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  • Arnold Böcklin, peintre des ténèbres

     

     

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    Arnold Böcklin

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Arnold Böcklin, peintre suisse symboliste (Bâle, Suisse, 1827 - San Domenico di Fiesole, Italie, 1901) a la révélation de sa vocation à Rome, à l'âge de vingt-trois ans.

    Il étudie la peinture à Bâle, puis à l'Académie de Düsseldorf, en Allemagne, où, de 1845 à 1847, il est l'élève du peintre paysagiste allemand Johann Wilhelm Schirmer (1807-1863), dont l'influence imprègne les paysages idéalisés qu'Arnold Böcklin peint dans sa jeunesse. En 1847, il effectue de courts séjours à Genève et à Zurich, en Suisse, puis à Bruxelles et Anvers, en Belgique, les peintres belges jouissant alors d'un grand renom en Allemagne. Il termine le périple de sa formation artistique à Paris, en 1848, où il admire particulièrement Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) et Thomas Couture (1815-1879). Il revient à Bâle où il reste deux ans.

    De 1850 à 1857, il vit à Rome et il épouse une native de la capitale italienne, Angela Pascussi. À Munich, il est professeur de 1860 à 1862 à l'École des Beaux-Arts de Weimar. Il part à nouveau pour Rome où il reste quatre ans. L'Italie l'inspire et il choisit d'y vivre une partie de son existence. À Florence, où il reste de "1875 à 1885, ses compositions atteignent une plénitude sereine". Lors de ses retours en Allemagne, il réside surtout à Munich, ville qui a vu ses premiers succès, où un cercle d'artistes se forme autour de lui. Un mécène le sauve d'une situation financière dramatique due à ses nombreux achats d'œuvres d'art.  

    Arnold Böcklin, considéré comme l'un des représentants du symbolisme allemand, conçoit ses visions mythologiques à l'aide d'une facture robuste, sensuelle, parfois naïve. Il s'interroge avec une profonde inquiétude sur les rapports de l'Homme et de la Nature. À ses paysages se mêlent une dimension profonde et méditative, un immense recueillement mystique et une atmosphère mystérieuse. Certaines de ses œuvres offrent des visions d'apocalypse comme si le peintre livrait un combat farouche à ses propres tourments. Son imagination crée des figures fantastiques à l'aspect monumental, au coloris puissant.

    Giorgio De Chirico (1888-1978), peintre italien, découvre avec admiration chez Max Reger, le professeur d'harmonie de son frère Andrea, un album contenant des œuvres d'Arnold Böcklin. Giorgio De Chirico vante la puissance "d'apparition" des toiles d'Arnold Böcklin et lui dédie un texte soulignant l'immense "révélation" que représentent ces œuvres pour la formation d'un artiste.

    Arnold Böcklin est à peu près inconnu en France. José Pierre, dans L'Univers surréaliste, écrit : 

    "Il faut bien convenir que ce Courbet du symbolisme était encore moins bien fait que l'autre pour séduire les Français, aux yeux desquels il cumulait la sensualité passablement lourde du maître d'Ornans à l'ambition de faire servir les apparences quotidiennes à des fins allégoriques ! " (José Pierre).

    "Dans un temps où les impressionnistes innovent en ouvrant la peinture à la lumière, Böcklin figure l'obscurité. L'Italie, où il s'installe définitivement en 1874, alimente une mythologie personnelle et lugubre." (Patricia Fride-Carrassat).

    "Arnold Böcklin reste un des noms les plus connus de l'académie de Dusseldorf. Bien qu'appartenant déjà à une génération ultérieure sur le plan de l'art, il vivait encore fortement dans la tradition romantique qui lui inspira des toiles remarquables parmi une œuvre fort diversifiée." (Horst Koch)

    Arnold Böcklin passe les dernières années de sa vie dans sa maison de campagne de San Domenico de Fiesole transformée en refuge empli de symboles.

     

    Les toiles d'Arnold Böcklin sont empreintes de romantisme et utilisent le concept du sublime. Ses paysages mélancoliques, ses sombres allégories et les qualités poétiques de son symbolisme influencent les peintres allemands de la fin du XIXe siècle et ouvrent la voie aux surréalistes.

     

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    Autoportrait avec la Mort jouant du violon par Arnold Böcklin (1872)

    (Source photographique : Wikimedia Commons) 

     

    Bibliographie :

    L'Univers surréaliste de José Pierre (Éditions Aimery Somogy, 1983).

    De Chirico. Ouvrage collectif. Responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau (Éditions Cercle d'Art, 1995).

    Les Mouvements dans la peinture de Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé (Éditions Larousse, 2005).

    Autres sources :

    Encyclopædia Universalis.

    Larousse/Encyclopédie.

    La Peinture Romantique par Horst Koch (texte français : Pierre Crèvecœur. Éditions Berghaus Verlag, Allemagne, 1985).

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Château en ruine par Arnold Böcklin (1847)

     

    Cette œuvre de jeunesse d'Arnold Böcklin (il a vingt ans en 1847), cette toile envoûtante, exprime déjà le pessimisme, la part d'ombre du peintre et sa lutte contre ses propres tourments tout en dévoilant son romantisme.

    Un mur en ruine se détache sur le ciel sombre, où la végétation foisonnante, à l'horizon, se confond avec des nuages oppressants. Le pan de mur laisse jaillir par ses anciennes fenêtres des clartés ocre provenant d'une mystérieuse incandescence qui se reflète dans le lac.

    Les roches rouges qui attirent tant Arnold Böcklin, et qu'il peint dans plusieurs de ses tableaux nocturnes et de ses paysages diurnes, envahissent le premier plan, se mêlant aux arbres et aux bouquets de plantes.

     

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    Villa au bord de la mer par Arnold Böcklin (1878)

     

    Ce tableau Villa au bord de la mer est l'une des cinq versions d'une série réalisée par Arnold Böcklin.

     

    Debout, appuyée contre un mur, une femme vêtue d'un vêtement blanc, un long voile sombre sur les cheveux, une main soutenant son visage, paraît plongée dans une profonde mélancolie. Elle semble revoir en pensée le malheur, le drame, qui provoqua cette peine qui la submerge. Son regard se perd dans la contemplation des flots heurtant les rochers au pied d'une villa dont la colonnade se profile sur un ciel diurne lumineux. La femme évite la vision de ce ciel radieux en se blottissant entre deux pans de murs. Les arbres immenses qui entourent la villa amplifient la sensation de solitude et probablement de mal-être de cette fin du XIX siècle. 

      

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     L'Île des morts par Arnold Böcklin (1883)

     

    Arnold Böcklin réalise plusieurs séries sur le thème de la mort, l'au-delà et son mystère. Il éprouve un attrait indéfinissable nuancé de peur envers un monde inquiétant. Le peintre exécute cinq versions de L'Île des morts.

    Cette toile présente, au premier plan, un nautonier, peut-être Charon, le nocher des Enfers de la mythologie grecque, sombre personnage dont l'embarcation glisse sur une eau calme, conduisant une femme vêtue d'une tunique blanche - représentant peut-être la jeune veuve qui commanda cette œuvre au peintre - debout devant un cercueil, vers une île troublante par son aspect grandiose, ses falaises impressionnantes, ses hauts cyprès imposants et sévères.

    À l'arrière-plan, un ciel tourmenté semble vouloir engloutir dans le mystère d'énormes nuages blêmes la barque qui s'apprête à pénétrer dans L'Île des morts.

    Arnold Böcklin se sert de puissants contrastes afin de créer une atmosphère lugubre. Il inscrit l'île dans de fortes lignes verticales, les cyprès et les rochers, qui vont s'opposer aux douces lignes horizontales des flots paisibles de la rivière.

     

    "Le tableau [...] présente un style épuré et une facture précise. La barque glisse sur le Styx et emporte dans son dernier voyage une âme fantomatique qu'accompagne le corps rangé dans un cercueil." (Patricia Fride-Carrassat).

     

    L'Île des morts, sombre thème allégorique, inspira, entre autres, un poème symphonique, en 1909, au compositeur et pianiste russe Serguei Rachmaninov (1873-1943).

     

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    La Chapelle par Arnold Böcklin (1898)

      

    Des pans de murs, dont la partie haute reflète l'écume des flots heurtant violemment les ruines en s'engouffrant dans une chapelle, dernier refuge d'oiseaux immaculés, résistent pour l'éternité, semble-t-il, à la fureur des vagues qui illuminent cette vision mystique. À droite, des débris de pierres rouges paraissent éclairés par les lueurs ocre qui tentent de percer la nuit.

    À l'arrière-plan, fondus dans le ciel nocturne, des cyprès monumentaux oscillent entre la symbolisation de la vie et celle de la mort, tandis que les vagues déferlent sur les ruines, ramenant paradoxalement la chapelle à la vie...

     

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  • Pearl Buck, infatigable romancière de la Chine

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    Pearl Buck (en 1932)

     

    Pearl Buck voit le jour aux États-Unis, à Hillsboro (Virginie) en 1892. Ses parents, Carie et Absalom Sydenstricker, missionnaires, partent en Chine avec leur enfant de trois mois. Ils vivent à Zhenjiang, dans la province du Jiangsu, au sud du fleuve Yangzi Jiang, où ils côtoient quotidiennement la population la plus humble de la Chine. Pearl apprend le chinois avant sa langue maternelle.

    Une société secrète chinoise, dont les membres sont les Boxers, anime à partir de 1895 un mouvement xénophobe qui culmine en 1900, contraignant toute la famille à retourner temporairement aux États-Unis. En 1909, Pearl commence des études littéraires au Randolph Macon Women's College de Lynchburg en Virginie. Ses études universitaires terminées et diplômée en 1914, Pearl retourne en Chine.

     

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    Le Yangzi Jiang (Chine)

     

    En 1917, elle épouse le missionnaire américain John Lossing Buck, ingénieur agronome, et part avec lui pour la Chine du Nord, où ils vivent pendant trois années dans l'une des plus pauvres bourgades, Nanhsuchou, dans la province d'Anhwei. Cette période de sa vie lui offrira un important enseignement pour ses romans sur la vie des paysans chinois. Pearl Buck et son mari vivent ensuite dans la province d'Anhéleux. Elle enseigne l'anglais à l'Université de Nankin.

    En 1921, Pearl et John Buck ont une fille qui naît avec une maladie mentale, inspirant à Pearl Buck un roman : L'Enfant qui ne devait jamais grandir (1950). Le couple adopte une petite fille en 1925.

    En mars 1927, lors des incidents de Nankin provoqués par les nationalistes de Tchang Kaï-chek, les communistes et plusieurs seigneurs de guerre locaux, des Occidentaux sont tués. Pearl et John Buck s'enfuient avec leurs enfants et sont secourus par un navire de guerre américain. Ils restent jusqu'à la fin de l'année au Japon, puis retournent à Nankin.

    En 1934, Pearl Buck quitte la Chine et revient aux États-Unis afin d'offrir de meilleures conditions de vie à sa fille handicapée. Elle ne retournera jamais en Chine.

    "L'amical pays de Chine, terre de mon enfance et de ma jeunesse, m'est désormais un pays proscrit. Je refuse de l'appeler un pays ennemi. Mes souvenirs de son peuple sont trop doux, et ceux de sa terre trop beaux."

    Un divorce met fin à son mariage en 1935. Pearl Buck épouse son éditeur, Richard Walsh, directeur des éditions John Day. Ils s'installent dans une vieille ferme, Green Hills Farm, en Pennsylvanie, et adoptent six enfants.

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    Green Hills Farm en Pennsylvanie

     

    En 1923, Pearl Buck commence à écrire des nouvelles qu'elle envoie à des revues américaines. Elle relate la vie quotidienne des paysans chinois, mêlant à ses récits des scènes de sa propre existence.

    En 1929 paraît son premier roman inspiré par la Chine : Vent d'Est, Vent d'Ouest. Le Prix Pulitzer (1932) couronne un autre de ses ouvrages, La Terre chinoise (1931), et la Médaille de l'Académie des arts et des lettres lui est décernée la même année. La Terre chinoise est le premier livre d'une trilogie complétée par Les Fils de Wang Lung (1932) et La Famille dispersée (1935).

    Pearl Buck est lauréate du Prix Nobel de Littérature en 1938 pour ses "descriptions riches et épiques de la vie des paysans en Chine et pour ses chefs-d'œuvre biographiques".

    De 1934 à 1946, dans le magazine Asia, édité par Richard Walsh, figurent de nombreuses contributions de Pearl Buck, experte renommée en matière d'affaires de l'Extrême-Orient.

     

    Elle crée en Pennsylvanie une fondation pour l'adoption d'enfants eurasiens abandonnés, la Pearl S. Buck Foundation, à laquelle elle consacre une grande part de son temps et des revenus provenant de ses ouvrages tout en continuant son œuvre littéraire. Grande voyageuse, elle publie notamment, après la Seconde Guerre mondiale, Les Mondes que j'ai connus, La Lettre de Pékin, Terre coréenne...

    Bien que fille de missionnaires, Pearl Buck garde ses distances avec la religion. En 1939 elle écrit : 

    "Je ne ressens aucun besoin d'avoir foi en quoi que ce soit d'autre que les êtres humains. Tout comme Confucius jadis, je suis bien trop occupée à observer les beautés de la nature et la vie sur terre pour avoir le temps de penser au Paradis et aux anges... S'il n'y a pas d'autre vie après la mort, [...] celle-ci aura au moins eu le mérite de me permettre de naître en tant qu'être humain." 

     

    Elle milite pour les droits civiques et pour les droits des femmes. Avec son mari, Richard Walsh, elle fonde, en 1942, l'Association Est-Ouest pour les échanges culturels entre l'Asie et l'Occident. En 1949, elle crée la première institution internationale interraciale pour l'adoption, The Welcome House Adoption Agency.

    Pearl Buck est l'auteur de plus de quatre-vingts ouvrages rédigés dans un style d'écriture agréable, aisé, toujours passionné avec des descriptions magiques, enchanteresses : romans, récits historiques, pièces de théâtre, scénarios, recueils de poésie, biographies, autobiographie, livres pour enfants... Elle signe quelques-uns de ses livres d'un pseudonyme : "John Sedges", principalement de 1947 à 1959 ; ils sont traduits en français entre 1951 et 1962.

    Cette militante de l'égalité des races, humaniste infatigable, meurt en 1973 à Danby (Vermont), aux États-Unis, à l'âge de quatre-vingts ans.

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    Pearl Buck (en 1972)

     Sources : Éditions Stock

                       http://www.aufeminin.com/

                       http://www.fichesdelecture.com

                       L'Express

     

     

    Œuvres :

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    1931. La Terre chinoise (roman, titre original : The Good Earth. Traduction de l'anglais par Théo Varlet, Payot). Prix Pulitzer, 1932. Médaille de l'Académie des arts et des lettres, 1932. Film : Visages d'Orient ou La Terre chinoise (The Good Earth en 1937)

    1932. Les Fils de Wang Lung (roman, titre original : Sons. Traduction par Théo Varlet, Payot) 

    1935. La Famille dispersée (roman, titre original : A House Divided. Traduction par Suzanne Campaux, Payot).

     

    Romans, récits historiques, recueils de nouvelles, biographies, autobiographie, littérature enfance et jeunesse, essais, scénarios :

    1929. Vent d'Est, Vent d'Ouest (roman, titre original : East Wind, West Wind. Traduction par Germaine Delamain. Préface de Marc Chadourne, Stock)

    1934. La Mère (roman, The Mother. Traduction par Germaine Delamain, Stock)pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency,bibliographie de pearl buck,john sedges

    1935. La Première Femme de Yann (recueil de nouvelles, The First Wife and Other Stories. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

    1937. L'Exilée (récit biographique, The Exile. Traduction par Germaine Delamain, Delamain et Boutelleau)

    1937. L'Ange combattant (récit biographique, Fighting Angel. Traduction par Jeanne Fournier-Pargoire, Delamain et Boutelleau)

    1938. Un Cœur fier (roman, This Proud Heart. Traduction par Germaine Delamain, Stock) 

    1938. Le Patriote (roman, The Patriot. Traduction par Germaine Delamain, éditions Delamain et Boutelleau)

    1943. Fils de dragon (roman, Dragon Seed. Traduction par Jane Filion, Jeheber). Film : Les Fils du dragon (Dragon Seed en 1944)

    1944. China Sky (Ciel de Chine, nouvelle et scénario) 

    1945. Promesse (roman, The Promise. Traduction par Jane Filion, Jeheber)

    1947. Histoire d'un mariage (roman, Portrait of a Marriage. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

    1947. Pavillon de femmes (roman, Pavilion of Women. Traduction par Germaine Delamain, Stock). Film : Pavilion of Women en 2001)

    1948. Pivoine (roman, Peony. Walsh, 1975. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

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    1949. Les Nouveaux Dieux (roman, Other Gods. Traduction par Mme Pierre Jeanneret, Delamain et Boutelleau)

    1950. Liens de sang (roman, Kinfolk. Traduction Lola Tranec, Delamain et Boutelleau)

    1950. L'Enfant qui ne devait jamais grandir (roman, The Child who never grew. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1951. Un Long Amour (roman signé John Sedges, A Long Love. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

    1951. D'ici et d'ailleurs (recueil de nouvelles, Far and Near. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1952. Le Pain des Hommes (roman, God's Men. Traduction Lola Tranec, Delamain et Boutelleau)

    1953. La Fleur cachée (roman, The Hidden Flower. Traduction Lola Tranec, Delamain et Boutelleau)

    1953. La Belle Procession (roman signé John Sedges, Bright Procession. Traduction par Denise Niard, Delamain et Boutelleau)

    1954. Viens, mon bien-aimé (roman, Come, My Beloved. Traduction Lola Tranec, Delamain et Boutelleau)pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency,bibliographie de pearl buck,john sedges

    1954. Le Dragon magique et autres contes (recueil de nouvelles, The Dragon Fish. Traduction par Léo Lack, Stock)

    1955. Les Mondes que j'ai connus (autobiographie, My Several Words. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1956. Impératrice de Chine (récit historique romancé, biographie, Imperial Woman. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1956. Les Voix dans la maison (roman signé John Sedges, Voices in the House. Traduction par Germaine Delamain, Stock)

    1958. La Lettre de Pékin (roman, Letter from Peking. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1959. La Grande Aventure (roman signé John Sedges, The Townsman. Traduction par Colette-Marie Huet, Stock)

    1960. Es-tu le Maître de l'aube ? (roman, Command the Morning. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1961. Le Vieux Hêtre suivi du Fantôme de Noël et de La Nuit merveilleuse (littérature jeunesse, The Beech Tree. Traduction par Marcelle Vérité, Casterman)

    1961. La Grande Vague (The Big Wave, roman et scénario. L'histoire de ce film est relatée dans l'ouvrage Je n'oublierai jamais, 1963)

    1962. Une Histoire de Chine (roman, Satan never sleeps. Traduction par Lola Tranec, Stock). Film : Une Histoire de Chine (Satan never sleeps en 1962)pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency,bibliographie de pearl buck,john sedges

    1962. L'Épouse en colère (roman signé John Sedges, The Angry Wife. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1963. Une Certaine Étoile (recueil de nouvelles, Fourteen Stories. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1963. Je n'oublierai jamais (autobiographie, A Bridge for Passing. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1964. Terre coréenne (roman, The Living Reed. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1965. Le Roi fantôme (roman, Death in the Castle. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1965. The Guide (scénario de Pearl Buck et Tad Danielewski d'après une nouvelle de R. K. Narayan)

    1966. Contes d'Orient (recueil de nouvelles, Fairy Tales of the Orient. Traduction par Élisabeth Gille, Stock)

    1966. Les Enfants abandonnés (essai, Children for Adoption. Traduction par Lola Tranec, Stock) 

    1967. La Vie n'attend pas (roman, The Time is Noon. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1967. Les Grands Amis (littérature jeunesse, Matthew, Mark, Luke and John and The Big Fight. Traduction par Lola Tranec, Stock)pearl buck,écrivain,romancière américaine,chine,impératrice de chine,pearl sydenstricker,révolte des boxers,john buck,richard walsh,green hills farm,pearl s. buck foundation,association est-ouest,the welcome house adoption agency,bibliographie de pearl buck,john sedges

    1967. Le Peuple du Japon (essai, The People of Japon. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1968. Pour un Ciel plus bleu (autobiographie, For Spacious Skies. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1969. L'Histoire de Kim Christopher (roman, The New Year. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1969. Le Sari vert (recueil de nouvelles, The Good Deed and Other Stories. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1969. À mes Filles (essai, To my Daughters with Love. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1970. Les Trois Filles de Madame Liang (roman, The Three Daughters of Madame Liang. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1970. Les Femmes Kennedy (récit historique, The Kennedy Women. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1971. Mandala (roman, Mandala, a Novel of India. Traduction par Lola Tranec, Stock)

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    1971. La Chine comme je la vois (essai, Chine as I see it. Traduction Lola Tranec, Stock)

    1972. L'Amour demeure (roman, The Goddess Abides. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1972. La Bible racontée (essai, The Story Bible. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1973. Sous le même Ciel (recueil de nouvelles, All Under Heaven. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1973. Hommes et Femmes (essai, Of Men and Women. Traduction par Lola Tranec, Stock)

    1974. Noëls (littérature jeunesse, Once upon a Christmas. Traduction par Lola Tranec, Stock) 

    1975. L'Arc-en-ciel (roman, The Rainbow. Traduction par Lola Tranec-Dubled, Stock)

    1976. La Coupe dorée (recueil de nouvelles, East and West Stories. Traduction par Lola Tranec-Dubled, Stock) 

    1977. Les Secrets du Cœur (recueil de nouvelles, Secrets of the Heart. Traduction par Lola Tranec-Dubled, Stock)

    1978. Les Amoureux (recueil de nouvelles, The Lover, and Other Stories. Traduction par Lola Tranec-Dubled, Stock)

     

    De nombreux livres de Pearl Buck sont réédités en collection "Livre de Poche".

     

    Sources bibliographie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pearl_Buck

                                                 Éditions Stock

     

     

     

    Dans mes Carnets de Lecture :

     

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    Pivoine (roman. 1948, Peony. 1975, Walsh. Traduit de l'anglais par Germaine Delamain, Stock)

     

    "Pivoine, la petite esclave chinoise, est au centre de ce roman qui évoque avec un talent admirable la vie quotidienne d'une famille dans la Chine d'avant Mao. Pivoine possède toutes les qualité des grands livres de Pearl Buck et surtout cette chaleur humaine, cet amour de la vie, ce désir d'un monde meilleur qui ont fait l'immense succès de la grande romancière américaine."

    (Quatrième de couverture) 

     

    "Dans les cours de la maison d'Ezra ben Israël, des branches avaient été coupées plusieurs jours à l'avance, ce qui permettait aux boutons de fleurir pour la fête. Chaque printemps, Pivoine, la petite esclave chinoise, tapissait de ces rameaux fleuris les murs du grand hall. Et, chaque année, Ezra, son maître, et Mme Ezra, sa maîtresse, ne manquaient pas de prêter attention à ce qu'elle avait fait. Ce jour-là, songeant au printemps si froid et aux vents poussiéreux du nord qui avaient soufflé sur la ville, ils félicitèrent tout spécialement la jeune fille."

     

    Pivoine, "une année de famine, lorsque le fleuve Jaune avait rompu ses digues et inondé les terres basses", a été achetée pour être esclave dans une "bonne maison juive" et tenir compagnie à David, fils unique d'Ezra ben Israël. Pivoine, qui veille au bien-être de tous, est traitée affectueusement et bénéficie du même enseignement que David.

     

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    Le fleuve Jaune (Chine)

    (source photographique : André Holdrinet de en.wikipedia.org)

     

    Les ancêtres d'Ezra ainsi que ceux de sa femme ont traversé la Perse et l'Inde, par terre et par mer. Ils ont "émigré, chargés de cotonnades, véritable trésor pour les Chinois qui ne connaissaient que la fabrication de la soie." Si Mme Ezra souhaite mourir en Palestine, son mari, dont la mère était la concubine chinoise d'un Juif, ne veut pas quitter la Chine.

      

    "Mme Ezra, [...], veillait à ce que chaque rite du sabbat et des jours de fête fut observé. Lorsque David se trouvait avec le rabbin, elle venait s'informer si tout se passait selon les prescriptions de la Torah, car, disait-elle, après tant d'années, tant de générations passées dans ce pays païen, elle-même devenait ignorante. C'est ainsi que les rites de la pâque et du Pourim se mêlaient au Festival chinois du printemps ; la fête des Premiers Fruits se confondait avec celle de la Lune d'Été, et les six jours sacrés de la Pénitence avant Yom Kippur concordaient souvent avec la fête de l'Année de la Nouvelle Lune, si bien que David allait trop aisément de la pénitence au plaisir."

     

    Pivoine, passionnée, exclusive, dévouée, prompte à prendre les décisions les plus difficiles, devient celle sur qui tous s'appuient... 

     

     


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    de Chine 
    : récit historique romancé, biographie. Titre original : Imperial Woman. Traduit de l'anglais par Lola Tranec (Éditions Stock, 1956. Livre de Poche, 1984).

     

    "De 1875 au début de notre siècle [XXe siècle], l'Empire chinois connaît une histoire agitée : rivalité avec le Japon, menées coloniales des pays occidentaux, révolte des Boxers.

    Durant tout ce temps, il est dirigé par une femme : Tzu-Hsi, régente à la mort de son mari Hsien Feng, puis impératrice douairière avant de céder la place à Pu Yi, le dernier empereur.

    En 1852 elle n'était pourtant qu'une jeune fille parmi soixante, proposées comme épouses au jeune monarque. Seule serait impératrice celle qui lui donnerait un fils. Tzu-Hsi [...] (Yehonala), a dû déployer des trésors de ruse et de séduction pour être celle-là...

    C'est cette vie exceptionnelle que raconte [Pearl Buck], prix Nobel de littérature 1938, dans ce roman biographique où revit toute une civilisation à son déclin.

    (Quatrième de couverture d'Impératrice de Chine)

     

    "Au mois d'avril 1852, soixante jeunes filles appartenant aux meilleures familles mandchoues sont convoquées au palais de l'empereur de Chine, Hsien Feng [...]. Mais il ne suffit pas d'être élue, encore faut-il ne pas se laisser oublier...

    Yehonala ne l'ignore pas. Elle a rusé pour se faire distinguer par l'empereur, mais se souviendra-t-il encore d'elle demain ? Ambitieuse et intelligente, elle prépare avec soin les voies de son succès [...](Le Livre de Poche, extrait).

     

    "C'était au mois d'avril, à Pékin, le quatrième mois de l'année solaire 1852, soit le troisième mois de l'année lunaire de la deux cent-huitième année de la dynastie mandchoue, la grande dynastie des Ch'ing. Le printemps se faisait attendre et les vents du nord, chargés de l'impalpable sable jaune du désert de Gobi, soufflaient sur les maisons comme en hiver. Le sable s'engouffrait dans les rues, s'envolait en tourbillons et s'infiltrait sous les portes et les fenêtres. Il s'accumulait dans les coins, s'amoncelait sur les tables et les chaises, ainsi que dans les plis des vêtements. Il séchait sur les joues des enfants en larmes et s'incrustait dans les rides des vieilles gens.

    Allée des Étains, dans la demeure du porte-étendard mandchou Muyanga, le sable se faisait plus importun qu'ailleurs, car les fenêtres joignaient mal et les portes jouaient sur leurs gonds de bois."

     

    Nous pénétrons, avec ces lignes aux termes imagés chers à Pearl Buck, dans l'humble demeure où vit Orchidée, "une bien jolie fille", qui doit être présentée à l'empereur de Chine sous le nom de Yehonala afin de devenir, si l'impératrice douairière la choisit, l'une des concubines de l'empereur Hsien Feng. Orchidée est pratiquement fiancée depuis l'enfance à son cousin au troisième degré, Jung Lu, garde aux portes de la "Ville interdite". Jung Lu a déjà parlé de mariage à Orchidée "le jour de la fête chinoise du Début du Printemps".

     

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    Portrait officiel de Hsien Feng (Xianfeng), empereur de Chine

     

    Choisie pour être l'une des concubines de l'empereur, Yehonala attend, au Palais, qu'il la fasse appeler, certaine de son destin d'impératrice.

     

    "Ici, dans la bibliothèque, elle passait chaque jour cinq heures à étudier avec son précepteur, cet eunuque qui possédait les titres universitaires les plus élevés. Autrefois, quand il était encore un homme, il était connu pour ses essais en vers octosyllabiques et ses poésies dans le style T'ang. À cause de sa célébrité, il avait reçu l'ordre de se faire eunuque pour devenir le précepteur du jeune prince, maintenant empereur, et s'occuper de la formation intellectuelle de ses concubines."

     

    Yehonala met au monde "l'héritier". Désormais, elle s'appelle Tzu-Hsi et sa nouvelle ambition est de "préserver l'Empire du démembrement pour son fils". Chaque matin, dès le petit jour, dans la salle des audiences, cachée par un écran en bois sculpté placé derrière le "trône du Dragon", elle assiste à l'audience impériale. Ce jour-là, Yeh, le vice-roi de la province Kwang, se tient debout devant l'empereur. Sa requête concerne ses démêlés avec l'Anglais John Bowring, attaché commercial à Canton.

     

    "Ce qu'il veut, ce sont des troubles qui lui fournissent une excuse pour livrer une autre guerre et dévorer encore un peu plus notre pays et nos trésors. Cet Anglais envenime toutes les querelles. Ainsi, bien qu'il soit contraire à la loi d'introduire de l'opium des Indes, il encourage cette contrebande, prétextant que du moment que les commerçants chinois la pratiquent, les Anglais, les Indiens et même les Américains peuvent également vendre à notre peuple cette drogue néfaste qui le démoralise et l'affaiblit. Mieux encore : la contrebande procure également des armes aux rebelles chinois du Sud ; et enfin, lorsque les Blancs du Portugal ont enlevé des Chinois pour les vendre comme coolies, Bowring a soutenu les Portugais. [...] Très-Haut, ces Anglais ne prétendent-ils pas que nous leur ouvrirons les portes mêmes de Canton, afin qu'eux et leur famille puissent déambuler dans nos rues et se mêler à notre peuple ? On verrait alors les hommes blancs regarder nos femmes, et les femmes blanches, qui n'ont pas de pudeur, aller et venir aussi librement que les hommes. Et naturellement, si l'on accorde des avantages à une tribu blanche, les autres exigeront les mêmes, comme par le passé. Cela ne risque-t-il pas de détruire nos traditions et de corrompre notre peuple ?"   

      

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    Portrait officiel de l'impératrice douairière Tzu-Hsi (Cixi)

     

     

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  • David Lodge, écrivain caustique et drôle

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    David Lodge, à Birmingham (2011)

    Photographie : Eric Garault/Pasco, Le Monde

     

    David Lodge est né à Londres (Grande-Bretagne) en 1935. Après des études à l'University College, il enseigne la littérature anglaise jusqu'en 1987 à l'Université de Birmingham (Midlands, Angleterre) et donne des conférences dans le monde entier, notamment à Berkeley (Californie, États-Unis).

    David Lodge se consacre à l'écriture à partir de 1987. Il est l'auteur de nombreux ouvrages : essais (histoire de la littérature, théorie de la littérature), romans, biographies romancées, nouvelles, pièces de théâtre, autobiographie, mémoires.

    Il reçoit plusieurs distinctions :

    . 1975 : Prix Hawthornden.david lodge,écrivain britannique

    . 1980 : lauréat du Whitbread Book of the Year avec How far can you go ? (Jeux de maux, 1993).

    . 1984 et 1988 : ses romans Small World, 1984 (Un tout petit monde, 1991) et Nice Work, 1988 (Jeu de société, 1990) ont été retenus pour la sélection du Booker Prize.

    . 1997 : Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en France.

    . 1998 : Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord.

    Doté d'une immense culture littéraire, David Lodge est membre de la Société Royale de Littérature.

     

    À la question : "Le professeur de littérature peut-il nous présenter le romancier?", David Lodge répond :

    "Je suis un romancier "littéraire", à l'instar de Julian Barnes, Salman Rushdie ou Martin Amis*. Comme eux, je considère le roman comme une forme d'art mais aussi de divertissement. Le vrai test pour un livre : aurez-vous envie de le relire ? Si oui, c'est un bon roman [...]"

     

    Plusieurs des ouvrages de ce "brillant théoricien du roman", du "très pince-sans-rire David Lodge", décrivent avec dérision, dans un style d'écriture limpide et pétri d'humour, les milieux universitaires et littéraires, la société anglaise, ainsi que la sexualité dans le milieu catholique dont il est lui-même issu. Observateur et caustique, David Lodge, qui fait siennes ces paroles de l'écrivain irlandais James Joyce (1882-1941) : "J'ai déjà les mots. Ce que je cherche, c'est l'ordre parfait de la phrase", promène un regard extrêmement pertinent et drôle sur la société contemporaine.

    Avec un humour très britanniqueil dépeint à merveille les névroses des intellectuels du milieu universitaire.

    Il vit à Birmingham, en Angleterre.

     

    * Julian Barnes (né en 1946) est un romancier anglais qui publie également sous le pseudonyme de Dan Kavanagh.

    * Salman Rushdie (né en 1947) est un écrivain britannique d'origine indienne.

    * Martin Amis (né en 1949) est un romancier britannique.

     

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    David Lodge

    Source photographique : https://thehypertextual.com

     Sources :

    Éditions Rivage

    Le Monde

    France Inter

    http://www.pleinevie.fr/article/

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    Livres publiés traduits en français :

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    . Changement de décor (roman. Titre original: Changing Places), Rivages, 1990.

    . Jeu de société (roman. Nice Work), Rivages, 1990. Booker Prize.

    . La Chute du British Museum (roman. The British Museum is falling down), Rivages, 1991.

    . Un tout petit monde (roman. Small World), Rivages, 1991. Booker Prize.

    . Jeux de maux (roman. How far can you go ?), Rivages, 1993. Whitbread Book of the Year.

    . Hors de l'Abri (roman. Out of the Shelter), Rivages, 1994.

    . Nouvelles du Paradis (roman. Paradise New), Rivages, 1994.

    . Thérapie (roman. Therapy), Payot et Rivages, 1996.

    . L'Homme qui ne voulait plus se lever et autres nouvelles (nouvelles. The Man who wouldn't get up and other stories), Payot et Rivages, 1997.david lodge,écrivain britannique,kierkegaard,un tout petit monde de david lodge,thérapie de david lodge,préface d'umberto eco,structuralisme

    . Les Quatre Vérités (roman. Home Truths), Payot et Rivages, 1999.

    . Pensées secrètes (roman. Thinks...), Payot et Rivages, 2001.

    . Trilogie de Rummidge (roman), Payot et Rivages, 2002.

    Cette trilogie est composée de : Changement de décor, Un tout petit monde, Jeu de société.

    À la Réflexion (essai, théorie de la littérature. Consciousness and the Novel), Payot et Rivages, 2003.

    . L'Auteur ! L'Auteur ! (biographie romancée. Author, Author, novel) Rivages, 2005.

    . La Vérité toute nue (pièce de théâtre. The Death of Diana), Payot et Rivages, 2006.

    . Dans les Coulisses du Roman (essai, théorie de la littérature. The Year of Henry James), Payot et Rivages, 2007.

    . La Vie en sourdine (roman. Deaf Sentence), Payot et Rivages, 2008.

    . L'Atelier d'écriture, suivi de Play-back (pièce de théâtre. The Writing Game), Payot et Rivages, 2008.

    . L'Art de la fiction (essai, théorie de la littérature. The Art of Fiction), Payot et Rivages, 2008.

    . Un Homme de tempérament (biographie romancée. A man of Parts), Payot et Rivages, 2012.

    . Des Vies à écrire (essai, histoire de la littérature. Lives in Writing), Payot et Rivages, 2014.

    . Né au bon moment (autobiographie, mémoires. Quite a Good Time to be born), Payot et Rivages, 2016.

     

    Plusieurs ouvrages de David Lodge sont édités en Livre de Poche.

     

    Source bibliographique : https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Lodge)

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    Dans mes Carnets de Lecture :

     

    david lodge,écrivain britanniqueThérapie de David Lodge. Roman (traduction de l'anglais par Suzanne V. Mayoux), Payot et Rivages, 1996. (Titre original : Therapy, Martin Secker et Warburg Ltd, 1995). 

     

    "Lawrence Passmore a mal au genou. Mais son problème est beaucoup plus vaste. Il se livre en vain à toutes les thérapies possibles. Plus il se sent malheureux, plus les difficultés conjugales et professionnelles semblent s'accumuler. Ses tentatives d'aventures sexuelles sont loin de lui apporter la compensation souhaitée. Jusqu'à la trouvaille finale...

    David Lodge nous fait ressentir avec une drôlerie inimitable l'accablement croissant de son narrateur. Au passage, il dresse un portrait caustique du monde de la télévision... et des thérapeutes. C'est une vérité profonde de notre univers quotidien qui passe à travers le divertissement."

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    Lawrence Passmore, le narrateur de cette comédie dramatique, héros dépressif et hypocondriaque, est aux prises avec une douleur récidivante à l'intérieur du genou droit : "Cela provoquait mon hurlement au beau milieu de la nuit, de sorte que Sally croyait que je faisais un cauchemar. En réalité, les cauchemars sont à peu près la seule chose qui me soit épargnée, dans le genre. Je souffre d'accès de dépression, d'anxiété, de panique, de suées nocturnes, d'insomnies, mais je n'ai pas de cauchemars. Je n'ai jamais beaucoup rêvé. Ce qui signifie simplement, ai-je cru comprendre, que je ne me souviens pas de mes rêves, car nous passons tout notre sommeil à rêver, paraît-il. On dirait qu'il y a dans ma tête une télé qui clignote toute la nuit sans personne pour la regarder. Canal Rêve. Si seulement je pouvais l'enregistrer au magnétoscope. Cela me fournirait peut-être la clé de ce qui ne va pas chez moi. Je ne parle pas de mon genou. Je parle de ma tête. Mon esprit. Mon âme.

    Je trouvais ça un peu rude d'être affligé d'une douleur mystérieuse dans le genou en plus de tous mes autres soucis. D'accord, il peut vous en arriver de pires, [...]. Et n'oublions pas la guerre, la peste et la famine. C'est drôle que le fait d'avoir conscience de tout ça ne vous aide pas le moins du monde à supporter d'avoir mal au genou.

    Cela tient peut-être à ce qu'on appelle "l'effet d'usure de la compassion", l'idée que les médias nous jettent chaque jour à la figure une telle masse de souffrance humaine que notre sensibilité s'est émoussée, nous avons épuisé toutes nos réserves de pitié, de colère, d'indignation, et ne songeons plus qu'à la douleur qui nous travaille le genou."

     

    Lawrence Passmore tente de soigner sa dépression et son impuissance par l'aromathérapie. Le thérapeute le masse avec de l'huile essentielle de rose. Le succès est au rendez-vous... sauf pour la dépression : "Je me suis réveillé à trois heures cinq avec un cerveau qui broyait du noir comme une bétonneuse, des tourments semblables à des cailloux acérés qui tournoyaient dans une bouillasse d'angoisse, et j'ai passé les heures suivantes aux prises avec une vague somnolence où je glissais pour en sortir presque aussitôt, avec la sensation d'avoir fait un cauchemar dont j'étais incapable de me souvenir."

    Lawrence Passmore est maintenant assez désespéré pour poursuivre sa lecture d'un ouvrage du penseur et théologien danois Søren Kierkegaard (1813-1855) : Ou bien... Ou bien.

    "L'être malheureux, explique Kierkegaard, n'est pas présent en lui-même parce qu'il est dans le passé ou l'avenir. Il vit dans l'espoir ou le souvenir. Soit il pense que c'était mieux avant, soit il espère que ça ira mieux après, mais ça va toujours mal dans le moment présent."

    Continuant sa lecture, Lawrence Passmore découvre que l'être le plus malheureux l'est à la fois par le souvenir et par l'espoir. Il s'exclame : "Pas à tortiller, ce type-là, c'est moi. Le plus malheureux. Qu'est-ce que j'ai donc à faire une tête épanouie en lisant ces lignes ?"

    Jusqu'à la trouvaille finale...

     

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    Statue de Kierkegaard à Copenhague

    (Source photographique : Wikipédia) 

     

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    Un tout petit monde de David Lodge. Préface d'Umberto Eco (titre original: Small World. Traduit de l'anglais par Maurice et Yvonne Couturier. David Lodge, 1984. Éditions Rivages, 1991. Éditions Rivages pour l'édition de poche, 1992.)

     

    "Où sont les campus d'antan où des professeurs de lettres besogneux erraient comme des âmes en peine entre les salles de cours, la bibliothèque et la salle des professeurs, l'intelligence en jachère, le cœur en sommeil ? Le jumbo-jet, les médias ont changé tout cela, arrachant les universitaires d'aujourd'hui à leur solitude, les amenant à communiquer avec de lointains collègues à l'autre bout du monde. L'ère du campus global est arrivée et ses liturgies favorites sont les congrès. Celui de Rummidge, par exemple [...].

    Les innombrables professeurs de littérature anglaise qui peuplent ce roman ne cherchent pas tant à satisfaire leur soif de savoir qu'à assouvir leur immense besoin d'amour. Sous la baguette de David Lodge, la littérature est le prétexte de rencontres hilarantes, et la planète se rétrécit comme par magie pour devenir une sorte de grand livre, peut-être cette anthologie de tous les livres dont rêvait Borges dans "La Bibliothèque de Babel". (Extrait. Rivages). 

     

    "Un petit monde très moderne. 

    Bien qu'il n'ait été publié qu'en 1984, ce livre est un livre culte [...]. Le fait est que, [...] savants, chercheurs et professeurs de toutes les universités du monde lisent Small World (Un tout petit monde). Ils le lisent parce qu'il dit la vérité sur leur petit milieu international. Et comme c'est un livre d'un comique irrésistible, il dit les choses comme les disent les livres des grands comiques, c'est-à-dire en portant leur vérité jusqu'aux limites du paradoxe et du délire. C'est donc un livre "réaliste" sur l'univers des savants qui errent de congrès en congrès. Il met en scène, dans la pénombre de ces lieux retirés que sont les campus universitaires, des coups de théâtre, des reconnaissances, des entrecroisements de destins, des péripéties, auxquels seuls les feuilletons les plus éhontés nous avaient habitués. [...] 

    Si vous ignorez à quel point peut être romanesque l'univers des congrès universitaires, lisez Lodge. Vous aurez conquis un monde et vous vous serez amusés comme cela ne vous était jamais arrivé.

    [...] Mais, outre qu'il amuse, Lodge est méchant. Je crois que c'est l'un des hommes les plus méchants qui existent. En fin de compte, il dit du mal (mais avec quel délice) du monde dans lequel il vit. Mais, au fond, il s'agit bien là de la mission du Grand Narrateur. [...]"

    (Extrait de la préface d'Umberto Eco, traduit de l'italien par Antoine Ottavi).

     

    Critique :

    "Irrésistible de drôlerie, réaliste jusqu'à la crudité, le livre de David Lodge est surtout délicieusement mais parfaitement méchant comme savent l'être les œuvres des grands moralistes..."  (Patrick Raynal. Le Monde).

     

    Au congrès de Rummidge, une conférence, suivie d'une discussion sur le structuralisme, se termine. Un des congressistes, Persse, dont c'est le premier congrès, a "séché" la conférence mais tient absolument à savoir de quel courant de pensée il s'agit. Le professeur Robin Dempsey, arrivant avec un verre de sherry, brûle "d'envie de faire de l'épate". Des explications surréalistes s'ensuivent :

    - "Ça remonte à la linguistique de Saussure. L'arbitraire du signifiant. La langue comme système de différences sans termes positifs.

    - Donnez-moi un exemple, dit Persse. Je suis incapable de suivre une discussion si on ne me donne pas des exemples.

    - Eh bien, prenez les mots dog et cat. Il n'y a aucune raison objective pour que les phonèmes d-o-g signifient un quadrupède qui fait woof woof plutôt qu'un autre qui fait miaou. C'est une relation purement arbitraire, et on pourrait très bien décider demain que d-o-g signifie cat et c-a-t, dog.

    - Peut-être que ça sèmerait la confusion chez les animaux ? dit Persse.

    - Les animaux s'y feraient avec le temps, comme tout le monde, dit Dempsey. On sait cela parce que le même animal est représenté par des images acoustiques différentes dans les différentes langues naturelles. Par exemple dog se dit chien en français, Hund en allemand, cane en italien, et ainsi de suite. Cat se dit chat, Katze, gatto, selon la partie du Marché Commun où vous habitez. Et s'il faut en croire la langue plutôt que nos oreilles, les chiens anglais disent woof woof, les chiens français ouah ouah, les chiens allemands wau wau et les chiens italiens baau baau." 

     

    Voilà la notion de structuralisme parfaitement éclaircie !

     

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    David Lodge

    (Source photographique : http://www.bbc.com/news/entertainment-arts-13025696)

     

     

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  • Dahl, Maître des fjords et des forêts nordiques

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    Johan Christian Clausen Dahl

    (Portrait par Christian Albrecht Jensen)

     

    Johan Christian Clausen Dahl (Bergen, Norvège 1788 - Dresde, Allemagne 1857) est un peintre paysagiste norvégien.

    Fils d'un pêcheur, il apprend à Bergen, sa ville natale, le métier de peintre décorateur. De 1803 à 1809, il étudie avec le peintre J. G. Müller. Il peint des décors de théâtre, des portraits, des vues de Bergen et de ses environs. Il manifeste rapidement un tel talent que des mécènes lui facilitent l'accès à l'Académie de Copenhague, au Danemark. Animé d'un esprit nouveau, il répond pleinement à sa vocation d'artiste peintre et devient le premier peintre de son pays, dont il exalte les paysages, et le père de l'École norvégienne.

    En 1815, le prince du Danemark, Christian Frederik, qui fut brièvement roi de Norvège en 1814, et futur roi du Danemark sous le nom de Christian VIII de 1839 à 1848, devenu l'ami et le mécène de Dahl, veille à ce que ses œuvres soient achetées pour la collection royale.  

    Johan Christian Dahl trouve à la fois l'idéal et l'objet de sa formation dans le paysage en observant les œuvres des Néerlandais du XVIIe siècle qu'il apprend à connaître à Copenhague. Il les copie avidement. En 1818, il se rend à Dresde, en Allemagne, et se lie d'amitié avec Caspar David Friedrich, un peintre allemand qui a parcouru le pays. Dahl s'installe chez Friedrich. Au cours des années suivantes, nombreuses sont les occasions données aux deux amis d'échanger leurs connaissances, leurs expériences. "Friedrich emprunte à Dahl la fluidité de sa matière picturale", tandis que les premiers paysages romantiques de Friedrich provoquent une intense impression sur Dahl.

     

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    Dents de Troll (1823) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Johan Christian Clausen Dahl devient professeur à l'Académie de Dresde et membre des Académies de Copenhague (Danemark), Stockholm (Suède) et Berlin (Allemagne).

    En 1820, le prince Christian Frederik l'invite à le rejoindre sur le Golfe de Naples où le peintre séjourne dix mois. Dahl effectue plusieurs voyages d'études en Italie. Il rencontre Bertel Thorvaldsen (1770-1844), un sculpteur danois, dont l'essentiel de la carrière se déroule à Rome où il est un maître du néoclassicisme. Thorvaldsen met en contact Dahl et Joseph Anton Koch (1768-1839), un peintre autrichien qui traversa à pied les Alpes pour se rendre en Italie. Dahl rencontre également Achille Etna Michallon (1796-1822), un peintre français élève de Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819). 

    En 1820, Dahl épouse Emilie von Bloch. Elle meurt sept ans plus tard, à la naissance de leur quatrième enfant. En 1830, il épouse son élève Amalie von Bassewitz, mais elle meurt la même année en mettant leur enfant au monde.

    Dahl retourne souvent dans sa Scandinavie natale où il conçoit maintes esquisses. Des scènes de tempêtes dramatiques et une éruption de volcan se retrouvent parmi ses thèmes italiens tandis qu'il puise pour ses toiles nordiques dans la nature sombre, les forêts de la côte et les fjords fouettés par les eaux déchaînées sous les cieux roulant des nuages d'encre. Il peint avec passion "la nature norvégienne, fraîche, inviolée, dans son état primitif et sauvage". Peu de personnes avaient contemplé jusque-là des sites semblables. Dans son journal, J. C. C. Dahl écrit qu'il veut s'attacher "aux grandes masses et étudier le ton et les effets, les éclairages et les clairs de lune".

    Dans les cercles artistiques de Dresde, il est rapidement honoré du titre de "Maître" de ce Nord noyé dans ses légendes et si riche en drames de la nature.

     

    Artaud de Montor, dans son Encyclopédie des gens du monde (éditée en 1836), écrit :

    "[...] toute cette nature si imposante et si poétique dans sa sévérité est reproduite avec une véritable piété filiale par ce vaste et profond génie du septentrion."

     

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    Manoir Frogerne, Oslo (1842) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Klaus H. Carl, dans son livre La Peinture allemande écrit :

    "Trois artistes majeurs sont liés à l'École d'Eckersberg*, [ils] travaillent principalement à Dresde : le peintre paysagiste norvégien Johan Christian Clausen Dahl [...], Caspar David Friedrich, et le chef du département de peinture de la manufacture de porcelaine de Meissen (Saxe, Allemagne) Georg Friedrich Kersting (1785-1847).

    Le Norvégien Christian Clausen Dahl a une prédilection pour les grands espaces montagneux septentrionaux de son pays d'origine dans tout ce qu'ils ont de dramatique. Avec ses peintures réalistes et animées, il a un effet très positif sur un grand cercle d'étudiants. Ses études détaillées des processus atmosphériques sont exemplaires."

    * Christofler Wilhelm Eckersberg (1783-1853) est un peintre danois dont le style clair et élégant est caractéristique de l'"âge d'or" de la peinture danoise. Il effectue un séjour de trois ans à Paris avec David pour maître, puis un voyage à Rome où il réside de 1813 à 1816.

     

    Jouissant d'un grand renom, Dahl meurt, seul, à Dresde en 1857 après une brève maladie. Ses œuvres, dont l'admirable richesse du détail et les bouleversants effets dramatiques séduisent profondément le public, se trouvent principalement dans les Musées d'Oslo (Norvège), de Copenhague (Danemark), Berlin et Hambourg (Allemagne), etc.

     

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    Johan Christian Clausen Dahl (1834)

     

    Sources : 

    Bibliographie :

    Encyclopédie des gens du monde par Artaud de Montor (Treuttel et Würtz, 1836)

    Les Maîtres de la peinture par Patricia Fride-Carrassat (Larousse, 2010)

    La Peinture allemande par Klaus H. Carl (Parkstone International, 2015)

    La Peinture Romantique par Horst Koch (texte français : Pierre Crèvecœur. Éditions Berghaus Verlag, Allemagne, 1985).

    Autres sources :

    http://dealer-and-art-collector.com/2015/04/12/dahl-johan-christian-clausen/

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Dahl/151798

    http://arkivet.thorvaldsensmuseum.dk/depuis-les-elemens-de-p-h-de-valenciennes-jusqua-j-c-dahl

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Matin après une nuit de tempête (1819) par Johan Christian Clausen Dahl  

     

    Matin après une nuit de tempête (1819) est un cri de détresse exprimé au travers de la Peinture romantique.

    Un homme désespéré, presque seul... un chien, face à lui, le regarde pleurer. L'homme, assis, la tête appuyée sur ses bras, jambes repliées, ne peut supporter la vision d'un bateau qui sombre. Quelques vagues, derniers soubresauts d'une tempête dramatique maintenant apaisée, se brisent sur des rochers gigantesques qui ne parviennent pas à cacher les nuages dont les diverses nuances de gris sont, par endroits traversées de lueurs orangées. C'est le matin et son soleil levant.

    L'écume déferlant sur les rochers se confond avec les masses floconneuses des sombres nuages transpercés par le reflet d'un horizon rougissant. La violence des éléments, la beauté des rocs titanesques rendent encore plus tragique le désespoir de l'homme solitaire, créature minuscule perdue au sein d'un spectacle gigantesque, écrasant, et dont il me semble entendre les gémissements...

     

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    Grotte au clair de lune près de la baie de Naples (1821) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Dahl, qui a découvert l'Italie, la baie de Naples et le volcan du Vésuve en compagnie du prince Christian Frederik du Danemark, s'éprend des merveilleux sites de ce pays où il retourne lors de divers voyages d'études. Le Vésuve, qui borde la baie de Naples, à l'est de la ville, est souvent présent dans les œuvres du peintre.

    La Grotte au clair de lune près de la baie de Naples, peinte lors de son voyage en compagnie du futur Christian VIII, est éclairée par la lueur de la lune et les feux lointains et rougeoyants du volcan. Au premier plan, la partie droite d'une grotte majestueuse reflète une éruption du Vésuve, tandis qu'un homme, à l'entrée de la grotte, pêche sereinement, en habituel spectateur de cette vue grandiose et pourtant inquiétante. À l'arrière-plan, nimbé de nuages, le volcan crachant sa lave, admirable centre de cet étrange site, semble se livrer à la démonstration de son énergie afin de mettre en valeur la sublime beauté de la grotte.

     

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    Nuage et paysage au clair de lune, étude (1822) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Un ciel nocturne, envahi de brouillard et de nuages transpercés par les rayonnements de la lune, étale sa sombre magie sur les arbres peints avec la finesse du détail propre à Johan Christian Clausen Dahl.

    Des nuages aux étranges festons semblent vouloir encercler la lune non pour l'engloutir mais afin de rechercher le privilège de se baigner dans la luminosité de ses rayons. Aucune sensation d'oppression face à cette toile où les éléments célestes trouvent avec sérénité leur place dans la beauté d'une nuit scandinave...

     

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    Éruption du Vésuve (1824) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Pendant l'un de ses séjours à Naples, Dahl assiste à une éruption du Vésuve. Il tient à faire l'ascension du volcan de jour et de nuit pour l'observer, au plus près, en action. Il peut ainsi peindre avec une extrême finesse du trait les panaches s'élevant du cratère tels d'étouffants nuages cotonneux embrasés à leur naissance par les laves en colère, les fumées noirâtres et moutonneuses et les coulées brûlantes se gravant sur les roches calcinées. À l'arrière-plan, la baie de Naples pâlit sous un ciel qui cède la place au volcan en fureur.

    Johan Christian Clausen Dahl peint plusieurs toiles du Vésuve, principalement en 1824 et 1826.

     

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