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  • Eugène Boudin, le peintre "roi des ciels"

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    Portrait d'Eugène Boudin

     

    Eugène Boudin (Honfleur 1824 - Deauville 1898) est un peintre français, précurseur de l'impressionnisme, école picturale qui prend son essor en 1874 en poursuivant les recherches d'Eugène Boudin, d'Eugène Delacroix, de John Constable, de William Turner, de Charles François Daubigny et de Johan Barthold Jongkind. Les paysages, qu'ils soient de tradition française ou britannique, libres de tout sujet historique, vont s'affirmer avec les œuvres de ces peintres annonçant l'impressionnisme. 

    Jean-Baptiste Camille Corot dit à Eugène Boudin : "Vous êtes le roi des ciels !" Bel hommage d'un peintre paysagiste lyrique, aux œuvres romantiques et poétiques, à un autre peintre paysagiste de plein air, d'une intense sensibilité aux variations lumineuses et atmosphériques, sensibilité qui transcende ses marines principalement de l'estuaire de la Seine et de la Bretagne. E. Boudin œuvre toute sa vie afin d'atteindre la perfection de la voûte céleste.

     

    "Deux tiers de ciel, un tiers de mer, telle est la vision qui s'impose de suite lorsqu'on prononce le nom d'Eugène Boudin. [...] Boudin regarde toujours la nature avec la tendre attention d'un amoureux de la lumière", écrit le critique et historien Raymond Coignat.

    Charles Baudelaire, qui est aussi un critique d'art passionné, déclare : "En regardant un tableau de Boudin, on peut deviner la saison, l'heure et le vent...". Dans son compte-rendu pour le Salon de 1859, Baudelaire écrit : "Tous ces nuages aux formes fantastiques et lumineuses, ces ténèbres chaotiques, ces immensités vertes et roses [...], ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, fripé, roulé ou déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu, toutes ces profondeurs, toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse ou comme l'éloquence de l'opium."

    E. Boudin lui-même, en 1887, commente ainsi son art : "On pourra retrouver dans ma peinture sinon du grand art, du moins une reproduction assez sincère du monde de notre époque. Peut-être aussi trouvera-t-on dans mes études du ciel un côté de la grande nature céleste qui n'a jamais été ni plus, ni mieux explorée par mes prédécesseurs..."

     

    E. Boudin échange ses vues sur la lumière avec Gustave Courbet, le Maître d'Ornans et chef de l'école réaliste. Courbet, admiratif, lui dit : "Vous êtes un séraphin !"

    En 1855, E. Boudin se rend pour la première fois en Bretagne. À partir de 1863, après son mariage avec une Bretonne, Marie-Anne Guédès, il installe son chevalet, chaque été, pendant une dizaine d'années, à Camaret, dont il peint le port et les plages.  

    Eugène Boudin est le premier maître de Claude Monet. La rencontre des deux artistes a lieu en 1858. C'est la naissance de la vocation de Monet, le futur représentant le plus typique de l'impressionnisme. E. Boudin, Johan Barthold Jongkind, peintre et graveur néerlandais, et Corot initient Monet à la peinture de plein air. Monet fait un séjour au Havre avec Boudin et Jongkind. Les trois peintres se retrouvent à Honfleur en 1864. À la fin de sa vie, Monet rend hommage à son premier maître : "Je dois tout à Boudin. [...] J'en étais arrivé à être fasciné par ses pochades, filles de ce que l'on appelle l'instantanéité."

    Eugène Boudin voyage beaucoup. Il visite la Hollande, la Belgique, l'île de Guernesey, entre autres. Outre les ports normands et bretons, il peint aussi, toujours avec une extrême minutie, les ports méditerranéens et néerlandais. Qu'il visite Venise, Anvers ou Bordeaux, il saisit toujours avec intensité l'atmosphère de chacun des lieux où il pose son chevalet pour peindre des paysages en mouvement dans une superbe harmonie de bleus et de gris colorés. Il affectionne les éléments changeants tels que la lumière et ses ombres, les nuages, les vagues qu'il peint par touches vibrantes et transparentes. Il observe longuement les œuvres des peintres néerlandais du XVIIe siècle, tels que Jan Van Goyen, l'un des meilleurs paysagistes de son pays, renommé pour ses vues fluviales aux miroitements argentés ou dorés.

     

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    Eugène Boudin à Deauville (1896)

     

    Suivant la voie tracée par  E. Boudin et J. B. Jongkind dans les années 1850-1860, de jeunes peintres, les futurs impressionnistes, créent, vers 1862,  leurs tableaux en plein air et tentent de saisir les variations fugitives de l'atmosphère. 

    Entre 1860 et la fin du XIXe siècle, des peintres florentins, les macchiaioli  ("tachistes"), peignent la vie contemporaine, la campagne, les paysages d'après nature. Eugène Boudin, au bord de la mer, peint des scènes comparables à celles de ces peintres italiens mais se distinguant par des tons clairs.

    En 1887, il écrit dans son carnet : "La lumière surtout ! Chercher son rayonnement, la fulguration, la condenser, la poursuivre dans sa chaleur." Toute sa vie, il respectera sa propre recommandation.

    Sa femme décède en 1889, E. Boudin est très affecté et sa santé commence à se dégrader. Sur les conseils de son médecin, trois ans plus tard il se rend dans le Midi de la France.  

    E. Boudin expose au Salon de Paris pendant de nombreuses années. Il obtient, en 1889, une médaille d'or. En 1892, la Légion d'honneur est décernée à ce grand artiste, qui sait si bien regarder et écouter la Nature, qui peint les ciels, les lumières et les saisons avec une minutie digne des maîtres hollandais.

    E. Boudin expose pour la dernière fois, en 1897, au Salon de la Société nationale des beaux-arts.


    À l'âge de soixante-quatorze ans, Eugène Boudin s'éteint à Deauville "face à la mer", ainsi qu'il le souhaitait. Après la mort du peintre, une exposition rétrospective organisée à l'École des beaux-arts, en 1899, présente 17 aquarelles, 72 pastels et 337 peintures. Lors de la vente de son atelier, la même année, on compte encore 57 pastels et dessins, 99 aquarelles et 125 tableaux. 

    Le Musée Eugène Boudin de Honfleur et le Musée d'Art moderne André Malraux du Havre possèdent les plus grands fonds d'œuvres d'E. Boudin en France.

     

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     Eugène Boudin

    (Source : http://www.vanderkrogt.net/statues/object.php?webpage=ST&record=frbn005)

     

    Bibliographie :

    . Les Maîtres de la peinture de Patricia Fride-Carrassat (Larousse, 2010).

    . Les Mouvements dans la peinture de Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé (Larousse, 2013).

    Autres sources :

    Musée Jacquemart-André

    Musée Eugène Boudin

    Musée d'art moderne André Malraux

      

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Concert au Casino de Deauville (1865) par Eugène Boudin

    (Source photographique : L'Express)

     

    La station balnéaire de Deauville connaît un bel essor grâce au Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III. Dès 1860 sont inaugurés l'établissement des bains, le champ de course et le casino. Les élégantes se pressent dans cette station à la mode et déploient leurs gracieux atours : robes et crinolines, voiles, chapeaux, rubans.

    Pour la toile Concert au Casino de Deauville, Eugène Boudin, virtuose des coloris harmonieux, peint avec bonheur la grâce aérienne des robes, les ciselures des colonnes du casino, la beauté du ciel et de ses nuages diaphanes en parfait accord avec l'évènement musical qui se déroule à Deauville. Il est l'un des premiers peintres à représenter ses "petites dames sur la plage" aux concerts, dans les stations balnéaires à la mode, visages non identifiables, et personnages souvent vus de dos.

     

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    Le Port de Camaret (1872) par Eugène Boudin

     

    Le Port de Camaret (1872) est un exemple de minutie, de maîtrise dans l'art de peindre les clartés et les ombres célestes, leurs reflets sur l'eau. Les ciels, très sombres, chargés de lourds nuages oppressants, laissent apercevoir de rares espaces bleus qui éclairent les eaux, les transformant en miroirs aux nuances chatoyantes et irisées. Les équipages des bateaux se préparent à quitter le port de Camaret n'ignorant rien des dangers que leur réserve ce ciel tourmenté.

    Eugène Boudin laisse volontairement dans l'ombre les premiers plans afin de créer de savants dosages de lumière grâce aux seconds plans, les ciels toujours très importants et présents, qu'il peint par touches non définies, organisant ainsi de superbes jeux de reflets sur l'eau.

     

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    Le Port d'Antibes (1893) par Eugène Boudin

     

    Profitant de la lumière de fin d'après-midi, Eugène Boudin plante son chevalet du côté de l'anse qui fait face aux remparts d'Antibes. Des remparts édifiés par Vauban, il fait jaillir une luminosité éclatante contrastant avec le ciel provençal d'un bleu conçu avec avec sa maîtrise coutumière. Ses touches deviennent plus claires et plus transparentes. Les tons ocre du premier plan s'harmonisent avec ceux de la partie des fortifications se trouvant dans l'ombre, ceux des toits d'Antibes et les tons des roches d'un îlot. Cette toile est empreinte d'une rare sérénité.

    Grâce à la lumière qui se reflète sur les pierres de la citadelle, l'heure et la position du soleil rasant les remparts pourraient être précisément indiquées. Au XVIIe siècle, le peintre paysagiste néerlandais Jacob Van Ruysdael concevait ses toiles de cette manière.

    Eugène Boudin écrit : "Nager en plein ciel. Arriver aux délicatesses du nuage. Suspendre ces masses au fond, bien lointaines dans la brume grise, faire éclater l'azur."

     

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    Étude de ciel sur le Bassin du Commerce au Havre (1888-1895) par Eugène Boudin

     

    Cette Étude de ciel sur le Bassin du Commerce au Havre est un superbe exemple de la manière dont Eugène Boudin traite par touches non définies, larges, rapides, discontinues, le ciel et ses reflets dans l'eau. À côté de ses toiles représentant des "plages à crinolines", plus mondaines avec leurs belles élégantes qu'il appelle "mes petites dames sur la plage", découvrons ou redécouvrons les études de ciels auxquelles il réserve une extrême attention. Il les réalise tout au long de sa carrière artistique, souvent secrètement, et les garde modestement dans son atelier, les montrant peu, conscient de leur aspect original. Baudelaire les voit lors d'un séjour à Honfleur et dit : "S'ils avaient vu comme j'ai vu récemment chez M. Boudin [...] plusieurs centaines d'études au pastel improvisées en face de la mer et du ciel, ils comprendraient [...] la différence qui sépare une étude d'un tableau."

    Dans l'Étude de ciel sur le Bassin du Commerce au Havre, les bateaux semblent voguer entre ciel et eau, accompagnés de leurs reflets. On perçoit bien les mâts mais les formes s'effacent pour laisser place à la lumière du soir. Cette étude n'est pas une préparation à un tableau défini, mais la projection sur une toile des effets atmosphériques et lumineux qui passionnent l'artiste.

    Eugène Boudin emploie le mot "étude" pour désigner ses recherches quotidiennes sur la lumière des ciels de l'estuaire et ses reflets sur l'eau dans cette ville du Havre qu'il connaît si bien. Il aime la solitude, le silence et il préfère concevoir ses études de ciel sur le paisible Bassin du Commerce au Havre plutôt qu'entouré du fouillis bruyant et animé des quais.

    Source : paril.crdp.ac-caen

     

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    Marée montante à Deauville (1894) par Eugène Boudin

    (Photographie : Toni Hafkenscheid)

     

    L'attrait d'Eugène Boudin pour l'étude de la lumière, sa passion pour la luminosité atmosphérique des ciels, leur majesté et leur fugacité, le conduisent très tôt à mettre en œuvre le principe des "séries" qui lui permettent, dans chaque lieu où il pose son chevalet, de peindre des déclinaisons variant selon les heures de la journée, de la soirée, les saisons et les marées.

    Il affectionne les paysages marins et leur poésie, les brumes nacrées, les nuages évanescents, les flots perlés, les gracieuses embarcations qu'il peint souvent en arrière-plan. Sur les plages, il saisit ses personnages sur le vif. 

     

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    Entrée des jetées du Havre par gros temps (1895) par Eugène Boudin 

     

    Avec l'Entrée des jetées du Havre par gros temps, Eugène Boudin représente les éléments déchaînés, harmonise les gris d'un ciel sombre, percé de touches d'azur, occupant les deux tiers de la toile. Le rivage, tout aussi sombre, en parfait accord avec le ciel, n'occupe qu'une petite partie de l'œuvre, laissant place à la violence des vagues. Les nuances vertes de l'eau se fondent en une vision à la fois oppressante et magique créée par la froide blancheur de l'écume des flots, du phare et d'un nuage.

     

    Source : http://paril.crdp.ac-caen.fr

     

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                                                          Venise, le soir (1895) par Eugène Boudin

                                                        (Photographie : C. Devleeschauwer. Source L'Express)

     

    Eugène Boudin se rend à Venise en 1895 et parle d'une "inoubliable volupté de l'œil". Les œuvres qu'il conçoit dans la capitale de la Vénétie démontrent aux yeux de tous qu'il est un coloriste raffiné aux tons précieux et délicats, clairs et lumineux, choisissant avec subtilité ses couleurs, mêlant parfois en une seule immensité la mer et le ciel.

    Il peint l'eau grâce à une succession de fins traits horizontaux dont la transparence reflète les ombres verticales des embarcations. Il possède une parfaite maîtrise du traitement des harmonies en demi-teintes et s'imprègne de la légèreté de l'air ; une osmose parfaite s'établit entre le peintre, le sujet traité et l'atmosphère.

    Le peintre écrit : "Le voyage à  Venise aura été mon chant du cygne".

    Avec Venise, le soir, et ce voyage qu'Eugène Boudin, peintre passionné, travailleur acharné et humble, devine être son chant du cygne, je termine cette publication en souhaitant vivement qu'elle trouve grâce à vos yeux.   

    Source : Musée d'art moderne André Malraux

     

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  • Henri Gougaud, écrivain aux multiples talents

    "L'importance d'une parole se mesure à la place

    qu'elle prend durablement en chacun de nous,

    à ce qu'elle fait bouger en nous, à la terre intime

    qu'elle remue et fertilise." (Henri Gougaud)

     

    Quelques phrases seulement, lues dans le premier livre que je découvris d'Henri Gougaud, suffirent à m'insuffler le sentiment qu'à partir de ce moment-là mes réflexions prendraient un chemin qui m'était inconnu, une voie insoupçonnée hier encore.

     

    Henri Gougaud (né en 1936 à Carcassonne, dans l'Aude, en France) est un écrivain, poète et conteur. Il est l'auteur de romans, récits, contes, nouvelles, essais divers et recueils. Il dirige les collections La mémoire des sources et Contes des sages aux Éditions du Seuil. 

    Il crée des spectacles et anime des ateliers autour du conte. 

     

    À Paris, à la fin des années 1950, Henri Gougaud découvre la Rive gauche et les cabarets situés sur la rive sud de la Seine. Léo Noël, chanteur et musicien, cofondateur et animateur du Cabaret L'Écluse, alors en vogue au Quartier latin, cabaret qui se trouvait 15, quai des Grands Augustins dans le Ve arrondissement, l'engage.

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                                                                          Henri Gougaud

                                                              (http://www.henrigougaud.info/)

     

    Auteur de chansons, interprète, Henri Gougaud se dit "homme qui chante" plutôt que chanteur. Il partage la scène du Cabaret de L'Écluse avec Barbara, Gribouille (Marie-France Gaite) et le duo de chanteurs Marc et André (Marc Chevalier et André Schlesser). Serge Reggiani choisit une chanson d'Henri Gougaud afin de l'interpréter lui-même : Paris ma rose. À leur tour, Juliette Gréco, Jean Ferrat,  Marc Ogeret, et bien d'autres artistes, chantent ses textes. Il décide d'arrêter de se produire sur scène pour se consacrer à l'écriture.

     

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    Cabaret L'Écluse à Paris

    (Source : France Musique)

     

    Il crée avec des amis les Éditions Bélibaste en 1969. 

    Il traduit de l'ancien occitan de nombreux poèmes, les adapte et les met en chansons, dont entre autres :

    Chante les troubadours - Chants d'amour et de colère occitans (1972). 

    Il chante aussi en occitan : 

    Lo Pastre de paraules  (Le Berger des mots) (1974).

     

    En 1974, sur la station de radio France Inter, avec le journaliste, homme de radio, de télévision et écrivain Claude Villers, il présente une chronique de science-fiction : "Pas de panique". Puis il conte des histoires dans les émissions : "Marche ou rêve", "Le grand parler", "Ici l'ombre", "Contes des origines", etc.

     

    La Chambre des Théâtres pour l'Enfance et la Jeunesse, à Bruxelles, association rassemblant quatre-vingt-dix compagnies professionnelles de Théâtre/Danse jeune public, qui a pour objectif principal de favoriser le développement et la reconnaissance du Théâtre jeune public de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en Belgique et dans divers pays, référence les livres d'Henri Gougaud dans : Les Carnets de la CTEJ 3 : écrire pour le théâtre jeune public (II)  (rubrique : Quelques ouvrages sur le conte), aux Éditions Lansman (1996).

     

    "Le conte est plus un art de la relation qu'un art du spectacle. [...] Les contes font partie de ces arts premiers comme patrimoine de l'humanité. [...] Le conte fait toujours appel à quelque chose d'autre que nos mécanismes intimes. Il est cohérent sans jamais épuiser le mystère. C'est une porte ouverte sur l'infini qui permet de respirer." (Henri Gougaud, entretien avec François Devinat, Libération, 1999).

     

    Sources : http://www.henrigougaud.info/ 

                    http://www.franceinter.fr/personne-henri-gougaud

                    https://www.youtube.com/watch?v=HIR_IHDOxJ8  

     

     

    Les romans, légendes et contes d'Henri Gougaud capturent les rythmes et les parfums du monde entier. Son style d'écriture, à la musicalité profonde, recèle des saveurs pétillantes et perlées d'humour, mais aussi une immense sagesse ancestrale.

     

    Œuvres :  

    1968. Contes du vieux moulin (Casterman)

    1969. Chansons pour les enfants, avec Georges Brassens, illustrations de Philippe Lorin (R.S.T.)

    1969. Montségur, photographies de Guy Caujolle, reportage (Bélibaste)

    1969. Poèmes politiques des troubadours, traduction (Bélibaste)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    1971. Nous voulons vivre en communauté (Bélibaste)

    1973. Les Animaux magiques de notre univers, essai (Solar)

    1973. Contes de la Huchette (Casterman) 

    1973. Voir le Maroc, reportage avec Colette Gouvion (Hachette Réalités)

    1974. Démons et merveilles de la science-fiction, essai (Julliard)

    1976. Voir l'Égypte, reportage avec Colette Gouvion (Hachette Réalités)

    1976. Voir la France, reportage avec Colette Gouvion (Hachette Réalités) 

    1977. Départements et territoires d'outre-mort, recueil de nouvelles fantastiques (Julliard). Prix Goncourt de la Nouvelle.

    1977. Souvenirs invivables, poèmes, chansons, textes en prose (Ipomée)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    1978. Le Grand Partir, roman (Seuil). Grand Prix de l'humour noir.

    1979. L'Arbre à soleils, légendes du monde entier (Seuil)

    1980. Le Trouveur de feu, roman (Seuil). Prix Jouvenel 1981 de l'Académie française.

    1982. Bélibaste, roman (Seuil)

    1984. L'Inquisiteur, roman (Seuil)

    1986. Le Fils de l'ogre, roman (Seuil)

    1987. L'Arbre aux trésors, légendes du monde entier (Seuil) 

    1989. L'Homme à la vie inexplicable, roman (Seuil). Prix Relay des voyageurs.

    1989. La Chanson de la croisade albigeoise, traduction (Livre de Poche)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    1991. L'Expédition, roman (Seuil)

    1991. Nouvelle édition : Départements et territoires d'outre-mort, recueil de nouvelles fantastiques (Seuil)

    1991. Apprenez à rêver en 10 leçons faciles (Syros-Alternatives)

    1992. L'Arbre d'amour et de sagesse, contes du monde entier (Seuil)

    1992. Vivre le pays cathare, photographies de Gérard Siöen (Mengès)

    1993. La Bible du hibou, contes fantastiques (Seuil) 

    1995. Les Sept Plumes de l'aigle, récit (Seuil). (Existe lu par Henri Gougaud en format CD et CD MP3, éditions Livraphone)

    1996. Le Livre des amours, contes de l'envie d'elle et du désir de lui (Seuil)

    1997. Les Cathares et l'éternité, essai (Bartillat)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    1997. Les Dits de Maître Shonglang (Seuil)

    1997. Paroles de chamans, citations (Albin Michel)

    1998. Paramour, roman (Seuil)

    1999. Contes d'Afrique, recueil de contes illustrés (Seuil)

    2000. Le Rire de l'ange, roman (Seuil)

    2000. La Conférence des oiseaux, adaptation du texte de Farid-ud-Din Attar, d'après la traduction du persan par Manijek Nouri-Ortega (Seuil)

    2000. Le Secret de l'aigle, en collaboration avec Luis Ansa (Albin Michel)

    2000. Contes du Pacifique, recueil de contes illustrés (Seuil)

    2001. Contes d'Asie, recueil de contes illustrés (Seuil)

    2002. Le Murmure des Contes, entretiens avec Bruno de la Salle et Isabelle Sauvage (Desclée de Brouwer)

    2003. L'Amour foudre, contes de la folie d'aimer (Seuil)

    2005. Le Voyage d'Anna, roman (Seuil). Prix Jackie Bouquin. (Existe lu par Henri Gougaud en CD MP3, Livraphone)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    2005. Contes des sages soufis, contes (Seuil)

    2006. L'Almanach (Panama) 

    2007. Jusqu'à Tombouctou. Desert Blues, en collaboration avec Michel Jaffrenou, contes, dessins, photographies (Éditions !)

    2008. Nouvelle édition : Le Secret de l'aigle (Albin Michel, collection Espaces libres)

    2008. L'Homme qui voulait voir Mahona, roman (Albin Michel)

    2008. Le Rire de la grenouille. Renaître par les contes, petit traité de philosophie artisanale (Carnets Nord)

    2009. Le Livre des chemins. Contes de bon conseil pour questions secrètes, contes (Albin Michel)

    2009. Poésie des troubadours, anthologie (Seuil)henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai

    2010. L'Abécédaire amoureux, abécédaire coquin (Albin Michel)

    2011. L'Enfant de la neige, roman (Albin Michel) 

    2012. Au Bon Bec, bréviaire du bien vivre et du bien manger (Albin Michel)

    2012. Je n'éteins jamais la lumière, chansons 1960-1975 (Silène) 

    2013. Petits Contes de sagesse pour temps turbulents, contes (Albin Michel)

    2013. Devine ! Énigmes, rébus et devinettes pour tous les âges de la vie (Silène)

    2014. Le Roman de Louise, roman (Albin Michel). Grand Prix de l'héroïne Madame Figaro.

    2015. Les Voyageurs de l'aube, roman (Albin Michel)

    2015. Nouvelle édition : Renaître par les contes, avec un CD de contes dits par Henri Gougaud (Éditions du Relié)

     

     

     CD : 

    "La voix d'Henri Gougaud a la chaleur des vins de son Languedoc natal, mais aussi la profonde résonance des mystères cathares." (Audiolib).

     

    1992. Le Langage obscur (L'Autre Label. Distribution Mélodie)

    1995. Le Grand Parler (L'Autre Label. Distribution Mélodie)

    1999. Beau Désir (L'Autre Label. Distribution Mélodie)

    2003. Les Sept Plumes de l'aigle, récit lu par Henri Gougaud (Livraphone)

    2005. Le Voyage d'Anna, roman lu par Henri Gougaud (Livraphone)

    2011. Contes de bon conseil, CD de contes issus du Livre des chemins, lus par Henri Gougaud (Audiolib)

    2013. Le Livre des amours. Contes de l'envie d'elle et du désir de lui, lus par Henri Gougaud (Frémeaux & Associés)

    2015. Renaître par les contes, avec un CD de contes dits par Henri Gougaud  (Nouvelle édition du Rire de la Grenouille) (Éditions du Relié) 

     

    DVD :

    2005. Coffret de quatre DVD :

                . Beau Désir

                . Le Grand Parler

                . Contes des origines

                . Bonus : L'Abécédaire

    (Production Les Films ingénus et Astérios production)

     

    K7 :

    Les Plus anciennes Légendes de l'humanité (Éditeur : Radio France. Durée : 1 h)

    (Source : Bibliothèques de Cergy-Pontoise)

     

    Film :

    1997. Parfums de sens, film de Jean-Jacques Roudière (Production : Antenne offerte à la conscience)

    (http://www.filmsdocumentaires.com/films/859-henri-gougaud)

     

     

    Dans mes Carnets de Lecture :

     

    L'Arbre aux trésors. Légendes du monde entier (Éditions du Seuil, 1987)

     

    henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai"Les mythes, les contes, les légendes du monde sont au fond de nous comme les trésors d'une caverne prodigieuse. Il serait déraisonnable de prendre à la légère ces divertissements apparemment sans poids. Certains sages d'Orient pensent que l'histoire, juste dite au bon moment à la personne qu'il faut, est capable d'illuminer qui l'entend, c'est-à-dire de lui apprendre (lui faire goûter) ce qu'aucune explication, aussi intelligente soit-elle, ne saurait dire.

    Il est de fait que dans les contes et les légendes est un savoir inexplicable et pourtant nourrissant, un savoir que je ne peux comparer  qu'à la saveur du fruit en bouche. Les contes et les légendes sont exactement comme des fruits, tout aussi innocents, tout aussi nécessaires. En voici une nouvelle récolte. Ils viennent de toutes les terres du monde. Ils ont été choisis non pas au hasard mais pour leur poids de sagesse, leur parfum de miracle, le plaisir simple ou la peur délicieuse que parfois ils m'ont inspiré. Ils m'ont nourri et ils m'ont fait du bien. [...] (Henri Gougaud)

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    "En tant qu'écrivain, je peux tout me permettre, sauf de désespérer les gens ; un artiste qui ne nourrit pas la vie est un traître." (Henri Gougaud)  

     

    L'Arbre aux trésors est composé de soixante-dix-neuf contes et légendes d'Afrique Noire, du Monde Arabe, du Turkestan, de l'Inde, du Tibet, de Chine, du Vietnam, du Cambodge, de Thaïlande, du Japon, de Polynésie, du Far West, d'Amérique du Nord, d'Amérique Centrale, de Grèce, du Luxembourg, de France, du Pays de Galles, d'Écosse, de Scandinavie, d'Europe Centrale et du Caucase.

     

    Délicieusement submergée par ces souffles, ces respirations de la Terre, des mers, des océans et des astres, j'avance lentement dans les légendes et les mythes revisités par Henri Gougaud. Me voici en Grèce où Prométhée, solitaire, erre "tristement sur la terre défaite, cherchant des créatures semblables à lui", et défiant Zeus...

     

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    Le Châtiment de Prométhée (1640) par Jacob Jordaens

     

    Je prolonge avec Déméter et Perséphone mon voyage en Grèce où "Aux premiers âges du monde, les dieux vivaient, forts et charnus, parmi les hommes."  Je me promène avec Déméter, la déesse des cultures, "la mère aux hanches fortes, aux seins gonflés de lait",  identifiée avec la Cérès romaine, et "sa fille adolescente, fragile mais belle, vive, joyeuse, inépuisablement assoiffée de vie", la future reine des enfers, Perséphone, ou Proserpine chez les Romains...

     

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    Cérès et les quatre Éléments (1604) par Jan Ier Bruegel de Velours

     

    Un besoin irrépressible de musique me saisit et je m'envole vers le Luxembourg à la recherche du Violoneux, "si grand qu'il paraissait fragile et sans cesse menacé de se briser au moindre vent [...], sa figure était belle [...] et illuminée par un regard d'une infinie douceur." J'écoute avec passion "une cascade de musique grêle, mais allègre, entraînante, pareille aux scintillements d'un ruisseau"... 

     

    En Afrique Noire, émerveillée, j'écoute Mamourou et le djinn, "une histoire de bons voisins", où Mamourou apprend qu'une famille pauvre et digne de djinns, vivant principalement du lait d'une chèvre, habite dans son baobab...

     

    En Amérique Centrale, accompagnant Celle qui ne meurt pas, je parviens chez "les Esprits de l'air, de l'eau et du feu que l'on nomme Wayantekob." Avec eux, je pose "sur une fleur d'orchidée" l'âme d'un homme qui "a décidé de mourir"... 

     

    Parmi les critiques qui ont accueilli L'Arbre aux trésors, voici, respectivement, celles de L'Événement du Jeudi et du Figaro

    "Des brassées de légendes du monde entier... Ce sont des dizaines de contes du Cambodge, de Polynésie, du Far West, de Scandinavie, d'Afrique Noire qui déferlent au rythme des baobabs, des araignées, des vizirs, des fileuses d'orties, des tâches blanches du soleil. Un régal oral de mythes illuminants et d'anecdotes insolites." (L'Événement du Jeudi). 

     

    "Au Tibet, on raconte que le roi du Haut-Pays gagna un improbable pari : celui de faire mentir Ring Paï, "le garçon qui ne pouvait pas mentir". En Scandinavie, on prétend que Luonnotar, la "géante laiteuse" dont le corps creusa l'océan, présida à la naissance du monde. Mythes et légendes des quatre coins de la planète ont inspiré ce recueil précieux, tout serti de miracles et de rêves lumineux. [...] (Le Figaro).

      

     

    Les Sept Plumes de l'aigle, récit (Éditions du Seuil, 1995)

     


    henri gougaud,écrivain,poète,conteur,roman,récit,conte,nouvelle,léo noël,cabaret l'écluse,bélibaste,occitan,recueil,essai"Luis A. n'est pas un personnage de roman mais un homme bien vivant, même s'il tient à rester anonyme. Ce livre raconte son histoire, de sa lointaine enfance argentine aux événements qui l'ont conduit aux portes de la France, où il demeure aujourd'hui. Il a quitté très tôt la maison de son père, à Córdoba, au pied de la Sierra Grande. Sa mère venait de mourir, loin de lui, une nuit d'orage. C'était une Indienne Quechua, et le seul être aimé de sa jeune existence. Il a refusé l'insupportable. Il a préféré imaginer qu'elle avait fui la ville, qu'elle était allée rejoindre son peuple, dans la montagne. Il est donc parti à sa recherche. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé sur le chemin de l'impossible, le seul qui vaille aux yeux des fous de vie. 

    Il a connu, bien sûr, l'omniprésente misère des enfants perdus. [...] Son errance fut longue, étrange, tourmentée. [...] Itinéraire où chaque rencontre, où chaque événement, même le plus trivial, fut un pas de plus vers l'"épice", vers "ce qui fait que la vie ne passe pas pour rien."

    J'ai écrit ce qu'il m'a confié de son aventureuse existence et de ses apprentissages.   À la fin, il m'a dit : "Maintenant, que le vent emporte nos paroles, comme il emporte tout, pollen, poussière, feuilles mortes. Si elles ne sont que poussière, qu'elles retournent à la poussière. Si elles sont vivantes, qu'elles nourrissent la vie." Et il est parti d'un grand rire.

    La route continue." (Henri Gougaud)

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    Pendant son parcours initiatique, Luis A., qui a décidé de se consacrer à la peinture, rencontre en Bolivie El Chura, "l'homme au plumage de renard". C'est un Indien sans âge, un chaman gardien des ruines de Tiahuanaco, dont Luis découvre, à plus de quatre mille mètres au-dessus de la mer, "la terrible et pourtant émouvante beauté"

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                                              Ruines de Tiahuanaco (civilisation précolombienne)                          

                                                               (Source photographie : Wikipédia)

                                             

    Un matin, il se trouve en présence de l'homme de cuivre. "Et dans cette apparence d'homme qu'il m'était donné d'approcher, j'ai vu en un instant des siècles de vie, des tourbillons de nuits austères, de jours glorieux, d'oasis, de déserts, de guerres, de voyages. Ce ne fut que le temps d'un éclair silencieux."

    "Il [El Chura] l'a instruit, puis il l'a poussé vers d'autres lieux, à la poursuite des pierres vivantes et des sept plumes de l'aigle où sont les sept secrets de la vie. [...] D'autres maîtres l'ont recueilli et l'on guidé, don Benito, le vieux Chipès, le père Sebastián, des femmes aussi." (Henri Gougaud).

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    Au Pérou, Luis, à dos de mulet, contemple avec effroi le sentier grimpant à flanc de falaise vers le Machu Picchu. Je ne me lasse pas du morceau d'anthologie décrivant cette périlleuse ascension : "Par malheur ce n'était pas un mulet que je montais, c'était le bâtard d'un démon et d'une acrobate de cirque. Ce pervers n'avait de goût que pour l'extrême bord de l'à-pic où il s'obstinait avec une vaillance telle que chaque coup de sabot décrochait des paquets de pierres aussitôt emportés, dans des cascades de ricanement diaboliques, vers des profondeurs de plus en plus lointaines. Les genoux tremblotants enfoncés dans sa panse, agrippé à la bride [...]".

     

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    Machu Picchu et ses environs

    (Source photographie : Wikipédia)

      

     Les Sept Plumes de l'aigle, livre de référence :

     

    . Dans l'ouvrage La Résistance culturelle (De Boeck Supérieur, 2002), Pierre Dupriez et Solange Simons citent ces lignes extraites des Sept Plumes de l'aigle d'Henri Gougaud :

    "Les Indiens distinguent deux sortes de souvenirs : les froids et les chauds qu'ils appellent mémoires. Les souvenirs froids sont faits d'informations. Ils disent ce qu'ils savent, rien de plus. Qui dit que deux et deux font quatre ? Un souvenir froid. Les civilisés ont la religion de ces sortes de souvenirs. Ils les cultivent. Ils les accumulent. Ils savent faire d'eux des outils redoutables. Les primitifs les utilisent volontiers, mais ne les estiment pas plus que des traces mortes. Ils préfèrent les mémoires chaudes, les instants survivants du passé qu'il nous arrive d'évoquer et qui viennent à nous comme ils sont, avec leur poids de douleurs ou leurs frémissements d'allégresse, avec leurs larmes, leurs parfums. La tête se souvient, les sens ont des mémoires." (Henri Gougaud). 

     

    Pierre Dupriez et Solange Simons écrivent : "Évoquées dans un ouvrage consacré au management interculturel, ces quelques lignes vont au-delà de la sagesse quechua qu'elles révèlent. Elles indiquent des voies possibles pour explorer la diversité culturelle et rappellent à quel point la réalité d'une personne peut être appréhendée de différentes manières : celles qui mesurent et calculent et celles qui tentent d'aller au cœur de la vie." 

     

    . Sylviane Cannio, dans son livre Communiquer avec authenticité et rester vrai (Éditions Eyrolles, 2011), écrit dans le chapitre "L'activation des cinq sens" :

    "Cette recherche de cessez-le-feu et d'écoute des besoins réels de la terre constitue justement la quête du chaman. Dans son merveilleux ouvrage Les Sept Plumes de l'aigle, Henri Gougaud décrit l'apprentissage de Luis [...]".

     

    Plusieurs fois, El Chura pose à Luis cette étrange question : "As-tu fait l'amour avec la nuit ?" Déconcerté, Luis répond toujours : "Non". Puis, une nuit...

    "Je suis resté les yeux fermés, j'ai respiré tranquillement. Pour la première fois de ma vie, j'ai goûté l'air. J'ai senti une force vivifiante pénétrer dans mon corps. C'était comme un baptême. Le baptême de la nuit. Et tandis que je respirais cet air froid, m'est venu un immense sentiment de reconnaissance. J'inspirais, l'air vivifiait mon corps. J'expirais, des millions de petits "moi", dans mon souffle, sortaient émerveillés. C'était comme une danse. Le monde venait à moi dans sa grandeur, et moi, tout ébloui, j'allais à sa rencontre. [...] puis j'ai ouvert les yeux et j'ai regardé la nuit. C'était un corps. Un corps prodigieux, scintillant. Je me suis levé, et je suis parti." (Henri Gougaud).

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    Paysage de nuit avec des chasseurs près d'un feu par Carl Ludwig Scheins

    (Source : Wikipédia)

      

     . Le Vivant comme modèle de Gauthier Chapelle et Michèle Decoust (Albin Michel, 2015) débute par un extrait des Sept Plumes de l'aigle :

    "Je connais des gens qui prennent la Vie en horreur sous l'étrange prétexte que le Monde leur déplaît. Comme si le Monde et la Vie étaient sortis jumeaux du même ventre ! Le Monde n'est que le lieu où la Vie s'aventure. Il est rarement accueillant. Il est même, parfois, abominable. Mais la Vie ! L'enfant qui apprend à marcher, c'est elle qui le tient debout. La femme qui apprend les gestes de l'amour, c'est elle qui l'inspire. Et le vieillard qui flaire devant lui les brumes de l'inconnaissable, affamé d'apprendre encore, c'est elle qui tient ses yeux ouverts. Elle est dans la force de nos muscles, dans nos élans du cœur, nos poussées de sève, notre désir d'être et de créer, sans souci de l'impossible. "Impossible est impossible !" Voilà ce que dit la Vie. Avez-vous déjà vu une touffe d'herbe s'étonner de sortir d'une fente dans le bitume ?" (Henri Gougaud. Les Sept Plumes de l'aigle).

      

     

    Le Livre des amours, contes de l'envie d'elle et du désir de lui (Éditions du Seuil, 1996)

     

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    " À fréquenter les contes et les mythes des peuples primitifs, il apparaît que les mille jeux du sexe furent partout célébrés à l'égal des manifestations les plus sacrées du bonheur d'être. Notre Occident, aujourd'hui, ne les estime plus inspirés par le diable, mais il n'ose point encore penser qu'ils peuvent, ou ont pu un jour, plaire à Dieu. Pour nos ancêtres simples, il va de soi que la force d'aimer prend sa source dans le Maître de la Création, et qu'il n'est pas de plus joyeux devoirs que de célébrer ces outils qui nous furent donnés pour la servir.

    Les contes qui peuplent ce livre sont tous, évidemment de tradition orale. Quel que soit le pays de leur naissance ils disent le même étonnement de se voir au soleil après l'ombre insondable, le même émerveillement devant l'amour.

    Il m'a plu de servir ces œuvres qui ont tant à nous apprendre sur un bonheur à réinventer." (Henri Gougaud)

    (Quatrième de couverture du Livre des amours)

     

    Ce livre, composé de soixante et onze contes, est un véritable carrousel de paroles vagabondes et de contes facétieux recueillis en Afrique Noire, dans le Monde Arabe, en Turquie, en Inde, au Tibet, en Chine, au Japon, en Corée, Océanie, Amazonie, Amérique du Nord, Grèce, France, Allemagne, Russie et dans le Grand Nord.

     

    En lisant le conte d'Afrique Noire intitulé Le Sel, tout d'abord je n'en crus pas mes yeux. Comment pouvait-on parler à la fois si poétiquement et si crûment de choses... hum ! on ne peut plus anatomiques ? Puis, le rire m'envahit. En réalité, les héros de ce conte, un couple de "bons amis", bravement, œuvraient pour l'humanité !

     

    En Chine, Nuki "vendait de l'alcool sur le marché de Tchen. [...] Mais bien que désirable et attentive à tous, elle intimidait les hommes. Il leur suffisait de rencontrer la lumière vive et sans cesse amusée de son regard pour savoir qu'elle n'était pas femme à tolérer une main sale sur sa hanche." Un jour, un Immortel lui laissa un livre. "L'art des jouissances amoureuses y était abondamment commenté. Elle ignorait qu'on pût écrire sur de pareils sujets. Une sorte de honte émerveillée échauffa bientôt ses joues [...]. Lorsque l'Immortel revint, Nuki avait subi une étrange transformation physique... 

     

    En Grèce, voici Le Cordonnier au couvent. "C'était un cordonnier si joyeux et si naïf qu'il ignorait le mal. Il buvait sans vergogne" et jouissait de la vie sans trop se poser de questions. "Son grand-oncle curé en perdait le sommeil, le boire et le manger." Il entendit son neveu à confesse et, atterré, ne voulut pas l'absoudre. Il lui infligea une bien étrange pénitence : "Retire-toi trois ans au fin fond du désert. Prie. Ne consomme plus ni pain, ni vin, ni viande. Oublie surtout les femmes, et si l'on veut, Là-Haut, avoir pitié de toi, tu seras pardonné [...]. Le cordonnier trouva que Dieu dramatisait, mais puisqu'il le fallait il s'en alla planter sa tente dans le sable [...]" Un jour, il aperçut au loin un couvent. Il y parvint à la nuit. Une "jeune, belle et pourtant mère abbesse" l'accueillit. Trois cent cinquante-neuf autres nonnes y vivaient pieusement. Où naïveté et paillardise vont coquinement de pair... mais peut-être l'atmosphère du couvent environne-t-elle de musique divine des propos un brin salaces ?

     

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    Triptyque des ermites (1505) par Jérôme Bosch

          

    Critique du Magazine littéraire, dans la rubrique Le favori (1998) :

    "Moissonneur de légendes universel, Henri Gougaud les réinvente, les écrit et les publie en recueils."

     

    Contes de l'envie d'elle et du désir de lui (L'Aire Libre).

    3 CD + 1 livret (Frémeaux & Associés, 2013)

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    Source photographie : Frémeaux & Associés

     

    "Où vous seront servis, en cuisine nouvelle, aventures torrides de Dieu dans le Grand Nord, amours tendres et vertigineuses de maître Li, lettré chinois, paillardises, folies, caresses, œil du diable au trou de serrure, Princesse, rose bleue, amant, jeux extravagants d'une abbesse, de ses trois cent soixante nonnes et d'un pénitent cordonnier qui, cherchant Dieu, trouva leur lit.

    Pour vous tous, gourmets populaires, amoureux fous, dévergondés, et chercheurs de sens sous les couettes, beau plaisir et alléluia !" (Henri Gougaud)

      

     

    Le Rire de l'ange (Éditions du Seuil, 2000)

     

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    "C'était pourtant un ange, indiscutablement, bien que dépourvu de ces ailes démesurées qui encombrent, on ne sait pourquoi, les murailles des cathédrales. On ne lui voyait pas d'habit, et pourtant il n'était pas nu. Au regard aiguisé de Prude il parut plus garçon que fille, ce qui l'émut beaucoup, car si sa vie était à l'âge austère, les élans de son cœur ignoraient tout des rides et du blanc des sourcils. [...] Cet être-là qu'elle observait était à l'évidence plus gracieux que les feuilles virevoltantes dans l'air nuageux, mais ses épaules et sa taille semblaient d'une prometteuse vigueur, sa figure était d'un écuyer de bonne famille et son visage avait l'air heureusement surpris malgré l'embarras de son corps. Bref, quoique transparent, il était si beau que la vieille laissa aller entre ses lèvres fanées un doux gémissement d'action de grâces qui se perdit en sifflement émoustillé. L'ange n'entendit rien de cet appel timide. Il se dressa, rendit à son errance la guenille qui s'obstinait à flotter autour de sa jambe, observa un instant le ciel, parut chercher la trappe par laquelle il était tombé, puis il s'agenouilla, colla l'oreille au toit comme font les chasseurs sauvages et s'enfonça, au travers des ardoises moussues, dans l'obscur logis de Pico, le menuisier lettré." (Henri Gougaud)

    "Pico et Chaumet, deux gaillards fraternels, s'en vont sur les routes à la rencontre de leur destin. Maintes aventures et d'étranges personnages les attendent. Un ange les accompagne et, autant qu'il le peut, les protège. Figure inoubliable que cet ange, plein d'indulgence pour les faiblesses des hommes. Entre conte et roman, Henri Gougaud fait rêver, fait réfléchir et enchante." (Éditions du Seuil) 

    (Quatrième de couverture du Rire de l'ange)

     

    "Deux hardis gaillards, Pico le menuisier lettré et le pauvre Chaumet, dont la maison vient de brûler, s'en vont sur les routes avec leurs femmes. Dans un Moyen Âge peuplé de brigands, de vagabonds et de sorcières, nos héros affrontent d'innombrables embuscades. Un ange, arrivé par hasard au village, les accompagne, les protège et les mènera à la rencontre de leur destin." (Henri Gougaud)

     

    Le Rire de l'ange et son héros amoureux, sensuel, tendre, facétieux, doté d'une puissante empathie, enfin un ange séduit par les joies de la vie terrestre qu'il célèbre de façon jubilatoire, m'ont permis de découvrir Henri Gougaud et ses immenses talents de romancier et de conteur. J'ai plongé avidement dans chacune de ses phrases. Une cascade de perles pétillantes, rafraîchissantes, a dévalé sur moi du flanc d'un hameau de basse montagne appelé Ramonicheux-le-Bas. Tout au long de ce livre l'amour et l'humour sont des complices aussi inséparables que nos pèlerins et l'ange qui les accompagne.

     

    L'ange, se croyant visible aux yeux de tous, tente d'expliquer sa venue en ce monde : " [Il] leva timidement un doigt désincarné à hauteur de son œil joyeux comme un soleil [...]. 

    - Je me baignais, dit-il, dans le courant du vent.

    Il mima un instant une nage vivace puis il poursuivit, jubilant :

    - Plus que tout j'aime ressentir le ruissellement de l'air frais. C'est une volupté à laquelle vos âmes, à ce qu'il m'a semblé, sont elles aussi sensibles. Parfois, lorsque je les traverse, je les sens qui s'épanouissent et prennent ce même plaisir. D'ordinaire je vais, je plonge jusqu'à vous, je joue avec vos ombres, vos éclats de lumière, et je m'en retourne à ma rive. Cette fois, je ne sais comment un tourbillon m'a emporté, et me voilà tombé dans l'épaisseur des choses. 

    Il ouvrit largement les bras, partit d'un rire insouciant."

     

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    L'Ange devant le soleil (1846) par William Turner

     

    Critique de Paris Normandie :

    "Ce livre est un vrai bonheur. Une histoire merveilleuse, contée dans une langue merveilleuse et dont la lecture rend tout simplement heureux. Naturellement, encore faut-il croire aux anges. Henri Gougaud, lui, en est un assurément." (Paris Normandie)

     

     

    Le Livre des chemins. Contes de bon conseil pour questions secrètes (Éditions Albin Michel, 2009)

     

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    "Il est dit qu'un bon conteur doit être capable de répondre à n'importe quelle question par un conte. Je parle, bien sûr, de vraies questions, de celles qui s'obstinent, qui pèsent, et pour lesquelles on espère des réponses pareilles à des fenêtres ouvertes sur un air respirable, sur une lumière nouvelle. Car les contes, malgré les apparences et les idées reçues, ne se soucient pas d'enfantillages. Leur berceau ? La nuit des temps. Ils ont franchi les siècles, parfois les millénaires, infiniment fragiles, et pourtant aussi intrépides que des enfants errants.

    Combien de pestes, de révolutions, de guerres, de montagnes et de mers ont-ils traversé avant de nous parvenir ? Celui que tu vas lire, par exemple, livre ouvert au hasard, je l'ai écrit, certes, mais je ne l'ai pas inventé. Je ne suis que son dernier messager. En vérité, la voix qui te parvient est celle d'une source dont le chant, miraculeusement, après un chemin si long, si tourmenté, si hasardeux, ne s'est pas perdu [...]." (Henri Gougaud)

     (Extrait de la préface du Livre des chemins)

     

    Je suis sous le charme de ces cent vingt-trois contes. Trois aphorismes, maximes ou dictons, suivent chacun d'entre eux. Un conte, choisi au hasard, semble toujours répondre à l'un des questionnements du lecteur, à l'une de ses préoccupations actuelles, ou bien apporter un conseil d'une extrême sagesse à mille et un de ses soucis quotidiens, qu'ils soient détails infimes ou lourdes charges.

    L'univers des contes, "êtres vivants", recèle les connaissances ancestrales, collectives, du monde entier. Dans le Livre des chemins défile une farandole de sultans, de rois, de princes, de sorcières, d'anges, de démons, de dragons, d'oiseaux et de voleurs.

     

    Voici les trois casseurs de cailloux et un enseignement rare de vaillance et d'un certain regard, très personnel, illuminant les pénibles tâches à accomplir. "Un pèlerin, un soir d'été, parvint sur un chantier de ville peuplé d'ouvriers poussiéreux occupés à mille besognes de bois lourd, de forges sonnantes, de meules et de pierres taillées [...]". Un des casseurs de cailloux était un prodigieux visionnaire...

     

    Dans l'essentiel, un jeune roi apprit, auprès de grands savants et d'érudits, "que partout, dans le vaste monde, des gens, depuis la nuit des temps, pensaient, réfléchissaient, exploraient des mystères [...]. Il en fut si ému qu'il proclama ceci :

    - Qu'une armée pacifique à travers mers et terres aille recueillir ces savoirs. Je veux que vienne ici tout ce que l'homme sait."...

     

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    Un Philosophe lisant (vers 1769) par Jean Honoré Fragonard

     

    "Henri Gougaud invente ici le concept du livre de contes divinatoires." (Le Choix des libraires)

     

    À l'Opéra de Lyon, en 2013, des jeunes comédiens de l'École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) ont lu des contes du Livre des chemins lors du Prélude littéraire.

     

    Aussi : https://www.youtube.com/watch?v=8zhs2dEbXtQ

     

    À voir : Henri Gougaud, Le Livre des chemins : Corbeau

                    Site : Là où mes mines me mènent...

     

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    Henri Gougaud

    (Photographie : Valérie Menard/Albin Michel)

     

     

     

     

    Petits Contes de sagesse pour temps turbulents (Éditions Albin Michel, 2013)

     

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    "Ce livre n'est pas fait pour être lu mais pour être fréquenté comme un ami proche, secret. Vous pouvez lui demander de vous nourrir, il vous nourrira, de vous éclairer, il vous éclairera, de jouer, il jouera avec vous le jeu le plus mystérieux du monde, celui du hasard qui n'existe pas.

    Ouvrez-le simplement par curiosité. Quelqu'un est là qui vous parle. [...] Il répond à une question que vous n'avez même pas formulée à voix haute. Il y répond à sa manière, qui peut être déconcertante. [...] les contes sont des vieillards immémoriaux et bienveillants. Ils savent tout de la musique du cœur du monde. [...] Ils répondent toujours à nos questions pour peu qu'ils soient interrogés avec cette lumière simple dont ils sont eux-mêmes pétris, et que l'on appelle l'innocence." (Henri Gougaud).

    (Extrait de la quatrième de couverture)

     

    Composé de cent douze contes courts et de conseils intemporels d'une infinie sagesse, ce livre se savoure. Intriguée, j'ai souhaité l'interroger, mais il m'a devancée, voulant auparavant mieux ressentir lui-même quelle était ma quête, ma recherche, ce que j'étais prête à lire, à entendre, enfin à écouter profondément. Il ne m'a pas déçue. Sur le même diapason, pénétrant timidement dans la luminosité de ses contes, je me suis laissée bercer, envahir par la musicalité des mots. L'innocence de l'enfance peut-être retrouvée, j'ai étudié avec passion l'enseignement de ces "vieillards immémoriaux et bienveillants".

     

    Du Conteur, qui ouvre ce recueil, en passant par L'étoile, Le bonze du fond du jardin, L'Indien et le loup, Le maître serviteur, L'aiguille et le chameau, La femme au bord du torrent, Un grillon à New York, La fille du désert, et bien d'autres, jusqu'à Raconter, tous ces contes sont pur enchantement. Ils parlent à tous les sens du lecteur, puis se prélassent, confiants, dans sa mémoire.   

     

    Extrait du CD d'entretien avec Henri Gougaud par Marc de Smedt :

    https://www.youtube.com/watch?v=A5bxCJ03mDo

                                               

    Source photographie couverture livre : Editions Albin Michel

     

     

     

    Et, pour terminer cet article, voici en provenance des Archives de l'INA, sur le site des Bibliothèques et Médiathèques de Grasse, l'entretien d'Henri Gougaud avec Jacques Chancel au cours de l'émission Radioscopie, diffusée le 14 octobre 1980 (durée : 55 min. 32 s.) :

    Radioscopie  

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