de l'humour noir.

    1979. L'Arbre à soleils, légendes du monde entier (Seuil)

    1980. Le Trouveur de feu, roman (Seuil). Prix Jouvenel 1981 de l'Académie française.

    1982. Bélibaste, roman (Seuil)

    1984. L'Inquisiteur, roman (Seuil)

    1986. Le Fils de l'ogre, roman (Seuil)

    1987. L'Arbre aux trésors, légendes du monde entier (Seuil) 

    1989. L'Homme à la vie inexplicable, roman (Seuil). Prix Relay des voyageurs.

    1989. La Chanson de la croisade albigeoise, traduction (Livre de Poche)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    1991. L'Expédition, roman (Seuil)

    1991. Nouvelle édition : Départements et territoires d'outre-mort, recueil de nouvelles fantastiques (Seuil)

    1991. Apprenez à rêver en 10 leçons faciles (Syros-Alternatives)

    1992. L'Arbre d'amour et de sagesse, contes du monde entier (Seuil)

    1992. Vivre le pays cathare, photographies de Gérard Siöen (Mengès)

    1993. La Bible du hibou, contes fantastiques (Seuil) 

    1995. Les Sept Plumes de l'aigle, récit (Seuil). (Existe lu par Henri Gougaud en format CD et CD MP3, éditions Livraphone)

    1996. Le Livre des amours, contes de l'envie d'elle et du désir de lui (Seuil)

    1997. Les Cathares et l'éternité, essai (Bartillat)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    1997. Les Dits de Maître Shonglang (Seuil)

    1997. Paroles de chamans, citations (Albin Michel)

    1998. Paramour, roman (Seuil)

    1999. Contes d'Afrique, recueil de contes illustrés (Seuil)

    2000. Le Rire de l'ange, roman (Seuil)

    2000. La Conférence des oiseaux, adaptation du texte de Farid-ud-Din Attar, d'après la traduction du persan par Manijek Nouri-Ortega (Seuil)

    2000. Le Secret de l'aigle, en collaboration avec Luis Ansa (Albin Michel)

    2000. Contes du Pacifique, recueil de contes illustrés (Seuil)

    2001. Contes d'Asie, recueil de contes illustrés (Seuil)

    2002. Le Murmure des Contes, entretiens avec Bruno de la Salle et Isabelle Sauvage (Desclée de Brouwer)

    2003. L'Amour foudre, contes de la folie d'aimer (Seuil)

    2005. Le Voyage d'Anna, roman (Seuil). Prix Jackie Bouquin. (Existe lu par Henri Gougaud en CD MP3, Livraphone)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    2005. Contes des sages soufis, contes (Seuil)

    2006. L'Almanach (Panama) 

    2007. Jusqu'à Tombouctou. Desert Blues, en collaboration avec Michel Jaffrenou, contes, dessins, photographies (Éditions !)

    2008. Nouvelle édition : Le Secret de l'aigle (Albin Michel, collection Espaces libres)

    2008. L'Homme qui voulait voir Mahona, roman (Albin Michel)

    2008. Le Rire de la grenouille. Renaître par les contes, petit traité de philosophie artisanale (Carnets Nord)

    2009. Le Livre des chemins. Contes de bon conseil pour questions secrètes, contes (Albin Michel)

    2009. Poésie des troubadours, anthologie (Seuil)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    2010. L'Abécédaire amoureux, abécédaire coquin (Albin Michel)

    2011. L'Enfant de la neige, roman (Albin Michel) 

    2012. Au Bon Bec, bréviaire du bien vivre et du bien manger (Albin Michel)

    2012. Je n'éteins jamais la lumière, chansons 1960-1975 (Silène) 

    2013. Petits Contes de sagesse pour temps turbulents, contes (Albin Michel)

    2013. Devine ! Énigmes, rébus et devinettes pour tous les âges de la vie (Silène)

    2014. Le Roman de Louise, roman (Albin Michel). Grand Prix de l'héroïne Madame Figaro.

    2015. Les Voyageurs de l'aube, roman (Albin Michel)

    2015. Nouvelle édition : Renaître par les contes, avec un CD de contes dits par Henri Gougaud (Éditions du Relié)

     

     

     CD : 

    "La voix d'Henri Gougaud a la chaleur des vins de son Languedoc natal, mais aussi la profonde résonance des mystères cathares." (Audiolib).

     

    1992. Le Langage obscur (L'Autre Label. Distribution Mélodie)

    1995. Le Grand Parler (L'Autre Label. Distribution Mélodie)

    1999. Beau Désir (L'Autre Label. Distribution Mélodie)

    2003. Les Sept Plumes de l'aigle, récit lu par Henri Gougaud (Livraphone)

    2005. Le Voyage d'Anna, roman lu par Henri Gougaud (Livraphone)

    2011. Contes de bon conseil, CD de contes issus du Livre des chemins, lus par Henri Gougaud (Audiolib)

    2013. Le Livre des amours. Contes de l'envie d'elle et du désir de lui, lus par Henri Gougaud (Frémeaux & Associés)

    2015. Renaître par les contes, avec un CD de contes dits par Henri Gougaud  (Nouvelle édition du Rire de la Grenouille) (Éditions du Relié) 

     

    DVD :

    2005. Coffret de quatre DVD :

                . Beau Désir

                . Le Grand Parler

                . Contes des origines

                . Bonus : L'Abécédaire

    (Production Les Films ingénus et Astérios production)

     

    K7 :

    Les Plus anciennes Légendes de l'humanité (Éditeur : Radio France. Durée : 1 h)

    (Source : Bibliothèques de Cergy-Pontoise)

     

    Film :

    1997. Parfums de sens, film de Jean-Jacques Roudière (Production : Antenne offerte à la conscience)

    (http://www.filmsdocumentaires.com/films/859-henri-gougaud)

     

     

    Dans mes Carnets de Lecture :

     

    L'Arbre aux trésors. Légendes du monde entier (Éditions du Seuil, 1987)

     

    henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai"Les mythes, les contes, les légendes du monde sont au fond de nous comme les trésors d'une caverne prodigieuse. Il serait déraisonnable de prendre à la légère ces divertissements apparemment sans poids. Certains sages d'Orient pensent que l'histoire, juste dite au bon moment à la personne qu'il faut, est capable d'illuminer qui l'entend, c'est-à-dire de lui apprendre (lui faire goûter) ce qu'aucune explication, aussi intelligente soit-elle, ne saurait dire.

    Il est de fait que dans les contes et les légendes est un savoir inexplicable et pourtant nourrissant, un savoir que je ne peux comparer  qu'à la saveur du fruit en bouche. Les contes et les légendes sont exactement comme des fruits, tout aussi innocents, tout aussi nécessaires. En voici une nouvelle récolte. Ils viennent de toutes les terres du monde. Ils ont été choisis non pas au hasard mais pour leur poids de sagesse, leur parfum de miracle, le plaisir simple ou la peur délicieuse que parfois ils m'ont inspiré. Ils m'ont nourri et ils m'ont fait du bien. [...] (Henri Gougaud)

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    "En tant qu'écrivain, je peux tout me permettre, sauf de désespérer les gens ; un artiste qui ne nourrit pas la vie est un traître." (Henri Gougaud)  

     

    L'Arbre aux trésors est composé de soixante-dix-neuf contes et légendes d'Afrique Noire, du Monde Arabe, du Turkestan, de l'Inde, du Tibet, de Chine, du Vietnam, du Cambodge, de Thaïlande, du Japon, de Polynésie, du Far West, d'Amérique du Nord, d'Amérique Centrale, de Grèce, du Luxembourg, de France, du Pays de Galles, d'Écosse, de Scandinavie, d'Europe Centrale et du Caucase.

     

    Délicieusement submergée par ces souffles, ces respirations de la Terre, des mers, des océans et des astres, j'avance lentement dans les légendes et les mythes revisités par Henri Gougaud. Me voici en Grèce où Prométhée, solitaire, erre "tristement sur la terre défaite, cherchant des créatures semblables à lui", et défiant Zeus...

     

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    Le Châtiment de Prométhée (1640) par Jacob Jordaens

     

    Je prolonge avec Déméter et Perséphone mon voyage en Grèce où "Aux premiers âges du monde, les dieux vivaient, forts et charnus, parmi les hommes."  Je me promène avec Déméter, la déesse des cultures, "la mère aux hanches fortes, aux seins gonflés de lait",  identifiée avec la Cérès romaine, et "sa fille adolescente, fragile mais belle, vive, joyeuse, inépuisablement assoiffée de vie", la future reine des enfers, Perséphone, ou Proserpine chez les Romains...

     

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    Cérès et les quatre Éléments (1604) par Jan Ier Bruegel de Velours

     

    Un besoin irrépressible de musique me saisit et je m'envole vers le Luxembourg à la recherche du Violoneux, "si grand qu'il paraissait fragile et sans cesse menacé de se briser au moindre vent [...], sa figure était belle [...] et illuminée par un regard d'une infinie douceur." J'écoute avec passion "une cascade de musique grêle, mais allègre, entraînante, pareille aux scintillements d'un ruisseau"... 

     

    En Afrique Noire, émerveillée, j'écoute Mamourou et le djinn, "une histoire de bons voisins", où Mamourou apprend qu'une famille pauvre et digne de djinns, vivant principalement du lait d'une chèvre, habite dans son baobab...

     

    En Amérique Centrale, accompagnant Celle qui ne meurt pas, je parviens chez "les Esprits de l'air, de l'eau et du feu que l'on nomme Wayantekob." Avec eux, je pose "sur une fleur d'orchidée" l'âme d'un homme qui "a décidé de mourir"... 

     

    Parmi les critiques qui ont accueilli L'Arbre aux trésors, voici, respectivement, celles de L'Événement du Jeudi et du Figaro

    "Des brassées de légendes du monde entier... Ce sont des dizaines de contes du Cambodge, de Polynésie, du Far West, de Scandinavie, d'Afrique Noire qui déferlent au rythme des baobabs, des araignées, des vizirs, des fileuses d'orties, des tâches blanches du soleil. Un régal oral de mythes illuminants et d'anecdotes insolites." (L'Événement du Jeudi). 

     

    "Au Tibet, on raconte que le roi du Haut-Pays gagna un improbable pari : celui de faire mentir Ring Paï, "le garçon qui ne pouvait pas mentir". En Scandinavie, on prétend que Luonnotar, la "géante laiteuse" dont le corps creusa l'océan, présida à la naissance du monde. Mythes et légendes des quatre coins de la planète ont inspiré ce recueil précieux, tout serti de miracles et de rêves lumineux. [...] (Le Figaro).

      

     

    Les Sept Plumes de l'aigle, récit (Éditions du Seuil, 1995)

     


    henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai"Luis A. n'est pas un personnage de roman mais un homme bien vivant, même s'il tient à rester anonyme. Ce livre raconte son histoire, de sa lointaine enfance argentine aux événements qui l'ont conduit aux portes de la France, où il demeure aujourd'hui. Il a quitté très tôt la maison de son père, à Córdoba, au pied de la Sierra Grande. Sa mère venait de mourir, loin de lui, une nuit d'orage. C'était une Indienne Quechua, et le seul être aimé de sa jeune existence. Il a refusé l'insupportable. Il a préféré imaginer qu'elle avait fui la ville, qu'elle était allée rejoindre son peuple, dans la montagne. Il est donc parti à sa recherche. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé sur le chemin de l'impossible, le seul qui vaille aux yeux des fous de vie. 

    Il a connu, bien sûr, l'omniprésente misère des enfants perdus. [...] Son errance fut longue, étrange, tourmentée. [...] Itinéraire où chaque rencontre, où chaque événement, même le plus trivial, fut un pas de plus vers l'"épice", vers "ce qui fait que la vie ne passe pas pour rien."

    J'ai écrit ce qu'il m'a confié de son aventureuse existence et de ses apprentissages.   À la fin, il m'a dit : "Maintenant, que le vent emporte nos paroles, comme il emporte tout, pollen, poussière, feuilles mortes. Si elles ne sont que poussière, qu'elles retournent à la poussière. Si elles sont vivantes, qu'elles nourrissent la vie." Et il est parti d'un grand rire.

    La route continue." (Henri Gougaud)

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    Pendant son parcours initiatique, Luis A., qui a décidé de se consacrer à la peinture, rencontre en Bolivie El Chura, "l'homme au plumage de renard". C'est un Indien sans âge, un chaman gardien des ruines de Tiahuanaco, dont Luis découvre, à plus de quatre mille mètres au-dessus de la mer, "la terrible et pourtant émouvante beauté"

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                                              Ruines de Tiahuanaco (civilisation précolombienne)                          

                                                               (Source photographie : Wikipédia)

                                             

    Un matin, il se trouve en présence de l'homme de cuivre. "Et dans cette apparence d'homme qu'il m'était donné d'approcher, j'ai vu en un instant des siècles de vie, des tourbillons de nuits austères, de jours glorieux, d'oasis, de déserts, de guerres, de voyages. Ce ne fut que le temps d'un éclair silencieux."

    "Il [El Chura] l'a instruit, puis il l'a poussé vers d'autres lieux, à la poursuite des pierres vivantes et des sept plumes de l'aigle où sont les sept secrets de la vie. [...] D'autres maîtres l'ont recueilli et l'on guidé, don Benito, le vieux Chipès, le père Sebastián, des femmes aussi." (Henri Gougaud).

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    Au Pérou, Luis, à dos de mulet, contemple avec effroi le sentier grimpant à flanc de falaise vers le Machu Picchu. Je ne me lasse pas du morceau d'anthologie décrivant cette périlleuse ascension : "Par malheur ce n'était pas un mulet que je montais, c'était le bâtard d'un démon et d'une acrobate de cirque. Ce pervers n'avait de goût que pour l'extrême bord de l'à-pic où il s'obstinait avec une vaillance telle que chaque coup de sabot décrochait des paquets de pierres aussitôt emportés, dans des cascades de ricanement diaboliques, vers des profondeurs de plus en plus lointaines. Les genoux tremblotants enfoncés dans sa panse, agrippé à la bride [...]".

     

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    Machu Picchu et ses environs

    (Source photographie : Wikipédia)

      

     Les Sept Plumes de l'aigle, livre de référence :

     

    . Dans l'ouvrage La Résistance culturelle (De Boeck Supérieur, 2002), Pierre Dupriez et Solange Simons citent ces lignes extraites des Sept Plumes de l'aigle d'Henri Gougaud :

    "Les Indiens distinguent deux sortes de souvenirs : les froids et les chauds qu'ils appellent mémoires. Les souvenirs froids sont faits d'informations. Ils disent ce qu'ils savent, rien de plus. Qui dit que deux et deux font quatre ? Un souvenir froid. Les civilisés ont la religion de ces sortes de souvenirs. Ils les cultivent. Ils les accumulent. Ils savent faire d'eux des outils redoutables. Les primitifs les utilisent volontiers, mais ne les estiment pas plus que des traces mortes. Ils préfèrent les mémoires chaudes, les instants survivants du passé qu'il nous arrive d'évoquer et qui viennent à nous comme ils sont, avec leur poids de douleurs ou leurs frémissements d'allégresse, avec leurs larmes, leurs parfums. La tête se souvient, les sens ont des mémoires." (Henri Gougaud). 

     

    Pierre Dupriez et Solange Simons écrivent : "Évoquées dans un ouvrage consacré au management interculturel, ces quelques lignes vont au-delà de la sagesse quechua qu'elles révèlent. Elles indiquent des voies possibles pour explorer la diversité culturelle et rappellent à quel point la réalité d'une personne peut être appréhendée de différentes manières : celles qui mesurent et calculent et celles qui tentent d'aller au cœur de la vie." 

     

    . Sylviane Cannio, dans son livre Communiquer avec authenticité et rester vrai (Éditions Eyrolles, 2011), écrit dans le chapitre "L'activation des cinq sens" :

    "Cette recherche de cessez-le-feu et d'écoute des besoins réels de la terre constitue justement la quête du chaman. Dans son merveilleux ouvrage Les Sept Plumes de l'aigle, Henri Gougaud décrit l'apprentissage de Luis [...]".

     

    Plusieurs fois, El Chura pose à Luis cette étrange question : "As-tu fait l'amour avec la nuit ?" Déconcerté, Luis répond toujours : "Non". Puis, une nuit...

    "Je suis resté les yeux fermés, j'ai respiré tranquillement. Pour la première fois de ma vie, j'ai goûté l'air. J'ai senti une force vivifiante pénétrer dans mon corps. C'était comme un baptême. Le baptême de la nuit. Et tandis que je respirais cet air froid, m'est venu un immense sentiment de reconnaissance. J'inspirais, l'air vivifiait mon corps. J'expirais, des millions de petits "moi", dans mon souffle, sortaient émerveillés. C'était comme une danse. Le monde venait à moi dans sa grandeur, et moi, tout ébloui, j'allais à sa rencontre. [...] puis j'ai ouvert les yeux et j'ai regardé la nuit. C'était un corps. Un corps prodigieux, scintillant. Je me suis levé, et je suis parti." (Henri Gougaud).

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    Paysage de nuit avec des chasseurs près d'un feu par Carl Ludwig Scheins

    (Source : Wikipédia)

      

     . Le Vivant comme modèle de Gauthier Chapelle et Michèle Decoust (Albin Michel, 2015) débute par un extrait des Sept Plumes de l'aigle :

    "Je connais des gens qui prennent la Vie en horreur sous l'étrange prétexte que le Monde leur déplaît. Comme si le Monde et la Vie étaient sortis jumeaux du même ventre ! Le Monde n'est que le lieu où la Vie s'aventure. Il est rarement accueillant. Il est même, parfois, abominable. Mais la Vie ! L'enfant qui apprend à marcher, c'est elle qui le tient debout. La femme qui apprend les gestes de l'amour, c'est elle qui l'inspire. Et le vieillard qui flaire devant lui les brumes de l'inconnaissable, affamé d'apprendre encore, c'est elle qui tient ses yeux ouverts. Elle est dans la force de nos muscles, dans nos élans du cœur, nos poussées de sève, notre désir d'être et de créer, sans souci de l'impossible. "Impossible est impossible !" Voilà ce que dit la Vie. Avez-vous déjà vu une touffe d'herbe s'étonner de sortir d'une fente dans le bitume ?" (Henri Gougaud. Les Sept Plumes de l'aigle).

      

     

    Le Livre des amours, contes de l'envie d'elle et du désir de lui (Éditions du Seuil, 1996)

     

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    " À fréquenter les contes et les mythes des peuples primitifs, il apparaît que les mille jeux du sexe furent partout célébrés à l'égal des manifestations les plus sacrées du bonheur d'être. Notre Occident, aujourd'hui, ne les estime plus inspirés par le diable, mais il n'ose point encore penser qu'ils peuvent, ou ont pu un jour, plaire à Dieu. Pour nos ancêtres simples, il va de soi que la force d'aimer prend sa source dans le Maître de la Création, et qu'il n'est pas de plus joyeux devoirs que de célébrer ces outils qui nous furent donnés pour la servir.

    Les contes qui peuplent ce livre sont tous, évidemment de tradition orale. Quel que soit le pays de leur naissance ils disent le même étonnement de se voir au soleil après l'ombre insondable, le même émerveillement devant l'amour.

    Il m'a plu de servir ces œuvres qui ont tant à nous apprendre sur un bonheur à réinventer." (Henri Gougaud)

    (Quatrième de couverture du Livre des amours)

     

    Ce livre, composé de soixante et onze contes, est un véritable carrousel de paroles vagabondes et de contes facétieux recueillis en Afrique Noire, dans le Monde Arabe, en Turquie, en Inde, au Tibet, en Chine, au Japon, en Corée, Océanie, Amazonie, Amérique du Nord, Grèce, France, Allemagne, Russie et dans le Grand Nord.

     

    En lisant le conte d'Afrique Noire intitulé Le Sel, tout d'abord je n'en crus pas mes yeux. Comment pouvait-on parler à la fois si poétiquement et si crûment de choses... hum ! on ne peut plus anatomiques ? Puis, le rire m'envahit. En réalité, les héros de ce conte, un couple de "bons amis", bravement, œuvraient pour l'humanité !

     

    En Chine, Nuki "vendait de l'alcool sur le marché de Tchen. [...] Mais bien que désirable et attentive à tous, elle intimidait les hommes. Il leur suffisait de rencontrer la lumière vive et sans cesse amusée de son regard pour savoir qu'elle n'était pas femme à tolérer une main sale sur sa hanche." Un jour, un Immortel lui laissa un livre. "L'art des jouissances amoureuses y était abondamment commenté. Elle ignorait qu'on pût écrire sur de pareils sujets. Une sorte de honte émerveillée échauffa bientôt ses joues [...]. Lorsque l'Immortel revint, Nuki avait subi une étrange transformation physique... 

     

    En Grèce, voici Le Cordonnier au couvent. "C'était un cordonnier si joyeux et si naïf qu'il ignorait le mal. Il buvait sans vergogne" et jouissait de la vie sans trop se poser de questions. "Son grand-oncle curé en perdait le sommeil, le boire et le manger." Il entendit son neveu à confesse et, atterré, ne voulut pas l'absoudre. Il lui infligea une bien étrange pénitence : "Retire-toi trois ans au fin fond du désert. Prie. Ne consomme plus ni pain, ni vin, ni viande. Oublie surtout les femmes, et si l'on veut, Là-Haut, avoir pitié de toi, tu seras pardonné [...]. Le cordonnier trouva que Dieu dramatisait, mais puisqu'il le fallait il s'en alla planter sa tente dans le sable [...]" Un jour, il aperçut au loin un couvent. Il y parvint à la nuit. Une "jeune, belle et pourtant mère abbesse" l'accueillit. Trois cent cinquante-neuf autres nonnes y vivaient pieusement. Où naïveté et paillardise vont coquinement de pair... mais peut-être l'atmosphère du couvent environne-t-elle de musique divine des propos un brin salaces ?

     

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    Triptyque des ermites (1505) par Jérôme Bosch

          

    Critique du Magazine littéraire, dans la rubrique Le favori (1998) :

    "Moissonneur de légendes universel, Henri Gougaud les réinvente, les écrit et les publie en recueils."

     

    Contes de l'envie d'elle et du désir de lui (L'Aire Libre).

    3 CD + 1 livret (Frémeaux & Associés, 2013)

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    Source photographie : Frémeaux & Associés

     

    "Où vous seront servis, en cuisine nouvelle, aventures torrides de Dieu dans le Grand Nord, amours tendres et vertigineuses de maître Li, lettré chinois, paillardises, folies, caresses, œil du diable au trou de serrure, Princesse, rose bleue, amant, jeux extravagants d'une abbesse, de ses trois cent soixante nonnes et d'un pénitent cordonnier qui, cherchant Dieu, trouva leur lit.

    Pour vous tous, gourmets populaires, amoureux fous, dévergondés, et chercheurs de sens sous les couettes, beau plaisir et alléluia !" (Henri Gougaud)

      

     

    Le Rire de l'ange (Éditions du Seuil, 2000)

     

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    "C'était pourtant un ange, indiscutablement, bien que dépourvu de ces ailes démesurées qui encombrent, on ne sait pourquoi, les murailles des cathédrales. On ne lui voyait pas d'habit, et pourtant il n'était pas nu. Au regard aiguisé de Prude il parut plus garçon que fille, ce qui l'émut beaucoup, car si sa vie était à l'âge austère, les élans de son cœur ignoraient tout des rides et du blanc des sourcils. [...] Cet être-là qu'elle observait était à l'évidence plus gracieux que les feuilles virevoltantes dans l'air nuageux, mais ses épaules et sa taille semblaient d'une prometteuse vigueur, sa figure était d'un écuyer de bonne famille et son visage avait l'air heureusement surpris malgré l'embarras de son corps. Bref, quoique transparent, il était si beau que la vieille laissa aller entre ses lèvres fanées un doux gémissement d'action de grâces qui se perdit en sifflement émoustillé. L'ange n'entendit rien de cet appel timide. Il se dressa, rendit à son errance la guenille qui s'obstinait à flotter autour de sa jambe, observa un instant le ciel, parut chercher la trappe par laquelle il était tombé, puis il s'agenouilla, colla l'oreille au toit comme font les chasseurs sauvages et s'enfonça, au travers des ardoises moussues, dans l'obscur logis de Pico, le menuisier lettré." (Henri Gougaud)

    "Pico et Chaumet, deux gaillards fraternels, s'en vont sur les routes à la rencontre de leur destin. Maintes aventures et d'étranges personnages les attendent. Un ange les accompagne et, autant qu'il le peut, les protège. Figure inoubliable que cet ange, plein d'indulgence pour les faiblesses des hommes. Entre conte et roman, Henri Gougaud fait rêver, fait réfléchir et enchante." (Éditions du Seuil) 

    (Quatrième de couverture du Rire de l'ange)

     

    "Deux hardis gaillards, Pico le menuisier lettré et le pauvre Chaumet, dont la maison vient de brûler, s'en vont sur les routes avec leurs femmes. Dans un Moyen Âge peuplé de brigands, de vagabonds et de sorcières, nos héros affrontent d'innombrables embuscades. Un ange, arrivé par hasard au village, les accompagne, les protège et les mènera à la rencontre de leur destin." (Henri Gougaud)

     

    Le Rire de l'ange et son héros amoureux, sensuel, tendre, facétieux, doté d'une puissante empathie, enfin un ange séduit par les joies de la vie terrestre qu'il célèbre de façon jubilatoire, m'ont permis de découvrir Henri Gougaud et ses immenses talents de romancier et de conteur. J'ai plongé avidement dans chacune de ses phrases. Une cascade de perles pétillantes, rafraîchissantes, a dévalé sur moi du flanc d'un hameau de basse montagne appelé Ramonicheux-le-Bas. Tout au long de ce livre l'amour et l'humour sont des complices aussi inséparables que nos pèlerins et l'ange qui les accompagne.

     

    L'ange, se croyant visible aux yeux de tous, tente d'expliquer sa venue en ce monde : " [Il] leva timidement un doigt désincarné à hauteur de son œil joyeux comme un soleil [...]. 

    - Je me baignais, dit-il, dans le courant du vent.

    Il mima un instant une nage vivace puis il poursuivit, jubilant :

    - Plus que tout j'aime ressentir le ruissellement de l'air frais. C'est une volupté à laquelle vos âmes, à ce qu'il m'a semblé, sont elles aussi sensibles. Parfois, lorsque je les traverse, je les sens qui s'épanouissent et prennent ce même plaisir. D'ordinaire je vais, je plonge jusqu'à vous, je joue avec vos ombres, vos éclats de lumière, et je m'en retourne à ma rive. Cette fois, je ne sais comment un tourbillon m'a emporté, et me voilà tombé dans l'épaisseur des choses. 

    Il ouvrit largement les bras, partit d'un rire insouciant."

     

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    L'Ange devant le soleil (1846) par William Turner

     

    Critique de Paris Normandie :

    "Ce livre est un vrai bonheur. Une histoire merveilleuse, contée dans une langue merveilleuse et dont la lecture rend tout simplement heureux. Naturellement, encore faut-il croire aux anges. Henri Gougaud, lui, en est un assurément." (Paris Normandie)

     

     

    Le Livre des chemins. Contes de bon conseil pour questions secrètes (Éditions Albin Michel, 2009)

     

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    "Il est dit qu'un bon conteur doit être capable de répondre à n'importe quelle question par un conte. Je parle, bien sûr, de vraies questions, de celles qui s'obstinent, qui pèsent, et pour lesquelles on espère des réponses pareilles à des fenêtres ouvertes sur un air respirable, sur une lumière nouvelle. Car les contes, malgré les apparences et les idées reçues, ne se soucient pas d'enfantillages. Leur berceau ? La nuit des temps. Ils ont franchi les siècles, parfois les millénaires, infiniment fragiles, et pourtant aussi intrépides que des enfants errants.

    Combien de pestes, de révolutions, de guerres, de montagnes et de mers ont-ils traversé avant de nous parvenir ? Celui que tu vas lire, par exemple, livre ouvert au hasard, je l'ai écrit, certes, mais je ne l'ai pas inventé. Je ne suis que son dernier messager. En vérité, la voix qui te parvient est celle d'une source dont le chant, miraculeusement, après un chemin si long, si tourmenté, si hasardeux, ne s'est pas perdu [...]." (Henri Gougaud)

     (Extrait de la préface du Livre des chemins)

     

    Je suis sous le charme de ces cent vingt-trois contes. Trois aphorismes, maximes ou dictons, suivent chacun d'entre eux. Un conte, choisi au hasard, semble toujours répondre à l'un des questionnements du lecteur, à l'une de ses préoccupations actuelles, ou bien apporter un conseil d'une extrême sagesse à mille et un de ses soucis quotidiens, qu'ils soient détails infimes ou lourdes charges.

    L'univers des contes, "êtres vivants", recèle les connaissances ancestrales, collectives, du monde entier. Dans le Livre des chemins défile une farandole de sultans, de rois, de princes, de sorcières, d'anges, de démons, de dragons, d'oiseaux et de voleurs.

     

    Voici les trois casseurs de cailloux et un enseignement rare de vaillance et d'un certain regard, très personnel, illuminant les pénibles tâches à accomplir. "Un pèlerin, un soir d'été, parvint sur un chantier de ville peuplé d'ouvriers poussiéreux occupés à mille besognes de bois lourd, de forges sonnantes, de meules et de pierres taillées [...]". Un des casseurs de cailloux était un prodigieux visionnaire...

     

    Dans l'essentiel, un jeune roi apprit, auprès de grands savants et d'érudits, "que partout, dans le vaste monde, des gens, depuis la nuit des temps, pensaient, réfléchissaient, exploraient des mystères [...]. Il en fut si ému qu'il proclama ceci :

    - Qu'une armée pacifique à travers mers et terres aille recueillir ces savoirs. Je veux que vienne ici tout ce que l'homme sait."...

     

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    Un Philosophe lisant (vers 1769) par Jean Honoré Fragonard

     

    "Henri Gougaud invente ici le concept du livre de contes divinatoires." (Le Choix des libraires)

     

    À l'Opéra de Lyon, en 2013, des jeunes comédiens de l'École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) ont lu des contes du Livre des chemins lors du Prélude littéraire.

     

    Aussi : https://www.youtube.com/watch?v=8zhs2dEbXtQ

     

    À voir : Henri Gougaud, Le Livre des chemins : Corbeau

                    Site : Là où mes mines me mènent...

     

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    Henri Gougaud

    (Photographie : Valérie Menard/Albin Michel)

     

     

     

     

    Petits Contes de sagesse pour temps turbulents (Éditions Albin Michel, 2013)

     

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    "Ce livre n'est pas fait pour être lu mais pour être fréquenté comme un ami proche, secret. Vous pouvez lui demander de vous nourrir, il vous nourrira, de vous éclairer, il vous éclairera, de jouer, il jouera avec vous le jeu le plus mystérieux du monde, celui du hasard qui n'existe pas.

    Ouvrez-le simplement par curiosité. Quelqu'un est là qui vous parle. [...] Il répond à une question que vous n'avez même pas formulée à voix haute. Il y répond à sa manière, qui peut être déconcertante. [...] les contes sont des vieillards immémoriaux et bienveillants. Ils savent tout de la musique du cœur du monde. [...] Ils répondent toujours à nos questions pour peu qu'ils soient interrogés avec cette lumière simple dont ils sont eux-mêmes pétris, et que l'on appelle l'innocence." (Henri Gougaud).

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    Composé de cent douze contes courts et de conseils intemporels d'une infinie sagesse, ce livre se savoure. Intriguée, j'ai souhaité l'interroger, mais il m'a devancée, voulant auparavant mieux ressentir lui-même quelle était ma quête, ma recherche, ce que j'étais prête à lire, à entendre, enfin à écouter profondément. Il ne m'a pas déçue. Sur le même diapason, pénétrant timidement dans la luminosité de ses contes, je me suis laissée bercer, envahir par la musicalité des mots. L'innocence de l'enfance peut-être retrouvée, j'ai étudié avec passion l'enseignement de ces "vieillards immémoriaux et bienveillants".

     

    Du Conteur, qui ouvre ce recueil, en passant par L'étoile, Le bonze du fond du jardin, L'Indien et le loup, Le maître serviteur, L'aiguille et le chameau, La femme au bord du torrent, Un grillon à New York, La fille du désert, et bien d'autres, jusqu'à Raconter, tous ces contes sont pur enchantement. Ils parlent à tous les sens du lecteur, puis se prélassent, confiants, dans sa mémoire.   

     

    Extrait du CD d'entretien avec Henri Gougaud par Marc de Smedt :

    https://www.youtube.com/watch?v=A5bxCJ03mDo

                                               

    Source photographie couverture livre : Editions Albin Michel

     

     

     

    Et, pour terminer cet article, voici en provenance des Archives de l'INA, sur le site des Bibliothèques et Médiathèques de Grasse, l'entretien d'Henri Gougaud avec Jacques Chancel au cours de l'émission Radioscopie, diffusée le 14 octobre 1980 (durée : 55 min. 32 s.) :

    Radioscopie  

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