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  • Carl Spitzweg, poète et peintre romantique allemand

     

    Carl Spitzweg (1808-1885) est un poète et peintre romantique allemand. Il est considéré comme l'un des représentants majeurs de la période Biedermeier, style de peinture et des arts décoratifs s'adressant aux classes moyennes, en Allemagne et en Autriche, de 1815 à 1848 où, pendant ces années, les artistes se tournent vers les sphères privées de la famille et du foyer.

     

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    Autoportrait de Carl Spitzweg (vers 1840)

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Carl Spitzweg est né en 1808 à Germering, en Bavière. Son père est entrepreneur et sa mère est la fille d'un riche commerçant de fruits de la région de Munich. Carl Spitzweg suit des études de pharmacie, de botanique et de chimie à l'Université de Munich.

    Son talent pour la peinture se manifeste très tôt, mais il s'installe en tant que pharmacien en 1832. Il consacre avec passion son temps libre à la peinture, copie à la Pinacothèque de Munich les toiles des maîtres hollandais. Un an plus tard, la peinture devient son activité principale. Il réalise des tableaux de petit format avec des scènes de vie quotidienne de la petite bourgeoisie qu'il dépeint avec minutie et humour. Il peint aussi des paysages auxquels il apporte un caractère sentimental rappelant le Romantisme.

    Il devient membre de l'Association artistique de Munich en 1835.

    Carl Spitzweg se lie d'amitié avec le peintre autrichien Moritz von Schwind (1804-1871), surnommé le "peintre à poète", dont le génie est aussi lyrique. 

    Il voyage en Dalmatie, à Venise,  à Prague où il fait la connaissance de peintres de genre tchèques, à Londres où il rencontre des paysagistes anglais et à Paris les peintres de Barbizon. En France, il est accompagné de Carl Happel (1819-1914), peintre de genre et caricaturiste allemand.

    Il écrit aussi des poèmes dans le dialecte local et dessine pour des revues.

     

    Carl Spitzweg meurt en 1885, à Munich (Allemagne) d'une attaque cérébrale. Il est inhumé dans l'ancien Cimetière du Sud à Munich.

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    La tombe de Carl Spitzweg à Munich

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Rufus46)

     

    Sources biographiques :

    Wikipédia

    Pierre VAISSE, "SPITZWEG Carl - (1808-1885)", Encyclopædia Universalis http://www.universalis.fr

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Le Pauvre Poète (1839) par Carl Spitzweg

    (Source : Wikimedia Commons. Auteur : Yelkrokoyade)

     

    Le Pauvre Poète (Der arme Poet) (1839) par Carl Spitzweg 

    Bonnet de nuit, plume d'oie au coin des lèvres, jambes repliées sous une couverture, en position semi-couchée contre un volumineux oreiller, des feuillets dans une main, l'autre main comptant peut-être les pieds d'une versification idéale, matelas posé à même le sol, le Pauvre Poète, à l'abri des intempéries dans sa mansarde, semble se moquer de tout ce qui n'est pas son Art.

    Au-dessus de sa tête, un parapluie suspendu à un fil invisible, ou bien tenu ouvert par la secourable et compatissante Muse allemande de la Poésie (dont j'ai vainement cherché le nom), protège le poète de toute fuite qui envisagerait avec malice de délayer l'encre de ses vers inspirés.

    Au premier plan, des feuillets abandonnés au bord de l'ouverture noirâtre d'un poêle éteint attendent, humiliés, leur triste sort.

    Des piles de livres, à portée de main, peut-être les seuls amis du misérable poète, patientent, fidèles et intemporels...

     

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    Gnome regardant le train (vers 1848) par Carl Spitzweg 

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Gnome regardant le train (vers 1848) par Carl Spitzweg 

    Carl Spitzweg s'imagine peindre à l'intérieur d'une grotte que la Nature a sculptée dans une roche rougeâtre au flanc d'une colline dominant un village, au loin.

    À l'entrée de cette grotte bordée de branchages verdoyants, où s'entrecroisent des racines d'arbres, un gnome, mains dans le dos, contemple une locomotive, avec ses wagons, rejetant une vapeur inopportune tandis qu'elle avance vers le village ensoleillé, blotti sous un ciel bleu parsemé de nuages laiteux.

    Le gnome, longue barbe, manteau à capuchon brun-rouge se confondant avec les parois de la grotte, bottines effilées, semble plongé dans une profonde méditation née de l'anachronisme de cette vision: lui, personnage des légendes et des contes, confronté au "modernisme" du train... 

     

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    Le Rat de bibliothèque (vers 1850) par Carl Spitzweg

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Le Rat de bibliothèque (Der Bücherwurm) par Carl Spitzweg, vers 1850

    Dans une vaste bibliothèque aux rangées interminables, un homme voûté, juché sur un escabeau de grande taille, lit, le nez sur les pages, l'ouvrage qu'il tient dans sa main gauche. Trois autres livres, un dans sa main droite, un deuxième coincé sous son bras gauche et le troisième entre ses genoux, attendent d'être rangés dans la section "Métaphysique".

    Le rat de bibliothèque porte une redingote d'où émerge, d'une basque, un tissu blanc car le bibliothécaire, homme soigneux, dépoussière les précieuses œuvres dont il est le gardien. Sa mine est renfrognée malgré le rayon de lumière qui l'éclaire afin de l'aider dans sa gigantesque tâche, mais l'homme paraît entièrement absorbé, partagé entre lecture et classement de cette abondance de trésors culturels.

    Un globe terrestre, dont le support reste invisible ainsi que le sol de la bibliothèque, laisse présager de l'immensité de la salle.

    Carl Spitzweg apporte souvent une touche ironique à la conception de ses toiles en caricaturant des personnages indifférents aux évènements extérieurs et dont les pensées semblent centrées sur la passion, le but de leur existence : la culture, l'art... 

     

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    La Lettre d'amour clandestine (vers 1860) par Carl Spitzweg

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    La Lettre d'amour clandestine (Der abgefangene Liebesbrief) par Carl Spitzweg (vers 1860)

    Deux fenêtres, ouvertes sur la façade couleur sable et agréablement ornée d'un immeuble, attirent l'attention grâce à un étrange spectacle. Un étudiant reconnaissable à sa casquette, facétieux -et amoureux-, a attaché une lettre à une ficelle qu'il laisse couler d'une main jusqu'à la fenêtre de l'appartement situé à l'étage inférieur, tandis que de l'autre main il tient un livre.

    La missive est destinée à une jeune femme, occupée à une activité manuelle à sa table de travail. Mais la destinataire de cette lettre d'amour ne lève pas les yeux de son ouvrage. En revanche, une autre femme, parente ou peut-être gouvernante, portant une coiffe, debout devant la fenêtre, regarde, bouche bée, cette lettre qui ose prendre un chemin si particulier et faisant fi du facteur !

    Le message poursuit sa descente, passe devant les trois rideaux ornant coquettement la fenêtre, hume les plantes d'une jardinière dont les fleurs grimpent le long des volets verts. À droite, un couple de pigeons s'intéresse aux habitants de la maison et des pots de fleurs semblent en équilibre instable sur le rebord d'une fenêtre. 

    Dans la Lettre d'amour clandestine, Carl Spitzweg s'amuse, une fois encore, à éclairer la scène d'un rayon de soleil, jouant ici avec les ombres de la ruelle. 

     

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    Prochainement, chers Lectrices et Lecteurs, si vous le souhaitez, nous retrouverons Louis Joullié, enseignant et écrivain captivant, pour la suite de ses aventures.