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Christian Bobin, l'auteur d'une oeuvre lumineuse

 

 

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Christian Bobin, en 2011

(Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Ji-Elle)

 

Christian Bobin, écrivain et poète français, est né en 1951 au Creusot, en Saône-et-Loire. Son père enseignait le dessin technique à l'usine Schneider et sa mère était calqueuse.

Christian Bobin, enfant, recherche déjà la solitude et s'isole avec ses compagnons de prédilection, les livres.

Professeur de philosophie, puis infirmier psychiatrique, il est aussi rédacteur à la revue Milieux

Christian Bobin ne quitte guère sa région natale. Il "fuit les mondanités et préfère explorer le silence. Il y consacre sa vie et son œuvre". Lors d'un entretien avec Marie de Solemne paru dans Psychologies, il différencie deux sortes de solitude :

"Il y a deux solitudes [...] Une mauvaise solitude. Une solitude noire, pesante. Une solitude d'abandon [...] Cette solitude-là n'est pas celle dont je parle dans mes livres. Ce n'est pas celle que j'habite, et ce n'est pas dans celle-là que j'aime aller [...] C'est l'autre solitude que j'aime. C'est l'autre solitude que je fréquente, et c'est de cette autre dont je parle presque en amoureux." 

Dans ce même article de Psychologies, le philosophe et écrivain français André Comte-Sponville déclare qu'il considère Christian Bobin comme l'écrivain "le plus doué, le plus original, le plus libre -à l'écart de tout-, mais aussi le plus émouvant [...]" de sa génération, "l'un des rares qui nous éclairent, qui nous élèvent, et parmi ceux-là sans doute le plus purement poète." 

(Source : http://www.psychologies.com/

Le poète et écrivain belge Guy Goffette écrit que Christian Bobin "fait entrer une sorte d'innocence et de candeur dans un monde où le cynisme a du succès".

Christian Bobin, à la recherche de la plus grande simplicité, élague avec soin ses textes. À ses débuts, il écrit : 

"Croître en clarté, voilà le but." (Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/)

"Je pense que l'écriture est un travail de guérison [...]. Pas uniquement ma propre guérison mais une guérison (...] de la vie souffrante. De la vie mise à mal par les conditions modernes." (Christian Bobin).  Propos recueillis par François Busnel (L'Express, 11 février 2013).

(Source : http://www.lexpress.fr/culture/livre/christian-bobin)

"Christian Bobin est un colporteur de magies quotidiennes. Dès la publication de ses premières plaquettes poétiques, il est apparu comme une voix évidente. Pourtant, il venait sans escorte, sans blindage théorique, sans corset rhétorique, sans aucun formalisme cousu de fil barbelé. Le scandale voulait qu'il ait précisément quelque chose à dire et que sa parole ait un goût de source, un goût de rosée, un goût de matin du monde." (Source : https://www.franceculture.fr/)

Christian Bobin est un "écrivain solitaire à la pureté franciscaine".

"Je suis fou de pureté. Je suis fou de cette pureté qui n'a rien à voir avec une morale, qui est la vie dans son atome élémentaire, le fait simple et pauvre d'être pour chacun au bord des eaux de sa mort noire et d'y attendre seul, infiniment seul, éternellement seul."  (Christian Bobin)

(Source : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/)

"Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit, c'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour." (Christian Bobin)

Christian Bobin cultive souvent le fragment, une forme littéraire en prose d'une grande brièveté. Ses livres dépeignent la gaieté et l'émerveillement, mais la mélancolie, l'absence et la mort y mêlent leur souffle mystérieux. Son style d'écriture est musical, ses mots coulent tantôt d'une source paisible, tantôt d'une cascade bondissante. Ses écrits, empreints de bonté, de douceur, de lumière, de douleurs aussi, se lisent dans la paix du cœur et de l'âme.

 

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Christian Bobin (Prix des Deux Magots, 1993)

(Source photographique : http://www.babelio.com/)

 

 

 

Œuvres :

 

1977. Lettre pourpre, Éditions Brandes

1978. Le Feu des chambres, Brandeschristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

1984. Le Baiser de marbre noir, Brandes

1985. Souveraineté du vide, Éditions Fata Morgana

1986. L'Homme du désastre, Fata Morgana

1986. Le Huitième Jour de la semaine, Éditions Lettres Vives

1986. Ce que disait l'Homme qui n'aimait pas les oiseaux, Brandes

1987. Dame, roi, valet, Brandes

1987. Lettres d'or, Fata Morganachristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

1989. L'Enchantement simple, Lettres Vives

1989. La Part manquante, Éditions Gallimard

1990. Éloge du rien, Fata Morgana

1990. Le Colporteur, Fata Morgana

1990. La Vie passante, Fata Morgana

1990. La Femme à venir, Gallimard

1991. L'Autre Visage, Lettres Vives

1991. La Merveille et l'Obscur, Éditions Parole d'Aubechristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

1991. Une Petite Robe de fête, Gallimard

1992. Le Très-Bas, Gallimard, collection Folio (Prix des Deux Magots, 1993. Grand Prix catholique de littérature, 1993)

1992. Un Livre inutile, Fata Morgana

1992. Isabelle Bruges, Éditions Le Temps qu'il fait

1993. Cœur de neige, Éditions Théodore Balmoralchristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

1993. L'Éloignement du monde, Lettres Vives

1994. L'Inespérée, Gallimard

1994. L'Épuisement, Le Temps qu'il fait

1994. Quelques Jours avec elles, Le Temps qu'il fait

1995. L'Homme qui marche, Le Temps qu'il fait

1995. La Folle Allure, Gallimard

1995. Bon à rien, comme sa mère, Lettres Viveschristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

1996. La Plus que vive, Gallimard

1996. Clémence Grenouille. Livre pour enfants, Le Temps qu'il fait

1996. Une Conférence d'Hélène Cassicadou. Livre pour enfants, Le Temps qu'il fait

1996. Gaël Premier, roi d'Abîmmmmmmme et de Mornelonge. Livre pour enfants, Le Temps qu'il fait

1996. Le Jour où Franklin mangea le soleil, Le Temps qu'il fait

1996. Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, en collaboration avec Édouard Boubat,                          Gallimard (réédition en 2010)

1997. Autoportrait au radiateur, Gallimard

1997. Mozart et la pluie suivi de Un Désordre de pétales rouges, Lettres Vives

1998. Geai, Gallimard

1998. L'Équilibriste, Le Temps qu'il fait

1998. La Grâce de solitude. Dialogues avec Christian Bobin, Jean-Michel Besnier, Jean-Yves                          Leloup et Théodore Monod, Éditions Dervychristian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

1999. La Présence pure, Le Temps qu'il fait

1999. Tout le Monde est occupé. Roman, Mercure de France

2001. Ressusciter, Gallimard

2001. La Lumière du monde, Gallimard

2001. L'Enchantement simple et autres textes, Gallimard (collection Poésie)christian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

2001. Paroles pour un adieu, Éditions Albin Michel

2002. Le Christ aux coquelicots, Lettres Vives

2004. Louise Amour, Gallimard

2005. Prisonnier au berceau, Mercure de France

2006. Une Bibliothèque de nuages, Lettres Vives

2007. La Dame blanche, Gallimard

2009. Les Ruines du ciel, Gallimard (Prix du Livre de spiritualité Panorama La                             Procure, 2010)christian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poète

2011. Carnet du soleil, Lettres Vives

2011. Un Assassin blanc comme neige, Gallimard

2011. Éclat du Solitaire, Fata Morgana

2012. L'Homme-joie, Éditions L'Iconoclaste

2013. La Chair et le Souffle, "Le bouclier" (volume 8, n° 2, pp. 48-56)

2014. La Grande Vie, Gallimard

2015. Noireclaire, Gallimard

2015. La Prière silencieuse, photographies de Frédéric Dupont, Gallimard.

 

Le Prix d'Académie 2016 a été décerné à Christian Bobin pour l'ensemble de son œuvre.  

 

(Source bibliographique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Bobin)

Prix littéraires : 

1993. Prix des Deux Magots décerné à Christian Bobin pour Le Très-Bas.

1993. Grand Prix catholique de littérature pour Le Très-Bas.

2010. Prix du Livre de spiritualité Panorama - La Procure pour Les Ruines du Ciel.

2016. Prix d'Académie décerné à Christian Bobin pour l'ensemble de son œuvre.

Dans mes Carnets de Lecture :

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Une Petite Robe de fête par Christian Bobin (Gallimard, collection Folio, 1991)

 

"Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue - comme une étoile au point du jour. À vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. À voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu.

Avec le regard simple, revient la force pure." (Christian Bobin. Quatrième de couverture)

 

Ce livre comprend neuf textes courts. Voici un extrait du premier récit intitulé : Une histoire dont personne ne voulait.

"Le manuscrit est défraîchi. Il y a une date à la dernière page. Cinq ans. Il vous arrive par la poste. Vous le laissez sur un coin de table, vous n'y pensez plus. Arrive le samedi. Le samedi est un jour où vous êtes très occupé : vous faites le chauffeur de maître pour une poignée d'enfants. On veut aller ici, on veut que tu nous emmènes à la fête, on veut ceci, on veut cela, on veut tout. Vous obéissez avec ravissement, faisant le désespoir des parents qui mettent des heures à contredire cet air d'insouciance que vous amenez avec vous. La vie passe si vite, les jours s'éteignent si tôt. [...]

Christian Bobin conte l'histoire d'un manuscrit dont personne ne voulait, l'histoire d'un suicide manqué, l'histoire d'une "jeune femme qui tombe sur le carrelage et son âme qui tombe à ses côtés, son âme lourde, plus lourde qu'un oiseau mort, la blanche colombe gazée [...]". La jeune femme qui n'a plus d'âme un jour lit une page de Rilke...  

 

Et qu'on le laisse en paix : "Au douzième siècle Chrétien de Troyes crée Perceval le Gallois [...], enveloppé de lumière [...]", et qui "va de château en château, de tournois en tournois...". Christian Bobin relate l'immense fatigue de Perceval qui ne sait pas vraiment ce qu'il cherche, sinon qu'il s'agit du Graal dont il ne connaît presque rien, et entraîne le lecteur dans une émouvante contemplation poétique.

 

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  Perceval à la Recluserie 

(Source illustration : Wikimedia Commons)

 

La faiblesse des anges offre un éblouissement au lecteur : Racine et son Iphigénie sous la plume de Christian Bobin. La pièce est une "soie de ciel pur [...]. Un livre est grand par la grandeur du désespoir dont il procède, par toute cette nuit qui pèse sur lui et le retient longtemps de naître. Donc cela au départ. Avant le livre, avant l'écriture. Donc cette ombre planante du père, cette nuit fauve dans la tête de Racine, dans son attente du premier vers [...]". 

Soudain, se déverse "la pluie d'encre sur les nerfs", s'ouvre un "abîme ouvert par ces phrases, par leur résonance en vous, comme une pierre dans le puits d'âme [...]".

 

  

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Tout le Monde est occupé par Christian Bobin. Roman (Mercure de France, 1999 - Gallimard, collection Folio)

 

"Je m'appelle Manège, j'ai neuf mois et je pense quelque chose que je ne sais pas encore dire. Entrez dans ma tête. Mon cerveau est plié en huit comme une nappe de coton. En huit ou en seize. Dépliez la nappe, voilà ma pensée de neuf mois : d'une part, les coccinelles n'ont pas bon goût. D'autre part, les ronces brûlent. Enfin, les mères volent. Bref, rien que d'ordinaire. Il n'y a que du naturel dans ce monde. Ou si vous voulez, c'est pareil : il n'y a que des miracles dans ce monde." (Quatrième de couverture)

 

"Ariane buvait, dansait, riait. Robe bleue, cœur rouge. Un beau mariage. Boissons, danses et confidences. Un château avait été loué pour l'occasion. Château, c'était beaucoup dire - plutôt une grosse ferme avec des salles immenses, des murs épais et des plafonds bas. Ariane buvait, dansait beaucoup et riait encore plus. Personne n'avait jamais réussi à l'éduquer, à lui apprendre les bonnes manières. Les bonnes manières sont des manières tristes. Ariane n'était pas douée pour la tristesse. Elle aimait et elle voulait. Le reste n'importait pas. Vivre est si bref. Donne-moi ce que j'aime. Je n'aime que la vérité. Donne-moi ce que tu es, laisse tomber ce que t'ont appris tes maîtres, oublie ce qu'il est convenable de faire. Telle était la magie d'Ariane : une rare plénitude d'être là, fraîche, simplifiée, simplifiante." (Extrait)

 

Ariane, fraîche, rieuse, vit avec enthousiasme, plane "endormie, autour du laurier rose ou du tilleul dans le jardin", se marie, se remarie, met au monde après un simple baiser des enfants aux dons exceptionnels...

"Il y a des fous tellement fous que rien ne pourra jamais leur enlever des yeux la jolie fièvre d'amour. Qu'ils soient bénis. C'est grâce à eux que la terre est ronde et que l'aube chaque fois se lève, se lève, se lève." (Extrait) 

Dans la maison d'Ariane, Rembrandt, le chat intellectuel, rôde autour de Van Gogh, le canari inculte qui tourne autour d'un rayon de soleil.

Ariane a un nouvel amour. "L'amour est une guerre et un repos, une science et un artisanat. L'amour est tout, et même rien avec le tout. Innocence et ruse, innocence avec ruse. Apparaître et disparaître." (Extrait)

J'ai dévoré ce livre frais, original, délicieux, lumineux...

 

 

christian bobin,écrivain français,christian bobin écrivain et poèteLouise Amour par Christian Bobin. Roman (Gallimard, 2004)

"Nous étions dans la ville des rois et dans la maison de Dieu. Je tenais par la main celle qui, sans avoir besoin de rien faire, les surclassait tous." (Quatrième de couverture) 

 

"J'étais tombé amoureux de Louise Amour avant de la connaître : son nom, plus aveuglant pour moi que la clarté laiteuse des roses trémières ou que la pellicule d'or dont les moines recouvraient le bois de leurs icônes, était apparu à côté du mien sous la rubrique "Senteurs" du magazine Rosiers de France, revue confidentielle à laquelle m'avait abonné ma passion pour cette fleur. Nos deux noms, séparés par une simple virgule, s'avançaient vers le lecteur comme deux mariés sous une voûte de papier glacé. Il était écrit que Louise Amour, créatrice de parfums aussi renommés que Jamais ou Absente, venait d'en inventer un nouveau nommé Madone, en s'inspirant d'un de mes livres. J'étais présenté comme un jeune penseur plein d'avenir. Il n'y avait pas de photographie de Louise Amour dans ce journal, mais l'éclat discrètement ensauvagé de son nom me fascina plus qu'une image." (Extrait)

 

Un homme de trente ans, solitaire, vit entouré de livres qu'il parcourt avec avidité entre des études de théologie poursuivies en autodidacte et, jusque tard dans la nuit, ses travaux d'écrivain où il rédige des phrases "sur Dieu, le ciel et le vide".

Un article, paru dans une revue de théologie et consacré à ses deux livres publiés, fait basculer sa vie en une seconde dans un univers aux antipodes du sien, un univers de luxe, une exposition sans fin d'apparences trompeuses. Pour ce penseur, "triompher dans le monde, c'est avoir tout perdu".

Une carte d'invitation de Louise Amour, créatrice de parfums, le précipite hors d'un nid qui, jusqu'alors, protégeait son "cœur du froid du monde".

Avec sa prose poétique enchanteresse, Christian Bobin décrit le cheminement du héros vers un amour platonique, une union improbable, et la folie qui l'envahit, folie dont personne ne peut s'apercevoir tant l'homme reste discret, effacé.

Louise Amour lui propose un rendez-vous à l'ombre de la basilique de Vézelay, "nuage de pierre gris orangé, flottant depuis plus de huit siècles sur un village fortifié, au-dessus d'une colline blonde."

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La basilique de Vézelay (Yonne)

(Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur photographie : Desiderius Severus)

 

"J'étais devenu incapable de lire, d'écrire, de dormir, incapable de toute autre occupation que celle de penser à Louise Amour, aux accroches de la lumière sur ses cheveux, aux petites nuances paradisiaques de sa voix [...]" 

Des retours à l'enfance du héros, dans un milieu modeste, parsèment ce récit de souvenirs émouvants : "Je n'avais rien oublié du décor dans lequel j'avais joué mon rôle d'enfant sauvage, petit page taciturne de sa mère [...]. La pauvreté qui était entrée comme un ange dans la ville, baisant chaque porte de chaque rue, avait empêché la prétention des temps modernes d'entrer ici. C'était dans les fastes de cette pauvreté que j'avais grandi et c'était de son royaume que je m'apprêtais insensiblement à sortir."

Louise Amour est une véritable ode à la beauté parfaite d'une femme dont le souci majeur, jalousement entretenu, est de "plaire", plaire jusqu'à l'épuisement...

 

 

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L'Homme-joie par Christian Bobin (Éditions L'Iconoclaste, 2012).

"J'ai rêvé d'un livre qu'on ouvrirait comme on pousse la grille d'un jardin abandonné.

Christian Bobin, renouant avec sa fibre narrative, construit son livre en [...] récits : des portraits d'êtres chers (son père), des rencontres (Maria, l'enfant gitane), des figures emblématiques (Soulages, Glenn Gould), des visions, puis une longue lettre à la femme aimée et perdue, "la plus que vive". Entre ces récits viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d'humanité.

Un même fil rouge unifie ces textes, c'est la voix de Bobin à nulle autre pareille, et son regard de poète qui transfigure le quotidien." (Quatrième de couverture)

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Statue de Glenn Gould, pianiste, compositeur et écrivain canadien (1932-1982)

à Toronto (source photographique : Wikimedia Commons)

 

"Partons de ce bleu, si vous voulez bien. Partons de ce bleu dans le matin fraîchi d'avril. Il avait la douceur du velours et l'éclat d'une larme. J'aimerais vous écrire une lettre où il n'y aurait que ce bleu. Elle serait semblable à ce papier plié en quatre qui enveloppe les diamants dans le quartier des joailliers à Anvers, ou Rotterdam, un papier blanc comme une chemise de mariage, avec à l'intérieur des grains de sel angéliques, une fortune de Petit Poucet, des diamants comme des larmes de nouveau-né.

Nos pensées montent au ciel comme des fumées. Elles l'obscurcissent. Je n'ai rien fait  aujourd'hui et je n'ai rien pensé. Le ciel est venu manger dans ma main." (Extrait)

 

L'Homme-joie comporte dix-sept textes de prose poétique, dont l'un, intitulé Un Carnet bleu, est une lettre manuscrite adressée par Christian Bobin à "la plus que vive" en 1980, "celle qu'il a aimée et continue d'aimer". L'écrivain révèle au lecteur que l'homme-joie est un "Roi-Soleil" abrité par chaque être humain dans "la grande salle de son cœur". Parfois, "ce roi, cet homme-joie, descend de son trône et fait quelques pas dans la rue."

L'homme-joie regarde le monde, ce champ de bataille, ses cavaliers noirs avec un "bruit d'épée au fond des âmes." Ce n'est pas important. Ses yeux se posent sur un oiseau "vêtu d'or comme un poème." Cela est important.

Dans un texte dédié au peintre français Pierre Soulages, Christian Bobin écrit : "La vision de Soulages est plus puissante que la mort, elle l'arrête comme jadis on arrêtait un vampire avec une croix. Ce noir charpente mon cerveau, y tend ses poutres maîtresses dont le deuil n'est qu'apparent; le noir est l'éclair d'un sabre de cérémonie, une décapitation qui ouvre le bal des lumières. Ces œuvres appellent le grand air, leurs falaises réclament un vent furieux." 

 

Lors d'un entretien avec Catherine Barry (article du 24 novembre 2012 pour Le Point, intitulé "Christian Bobin : La mort est peut-être la carte la plus belle", l'écrivain dit : "Quand mes yeux se fermeront, ils le feront sur une immense bibliothèque constituée par des visages qui m'auront ému, troublé, éclairé. Un visage est éclairant quand un être est bienveillant et qu'il est tourné vers autre chose que lui-même. Le soin qu'il prend de l'autre l'illumine, le rend vivant." 

(Source : http://www.lepoint.fr/culture/christian-bobin-la-mort-est-peut-etre-la-carte-la-plus-belle)  

 

Dans chacune des pages de L'Homme-joie s'inscrivent beauté, musique, poésie, pureté, bonheur et souffrance mêlés, vie et mort entrelacées...

 

 

 

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La Grande Vie par Christian Bobin (Éditions Gallimard, collection Folio, 2014)

"Les palais de la grande vie se dressent près de nous. Ils sont habités ici par des rois, là par des mendiants. Thérèse de Lisieux et Marilyn Monroe, Marceline Desbordes-Valmore et Kierkegaard. Un merle, un geai et quelques accidents lumineux. La grande vie prend soin de nous quand nous ne savons plus rien. Elle nous écrit des lettres." (Christian Bobin)

(Quatrième de couverture)

 

 

"Les anges en robes rouges

Elles sont arrivées à deux. C'était un vendredi matin en face de la poste du Creusot, dans la caverne en papier du bureau de tabac. L'une est restée dehors. L'autre a jailli d'une revue d'art que je feuilletais. Elles étaient de la même famille. La pluie acharnée et cette femme en bleu lisant une lettre, peinte par Vermeer, étaient de même race, même souche. Deux contemplatives qui s'associaient pour m'aérer le cœur." (Extrait)

Par la grâce de la forme littéraire qu'il affectionne, le fragment, par la grâce de ses rêveries, Christian Bobin partage avec le lecteur des interprétations très personnelles telles que sa description de La Femme en bleu lisant une lettre par le peintre néerlandais Johannes Vermeer : "La bouche de la lectrice est entrouverte. Elle boit le petit-lait du ciel. Les hommes regardent les femmes et ils en perdent la vue. Les femmes regardent les mots d'amour et elles y trouvent leur âme."    

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La Femme en bleu lisant une lettre par Johannes Vermeer

(vers 1662 - 1665)

 

Christian Bobin, pensant à la vie venue prendre un enfant à Mallarmé, met ces mots dans la bouche de la vie : "[...] maintenant chante, si tu peux. Chante avec ce trou que j'ai fait dans ta gorge. La disparition en plein vol d'un enfant, c'est Dieu qui jette notre cœur aux bêtes."

Un cheminement ébloui au fil des pages de La Grande Vie m'entraîne de découverte en découverte, de réflexion en réflexion. Dites-moi, est-il possible de trouver une seule phrase de Christian Bobin qui ne soit pas digne de figurer dans un volume de citations ? "L'extrême sensibilité est la clé qui ouvre toutes les portes mais elle est chauffée à blanc et brûle la main qui la saisit." Ou encore : "Des nomades campent dans mes yeux. Les feux qu'ils allument, ce sont les livres que je lis."...

 

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