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Albums d'Arts

  • Joseph Vernet, peintre préromantique

     

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    Joseph Vernet par Élisabeth Vigée-Lebrun (1778)

    (Source : Wikimedia Commons)

     

    Joseph Vernet, né en Avignon en 1714, est un peintre, dessinateur et graveur français.

    Il est le fils d'Antoine Vernet et de Marie-Thérèse Granier, parents de six enfants. Son père est peintre décorateur de portes d'appartements, de carrosses et de chaises à porteur.

    Joseph Vernet dessine et peint dès sa plus tendre enfance. Il fait un apprentissage, à Aix-en-Provence, auprès du peintre Louis René Vialy (1680-1770), puis en Avignon, avec le peintre Philippe Sauvan (1697-1792), qui réalise des portraits et des toiles de sujets religieux. Joseph Vernet a aussi pour maître Adrien Manglard (1695-1760), peintre français spécialisé dans les paysages et les marines.

    En 1734, Joseph Vernet obtient une bourse pour un voyage en Italie et il réside à Rome près d'une vingtaine d'années. 

    Il étudie les paysages et les marines de Claude Gellée, dit Le Lorrain (1600-1682), parti à Rome dès ses quatorze ans.

    Joseph Vernet fait parvenir en France des toiles de vues urbaines, paysages avec personnages, soleil couchant, clairs de lune, tempêtes et naufrages qui assurent sa célébrité dans son pays natal.

    En 1745, il épouse Virginia Parker, la fille de l'un de ses commanditaires anglais. Joseph et Virginia Vernet ont quatre enfants.

    De retour en France, il reçoit, en 1753, une commande royale de vingt vues des ports de France. Joseph Vernet a pour mission de représenter au premier plan de ces marines les activités spécifiques de chaque ville portuaire choisie. Il exécute quinze toiles d'un classicisme parfait dans lesquelles il accorde une large place aux ciels. La plupart de ces tableaux sont au Musée de la Marine, à Paris.

    Dès lors, il acquiert une prestigieuse célébrité internationale. Il devient membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture en France. Parmi ses commanditaires les plus importants, outre Louis XV, se trouvent Catherine II de Russie et le roi de Prusse, Frédéric II le Grand.

    Denis Diderot, écrivain et philosophe français (1713-1784), écrit dans Salon de 1767 -l'un des comptes rendus, intitulés Salons, des Expositions organisées par l'Académie royale de peinture et de sculpture au Louvre- la Promenade Vernet, où Diderot imagine être un personnage accompagné d'un abbé et de quelques élèves se promenant longuement dans la nature et s'attardant dans les paysages traversés, chacun étant en réalité un tableau de Joseph Vernet.

    Le peintre poursuit aussi son œuvre d'inspiration italienne dans d'autres tableaux où il dévoile sa vision préromantique de la Nature. 

    Il décède à Paris, en 1789, à l'âge de soixante-quinze ans. 

    (Sources : 

    . Wikipédia

    https://www.rivagedeboheme.fr/ )

     

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    Buste de Joseph Vernet (1783) par Louis Simon Boizot, sculpteur français

    (Source : Wikimedia Commons)

     

     (À suivre)

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    Vue de Naples par Joseph Vernet (vers 1748)

    (Source : Wikimedia Commons)

  • Thomas Baines, peintre explorateur britannique

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    Portrait de Thomas Baines, vers 1860 (1820-1875)

    (Source : Wikimedia Commons)

     

    Thomas Baines est un peintre britannique qui accomplit de nombreux voyages d'exploration.

    Il naît le 27 novembre 1820 à King's Lynn, dans le comté de Norfolk, en Angleterre, et décède le 8 mai 1875 à Durban, dans la province du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud.

    Très jeune, il se passionne pour la peinture qu'il apprend auprès d'un maître artiste peintre.

    Fils d'un capitaine au long cours, il manifeste rapidement un tempérament épris d'aventure. À vingt-deux ans, il quitte l'Angleterre pour l'Afrique du Sud et travaille en tant que portraitiste au Cap (Cape Town), capitale de la colonie du Cap sous  pavillon britannique.

    Pendant la Huitième Guerre de frontière, il devient peintre de guerre officiel pour l'Armée britannique. 

    Il visite l'Afrique australe et l'Australie et imprègne ses œuvres d'une pénétrante observation de la vie coloniale. 

    De 1855 à 1857, Thomas Baines accompagne l'explorateur Sir Augustus Charles Gregory lors d'une expédition, commanditée par la Royal Geographical Society, à travers le nord de l'Australie en tant qu'artiste officiel et magasinier. Il peut ainsi mettre son art, ainsi que son vif intérêt pour la faune et la flore, au service de son pays.

    En 1858, Thomas Baines se joint au médecin, missionnaire et explorateur écossais David Livingstone pour effectuer une expédition le long du Zambèze, fleuve d'Afrique australe.

    En 1861, Thomas Baines voyage avec James Chapman, explorateur et photographe sud-africain, dans le sud-ouest de l'Afrique. Pendant cette expédition, Thomas Baines écrit au jour le jour les récits de ce périple dont il trace les grandes lignes et décrit la complexité du territoire exploré, encore relativement inconnu, à l'aide de ses textes, de ses peintures et aussi de photographies grâce à une caméra stéréoscopique dont c'est la première utilisation lors d'une expédition. Ce livre est publié sous le titre : Baines' Explorations in South-West Africa.

    En 1869, Thomas Baines dirige l'une des premières expéditions de prospection d'or au Mashonaland, dans le nord du Zimbabwe, en Afrique australe.   

    Thomas Baines est Membre de la Royal Society et de la Royal Geographical Society de Londres.

     

    Bibliographie :

    . Liverpool in 1859 par Thomas Baines (1859)

    . Lancashire and Cheshire, Past and Present (1868)

    . Voyage dans le sud-ouest de l'Afrique ou Récits d'explorations faites en 1861 et 1862 depuis la baie Valfich jusqu'aux chutes Victoria par Thomas Baines (traduit et abrégé par J. Belin de Launay, Hachette, 1869) 

    . Journal of residence in Africa, 1842-1853 par Thomas Baines (Éditions R. F. Kennedy, 1961-1964)

    . Exploration de Baines dans le sud-ouest de l'Afrique (publié en 1964).

     

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    Thomas Baines (Autoportrait à 38 ans)

    (Source : Wikimedia Commons)

     

    (Sources biographiques :

    . Wikipédia

    https://www.suninternational.com/ )

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Baobab Tree, South Africa (1861) par Thomas Baines

    (Source : Wikimedia Commons)

     

    Baobab Tree, South Africa (1861) par Thomas Baines

     

    Imposant, majestueux, ce baobab laisse le soleil et la luminosité du ciel filtrer entre ses branches gigantesques dont le feuillage abondant ne parvient pas à ombrager et apaiser la terre brûlante.

    Un convoi fait une halte près du tronc colossal. Hommes, animaux et chariots semblent écrasés par l'immensité de l'arbre indifférent  à cette expédition qui ne trouble pas le calme acquis tout au long des siècles de son existence.

    Gerald E. Wickens écrit que le plus célèbre de tous les artistes ayant peint des baobabs est Thomas Baines. Parmi ses quatre mille peintures et croquis, le baobab reste un élément remarquable.

    Les écologistes et les géomorphologues de l'Afrique du Sud et du nord-ouest de l'Australie ont utilisé les peintures et dessins de Thomas Baines pour observer les changements de la végétation ou la désertification durant les cent cinquante dernières années. (The Baobabs Pachycauls of Africa, Madagascar and Australia  par Gerald E. Wickens, éditions Springer Science et Business Media, 2008).

     

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    Photographie du site touristique "Baines' Baobabs" en mai 1998.

    Parc national Nxai Pan, au Bostwana (Afrique australe).

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Ralf Ellerick)

     

    Thomas Baines, lors d'une expédition en Afrique australe, peint un groupe de sept baobabs devenus célèbres sous l'appellation des Baines' Baobabs (ci-dessus une photographie du site qui les abrite).  

    Le parc national Nxai Pan, au Botswana, reconnaît l'importance de ces Baines' Baobabs dominant une petite île sur le bord de la KudiKum Pan car ils sont une véritable attraction touristique.

    Thomas Baines écrit que ces baobabs aux troncs épais produisent des fruits, connus dans certains milieux sous l'appellation "pain de singe", aux qualités médicinales [car ils sont très riches en vitamine C et antioxydants]. Leurs branches dispensant un magnifique ombrage et l'avantage d'une cueillette providentielle de fruits aux vertus thérapeutiques dotent les baobabs d'attraits réellement mémorables.

    Sources :

    https://www.jenmansafaris.com/fr/

    https://www.suninternational.com/stories/travel/ 

    .  Southern Africa: South Africa, Namibia, Botswana, Zimbabwe par Martin Gostelow et Bernard Joliat (Hunter Publishing, Inc, 2000).

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    Victoria Falls (Chutes Victoria), 1865, par Thomas Baines

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Victoria Falls (Chutes Victoria), 1865, par Thomas Baines

     

    Les remarquables chutes Victoria, d'une hauteur de 108 mètres, magnifient le cours du fleuve Zambèze aux confins du Zimbabwe et de la Zambie, en Afrique australe. À l'extrémité ouest des chutes Victoria se trouve la ville de Victoria Falls, au Zimbabwe.

    Les chutes Victoria déferlent telles de gigantesques cascades que l'on imagine rugissantes le long des falaises ocre et rousses dominant le Zambèze. En accueillant ces superbes chutes, le fleuve s'enorgueillit de ce caprice de la Nature et accepte de conserver quelques rides troublant sa surface.

    Sur les bords du Zambèze, les arbres s'inclinent, inexorablement attirés vers la tumultueuse puissance des chutes Victoria.

     

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    Herd of buffaloes chased across the Macloutsie River (1871) par Thomas Baines

    (Bande de buffles chassés traversant le fleuve Macloutsie)

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Herd of buffaloes chased across the Macloutsie River (1871) par Thomas Baines

    (Bande de buffles chassés traversant le fleuve Macloutsie)

     

    Au Botswana*, en Afrique australe, Thomas Baines peint une bande de buffles pourchassés traversant à la nage le fleuve Macloutsie.

    Au premier plan, les buffles en tête du troupeau se hissent sur la berge. Les corps lourds des bêtes affolées peinent à s'extirper du fleuve, provoquant un énorme raz-de-marée de têtes aux longues cornes arquées, d'échines et de reins.

    Les buffles, en très grand nombre, forment un troupeau gigantesque à l'aspect flou qui semble s'allonger à l'infini, par-delà le fleuve Macloutsie, sous un ciel bleu parsemé de nuages blancs.

    Les nuances de sable et d'ocre dominent dans ce paysage à l'herbe asséchée, où l'eau du fleuve reflète ces mêmes couleurs, malgré les arbres qui tentent d'apporter un démenti à cette vision de sécheresse.

     

    * Le Botswana, devenu protectorat britannique en 1885 sous le nom de Bechuanaland, obtient son indépendance en 1966 dans le cadre du Commonwealth.

      

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    Wagon Crossing a Drift - Natal (1874) par Thomas Baines

     (Chariot traversant le courant à Natal)

     (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Wagon Crossing a Drift - Natal (1874) par Thomas Baines

    (Chariot traversant le courant à Natal)

     

    Un chariot vert, bâché de blanc, traverse un cours d'eau à Natal qui, lorsque Thomas Baines réalise cette toile, en 1874, est une colonie britannique d'Afrique du Sud.

    Sur une des berges se détache orgueilleusement un strelitzia, arbuste appelé aussi oiseau de paradis à cause de ses grandes fleurs, élégantes et colorées, rappelant le paradisier qui vit en Nouvelle-Guinée. 

     

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    Paradisier petit-émeraude

    (Paradisier ou oiseau de paradis)

    (Source : Wikimedia Commons.

    Auteur de la photographie : Rex)

     

     

     

     

    Un homme conduit avec flegme un troupeau d'une douzaine de bovidés liés deux par deux à l'aide de jougs posés sur leur nuque. La traversée de la rivière se déroule paisiblement. Des autochtones observent avec curiosité le convoi tandis qu'un personnage s'affaire près du chariot dont le conducteur discute avec un passager.

    Thomas Baines s'est complu à magnifier les diverses couleurs de chacune des bêtes, leur reflet dans l'eau limpide de la rivière et la verdure éclatante. À l'arrière-plan, des maisons et des blocs de pierre se noient dans un flou s'unissant au ciel parsemé de nuages. Le contraste de la luminosité des couleurs brillantes et vives des deux-tiers de la toile et l'opacité de l'arrière-plan est saisissant.    

    Source : https://grahamlesliemccallum.wordpress.com/ 

     

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  • Carl Spitzweg, poète et peintre romantique allemand

     

    Carl Spitzweg (1808-1885) est un poète et peintre romantique allemand. Il est considéré comme l'un des représentants majeurs de la période Biedermeier, style de peinture et des arts décoratifs s'adressant aux classes moyennes, en Allemagne et en Autriche, de 1815 à 1848 où, pendant ces années, les artistes se tournent vers les sphères privées de la famille et du foyer.

     

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    Autoportrait de Carl Spitzweg (vers 1840)

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Carl Spitzweg est né en 1808 à Germering, en Bavière. Son père est entrepreneur et sa mère est la fille d'un riche commerçant de fruits de la région de Munich. Carl Spitzweg suit des études de pharmacie, de botanique et de chimie à l'Université de Munich.

    Son talent pour la peinture se manifeste très tôt, mais il s'installe en tant que pharmacien en 1832. Il consacre avec passion son temps libre à la peinture, copie à la Pinacothèque de Munich les toiles des maîtres hollandais. Un an plus tard, la peinture devient son activité principale. Il réalise des tableaux de petit format avec des scènes de vie quotidienne de la petite bourgeoisie qu'il dépeint avec minutie et humour. Il peint aussi des paysages auxquels il apporte un caractère sentimental rappelant le Romantisme.

    Il devient membre de l'Association artistique de Munich en 1835.

    Carl Spitzweg se lie d'amitié avec le peintre autrichien Moritz von Schwind (1804-1871), surnommé le "peintre à poète", dont le génie est aussi lyrique. 

    Il voyage en Dalmatie, à Venise,  à Prague où il fait la connaissance de peintres de genre tchèques, à Londres où il rencontre des paysagistes anglais et à Paris les peintres de Barbizon. En France, il est accompagné de Carl Happel (1819-1914), peintre de genre et caricaturiste allemand.

    Il écrit aussi des poèmes dans le dialecte local et dessine pour des revues.

     

    Carl Spitzweg meurt en 1885, à Munich (Allemagne) d'une attaque cérébrale. Il est inhumé dans l'ancien Cimetière du Sud à Munich.

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    La tombe de Carl Spitzweg à Munich

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Rufus46)

     

    Sources biographiques :

    Wikipédia

    Pierre VAISSE, "SPITZWEG Carl - (1808-1885)", Encyclopædia Universalis http://www.universalis.fr

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Le Pauvre Poète (1839) par Carl Spitzweg

    (Source : Wikimedia Commons. Auteur : Yelkrokoyade)

     

    Le Pauvre Poète (Der arme Poet) (1839) par Carl Spitzweg 

    Bonnet de nuit, plume d'oie au coin des lèvres, jambes repliées sous une couverture, en position semi-couchée contre un volumineux oreiller, des feuillets dans une main, l'autre main comptant peut-être les pieds d'une versification idéale, matelas posé à même le sol, le Pauvre Poète, à l'abri des intempéries dans sa mansarde, semble se moquer de tout ce qui n'est pas son Art.

    Au-dessus de sa tête, un parapluie suspendu à un fil invisible, ou bien tenu ouvert par la secourable et compatissante Muse allemande de la Poésie (dont j'ai vainement cherché le nom), protège le poète de toute fuite qui envisagerait avec malice de délayer l'encre de ses vers inspirés.

    Au premier plan, des feuillets abandonnés au bord de l'ouverture noirâtre d'un poêle éteint attendent, humiliés, leur triste sort.

    Des piles de livres, à portée de main, peut-être les seuls amis du misérable poète, patientent, fidèles et intemporels...

     

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    Gnome regardant le train (vers 1848) par Carl Spitzweg 

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Gnome regardant le train (vers 1848) par Carl Spitzweg 

    Carl Spitzweg s'imagine peindre à l'intérieur d'une grotte que la Nature a sculptée dans une roche rougeâtre au flanc d'une colline dominant un village, au loin.

    À l'entrée de cette grotte bordée de branchages verdoyants, où s'entrecroisent des racines d'arbres, un gnome, mains dans le dos, contemple une locomotive, avec ses wagons, rejetant une vapeur inopportune tandis qu'elle avance vers le village ensoleillé, blotti sous un ciel bleu parsemé de nuages laiteux.

    Le gnome, longue barbe, manteau à capuchon brun-rouge se confondant avec les parois de la grotte, bottines effilées, semble plongé dans une profonde méditation née de l'anachronisme de cette vision: lui, personnage des légendes et des contes, confronté au "modernisme" du train... 

     

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    Le Rat de bibliothèque (vers 1850) par Carl Spitzweg

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Le Rat de bibliothèque (Der Bücherwurm) par Carl Spitzweg, vers 1850

    Dans une vaste bibliothèque aux rangées interminables, un homme voûté, juché sur un escabeau de grande taille, lit, le nez sur les pages, l'ouvrage qu'il tient dans sa main gauche. Trois autres livres, un dans sa main droite, un deuxième coincé sous son bras gauche et le troisième entre ses genoux, attendent d'être rangés dans la section "Métaphysique".

    Le rat de bibliothèque porte une redingote d'où émerge, d'une basque, un tissu blanc car le bibliothécaire, homme soigneux, dépoussière les précieuses œuvres dont il est le gardien. Sa mine est renfrognée malgré le rayon de lumière qui l'éclaire afin de l'aider dans sa gigantesque tâche, mais l'homme paraît entièrement absorbé, partagé entre lecture et classement de cette abondance de trésors culturels.

    Un globe terrestre, dont le support reste invisible ainsi que le sol de la bibliothèque, laisse présager de l'immensité de la salle.

    Carl Spitzweg apporte souvent une touche ironique à la conception de ses toiles en caricaturant des personnages indifférents aux évènements extérieurs et dont les pensées semblent centrées sur la passion, le but de leur existence : la culture, l'art... 

     

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    La Lettre d'amour clandestine (vers 1860) par Carl Spitzweg

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    La Lettre d'amour clandestine (Der abgefangene Liebesbrief) par Carl Spitzweg (vers 1860)

    Deux fenêtres, ouvertes sur la façade couleur sable et agréablement ornée d'un immeuble, attirent l'attention grâce à un étrange spectacle. Un étudiant reconnaissable à sa casquette, facétieux -et amoureux-, a attaché une lettre à une ficelle qu'il laisse couler d'une main jusqu'à la fenêtre de l'appartement situé à l'étage inférieur, tandis que de l'autre main il tient un livre.

    La missive est destinée à une jeune femme, occupée à une activité manuelle à sa table de travail. Mais la destinataire de cette lettre d'amour ne lève pas les yeux de son ouvrage. En revanche, une autre femme, parente ou peut-être gouvernante, portant une coiffe, debout devant la fenêtre, regarde, bouche bée, cette lettre qui ose prendre un chemin si particulier et faisant fi du facteur !

    Le message poursuit sa descente, passe devant les trois rideaux ornant coquettement la fenêtre, hume les plantes d'une jardinière dont les fleurs grimpent le long des volets verts. À droite, un couple de pigeons s'intéresse aux habitants de la maison et des pots de fleurs semblent en équilibre instable sur le rebord d'une fenêtre. 

    Dans la Lettre d'amour clandestine, Carl Spitzweg s'amuse, une fois encore, à éclairer la scène d'un rayon de soleil, jouant ici avec les ombres de la ruelle. 

     

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    Prochainement, chers Lectrices et Lecteurs, si vous le souhaitez, nous retrouverons Louis Joullié, enseignant et écrivain captivant, pour la suite de ses aventures. 

     

     

  • Carl Gustav Carus, peintre romantique, médecin et philosophe

     

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    Portrait de Carl Gustav Carus par Julius Hübner (1844)

    (Source photographique : Wikimedia Commons) 

     

    Carl Gustav Carus (1789-1869), peintre et médecin allemand, naît à Leipzig (Saxe, Allemagne) en 1789 et meurt à Dresde (capitale de la Saxe) en 1869.

    Il est issu d'une famille d'artisans aisés et cultivés de Leipzig. Élève déjà très doué pour le dessin, il entre à l'Académie de dessin de Leipzig.

    À l'Université de Leipzig, il acquiert des connaissances multidisciplinaires en étudiant la médecine, la philosophie, la psychologie, la géologie, la physique, la chimie, la physiologie animale et la botanique. À vingt-deux ans, il est reçu docteur en médecine et docteur en philosophie. En 1811, ses études achevées, il enseigne l'anatomie comparée à l'Université de Leipzig.

    À cette même époque, il dessine des rochers, des plantes, des paysages. Il étudie la peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde où il expose quatre tableaux. Il aime l'esthétique du romantisme allemand et excelle dans la peinture de paysages. 

    "Ce qu'il faut, c'est apprendre à voir de ses propres yeux, à intérioriser l'organisation de la nature, une organisation qui existe toujours, même sous l'apparence du chaos !" (Carl Gustav Carus).

    Il éprouve une profonde attirance pour le crépuscule et trouve dans la pénombre sa principale source d'inspiration mélancolique.

    Carl Gustav Carus est l'un des amis intimes du peintre paysagiste Caspar David Friedrich (1774-1840) qui influence ses premières peintures à l'huile. Carus accompagne Friedrich dans plusieurs de ses voyages, notamment en Italie, et publie de nombreuses notes et conversations qui permettent de mieux le connaître.

    Il rencontre l'écrivain allemand Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) et entretient avec lui une correspondance qui ne s'achève qu'avec le décès de Goethe. Des textes de Carl Gustav Carus tels que ses Fondements d'une étude générale de la nature sont publiés dans les Cahiers de morphologie de Goethe, qui reconnaît en Carus le plus sûr de ses successeurs dans la constitution d'une science spécifique du vivant.

    Les Neuf Lettres sur la peinture de paysage (1815-1835) par Carl Gustave Carus, préfacées par Goethe, "expriment la crainte que le paysage subjectif du romantisme n'aboutisse à une forme d'opacité contraire à sa volonté d'alliance entre l'art et la science." (Julie Ramos).

    Georg Jacob Wolf (1882-1936), écrivain et journaliste, considère Carus comme "un dilettante" très doué". (La Terre qui vit : Peintures et savoirs chez Carl Gustav Carus par Alain Deligne, Presses univ. Septentrion, 2003).

    Carl Gustav Carus correspond également avec le naturaliste, géographe et explorateur allemand Alexander von Humboldt (1769-1859).

    Pendant une quarantaine d'années, de 1827 à 1867, il est le médecin personnel et le conseiller d'État de trois rois de Saxe. Également nommé, en 1827, à la Commission médicale du royaume, Carus sera responsable de la lutte contre le choléra en 1831. 

    En 1862, il est nommé Président de l'Académie allemande des Sciences Leopoldina à Halle en Saxe, fonction qu'il occupera jusqu'à son décès en 1869.

     

    "Quels sentiments s'emparent de toi lorsque gravissant le sommet des montagnes, tu contemples de là-haut la longue suite des collines, le cours des fleuves et le spectacle glorieux qui s'ouvre devant toi? Tu te recueilles dans le silence, tu te perds toi-même dans l'infinité de l'espace, tu sens le calme limpide et la pureté envahir ton être, tu oublies ton moi [...]"  (Extrait des Neuf Lettres sur la peinture de paysage par Carl Gustav Carus, 1831).

     

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    La sépulture de Carl Gustav Carus

    (Source photographique : Wikimedia Commons. Auteur : Paulae)

    Sources biographiques :

    http://www.universalis.fr/encyclopedie/carl-gustav-carus/

    http://docteurpascalpierlot.fr/wp/chroniques/carl-gustav-carus-leipzig-1789-dresden-1869/ 

    Julie Ramos, "Retour à la nature" Histoire par l'image

     

    Article en relation : Caspar David Friedrich

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Monument à la mémoire de Goethe (1832)

    par Carl Gustav Carus

     

    "C'est un grand mérite pour un ouvrage d'art d'être indépendant et complet en soi." (Goethe).

    Carl Gustav Carus réalise, en hommage à Goethe, une huile sur toile : Monument à la mémoire de Goethe. Dans ce tableau se côtoient la peinture, la sculpture et la musique profondément unies pour offrir un vibrant hommage à la littérature.

    Au premier plan, un sépulcre porte deux anges agenouillés de part et d'autre d'une harpe. Le monument se détache sur un décor de brouillard, de rochers et de nuages. La lune est voilée, la nuit s'apprête à recouvrir ce paysage, gardien de la communion intime des Arts et de la Littérature.

    (Source bibliographique : L'Aventure de l'Art au XIXe siècle, sous la direction de Jean-Louis Ferrier, avec la collaboration de Sophie Monneret. Éditions du Chêne, 1991). 

     

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    Les Ruines de l'abbaye de Netley au clair de lune (1844)

    par Carl Gustav Carus

    (Source photographique : Wikimedia Commons.  Auteur : Schmidt Kunstauktionen)

     

    Lors d'un voyage en Angleterre, Carl Gustav Carus conçut les Ruines de l'abbaye de Netley au clair de lune. Il s'agit d'une ancienne abbaye cistercienne, située à Southampton, dans le comté du Hampshire, sur la côte sud de l'Angleterre.

     

    La lune, curieuse et bienveillante, répand, sous un ciel envahi par de magnifiques nuages tourmentés, un halo blafard. L'astre, inspirateur privilégié de Carus qui l'affectionne, paraît s'accrocher aux branches d'un arbre la maintenant en équilibre entre les pans en ruine de l'abbaye de Netley.

     

    Cette toile me semble éloignée de tout chagrin ou désolation, mais au contraire empreinte de sérénité, peut-être grâce aux arbres tutélaires et aux abondants fourrés qui protègent ses ruines rendant leur accès difficile. 

     

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    Chênes au bord de la mer (1835) par Carl Gustav Carus

     

    Lorsque Carl Gustav Carus, sur l'incitation de son ami, le peintre Caspar David Friedrich, accomplit un voyage à l'île de Ruegen, où il conçut la toile Chênes au bord de la mer, cette île de la Baltique pouvait encore donner "l'étrange impression d'une nature primordiale intacte, exceptionnellement propice au complet abandon à ses pensées et à ses sentiments."  (Carl Gustav Carus).

    Carus posait ainsi les jalons de sa célèbre théorie de la peinture de paysage, considérée comme "expérience de la vie de la terre", qui annonçait la réflexion de toute une existence : "redéfinir la place de l'art et de la science dans les rapports à la connaissance". (Voyage à l'île de Ruegen. Carl Gustav Carus par Kenneth White, éditions Premières Pierres).

     

    Au centre de cette toile allégorique, un chêne, fier de sa stature imposante, puise sa vigueur dans la terre nourricière qui, à son tour, se régénère sans cesse grâce à la vitalité de l'arbre insufflant au sol natal, aux forces terrestres souterraines, une large part de sa puissance absorbée aussi dans l'air qu'il respire, dans la vie qu'il aspire par ses branches exigeantes et son feuillage vorace. Intermédiaire de cet échange éternel entre terre, air et ciel, à la fois bénéficiaire et donateur, le chêne contemple, sous les nuages furtifs, la mer Baltique.

    Le tableau Chênes au bord de la mer illustre à merveille les concepts développés par Carl Gustav Carus dans ses Neuf Lettres sur la peinture de paysage : l'expérience de la communion avec la vie de la terre (Erdlebenerlebnis) et l'art de la représentation de la vie de la terre (Erdlebenbildkunst).  

     

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    En Souvenir de Sorrente par Carl Gustav Carus (1828)

     

    En Italie, Carl Gustav Carus pose son chevalet dans la délicieuse ville de Sorrente, inondée de soleil, aux falaises baignées par les flots de la baie de Naples, face à l'île de Capri.

    Dans la toile En Souvenir de Sorrente, une femme tenant une petite fille par la main, s'apprête à franchir un porche sous lequel orangers et citronniers se penchent afin de se gorger de ciel bleu et de soleil. De cet emplacement, arbres et buissons contemplent le Golfe de Naples et, au loin, le majestueux Vésuve.

    La femme, qui porte une jarre bien équilibrée sur sa tête, est vêtue d'un corsage blanc, bleu et rouge, d'une longue jupe agrémentée d'un tablier blanc brodé, tandis que la fillette est habillée d'une courte robe bleue.

    Tout est beauté, douceur et paix dans ce paysage de la Campanie.

     

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  • Edward Robert Hughes, peintre préraphaélite britannique

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    Edward Robert Hughes

    Portrait par Maull & C° (National Portrait Gallery de Londres)

    (Source photographique : http://licornamuseum.over-blog.com/)

     

    Edward Robert Hughes (1851-1914), peintre préraphaélite anglais, était le neveu du peintre et illustrateur Arthur Hughes associé au mouvement préraphaélite.

    Né à Londres, Edward Robert Hughes choisit d'entrer à la Heatherley School of Fine Art de Londres afin de se préparer pour la Royal Academy of Arts qu'il intégra dès l'âge de dix-sept ans.


    Sa carrière de peintre débuta par des portraits de personnalités fortunées, puis il fut
     l'assistant de William Holman Hunt (1827-1910), peintre dont les œuvres d'une facture extrêmement minutieuse avaient pour base des préoccupations morales et religieuses. William Holman Hunt était également l'un des membres de la confrérie préraphaélite. Edward Robert Hughes aida dans la conception de plusieurs toiles William Holman Hunt qui souffrait d'un glaucome.

     

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    William Holman Hunt

    Autoportrait (1867)

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Expérimentant des techniques ambitieuses, Edward Robert Hughes, perfectionniste, réalisa beaucoup d'études pour ses toiles. Il affectionnait particulièrement l'aquarelle.

    Reconnu par la communauté artistique anglaise, il fut membre de Art Workers Guild, puis de The Royal Water Colour Society

    Ses œuvres avaient pour thèmes la mythologie, le fantastique, le romantisme et comportaient de nombreuses représentations de très belles jeunes femmes. Il exposa au Dudley Museum and Art Gallery à Dudley dans les West Midlands, à la Grosvenor Gallery à Londres, à The Royal Academy of Arts, puis avec The Royal Society of Painters in Water Colours.

    Il s'installa à St Albans dans le Hertfordshire et mourut après une appendicectomie.

     

    (Source biographique : Wikipedia en langue anglaise) 

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

    La Veille de la Walkyrie (The Valkyrie's Vigil)

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    La Veille de la Walkyrie (The Valkyrie's Vigil)

    par Edward Robert Hughes

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Pourrait-on rêver d'une Walkyrie plus romantique ? Assise sur les remparts d'un château fort, elle tient avec nonchalance son épée et son casque, semblant confier la sûreté de la forteresse et des domaines environnants davantage à la protection de son bras dénudé, de son tendre regard, qu'à la dissuasion combative que laisse entrevoir son épée.

    Le romantisme de la diaphane tunique bleue aux reflets argentés qu'a revêtue la Walkyrie, de son visage et de son corps nimbés d'une clarté vespérale apaisante, forme un contraste saisissant avec ses accessoires guerriers rendus inutiles par tant de beauté et de douceur.

     

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    Cœur de neige (Heart of Snow) par Edward Robert Hughes

     

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    Cœur de neige (Heart of Snow)

    par Edward Robert Hughes

     

    Une belle jeune femme à l'apparence fragile, couronnée de délicates fleurs blanches, semble insensible au contact glacial du sol neigeux où elle est étendue, vêtue d'une tunique diaphane. D'une main, elle soutient légèrement une des ses jambes repliée, tandis que l'autre pend nonchalamment dans le vide. S'est-elle allongée sur cette couche immaculée pour mourir ? Est-elle une fée des neiges ?

    Victoria Jean Osborne, dans son mémoire de thèse : "A British Symbolist in Pre-Raphaelite Circles : Edward Robert Hughes (1851-1914)" (Un symboliste britannique dans le monde des préraphaélites : Edward Robert Hughes...) (Université de Birmingham, octobre 2009), écrit que le peintre a uni Baudelaire et le symbolisme dans Cœur de neige en faisant référence à cette citation :

    "Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;

    J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;"

    (Baudelaire, les Fleurs du mal - La Beauté) 

     

    (Source : http://www.leicestergalleries.com/

     

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    Idylle de rêve (Dream Idyll) par Edward Robert Hughes

     

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    Idylle de rêve (Dream Idyll), 1902

    par Edward Robert Hughes

     

    Une Walkyrie, nue sur un cheval ailé qu'elle monte en Amazone, se tient fermement à l'une des ailes de son destrier. Elle regarde la ville, presque imperceptible, qui s'étend sous ses yeux avec ses maisons, son fleuve, ses ponts et défile au gré du rythme fougueux du cheval.

    La chevelure d'or de la Walkyrie et son corps dévêtu scintillent sous les nuages vaporeux, illuminant les diverses nuances bleues de la toile.

    La vitesse, l'énergie, l'effort engendrés par le magnifique coursier, congénère de Pégase, sont représentés par une buée diaphane soufflée par les naseaux de l'animal.

    La Walkyrie veut-elle, dans cette fantastique chevauchée mêlant symbolisme, mythologie et opéra, quitter Wotan, le dieu de la Guerre et du Savoir, et le paradisiaque Walhalla pour se fondre dans la vie de la cité qu'elle observe avec tant de curiosité ? 

     

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    Ève du solstice d'été (Midsummer Eve) par Edward Robert Hughes

     

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    Ève du solstice d'été (Midsummer Eve) 1908

    par Edward Robert Hughes

     

    Une fée couronnée de fleurs, vêtue d'une robe aux couleurs de la forêt : vert mousse, roux et ocre, soulève légèrement de ses deux mains sa robe pour dégager ses chevilles. Elle se penche vers les minuscules habitants des bois, farfadets, elfes et lutins.

    La jeune femme serre sous son bras gauche l'instrument de musique qui lui a permis d'appeler le petit Peuple de cette forêt magique accouru avec ses ailes de papillons et ses lumignons.

    Avec Ève du solstice* d'été, Edward Robert Hughes évoque, dans cet univers de légendes, les lucioles et leur "pouvoir" de luminescence.

     

    (Source : http://www.peintre-analyse.com/eve.htm. Glisser la souris sur "Toutes les analyses")

     

    * Solstice d'été : époque de l'année où le Soleil, dans son mouvement apparent sur l'écliptique, atteint sa plus forte déclinaison qui correspond à une durée du jour maximale (le 21 ou le 22 juin, début de l'été).

     

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    La Dame de Shalott (The Lady of Shalott) par William Holman Hunt et Edward Robert Hughes

     

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    La Dame de Shalott (The Lady of Shalott), 1905,

    par William Holman Hunt et Edward Robert Hughes

     

    Edward Robert Hughes aida William Holman Hunt, devenu presque aveugle, pour l'exécution de cette toile.

    Avec nombre de détails tourmentés, une profusion d'objets colorés hétéroclites, de riches ouvrages de tapisserie patiemment élaborés et la multitude de fils emmêlés qui retiennent Lady of Shalott prisonnière d'un mauvais sort, cette toile de William Holman Hunt et d'Edward Robert Hughes reflète toute l'angoisse de la jeune femme prise dans un piège tissé de ses propres mains.

    Une enceinte de cuivre aux supports artistiquement ciselés, faible rempart contre le monde extérieur qu'elle pourrait aisément franchir si, dans son immense et folle détresse, elle n'était ligotée par ses peurs et ses souffrances, entoure d'un cercle maléfique Lady of Shalott et tous les objets familiers de son minuscule univers.

     

    Article en liaison : "John William Waterhouse, peintre préraphaélite dans son univers mythologique" (The Lady of Shalott, 1888) :

    http://aufildespagesavecoceane.hautetfort.com/archive/2016/05/30/john-william-waterhouse-5808472.html

     

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  • Giorgio De Chirico, peintre énigmatique

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    Autoportrait par Giorgio De Chirico (1953)

    (Source photographique : http://surrealisme.skynetblogs.be/)

     

    Giorgio De Chirico est un peintre italien, né à Vólos, en Grèce, en 1888, décédé à Rome, en Italie, en 1978.

    Sa mère, Gemma Cervetto, est d'origine génoise, et son père, Evaristo De Chirico, est originaire de Palerme. Les déplacements dus à la carrière de son père, ingénieur des chemins de fer, font de Giorgio De Chirico un "Italien né hors d'Italie". Il a onze ans lorsque sa famille s'installe à Athènes, en Grèce. Passionné dès l'enfance par l'art, Giorgio De Chirico suit les cours de dessin du Polytekhnikon d'Athènes de 1900 à 1904.

    À la mort d'Evaristo De Chirico, en 1905, son épouse, Gemma, décide que ses fils, Giorgio et Andréa, poursuivront leurs études à Munich, en Allemagne. Giorgio De Chirico éprouvera toute sa vie l'angoisse des voyages et des départs.

    Chez le professeur d'harmonie de son frère Andréa, Max Reger, il s'extasie sur un album contenant des œuvres d'Arnold Böcklin. En 1920, Giorgio De Chirico dédie à Arnold Böcklin un texte exprimant "l'importance d'une telle "révélation" pour la formation d'un artiste."

    En 1908, Giorgio De Chirico rejoint sa mère et son frère à Milan, en Italie. Trois ans plus tard, il s'installe avec sa mère à Florence. Il plonge dans un état dépressif.

    Pendant les années 1910, il conçoit des œuvres représentant un monde théâtral et mélancolique où se dressent des statues sans visage. L'écrivain français Guillaume Apollinaire (1880-1918) puis les surréalistes s'intéressent au concept de la peinture métaphysique de Giorgio De Chirico, proche du surréalisme, et à ses "intérieurs métaphysiques" envahis par des objets hétéroclites.

    Le courant de la peinture métaphysique est centré autour de Giorgio De Chirico, son fondateur. Il ne fait pas école mais laisse ouverte une voie qui est reprise par les surréalistes. De Chirico pense que l’art ne doit pas avoir de rapport avec son propre temps, qu'il ne doit pas participer aux idéologies du moment, aux valeurs sociales ou à l’histoire de son époque, mais se situer en dehors, dépasser et s'élever au-dessus de ces valeurs, poser des questionnements d’ordre supérieur, des questionnements métaphysiques. (Site : http://www.histoiredelart.net/)

     

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    Intérieur métaphysique par Giorgio De Chirico

    (Source photographique : http://lartpourtous.)

     

    "Alors j'eus l'étrange sentiment de regarder ces choses pour la première fois et la composition du tableau se révéla à l'œil de mon esprit. Cependant, le moment est pour moi une énigme en ce sens qu'il est inexplicable. J'aime aussi appeler énigme l'œuvre qui en dérive." (Giorgio De Chirico)

    En 1912, il expose au Salon d'automne à Paris puis, sur les conseils d'Apollinaire, au Salon des indépendants. Apollinaire décrit ainsi ces "curieux paysages pleins d'intentions nouvelles, d'une forte architecture et d'une grande sensibilité"

    Il adhère au mouvement dada, mouvement de révolte né pendant la Première Guerre mondiale, dont la contestation culturelle se manifeste par la truculence provocatrice et la dérision.

    En 1919, à Rome et à Florence, Giorgio De Chirico copie des œuvres de Michel-Ange et de Raphaël. Il évolue vers un style classique, voire académique, qui abonde de références littéraires, antiques, s'accordant avec les positions du mouvement Novecento. Il lit l'écrivain allemand Friedrich Maximilien von Klinger (1752-1831), les philosophes allemands Arthur Schopenhauer (1788-1860) et Friedrich Nietzsche (1844-1900). Sous l'emprise intellectuelle de Nietzsche, il s'éloigne de l'influence des œuvres d'Arnold Böcklin, mais subit toujours la fascination des lieux étranges et mélancoliques.

    En 1924, il se lie d'amitié avec le peintre allemand naturalisé français Max Ernst (1891-1976). Giorgio De Chirico épouse une danseuse russe de la troupe de ballet fondée par Pirandello, Raissa Gourevitch. Il écrit de nombreux textes dans la revue la Révolution surréaliste. Mais il rompt avec les surréalistes deux ans plus tard.

    "André Breton voit en l’artiste le démiurge d’une « mythologie moderne » en formation (1920) avant de l’accuser de régressions anti-modernistes dès 1926." (Site : http://www.babelio.com/)

    En 1929, Giorgio De Chirico publie un ouvrage autobiographique qu'il a rédigé en français, Hebdomeros, ouvrage ressemblant à un roman surréaliste.

    Il multiplie les décors de théâtre, les illustrations et exécute soixante-six lithographies pour les Calligrammes d'Apollinaire.

    "L'univers de Giorgio De Chirico se construit sur une infinité d'évocations et de détails qui sont de lointaines réminiscences de l'enfance et de l'adolescence agitées par les trop fréquents départs et voyages : locomotives et trains, statues, arcades et gares, tours et chevaux." 

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    La mélancolie du départ par Giorgio De Chirico (1916)

    (Source photographique :https://2009sediments.wordpress.com/)

     

    En 1930, Raissa, l'épouse de Giorgio De Chirico lui présente, lors d'une soirée chez des amis peintres, Isabella Far, qu'il épouse en secondes noces et dont il multiplie les portraits.

    Pour le danseur et chorégraphe français d'origine russe Serge Lifar (1905-1986), Giorgio De Chirico réalise, en 1956, les décors et costumes d'Apollon musagète.

    En 1974, De Chirico est élu à l'Académie des Beaux-Arts de Paris.

    Il retourne, pour la dernière fois, en Grèce et réalise les décors d'Orphée et Eurydice du compositeur allemand Christoph Willibald, chevalier von Gluck.

    Son œuvre parfois inquiétante conduit le spectateur à s'interroger sans cesse. Le peintre écrit :

    "Ce que j'entends n'a aucune valeur, c'est seulement ce que je vois qui est vivant et lorsque je ferme les yeux ma vision est encore plus puissante."

    Giorgio De Chirico meurt à Rome à quatre-vingt-dix ans.

     

    Dans Le Monde du 12 février 2009, Philippe Dagen écrit : "De Chirico, le peintre qui fait grincer des dents. Une passionnante rétrospective à Paris révèle des œuvres extravagantes, "honteuses", inconnues."

    Il s'agit d'une exposition de 170 œuvres de Giorgio De Chirico au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, où "le pouvoir [de ces toiles] opère à la manière d'un charme."

    "Ces paysages anormaux, ces natures mortes disproportionnées, ces cieux jaune et vert, ces ombres plus longues et sombres que de raison, ces passants pétrifiés en statues, ces mannequins de couturière qui s'animent, rien de tout cela, que l'on nomme pittura metafisica, n'a perdu de son étrangeté."

    (Site : http://www.lemonde.fr/culture/)


    (Bibliographie : De Chirico. Ouvrage collectif, responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau. Éditions Cercle d'Art, 1995)

     

    Dans "Italies", sous le titre "La représentation de la femme dans les œuvres de Giorgio De Chirico", on peut lire un excellent article d'Anne Verger analysant "les deux catégories de femmes présentes dans l'œuvre de Giorgio De Chirico : la femme dépersonnalisée, anonyme, des œuvres de jeunesse et la femme évidente, reconnaissable, représentée par la mère et les deux épouses de l'artiste."

    (Site : https://italies.revues.org/ 

     

    Article en relation : Arnold Böcklin, peintre des ténèbres

    (http://aufildespagesavecoceane.hautetfort.com/archive/2016/04/18/arnold-bocklin-peintre-symboliste-5790033.html)

     

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    Giorgio De Chirico (portrait par Carl van Vechten)

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

    Le Rivage de Thessalie (1926)

      

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    Le rivage de Thessalie par Giorgio De Chirico (1926)

     

    Avec Le rivage de Thessalie, Giorgio De Chirico offre, grâce à ses références à des formes antiques, une pluralité de sens à chaque figure. La cheminée pourrait être une tour ou bien un monument.

    L'homme nu, sans regard vers l'extérieur, semble être le modèle mythologique d'une sculpture dont il ne reste plus que le piédestal. À l'appel d'un magnifique cheval blanc, probablement né des flots, l'homme est descendu de son socle de pierre pour le rejoindre.          

     

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    L'atelier de l'artiste à Paris (1933-1934)

     

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    L'atelier de l'artiste à Paris par Giorgio De Chirico (1933-1934)

     

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    Les Ménines par Vélasquez (1656)

     

     

     

     

     

     

     

    Avec L'atelier de l'artiste à Paris, Giorgio De Chirico reprend plusieurs éléments de la toile Les Ménines du peintre espagnol Vélasquez (1599-1660) tels qu'un tableau dans le tableau, un chien, la porte au fond de l'atelier, le portrait du peintre.

    Le personnage féminin vu de dos dans L'atelier de l'artiste à Paris est Isa, la seconde épouse de Giorgio De Chirico. Le chien, dont la tête se trouve à la hauteur du visage d'Isa De Chirico, surprend et inquiète tant il semble dans l'attente d'un mouvement.

     

    (Source bibliographique : De Chirico, ouvrage collectif, responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau (Éditions Cercle d'Art, 1995) 

     

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    Le retour d'Ulysse (1968)

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    Le retour d'Ulysse par Giorgio De Chirico (1968)

    (Source photographique : http://twist97431.e-monsite.com/)

     

    L'œuvre de Giorgio De Chirico influençe les premières années de la carrière de René Magritte. Avec Le retour d'Ulysse, Giorgio De Chirico s'est plu "à mettre en scène le calembour visuel à la manière très littéraire d'un Magritte. [...] Une sorte de parodie amusante des influences qui peuvent circuler entre artistes."

    Ulysse, dans une barque, est transporté... avec les flots, à l'intérieur d'un appartement dont la porte, restée ouverte, a laissé le passage à cette étrange invasion. Par la fenêtre on aperçoit une demeure d'un autre temps. Un tableau représentant une statue au centre d'une place déserte rappelle l'architecture métaphysique des premières toiles de Giorgio De Chirico.

     

    (Source bibliographique : De Chirico. Ouvrage collectif. Responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau (Éditions Cercle d'Art, 1995).

     

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    Mady Ménier écrit : "Les visages de Giorgio De Chirico sont aussi multiples que les prémonitions dont il fut porteur et les interprétations contradictoires auxquelles son œuvre est encore soumise aujourd'hui." (De la Métaphysique au physique pour une histoire contemporaine de l'art, Publications de la Sorbonne, 1995).

    À voir : de nombreuses toiles de Giorgio De Chirico sur le site : http://www.college-madamedesevigne-mauron.ac-rennes.fr/

     

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  • Carl Larsson, peintre suédois farouche et indépendant

     

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    Autoportrait par Carl Larsson (1895)

     

    Carl Larsson est un peintre suédois, aquarelliste, fresquiste et dessinateur. Il naît en 1853 à Stockholm et décède en 1919 à Sundborn en Suède.

     

    Meurtri par son enfance malheureuse dans le quartier le plus pauvre de Stockholm, il se décrit comme "un vilain petit prolétaire chétif, mal aimé, sans cesse houspillé...". Il fréquente une école pour les enfants des familles démunies où un professeur décèle son talent pour le dessin et la peinture. Ce professeur lui conseille de s'inscrire à la principskola de l'Académie royale des Arts de Suède fondée en 1773 par le roi Gustave III de Suède. Carl Larsson s'engage avec succès dans cette voie.

    Il reçoit la Médaille Royale, la plus haute distinction habituellement assortie d'une bourse d'études à l'étranger, mais l'Académie suédoise des Beaux-Arts lui refuse la bourse de voyage. Il se rend à Paris en 1876-1877 et passe plusieurs mois avec l'école de Barbizon.

    Afin d'échapper à la misère, il illustre des contes et travaille comme retoucheur-photographe, mais il est dépressif et ce triste état, qui ne l'a pas quitté depuis Stockholm, le poursuit à Paris. Le peintre est tenté de mettre fin à son existence.

    Le Salon de 1881 lui refuse une toile intitulée La Fille de la Sorcière.

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    La Fille de la Sorcière par Carl Larsson (1881)

     

    Carl Larsson découvre à Grez-sur-Loing, près de Fontainebleau, une communauté d'artistes scandinaves. Parmi eux se trouve Karin Bergöö, dont le père est un homme d'affaires suédois. Carl Larsson épouse Karin en 1883, qui lui inspire une aquarelle intitulée La Jeune Mariée.

    Georg Nordensvan, le biographe de Carl Larsson, trace en 1884 une étonnante description de l'artiste : "un volcan en ébullition au cratère ouvert à tous vents, un esprit inquiet oscillant d'un extrême à l'autre, s'essayant à tout, parfois désespéré au point de jeter sa palette contre les murs, parfois d'humeur exubérante, sourire jusqu'aux oreilles et regard fripon, agitant son bonnet de Pierrot, ou encore sombre et solitaire, convaincu que la paix de l'âme ne s'obtient que par une soumission absolue à la fatalité."

     

    Les Salons de 1883 et 1884 acceptent enfin des toiles de Carl Larsson.

    Ses aquarelles sont exécutées avec une grande finesse de trait, des nuances chaudes ou encore des teintes parfois translucides et vaporeuses. Il peint les joies simples de la campagne, des scènes tendres et touchantes de sa vie familiale -Karin et Carl Larsson ont huit enfants-, le charme de sa maison.

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    A Studio Idyll par Carl Larsson (1885)

    (Karin Larsson et sa fille Suzanne à Paris)

     

    Les jeunes artistes suédois souhaitent créer le "Salon des Opposants" à Stockholm, en 1885. Carl Larsson se charge d'organiser l'exposition qui obtient un vif succès.

    En 1886, Carl Larsson est nommé directeur de l'École du Musée d'Art de Göteborg, où il est également professeur.

     

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    Intérieur de la galerie Fürstenberg à Göteborg par Carl Larsson (1885)

     

    En 1889, le père de Karin offre au jeune couple la maison de Sundborn, un bien de famille, dans la région de Dalécarlie, province historique du centre de la Suède.

    Carl Larsson se voit attribuer les fresques monumentales du grand escalier du Musée national de Stockholm. Il conçoit six fresques à l'huile qui deviennent la cause de graves soucis car, au cours de leur réalisation, il contracte une maladie des yeux qui empire au fil des ans.

    Il peint les aquarelles destinées à l'album Notre Maison (1894-1896), série où il reproduit des intérieurs appartenant à des familles bourgeoises, friandes de ces élégants albums qui connaissent une importante diffusion. Les jeunes couples sur le point de fonder un foyer trouvent l'inspiration du décor de leur futur logis dans l'univers coloré de Carl Larsson. Ses aquarelles influencent toujours, au XXIe siècle, la décoration intérieure en Suède.

    En 1908 et 1909, il peint les aquarelles de l'album Du Côté du Soleil, éclatantes d'un bonheur peut-être factice, d'une félicité surfaite.

     

    Le peintre, farouche et indépendant, est loin de suivre le conformisme de la peinture suédoise. Cependant, ses œuvres plaisent à la bourgeoisie qui apprécie leur originalité et leur cachet pittoresque. Au-delà des influences françaises, il reste fidèle à l'art ancien des écoles du Nord et conserve l'amour du détail, du dessin précis aux contours sombres qui lui permet d'user avec bonheur de couleurs claires.

    Il écrit ses mémoires : Moi, puis il décède à Sundborn, en 1919, à la suite d'une hémorragie cérébrale.

     

    "Larsson invente un style où la ligne élégante contient la couleur vive. Cette solution esthétique, consensuelle, entre tradition classique (qui rappelle la manière du peintre français Ingres) et modernité impressionniste, plaît dans son pays comme à l'étranger." 

    (Source : https://www.connaissancedesarts.com/)

    En 2014, une exposition, intitulée "Carl Larsson, l'imagier de la Suède" et présentant cent vingt œuvres : aquarelles, peintures, estampes et meubles, s'est tenue au Petit Palais, à Paris.

    (Source : http://www.petitpalais.paris.fr)

    Voir aussi la sélection de visuels de l'exposition "Carl Larsson, l'imagier de la Suède" :

    http://www.spectacles-selection.com/ 

     

    L'écrivain français Philippe Delerm, sur France Inter, en 2014, s'exprime au sujet de l'exposition d'œuvres de Carl Larsson, "Rester du Côté du Soleil" : "La peinture de Larsson peut paraître semblable à des images d'Épinal, un rien mièvre, et trop sage. En fait, Larsson est un grand technicien de l'aquarelle, et derrière les images sages se cache beaucoup de mélancolie."

     

    Sources bibliographiques et biographiques :

    . Carl Larsson. Aquarelles par Bo Lindwall. Traduit du suédois par Anna Gibson (Édition Bibliothèque de l'image, 1994). 

    . Wikipédia.

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

    L'Étang de Grez-sur-Loing (1883)

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    L'Étang de Grez-sur-Loing par Carl Larsson (1883)

     

    Des bâtiments gris et des arbres aux branches dénudées se reflètent dans l'étang ocré par les nuages glissant posément devant un soleil boudeur. Au premier plan, dans la partie de droite, Carl Larsson a usé des teintes vaporeuses et floues dont il aime tant la présence dans ses aquarelles pour peindre la rive, le chemin, les arbustes, un pot de terre renversé...

    Ces nuances vaporeuses se retrouvent dans l'étang et sur son autre rive. Du linge sèche au-dessus d'un champ, apportant une note d'intimité campagnarde. Devant le porche du bâtiment, des blocs disjoints servent de passerelle pour traverser l'étang.

    Une douce paix enveloppe ce paysage si calme dans sa simplicité...

     

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    Fleurs de pommier (1894) 

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    Fleurs de pommier par Carl Larsson (1894)

    Cette aquarelle dont le titre pétille d'humour, car la fillette, Brita, une des filles de Karin et Carl Larsson, qui enlace gracieusement un pommier en fleur tandis qu'elle esquisse de sa main libre soulevant le bord de sa robe une  ravissante révérence, pourrait, elle aussi, être qualifiée de fleurs de pommier tant ses joues couleur pomme d'api et son joli bonnet rose en dessinent une image d'enfant "craquante".

    Le pommier s'appuie sur un tuteur et se hâte de dépasser le toit de la maison familiale. Les couleurs du chemin qui mène à la maison aux chauds murs rouges située à l'arrière-plan, les végétations qui l'accompagnent, sont vaporeuses et transparentes.

    Carl Larsson a peint, avec la toile Fleurs de pommier, une charmante scène bucolique.

     

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    La Maison (1894-1896)

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    La Maison par Carl Larsson (1894-1896)

     

    Cette aquarelle, extraite de l'album "Notre Maison", me charme par la finesse de ses traits, par le rappel du procédé de la gravure avec ses contours sombres laissant éclater les joyeuses et chaudes couleurs de la maison familiale et les diverses nuances de la végétation foisonnante.

    Au premier plan, voici les vaporeuses arabesques des fleurs et des herbes. Approchons-nous de la maison pour voir cet arbre en fleur s'amusant à la dépasser afin de caresser le ciel. Une minuscule barrière verte se confond avec la végétation et semble dire au visiteur : "Le peintre m'a déposée là, tel un clin d'œil plein d'humour, car regardez bien tous les accès tracés par les arbustes !"

    Cette maison idyllique semble protéger, par le mystère de ses vitres sombres, le secret d'un paisible bonheur.

     

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    La Pêche aux écrevisses (1894-1896) 

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    La Pêche aux écrevisses par Carl Larsson (1894-1896)

     

    Cette aquarelle est également extraite de l'album "Notre Maison". Elle met en valeur les visages et les attitudes des deux jeunes femmes et des enfants qui occupent la moitié de la toile avec la table déjà préparée, l'abondante pêche d'écrevisses, le feu de bois et la barque.

    Deux hommes et un enfant, vus de dos, poursuivent leur fructueuse pêche dans une eau d'une grande pureté.

    Des arbres, peints avec une extrême finesse complètent la sensation de fraîcheur et l'atmosphère de paix régnant sur ce tableau qui dut subir de multiples reproductions, tant sur les passeports que sur des boîtes de produits de consommation...

     

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    Brita et moi (1895)

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     Brita et moi par Carl Larsson (1895)

     

    L'autoportrait de Carl Larsson est exécuté "surmonté" de sa fille Brita, rieuse et ravie de la situation malgré sa position instable sur les épaules de son père.

    À l'arrière-plan, on aperçoit la décoration conçue par Karin Larsson, cette dernière ayant mis fin à sa carrière artistique pour se consacrer à ses nombreux enfants et à son intérieur.

     

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    La Cuisine (1898)

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    La Cuisine par Carl Larsson (1898)

     

    La Cuisine est aussi une aquarelle extraite de l'album "Notre Maison" que les jeunes couples suédois consultent encore pour s'inspirer des décorations imaginées par Karin et Carl Larsson. La félicité règne dans ce tableau représentant une tranche de vie familiale empreinte de bonheur domestique.

    Au centre, Carl Larsson a peint deux de ses filles. La plus grande prépare du beurre à l'aide d'une baratte. La cadette suit attentivement les gestes de sa sœur. Au premier plan, à gauche, le peintre a placé une chaise d'une chaude couleur rouge, couleur qui égaye souvent les aquarelles de Carl Larsson dans l'album "Notre Maison". À droite, un chaton blanc se tient à côté d'une cuisinière en fonte et semble très intéressé par ce qu'il est seul à voir.

    À l'arrière-plan, à gauche, un tonneau vert, destiné sans doute à recevoir l'eau nécessaire à la cuisine, est posé sur le sol. Un petit récipient blanc, près du tonneau, contient probablement de l'eau pour le chaton. Un rideau au-dessus de la fenêtre entrouverte semble s'envoler au gré d'une fraîche brise...

     

    À lire aussi : une excellente description de La Cuisine dans le site http://pharouest.ac-rennes.fr

     

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    Une Fée (1899)

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    Une Fée par Carl Larsson (1899)

     

    J'avance avec une vive curiosité dans cette forêt enchanteresse, ce lieu sauvage paradisiaque où la végétation croît dans un merveilleux désordre et une débauche de couleurs tendres. Arbres, arbustes et fleurs aux nuances transparentes, vaporeuses encore dans cette aquarelle, me conduisent vers la Fée.

    Je découvre avec surprise une petite fille aux joues rouges et rebondies, une poupée qui détient ce lourd rôle de fée et serre contre elle un bouquet de fleurs qu'elle imprègne de sa tendresse avant, peut-être, de l'offrir aux humains qu'elle rencontrera dans cette forêt aux mille sortilèges... 

     

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  • John William Waterhouse, peintre préraphaélite dans son univers mythologique

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    John William Waterhouse (vers 1886)

     

    John William Watherhouse (1849-1917), peintre britannique néoclassique et préraphaélite, naquit en Italie, à Rome. Ses parents, Isabela et William Waterhouse étaient peintres. Lorsque John William Waterhouse eut cinq ans, sa famille s'établit en Grande-Bretagne, à Londres.

    Le père de John William Waterhouse lui enseigna son art jusqu'à son admission à la Royal Academy, en 1870. Ses premières œuvres furent de facture très classique. En 1872, il exposa à la Société des Artistes britanniques. En 1874, à vingt-cinq ans, il présenta l'allégorie classique Sleep and his half-brother Death (Le Sommeil et son demi-frère la Mort) à l'exposition d'été de la Royal Academy où ce tableau fut très admiré. Presque tous les ans, jusqu'à sa mort, il poursuivit sa participation à l'exposition de la Royal Academy.

     

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    Sleep and his half-brother Death (Le Sommeil et son demi-frère la Mort)

    par John William Waterhouse (1874)

     

    Il voyageait régulièrement à l'étranger, surtout en Italie, de 1877 à 1880. Il épousa la fille d'un professeur d'art, Esther Kenworthy, en 1883. Le couple n'eut pas d'enfant.

    En 1895, John William Waterhouse fut élu membre de la Royal Academy of Arts. Le financier Alexandre Henderson (1850-1934) lui apporta son soutien et lui acheta de nombreux tableaux entre 1903 et 1917.

    Très admiré pour son imagination, John William Waterhouse fut l'un des peintres britanniques les plus appréciés du XIXe siècle. Il connut la célébrité grâce à ses tableaux de femmes inspirés des thèmes de la littérature anglaise et de la mythologie grecque. Il éprouvait une grande passion pour les mythes d'Homère et d'Ovide, tels qu'ils ont été interprétés par William Shakespeare, Alfred Tennyson et John Keats. J. W. Waterhouse créa un type distinctif de beauté féminine intemporelle qui domina sa peinture. Fasciné par les mythes d'enchanteresses, il consacra une partie de son œuvre à la représentation de femmes fatales au charme vénéneux.

     

    "Très connu de son vivant, John William Waterhouse disparaît ensuite rapidement dans le flot des peintres victoriens actifs à la fin du XIXe siècle. [...] Son éclectisme et son imagerie surannée expliquent en partie l'oubli dans lequel il tombe après sa mort. [...] On note cependant un regain d'intérêt pour sa peinture depuis les années 2000 : ses œuvres figurent désormais  dans plusieurs expositions monographiques ou collectives.

    Sans révolutionner l'art de son temps, Waterhouse modernise l'esthétique préraphaélite par une approche moins réaliste et plus poétique de la peinture. La liberté de traitement et la spontanéité d'exécution dont il fait preuve à partir des années 1880 [...] le placent en marge des dizaines d'artistes anglais qui, au tournant du siècle, peignent toujours les mêmes thèmes dans le même style." (Delphine Gervais de Lafond)

     

    "Il se révèle comme un "préraphaélite moderne", imprégné qu'il était de l'émotivité colorée de Rossetti, Millais et Holman Hunt, mais aussi entièrement pénétré par les innovations techniques captivantes qui surviennent en France à la fin du XIXe siècle." (Elizabeth Prettejohn)

     

    Bibliographie :

    . John William Waterhouse, le préraphaélite moderne par Delphine Gervais de Lafond (Éditions 50 Minutes, 2015).  

    . J. W. Waterhouse (1849-1917) : Le préraphélite moderne par Elizabeth Prettejohn (BAI, 2009).

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    The Lady of Shalott (1888) par John William Waterhouse

     

    Le plus grand poète de l'ère victorienne, lord Alfred Tennyson (1809-1892) écrivit le célèbre poème romantique The Lady of Shalott, dont voici des extraits :

     

                    "La Dame de Shalott

    De chaque côté de la rivière s'étendent

    De longs champs d'orge et de seigle,

    Qui couvrent les plateaux et rejoignent le ciel ;

    Et à travers les champs la route mène

    Au très imposant Camelot ;

    Et les gens vont et viennent,

    Regardant où poussent les lys

    Autour d'une île là en bas,

    L'île de Shalott.

    [...]

    Quatre murs gris et quatre tours grises

    S'ouvrent sur un espace de fleurs,

    Et l'île silencieuse garde dans sa chaumière

    La Dame de Shalott.

    [...]

    Là, elle tisse de nuit et de jour

    Un tissu magique aux couleurs éclatantes,

    Elle a entendu une rumeur dire

    Qu'une malédiction s'abattrait sur elle si elle restait

    À regarder en bas vers Camelot.

    [...]

     Et parfois à travers le miroir bleu

    Les chevaliers vont à cheval deux par deux

    Elle n'a pas de loyal et fidèle chevalier,

    La Dame de Shalott.

    Mais dans son tissu elle se réjouit quand même

    De tisser les spectacles magiques de son miroir,

    Car souvent durant les nuits silencieuses

    Des funérailles avec parades, lumières,

    Et musique, allaient à Camelot ;

    [...] 

    Un bref salut des bords de sa chaumière,

    Il chevaucha entre les gerbes d'orge,

    Le soleil vint éclaboussant à travers les feuilles,

    Et s'enflamma sur les guêtres cuivrées

    Du brave Messire Lancelot.

    [...]

    Elle descendit et trouva une barque

    Laissée à l'eau au-dessous du saule,

    Et à l'angle de la proue elle écrivit

    La Dame de Shalott.

    [...]

    Et à la fin du jour

    Elle desserra la chaîne et s'allongea ;

    Le courant l'emporta au loin

    La Dame de Shalott. [...]"

    (Sir Alfred Tennyson)

     

    La Dame de Shalott, victime de la méchanceté d'une fée maléfique, reçut l'interdiction de regarder directement les spectacles et autres péripéties du monde extérieur. Condamnée à voir ce monde si vivant uniquement dans le reflet de son miroir, elle entreprit de tisser jour et nuit ce qu'elle apercevait, confiant à sa tapisserie les joies et chagrins éprouvés par des êtres humains dont elle ne pouvait qu'envier une existence dont elle était si cruellement éloignée.

    Par une journée ensoleillée, la Dame de Shalott aperçut Lancelot dans son miroir. Refusant de ne voir que le reflet du chevalier, elle abandonna son miroir pour véritablement l'observer et déclencha ainsi la malédiction annoncée par la fée. Sous la tempête qui se produisit alors, la Dame de Shalott s'enfuit de sa demeure, prit une barque, en recouvrit l'un des bords avec la longue tapisserie tissée durant toute sa captivité et inscrivit sur la proue de l'embarcation : "La Dame de Shalott". Elle navigua en chantant une complainte vers Camelot où se trouvait Messire Lancelot. Son sang se gela peu à peu et son corps fut trouvé par Lancelot, les dames et les chevaliers de Camelot qui prièrent pour le repos de son âme.

     

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    The Lady of Shalott (1888)

    par J. W. Waterhouse

     

    La Dame de Shalott, vêtue d'une robe blanche ornée d'une ceinture noire et de broderies ocre s'harmonisant avec la large tapisserie étendue sur la partie tribord de l'embarcation, tient la chaîne qui l'attache encore à la vie. Sa longue chevelure rousse semble parée pour affronter la tempête qui éteindra la dernière des trois chandelles, près de la proue, symbolisant la vie.

    La Dame de Shalott, qui tente d'échapper à un destin imposé dès sa naissance, est la seule touche de clarté du tableau. La barque, l'eau, la végétation automnale et, à l'arrière-plan, les arbres immenses créent un environnement sombre, étouffant, présage d'un drame inéluctable...

     

    Lien indiqué dans son commentaire par Jean-Claude que je remercie infiniment :

    https://www.youtube.com/  (The Lady of Shalott by Loreena McKennit with Lyrics)

     

    Article en liaison avec "Edward Robert Hughes, peintre préraphaélite britannique" (La Dame de Shalott, 1905, par William Holman Hunt et Edward Robert Hughes :

    http://aufildespagesavecoceane.hautetfort.com/archive/2017/01/25/edward-robert-hughes-peintre-preraphaelite-britannique-5903196.html

      

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    Ulysse et les Sirènes (1891) par John William Waterhouse

     

    Ulysse, héros grec, roi légendaire d'Ithaque, fils de Laërte, époux de Pénélope et père de Télémaque, a ordonné à ses rameurs de se protéger de la musique et des voix des sirènes, réputées comme les plus belles du monde, mais aussi extrêmement dangereuses, car les marins, envoûtés par leurs chants, ne songent plus à diriger leur embarcation qui se fracasse contre les falaises. Les sirènes peuvent ainsi dévorer les cadavres. Ces génies funèbres et sanguinaires ont une tête et un buste de femme sur un corps d'oiseau. Les marins portent un bonnet emprisonnant leurs oreilles, J. W. Waterhouse ayant remplacé, pour une raison de visibilité, par des bonnets de diverses couleurs la cire d'abeille conseillée par la magicienne Circé.

    Ulysse, poussé par une intense curiosité, veut entendre les voix et les chants des sirènes. Il s'est fait attacher au mât et six sirènes convergent vers lui. Une septième tente d'envoûter un rameur.

    Le bateau semble être enfermé entre d'immenses falaises sombres et abruptes et son équipage livré à la perversité des sirènes au visage et à la somptueuse chevelure des femmes préraphaélites qu'aime peindre J. W. Waterhouse.

    Ulysse fixe intensément son regard sur deux yeux peints au creux de la poupe afin de ne pas succomber aux mélopées suggestives et fascinantes des sirènes. Conscients du péril qu'ils encourent, les marins rament vigoureusement pour éloigner le navire des hallucinantes musiciennes.

    Source : http://artifexinopere.com/?p=1136

     

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    Windflowers (1903) par John William Waterhouse

     

    John William Waterhouse a peint une série de tableaux de femmes luttant contre le vent dans des paysages bucoliques.

    Dans la toile Windflowers, une jeune femme vue de profil, le visage aux traits fins, de longs cheveux auburn, vêtue d'une tunique blanche aux bordures couleur des fleurs de l'impatiente (ou balsamine) assorties à sa robe dont on aperçoit les manches et le bas, avance pieds nus, résistant au vent qui la pousse. Elle maintient sa chevelure d'une main et, de l'autre, tente de protéger  dans un pan retroussé de sa tunique un bouquet de fleurs qu'elle vient de cueillir.

    La végétation ployant sous le vent, les innombrables fleurs des champs entourant la jeune femme, le ruisseau qui traverse le paysage, les arbres en fleur contribuent à la charmante poésie de ce tableau. À l'arrière-plan, les montagnes mauves que l'on aperçoit entre les arbres verdoyants prolongent cette harmonie de douces nuances.

     

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    Boréas (1903) par John William Waterhouse

     

    Avec la toile Boréas John William Waterhouse peint une jeune femme brune, vue de profil, aux traits fins, drapée dans un voile indigo qui l'enserre gracieusement. Un de ses bras est dénudé et maintient en un geste charmant le voile sur sa tête alors que le tissu, gonflé par le souffle puissant du vent du nord, dont la personnification est Borée dans la mythologie grecque, se transforme en une corolle semblant vouloir protéger le visage de la jeune femme. Une fleur blanche est posée sur son oreille. Sa robe d'un bleu profond, également en voile, est ornée de fleurs.

    Parmi la végétation sombre, quelques fleurs blanches apportent des notes claires, tandis qu'à l'arrière-plan d'énormes nuages floconneux, d'une blancheur de neige, sont, comme la jeune femme qui résiste, poussés par le vent du nord.

     

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    Ophelia (1910) par John William Waterhouse

     

    John William Waterhouse a peint trois versions de la mort d'Ophélie, mais aucune d'entre elles ne montre l'héroïne shakespearienne se noyant, contrairement aux toiles conçues par John Everett Millais, peintre britannique (Ophélie, 1851 - 1852), et par les peintres français Eugène Delacroix (La Mort d'Ophélie, 1853, entre autres tableaux d'une série représentant la mort d'Ophélie) et par Alexandre Cabanel (Ophélie, 1883).

     

    Ophélie, ou Ophelia, a inspiré de nombreux peintres du XIXe siècle. Personnage de la tragédie Hamlet (ou La Tragique Histoire d'Hamlet, prince de Danemark, 1603) de William Shakespeare, Ophélie est la fille de Polonius, chambellan et conseiller du roi du Danemark. Bouleversée par le gâtisme de son père, la jalousie de son frère et l'attitude incompréhensible de Hamlet qui feint de ne pas l'aimer, elle devient folle et se noie.

    "C'est là qu'elle est venue, portant de fantasques guirlandes de renoncules, d'orties, de marguerites et de ces longues fleurs pourpres que les bergers licencieux nomment d'un nom plus grossier, mais que nos froides vierges appellent doigts d'hommes morts." (Extrait des Œuvres complètes de William Shakespeare, tome 1, 1859, Paris, Pagnerre - cité par Delphine Gervais de Lafond).

     

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    Ophélie (1851-1852) par John Everett Millais

     

    Le poète français, génie précoce, Arthur Rimbaud (1854-1891), fut aussi inspiré par la triste Ophélie :

     

                                      "Ophélie

                                              I

    Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles

    La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,

    Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...

    - On entend dans les bois lointains des hallalis.

     

    Voici plus de mille ans que la triste Ophélie

    Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;

    Voici plus de mille ans que sa douce folie

    Murmure sa romance à la brise du soir.

     

    Le vent baise ses seins et déploie en corolle

    Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;

    Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,

    Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

     

    Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;

    Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,

    Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :

    - Un chant mystérieux tombe des astres d'or."

     

                                          II

    Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !

    Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !

    - C'est que les vents tombants des grands monts de Norwège

    T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

     

    C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,

    À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;

    Que ton cœur écoutait le chant de la Nature

    Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

     

    C'est que la voix des mers folles, immense râle,

    Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;

    C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,

    Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

     

    Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !

    Tu te fondais à lui comme une neige au feu :

    Tes grandes visions étranglaient ta parole

    - Et l'Infini terrible effara ton œil bleu ! 

     

                                       III

    Et le poète dit qu'aux rayons des étoiles

    Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,

    Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,

    La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys."

    (Arthur Rimbaud)

     

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    Ophelia (1910) par J. W. Waterhouse

     

    John William Waterhouse a peint ici une jeune femme au masque tragique, l'air égaré. Ses longs cheveux, d'une couleur proche de celle de l'arbre auquel elle s'appuie un instant, le corps penché en avant, peut-être dans sa course folle à la rencontre de la Mort, sont parsemés de fleurs sauvages.

    Elle tient dans un pan de sa robe deux bouquets de fleurs. À l'arrière-plan, sur un pont en bois, deux femmes la regardent, tandis qu'Ophelia leur tourne le dos. Derrière elle, des nénuphars, sur l'eau, semblent attendre l'imminente fin tragique de la pauvre désespérée.  

     

    Bibliographie : Sir John Everett Millais et l'obsession du détail par Delphine Gervais de Lafond (Éditions 50 Minutes). 

     

    Autres liens indiqués dans son commentaire par Jean-Claude (grand merci à ce Lecteur) :

    http://likeamelody.fr/ (Vintage : Nick Cave et Kylie Minogue - Where the Wild Roses Grow)

    . http://www.universalmusic.fr/2434-alain-bashung (Alain Bashung : Fantaisie Militaire) 

    . http://disc-cover (P J Harvey et Ophelia).

     

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  • Caspar David Friedrich, peintre solitaire face aux forces de la Nature

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    Portrait de Caspar David Friedrich (vers 1810-1820)

    par Gerhard von Kügelgen

    (Source : Wikimedia Commons) 

     

    Caspar David Friedrich (Greifswald, près de Stralsund, en Poméranie (Allemagne), 1774 - Dresde, Allemagne, 1840) est un peintre paysagiste. Son père était fondeur de savon et de cire.

    À quatorze ans, l'existence de Caspar David Friedrich fut à jamais bouleversée par la mort de son frère. Lors d'une partie de patinage, la glace se rompit. Son frère le sauva de la noyade mais perdit lui-même la vie.

    C. D. Friedrich suivit pendant plusieurs années, à Greifswald, des cours chez le maître dessinateur et ingénieur civil Johann Gottfried Quistorp, où il reçut un enseignement préparatoire à l'exercice d'une profession. Il dessinait aussi des objets artisanaux en les enrichissant de son art.   

    Caspar David Friedrich acquit, pendant une formation de quatre ans à l'Académie royale des Beaux-Arts du Danemark, à Copenhague, de solides connaissances techniques en dessin qui lui assurèrent une base sérieuse et stable pour le développement de ses activités artistiques ultérieures. Un de ses professeurs, Nicolai Abraham Abildgaard (1743-1809), peintre paysagiste, dessinateur et architecte danois, l'influença par son goût pour la mythologie nordique.  

    En 1798, Friedrich s'établit en tant qu'artiste peintre à Dresde, en Allemagne. Sous son impulsion et celle du peintre, dessinateur, écrivain et théoricien de l'art allemand Philipp Otto Runge (1777-1810), la peinture romantique primitive naquit à Dresde vers 1802. "Les problèmes historiques et culturels constituaient leur base de travail, car, à leurs yeux, l'art devait participer à l'évolution positive de l'histoire de l'humanité. Ces deux artistes étaient des individualistes géniaux [...]". (Horst Koch)

    Johann Christian Dahl était lié à Friedrich par une solide amitié. Les toiles de la période de Dresde de Dahl furent peintes en contact étroit avec Friedrich, chacun des deux amis prouvant qu'il était attentif à l'expérience de l'autre.  

    Caspar David Friedrich entretint une correspondance abondante avec l'écrivain allemand Goethe (1749-1832) qui l'inspira grâce à son ouvrage La Théorie des couleurs, publié en 1810.

    Carl Gustav Carus (1789-1869), biologiste goethéen, médecin et peintre allemand, fut un des amis intimes de Friedrich et édita de nombreuses notes et conversations qui permirent de mieux le connaître.

    En 1818, Caspar David Friedrich épouse Christiane Caroline Bommer. 

     

    "Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu'il voit en face de lui, mais aussi ce qu'il voit en lui." (Caspar David Friedrich)

     

    De l'œuvre terminée Caspar David Friedrich attendait la perfection tout comme l'attendaient les peintres du Classicisme. En revanche, la voie suivie pour arriver à cette image parfaite lui était incontestablement plus importante. Friedrich prenait la Nature terrestre, l'emplissait de forces spirituelles et mystiques, en créait des images, des portraits, des paysages. Il reliait entre eux des thèmes de différents sites et époques, transposant ruines, montagnes et paysages, révélant la Nature telle qu'il la voyait, telle qu'il la ressentait en lui. 

    Il concevait des paysages romantiques empreints de spiritualité, sans référence à l'art antique ou à l'art italien. Contrairement à beaucoup de peintres du XIXe siècle, il ne se rendit pas à Rome car il craignait que les sites méditerranéens ne détruisissent son esthétisme qui se complaisait dans la peinture des paysages nordiques. 

    "L'art se présente comme médiateur entre la nature et l'homme. Le modèle primitif est trop grand, trop sublime pour pouvoir être saisi." (Caspar David Friedrich) 

    Il vécut sans exercer aucune influence sur ses contemporains et n'eut pas le bonheur de transmettre valablement ses connaissances à des élèves. Sa conception symbolique de l'art ne pouvait s'accorder avec le prosaïsme de l'époque Biedermeier, nom donné au style de la peinture et des arts décoratifs des années 1815-1848, s'adressant aux classes moyennes, en Allemagne et en Autriche.

    "Les possibilités d'un tel dialogue spirituel avec les gens intéressés par les œuvres d'art étaient extrêmement réduites, du moins dans la première moitié du XIXe siècle, avec comme conséquence des conditions économiques de base foncièrement négatives pour les artistes romantiques. C'est ainsi par exemple que C.D. Friedrich a passé sa vie dans la misère tandis que pas mal de ses collègues se voyaient acculés à d'autres activités entravant leur progression artistique... mais qu'ils devaient accepter pour tout simplement survivre. Au-delà de la misère économique, l'exemple de Friedrich prouve également que l'absence d'un public accentuait chez les artistes un sentiment d'abandon, de ne travailler que dans le vide." (Horst Koch)

    Des périodes de plus en plus fréquentes de mélancolie et de timidité en public l'isolèrent progressivement. Il semblait subir les affres d'une inapaisable nostalgie et tomba malade à cinquante ans. En 1826, il commença à souffrir d'un délire de persécution. En 1835, une paralysie due à une congestion cérébrale assombrit encore ses dernières années au point qu'il mourut, à Dresde, quasi oublié. Il fallut attendre le XXe siècle pour qu'il soit reconnu.

    "Esprit tourmenté, Caspar David Friedrich s'astreint à la solitude jusqu'à la mélancolie afin d'imprimer l'angoisse dans ses paysages de ruines gothiques, de cimetières et de contrées glacées." (Patricia Fride-Carrassat)

     

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    Caspar David Friedrich dans son atelier (1819)

    par Georg Friedrich Kersting

     

    Bibliographie :

    . La Peinture Romantique par Horst Koch (Texte français : Pierre Crévecœur. Éditions Berghaus Verlag, Allemagne, 1985).

    . Les Mouvements dans la Peinture par Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé (Éditions Larousse, 2005).

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    L'Abbaye dans une forêt de chênes (1809)

    par Caspar David Friedrich

     

    L'Abbaye dans une forêt de chênes représente une procession de moines accompagnant un cercueil et se dirigeant vers une abbaye en ruine. Le premier plan est envahi par les ténèbres tandis que le soleil couchant éclaire d'une lueur blafarde la partie haute de l'abbaye et des arbres.

    Parfois, Caspar David Friedrich introduisait des symboles du christianisme dans la nature. Pour ce tableau, il s'inspira de ses études des ruines de l'Abbaye d'Eldena, dans le Land de Meeklembourg-Poméranie antérieure (Allemagne). L'Abbaye dans une forêt de chênes symbolise la mélancolie, la tristesse, la détresse, avec ses arbres aux branches dénudées s'étirant dramatiquement vers le ciel dans une prière désespérée. L'abbaye, réduite à deux pans de mur et un portail en fer forgé, reste l'élément central de cette vision de désolation et de mysticisme.

    "La parfaite concordance des états internes de l'être humain et de la nature externe [...] constitue la quintessence  de l'œuvre de C. D. Friedrich. Il lui semblait aller de soi d'insérer dans des paysages soigneusement composés des motifs méditatifs et visionnaires. "Le sentiment de l'artiste est sa loi", écrivait-il, "la perception pure ne peut pas s'opposer à la nature [...]". Les toiles de Friedrich contiennent tout un univers ; la nature et l'homme, le temporel et le spirituel sont des éléments d'importance égale dans sa peinture. [...] le moine est symbole de ces forces spirituelles entre-temps perdues par l'humanité." (Horst Koch)  

     

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    Le Voyageur au-dessus de la mer de nuages (1818)

    par Caspar David Friedrich

     

    Le Voyageur au-dessus de la mer de nuages représente un homme vu de dos, vêtu d'une tenue de ville et tenant une canne, debout sur une crête montagneuse, dans un paysage s'inspirant du massif Elbsandsteinbirge, sur les rives de l'Elbe, en Suisse saxonne (Allemagne).

    L'homme solitaire contemple les massifs rocheux émergeant, dans un paysage brumeux, d'une multitude de nuages. L'horizon se confond avec les montagnes, avec la nappe nuageuse et le ciel aux nuances pâles s'opposant aux couleurs sombres des vêtements de l'homme et de la crête montagneuse où il s'est réfugié.

    Caspar David Friedrich a une quarantaine d'années lorsqu'il peint Le Voyageur au-dessus de la mer de nuages ; peut-être entrevoit-il sa future solitude, ou bien, dans sa recherche mystique perpétuelle, veut-il se rapprocher d'un monde idéal de pureté et d'infini ? Peut-être encore, est-ce une sorte d'autoportrait...

      

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    Falaises de craie sur l'île de Rügen (1818)

    par Caspar David Friedrich

     

    Le tableau Falaises de craie sur l'île de Rügen représente une vue depuis les falaises de Rügen, grande île allemande au large de la côte du land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, dans la mer Baltique.

    Le premier plan est délimité par deux arbres semblant ouvrir une fenêtre sur la mer ; leurs feuillages occupent un tiers de la partie haute de la toile. Trois personnages, une femme et deux hommes, contemplent le paysage. La femme, vêtue d'une robe rouge, couleur représentant l'amour, est probablement Christiane Caroline, l'épouse du peintre. Assise près d'un arbre, d'une main elle désigne l'abîme, symbole de la mort. Un homme, accroupi sur le sol, son chapeau posé à terre, se penche vers l'abîme, tandis que le second homme, debout, bras croisés, appuyé contre une souche, autre symbole de la mort, regarde les voiliers au loin sur la mer, telles des âmes en partance vers l'éternité.

      

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    La Mer de glace (1824) par Caspar David Friedrich

     

    Le mysticisme de Caspar David Friedrich se révèle en partie dans La Mer de glace, composition dramatique de couleurs et de formes. Les blocs de glace brisés se dressent vers le ciel, probablement dans la recherche divine chère à ce peintre romantique, tandis que le bateau déchiqueté symbolise la fragilité de l'homme et de ce qu'il produit face aux éléments naturels.

    La rencontre entre le réalisme, l'imagination et la poésie semble violemment participer à l'éclatement du sujet lui-même. 

    Un navire qui fit naufrage lors d'une expédition dans l'Arctique (1819-1820) inspira le peintre. Observant en Allemagne l'Elbe gelé, Caspar David Friedrich dessina des croquis de blocs de glace isolés qu'il juxtaposa afin de parvenir à l'exécution de ce paysage dramatique que le sculpteur et graveur français Pierre-Jean David d'Angers (1788-1856) définit par l'expression : "la tragédie du paysage". 

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  • Arnold Böcklin, peintre des ténèbres

     

     

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    Arnold Böcklin

    (Source photographique : Wikimedia Commons)

     

    Arnold Böcklin, peintre suisse symboliste (Bâle, Suisse, 1827 - San Domenico di Fiesole, Italie, 1901) a la révélation de sa vocation à Rome, à l'âge de vingt-trois ans.

    Il étudie la peinture à Bâle, puis à l'Académie de Düsseldorf, en Allemagne, où, de 1845 à 1847, il est l'élève du peintre paysagiste allemand Johann Wilhelm Schirmer (1807-1863), dont l'influence imprègne les paysages idéalisés qu'Arnold Böcklin peint dans sa jeunesse. En 1847, il effectue de courts séjours à Genève et à Zurich, en Suisse, puis à Bruxelles et Anvers, en Belgique, les peintres belges jouissant alors d'un grand renom en Allemagne. Il termine le périple de sa formation artistique à Paris, en 1848, où il admire particulièrement Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) et Thomas Couture (1815-1879). Il revient à Bâle où il reste deux ans.

    De 1850 à 1857, il vit à Rome et il épouse une native de la capitale italienne, Angela Pascussi. À Munich, il est professeur de 1860 à 1862 à l'École des Beaux-Arts de Weimar. Il part à nouveau pour Rome où il reste quatre ans. L'Italie l'inspire et il choisit d'y vivre une partie de son existence. À Florence, où il reste de "1875 à 1885, ses compositions atteignent une plénitude sereine". Lors de ses retours en Allemagne, il réside surtout à Munich, ville qui a vu ses premiers succès, où un cercle d'artistes se forme autour de lui. Un mécène le sauve d'une situation financière dramatique due à ses nombreux achats d'œuvres d'art.  

    Arnold Böcklin, considéré comme l'un des représentants du symbolisme allemand, conçoit ses visions mythologiques à l'aide d'une facture robuste, sensuelle, parfois naïve. Il s'interroge avec une profonde inquiétude sur les rapports de l'Homme et de la Nature. À ses paysages se mêlent une dimension profonde et méditative, un immense recueillement mystique et une atmosphère mystérieuse. Certaines de ses œuvres offrent des visions d'apocalypse comme si le peintre livrait un combat farouche à ses propres tourments. Son imagination crée des figures fantastiques à l'aspect monumental, au coloris puissant.

    Giorgio De Chirico (1888-1978), peintre italien, découvre avec admiration chez Max Reger, le professeur d'harmonie de son frère Andrea, un album contenant des œuvres d'Arnold Böcklin. Giorgio De Chirico vante la puissance "d'apparition" des toiles d'Arnold Böcklin et lui dédie un texte soulignant l'immense "révélation" que représentent ces œuvres pour la formation d'un artiste.

    Arnold Böcklin est à peu près inconnu en France. José Pierre, dans L'Univers surréaliste, écrit : 

    "Il faut bien convenir que ce Courbet du symbolisme était encore moins bien fait que l'autre pour séduire les Français, aux yeux desquels il cumulait la sensualité passablement lourde du maître d'Ornans à l'ambition de faire servir les apparences quotidiennes à des fins allégoriques ! " (José Pierre).

    "Dans un temps où les impressionnistes innovent en ouvrant la peinture à la lumière, Böcklin figure l'obscurité. L'Italie, où il s'installe définitivement en 1874, alimente une mythologie personnelle et lugubre." (Patricia Fride-Carrassat).

    "Arnold Böcklin reste un des noms les plus connus de l'académie de Dusseldorf. Bien qu'appartenant déjà à une génération ultérieure sur le plan de l'art, il vivait encore fortement dans la tradition romantique qui lui inspira des toiles remarquables parmi une œuvre fort diversifiée." (Horst Koch)

    Arnold Böcklin passe les dernières années de sa vie dans sa maison de campagne de San Domenico de Fiesole transformée en refuge empli de symboles.

     

    Les toiles d'Arnold Böcklin sont empreintes de romantisme et utilisent le concept du sublime. Ses paysages mélancoliques, ses sombres allégories et les qualités poétiques de son symbolisme influencent les peintres allemands de la fin du XIXe siècle et ouvrent la voie aux surréalistes.

     

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    Autoportrait avec la Mort jouant du violon par Arnold Böcklin (1872)

    (Source photographique : Wikimedia Commons) 

     

    Bibliographie :

    L'Univers surréaliste de José Pierre (Éditions Aimery Somogy, 1983).

    De Chirico. Ouvrage collectif. Responsable de la rédaction : J.-L. Chalumeau (Éditions Cercle d'Art, 1995).

    Les Mouvements dans la peinture de Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé (Éditions Larousse, 2005).

    Autres sources :

    Encyclopædia Universalis.

    Larousse/Encyclopédie.

    La Peinture Romantique par Horst Koch (texte français : Pierre Crèvecœur. Éditions Berghaus Verlag, Allemagne, 1985).

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Château en ruine par Arnold Böcklin (1847)

     

    Cette œuvre de jeunesse d'Arnold Böcklin (il a vingt ans en 1847), cette toile envoûtante, exprime déjà le pessimisme, la part d'ombre du peintre et sa lutte contre ses propres tourments tout en dévoilant son romantisme.

    Un mur en ruine se détache sur le ciel sombre, où la végétation foisonnante, à l'horizon, se confond avec des nuages oppressants. Le pan de mur laisse jaillir par ses anciennes fenêtres des clartés ocre provenant d'une mystérieuse incandescence qui se reflète dans le lac.

    Les roches rouges qui attirent tant Arnold Böcklin, et qu'il peint dans plusieurs de ses tableaux nocturnes et de ses paysages diurnes, envahissent le premier plan, se mêlant aux arbres et aux bouquets de plantes.

     

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    Villa au bord de la mer par Arnold Böcklin (1878)

     

    Ce tableau Villa au bord de la mer est l'une des cinq versions d'une série réalisée par Arnold Böcklin.

     

    Debout, appuyée contre un mur, une femme vêtue d'un vêtement blanc, un long voile sombre sur les cheveux, une main soutenant son visage, paraît plongée dans une profonde mélancolie. Elle semble revoir en pensée le malheur, le drame, qui provoqua cette peine qui la submerge. Son regard se perd dans la contemplation des flots heurtant les rochers au pied d'une villa dont la colonnade se profile sur un ciel diurne lumineux. La femme évite la vision de ce ciel radieux en se blottissant entre deux pans de murs. Les arbres immenses qui entourent la villa amplifient la sensation de solitude et probablement de mal-être de cette fin du XIX siècle. 

      

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     L'Île des morts par Arnold Böcklin (1883)

     

    Arnold Böcklin réalise plusieurs séries sur le thème de la mort, l'au-delà et son mystère. Il éprouve un attrait indéfinissable nuancé de peur envers un monde inquiétant. Le peintre exécute cinq versions de L'Île des morts.

    Cette toile présente, au premier plan, un nautonier, peut-être Charon, le nocher des Enfers de la mythologie grecque, sombre personnage dont l'embarcation glisse sur une eau calme, conduisant une femme vêtue d'une tunique blanche - représentant peut-être la jeune veuve qui commanda cette œuvre au peintre - debout devant un cercueil, vers une île troublante par son aspect grandiose, ses falaises impressionnantes, ses hauts cyprès imposants et sévères.

    À l'arrière-plan, un ciel tourmenté semble vouloir engloutir dans le mystère d'énormes nuages blêmes la barque qui s'apprête à pénétrer dans L'Île des morts.

    Arnold Böcklin se sert de puissants contrastes afin de créer une atmosphère lugubre. Il inscrit l'île dans de fortes lignes verticales, les cyprès et les rochers, qui vont s'opposer aux douces lignes horizontales des flots paisibles de la rivière.

     

    "Le tableau [...] présente un style épuré et une facture précise. La barque glisse sur le Styx et emporte dans son dernier voyage une âme fantomatique qu'accompagne le corps rangé dans un cercueil." (Patricia Fride-Carrassat).

     

    L'Île des morts, sombre thème allégorique, inspira, entre autres, un poème symphonique, en 1909, au compositeur et pianiste russe Serguei Rachmaninov (1873-1943).

     

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    La Chapelle par Arnold Böcklin (1898)

      

    Des pans de murs, dont la partie haute reflète l'écume des flots heurtant violemment les ruines en s'engouffrant dans une chapelle, dernier refuge d'oiseaux immaculés, résistent pour l'éternité, semble-t-il, à la fureur des vagues qui illuminent cette vision mystique. À droite, des débris de pierres rouges paraissent éclairés par les lueurs ocre qui tentent de percer la nuit.

    À l'arrière-plan, fondus dans le ciel nocturne, des cyprès monumentaux oscillent entre la symbolisation de la vie et celle de la mort, tandis que les vagues déferlent sur les ruines, ramenant paradoxalement la chapelle à la vie...

     

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  • Dahl, Maître des fjords et des forêts nordiques

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    Johan Christian Clausen Dahl

    (Portrait par Christian Albrecht Jensen)

     

    Johan Christian Clausen Dahl (Bergen, Norvège 1788 - Dresde, Allemagne 1857) est un peintre paysagiste norvégien.

    Fils d'un pêcheur, il apprend à Bergen, sa ville natale, le métier de peintre décorateur. De 1803 à 1809, il étudie avec le peintre J. G. Müller. Il peint des décors de théâtre, des portraits, des vues de Bergen et de ses environs. Il manifeste rapidement un tel talent que des mécènes lui facilitent l'accès à l'Académie de Copenhague, au Danemark. Animé d'un esprit nouveau, il répond pleinement à sa vocation d'artiste peintre et devient le premier peintre de son pays, dont il exalte les paysages, et le père de l'École norvégienne.

    En 1815, le prince du Danemark, Christian Frederik, qui fut brièvement roi de Norvège en 1814, et futur roi du Danemark sous le nom de Christian VIII de 1839 à 1848, devenu l'ami et le mécène de Dahl, veille à ce que ses œuvres soient achetées pour la collection royale.  

    Johan Christian Dahl trouve à la fois l'idéal et l'objet de sa formation dans le paysage en observant les œuvres des Néerlandais du XVIIe siècle qu'il apprend à connaître à Copenhague. Il les copie avidement. En 1818, il se rend à Dresde, en Allemagne, et se lie d'amitié avec Caspar David Friedrich, un peintre allemand qui a parcouru le pays. Dahl s'installe chez Friedrich. Au cours des années suivantes, nombreuses sont les occasions données aux deux amis d'échanger leurs connaissances, leurs expériences. "Friedrich emprunte à Dahl la fluidité de sa matière picturale", tandis que les premiers paysages romantiques de Friedrich provoquent une intense impression sur Dahl.

     

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    Dents de Troll (1823) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Johan Christian Clausen Dahl devient professeur à l'Académie de Dresde et membre des Académies de Copenhague (Danemark), Stockholm (Suède) et Berlin (Allemagne).

    En 1820, le prince Christian Frederik l'invite à le rejoindre sur le Golfe de Naples où le peintre séjourne dix mois. Dahl effectue plusieurs voyages d'études en Italie. Il rencontre Bertel Thorvaldsen (1770-1844), un sculpteur danois, dont l'essentiel de la carrière se déroule à Rome où il est un maître du néoclassicisme. Thorvaldsen met en contact Dahl et Joseph Anton Koch (1768-1839), un peintre autrichien qui traversa à pied les Alpes pour se rendre en Italie. Dahl rencontre également Achille Etna Michallon (1796-1822), un peintre français élève de Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819). 

    En 1820, Dahl épouse Emilie von Bloch. Elle meurt sept ans plus tard, à la naissance de leur quatrième enfant. En 1830, il épouse son élève Amalie von Bassewitz, mais elle meurt la même année en mettant leur enfant au monde.

    Dahl retourne souvent dans sa Scandinavie natale où il conçoit maintes esquisses. Des scènes de tempêtes dramatiques et une éruption de volcan se retrouvent parmi ses thèmes italiens tandis qu'il puise pour ses toiles nordiques dans la nature sombre, les forêts de la côte et les fjords fouettés par les eaux déchaînées sous les cieux roulant des nuages d'encre. Il peint avec passion "la nature norvégienne, fraîche, inviolée, dans son état primitif et sauvage". Peu de personnes avaient contemplé jusque-là des sites semblables. Dans son journal, J. C. C. Dahl écrit qu'il veut s'attacher "aux grandes masses et étudier le ton et les effets, les éclairages et les clairs de lune".

    Dans les cercles artistiques de Dresde, il est rapidement honoré du titre de "Maître" de ce Nord noyé dans ses légendes et si riche en drames de la nature.

     

    Artaud de Montor, dans son Encyclopédie des gens du monde (éditée en 1836), écrit :

    "[...] toute cette nature si imposante et si poétique dans sa sévérité est reproduite avec une véritable piété filiale par ce vaste et profond génie du septentrion."

     

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    Manoir Frogerne, Oslo (1842) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Klaus H. Carl, dans son livre La Peinture allemande écrit :

    "Trois artistes majeurs sont liés à l'École d'Eckersberg*, [ils] travaillent principalement à Dresde : le peintre paysagiste norvégien Johan Christian Clausen Dahl [...], Caspar David Friedrich, et le chef du département de peinture de la manufacture de porcelaine de Meissen (Saxe, Allemagne) Georg Friedrich Kersting (1785-1847).

    Le Norvégien Christian Clausen Dahl a une prédilection pour les grands espaces montagneux septentrionaux de son pays d'origine dans tout ce qu'ils ont de dramatique. Avec ses peintures réalistes et animées, il a un effet très positif sur un grand cercle d'étudiants. Ses études détaillées des processus atmosphériques sont exemplaires."

    * Christofler Wilhelm Eckersberg (1783-1853) est un peintre danois dont le style clair et élégant est caractéristique de l'"âge d'or" de la peinture danoise. Il effectue un séjour de trois ans à Paris avec David pour maître, puis un voyage à Rome où il réside de 1813 à 1816.

     

    Jouissant d'un grand renom, Dahl meurt, seul, à Dresde en 1857 après une brève maladie. Ses œuvres, dont l'admirable richesse du détail et les bouleversants effets dramatiques séduisent profondément le public, se trouvent principalement dans les Musées d'Oslo (Norvège), de Copenhague (Danemark), Berlin et Hambourg (Allemagne), etc.

     

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    Johan Christian Clausen Dahl (1834)

     

    Sources : 

    Bibliographie :

    Encyclopédie des gens du monde par Artaud de Montor (Treuttel et Würtz, 1836)

    Les Maîtres de la peinture par Patricia Fride-Carrassat (Larousse, 2010)

    La Peinture allemande par Klaus H. Carl (Parkstone International, 2015)

    La Peinture Romantique par Horst Koch (texte français : Pierre Crèvecœur. Éditions Berghaus Verlag, Allemagne, 1985).

    Autres sources :

    http://dealer-and-art-collector.com/2015/04/12/dahl-johan-christian-clausen/

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Dahl/151798

    http://arkivet.thorvaldsensmuseum.dk/depuis-les-elemens-de-p-h-de-valenciennes-jusqua-j-c-dahl

     

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Matin après une nuit de tempête (1819) par Johan Christian Clausen Dahl  

     

    Matin après une nuit de tempête (1819) est un cri de détresse exprimé au travers de la Peinture romantique.

    Un homme désespéré, presque seul... un chien, face à lui, le regarde pleurer. L'homme, assis, la tête appuyée sur ses bras, jambes repliées, ne peut supporter la vision d'un bateau qui sombre. Quelques vagues, derniers soubresauts d'une tempête dramatique maintenant apaisée, se brisent sur des rochers gigantesques qui ne parviennent pas à cacher les nuages dont les diverses nuances de gris sont, par endroits traversées de lueurs orangées. C'est le matin et son soleil levant.

    L'écume déferlant sur les rochers se confond avec les masses floconneuses des sombres nuages transpercés par le reflet d'un horizon rougissant. La violence des éléments, la beauté des rocs titanesques rendent encore plus tragique le désespoir de l'homme solitaire, créature minuscule perdue au sein d'un spectacle gigantesque, écrasant, et dont il me semble entendre les gémissements...

     

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    Grotte au clair de lune près de la baie de Naples (1821) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Dahl, qui a découvert l'Italie, la baie de Naples et le volcan du Vésuve en compagnie du prince Christian Frederik du Danemark, s'éprend des merveilleux sites de ce pays où il retourne lors de divers voyages d'études. Le Vésuve, qui borde la baie de Naples, à l'est de la ville, est souvent présent dans les œuvres du peintre.

    La Grotte au clair de lune près de la baie de Naples, peinte lors de son voyage en compagnie du futur Christian VIII, est éclairée par la lueur de la lune et les feux lointains et rougeoyants du volcan. Au premier plan, la partie droite d'une grotte majestueuse reflète une éruption du Vésuve, tandis qu'un homme, à l'entrée de la grotte, pêche sereinement, en habituel spectateur de cette vue grandiose et pourtant inquiétante. À l'arrière-plan, nimbé de nuages, le volcan crachant sa lave, admirable centre de cet étrange site, semble se livrer à la démonstration de son énergie afin de mettre en valeur la sublime beauté de la grotte.

     

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    Nuage et paysage au clair de lune, étude (1822) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Un ciel nocturne, envahi de brouillard et de nuages transpercés par les rayonnements de la lune, étale sa sombre magie sur les arbres peints avec la finesse du détail propre à Johan Christian Clausen Dahl.

    Des nuages aux étranges festons semblent vouloir encercler la lune non pour l'engloutir mais afin de rechercher le privilège de se baigner dans la luminosité de ses rayons. Aucune sensation d'oppression face à cette toile où les éléments célestes trouvent avec sérénité leur place dans la beauté d'une nuit scandinave...

     

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    Éruption du Vésuve (1824) par Johan Christian Clausen Dahl

     

    Pendant l'un de ses séjours à Naples, Dahl assiste à une éruption du Vésuve. Il tient à faire l'ascension du volcan de jour et de nuit pour l'observer, au plus près, en action. Il peut ainsi peindre avec une extrême finesse du trait les panaches s'élevant du cratère tels d'étouffants nuages cotonneux embrasés à leur naissance par les laves en colère, les fumées noirâtres et moutonneuses et les coulées brûlantes se gravant sur les roches calcinées. À l'arrière-plan, la baie de Naples pâlit sous un ciel qui cède la place au volcan en fureur.

    Johan Christian Clausen Dahl peint plusieurs toiles du Vésuve, principalement en 1824 et 1826.

     

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  • Eugène Boudin, le peintre "roi des ciels"

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    Portrait d'Eugène Boudin

     

    Eugène Boudin (Honfleur 1824 - Deauville 1898) est un peintre français, précurseur de l'impressionnisme, école picturale qui prend son essor en 1874 en poursuivant les recherches d'Eugène Boudin, d'Eugène Delacroix, de John Constable, de William Turner, de Charles François Daubigny et de Johan Barthold Jongkind. Les paysages, qu'ils soient de tradition française ou britannique, libres de tout sujet historique, vont s'affirmer avec les œuvres de ces peintres annonçant l'impressionnisme. 

    Jean-Baptiste Camille Corot dit à Eugène Boudin : "Vous êtes le roi des ciels !" Bel hommage d'un peintre paysagiste lyrique, aux œuvres romantiques et poétiques, à un autre peintre paysagiste de plein air, d'une intense sensibilité aux variations lumineuses et atmosphériques, sensibilité qui transcende ses marines principalement de l'estuaire de la Seine et de la Bretagne. E. Boudin œuvre toute sa vie afin d'atteindre la perfection de la voûte céleste.

     

    "Deux tiers de ciel, un tiers de mer, telle est la vision qui s'impose de suite lorsqu'on prononce le nom d'Eugène Boudin. [...] Boudin regarde toujours la nature avec la tendre attention d'un amoureux de la lumière", écrit le critique et historien Raymond Coignat.

    Charles Baudelaire, qui est aussi un critique d'art passionné, déclare : "En regardant un tableau de Boudin, on peut deviner la saison, l'heure et le vent...". Dans son compte-rendu pour le Salon de 1859, Baudelaire écrit : "Tous ces nuages aux formes fantastiques et lumineuses, ces ténèbres chaotiques, ces immensités vertes et roses [...], ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, fripé, roulé ou déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu, toutes ces profondeurs, toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse ou comme l'éloquence de l'opium."

    E. Boudin lui-même, en 1887, commente ainsi son art : "On pourra retrouver dans ma peinture sinon du grand art, du moins une reproduction assez sincère du monde de notre époque. Peut-être aussi trouvera-t-on dans mes études du ciel un côté de la grande nature céleste qui n'a jamais été ni plus, ni mieux explorée par mes prédécesseurs..."

     

    E. Boudin échange ses vues sur la lumière avec Gustave Courbet, le Maître d'Ornans et chef de l'école réaliste. Courbet, admiratif, lui dit : "Vous êtes un séraphin !"

    En 1855, E. Boudin se rend pour la première fois en Bretagne. À partir de 1863, après son mariage avec une Bretonne, Marie-Anne Guédès, il installe son chevalet, chaque été, pendant une dizaine d'années, à Camaret, dont il peint le port et les plages.  

    Eugène Boudin est le premier maître de Claude Monet. La rencontre des deux artistes a lieu en 1858. C'est la naissance de la vocation de Monet, le futur représentant le plus typique de l'impressionnisme. E. Boudin, Johan Barthold Jongkind, peintre et graveur néerlandais, et Corot initient Monet à la peinture de plein air. Monet fait un séjour au Havre avec Boudin et Jongkind. Les trois peintres se retrouvent à Honfleur en 1864. À la fin de sa vie, Monet rend hommage à son premier maître : "Je dois tout à Boudin. [...] J'en étais arrivé à être fasciné par ses pochades, filles de ce que l'on appelle l'instantanéité."

    Eugène Boudin voyage beaucoup. Il visite la Hollande, la Belgique, l'île de Guernesey, entre autres. Outre les ports normands et bretons, il peint aussi, toujours avec une extrême minutie, les ports méditerranéens et néerlandais. Qu'il visite Venise, Anvers ou Bordeaux, il saisit toujours avec intensité l'atmosphère de chacun des lieux où il pose son chevalet pour peindre des paysages en mouvement dans une superbe harmonie de bleus et de gris colorés. Il affectionne les éléments changeants tels que la lumière et ses ombres, les nuages, les vagues qu'il peint par touches vibrantes et transparentes. Il observe longuement les œuvres des peintres néerlandais du XVIIe siècle, tels que Jan Van Goyen, l'un des meilleurs paysagistes de son pays, renommé pour ses vues fluviales aux miroitements argentés ou dorés.

     

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    Eugène Boudin à Deauville (1896)

     

    Suivant la voie tracée par  E. Boudin et J. B. Jongkind dans les années 1850-1860, de jeunes peintres, les futurs impressionnistes, créent, vers 1862,  leurs tableaux en plein air et tentent de saisir les variations fugitives de l'atmosphère. 

    Entre 1860 et la fin du XIXe siècle, des peintres florentins, les macchiaioli  ("tachistes"), peignent la vie contemporaine, la campagne, les paysages d'après nature. Eugène Boudin, au bord de la mer, peint des scènes comparables à celles de ces peintres italiens mais se distinguant par des tons clairs.

    En 1887, il écrit dans son carnet : "La lumière surtout ! Chercher son rayonnement, la fulguration, la condenser, la poursuivre dans sa chaleur." Toute sa vie, il respectera sa propre recommandation.

    Sa femme décède en 1889, E. Boudin est très affecté et sa santé commence à se dégrader. Sur les conseils de son médecin, trois ans plus tard il se rend dans le Midi de la France.  

    E. Boudin expose au Salon de Paris pendant de nombreuses années. Il obtient, en 1889, une médaille d'or. En 1892, la Légion d'honneur est décernée à ce grand artiste, qui sait si bien regarder et écouter la Nature, qui peint les ciels, les lumières et les saisons avec une minutie digne des maîtres hollandais.

    E. Boudin expose pour la dernière fois, en 1897, au Salon de la Société nationale des beaux-arts.


    À l'âge de soixante-quatorze ans, Eugène Boudin s'éteint à Deauville "face à la mer", ainsi qu'il le souhaitait. Après la mort du peintre, une exposition rétrospective organisée à l'École des beaux-arts, en 1899, présente 17 aquarelles, 72 pastels et 337 peintures. Lors de la vente de son atelier, la même année, on compte encore 57 pastels et dessins, 99 aquarelles et 125 tableaux. 

    Le Musée Eugène Boudin de Honfleur et le Musée d'Art moderne André Malraux du Havre possèdent les plus grands fonds d'œuvres d'E. Boudin en France.

     

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     Eugène Boudin

    (Source : http://www.vanderkrogt.net/statues/object.php?webpage=ST&record=frbn005)

     

    Bibliographie :

    . Les Maîtres de la peinture de Patricia Fride-Carrassat (Larousse, 2010).

    . Les Mouvements dans la peinture de Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé (Larousse, 2013).

    Autres sources :

    Musée Jacquemart-André

    Musée Eugène Boudin

    Musée d'art moderne André Malraux

      

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    Dans mes Albums d'Arts :

     

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    Concert au Casino de Deauville (1865) par Eugène Boudin

    (Source photographique : L'Express)

     

    La station balnéaire de Deauville connaît un bel essor grâce au Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III. Dès 1860 sont inaugurés l'établissement des bains, le champ de course et le casino. Les élégantes se pressent dans cette station à la mode et déploient leurs gracieux atours : robes et crinolines, voiles, chapeaux, rubans.

    Pour la toile Concert au Casino de Deauville, Eugène Boudin, virtuose des coloris harmonieux, peint avec bonheur la grâce aérienne des robes, les ciselures des colonnes du casino, la beauté du ciel et de ses nuages diaphanes en parfait accord avec l'évènement musical qui se déroule à Deauville. Il est l'un des premiers peintres à représenter ses "petites dames sur la plage" aux concerts, dans les stations balnéaires à la mode, visages non identifiables, et personnages souvent vus de dos.

     

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    Le Port de Camaret (1872) par Eugène Boudin

     

    Le Port de Camaret (1872) est un exemple de minutie, de maîtrise dans l'art de peindre les clartés et les ombres célestes, leurs reflets sur l'eau. Les ciels, très sombres, chargés de lourds nuages oppressants, laissent apercevoir de rares espaces bleus qui éclairent les eaux, les transformant en miroirs aux nuances chatoyantes et irisées. Les équipages des bateaux se préparent à quitter le port de Camaret n'ignorant rien des dangers que leur réserve ce ciel tourmenté.

    Eugène Boudin laisse volontairement dans l'ombre les premiers plans afin de créer de savants dosages de lumière grâce aux seconds plans, les ciels toujours très importants et présents, qu'il peint par touches non définies, organisant ainsi de superbes jeux de reflets sur l'eau.

     

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    Le Port d'Antibes (1893) par Eugène Boudin

     

    Profitant de la lumière de fin d'après-midi, Eugène Boudin plante son chevalet du côté de l'anse qui fait face aux remparts d'Antibes. Des remparts édifiés par Vauban, il fait jaillir une luminosité éclatante contrastant avec le ciel provençal d'un bleu conçu avec avec sa maîtrise coutumière. Ses touches deviennent plus claires et plus transparentes. Les tons ocre du premier plan s'harmonisent avec ceux de la partie des fortifications se trouvant dans l'ombre, ceux des toits d'Antibes et les tons des roches d'un îlot. Cette toile est empreinte d'une rare sérénité.

    Grâce à la lumière qui se reflète sur les pierres de la citadelle, l'heure et la position du soleil rasant les remparts pourraient être précisément indiquées. Au XVIIe siècle, le peintre paysagiste néerlandais Jacob Van Ruysdael concevait ses toiles de cette manière.

    Eugène Boudin écrit : "Nager en plein ciel. Arriver aux délicatesses du nuage. Suspendre ces masses au fond, bien lointaines dans la brume grise, faire éclater l'azur."

     

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    Étude de ciel sur le Bassin du Commerce au Havre (1888-1895) par Eugène Boudin

     

    Cette Étude de ciel sur le Bassin du Commerce au Havre est un superbe exemple de la manière dont Eugène Boudin traite par touches non définies, larges, rapides, discontinues, le ciel et ses reflets dans l'eau. À côté de ses toiles représentant des "plages à crinolines", plus mondaines avec leurs belles élégantes qu'il appelle "mes petites dames sur la plage", découvrons ou redécouvrons les études de ciels auxquelles il réserve une extrême attention. Il les réalise tout au long de sa carrière artistique, souvent secrètement, et les garde modestement dans son atelier, les montrant peu, conscient de leur aspect original. Baudelaire les voit lors d'un séjour à Honfleur et dit : "S'ils avaient vu comme j'ai vu récemment chez M. Boudin [...] plusieurs centaines d'études au pastel improvisées en face de la mer et du ciel, ils comprendraient [...] la différence qui sépare une étude d'un tableau."

    Dans l'Étude de ciel sur le Bassin du Commerce au Havre, les bateaux semblent voguer entre ciel et eau, accompagnés de leurs reflets. On perçoit bien les mâts mais les formes s'effacent pour laisser place à la lumière du soir. Cette étude n'est pas une préparation à un tableau défini, mais la projection sur une toile des effets atmosphériques et lumineux qui passionnent l'artiste.

    Eugène Boudin emploie le mot "étude" pour désigner ses recherches quotidiennes sur la lumière des ciels de l'estuaire et ses reflets sur l'eau dans cette ville du Havre qu'il connaît si bien. Il aime la solitude, le silence et il préfère concevoir ses études de ciel sur le paisible Bassin du Commerce au Havre plutôt qu'entouré du fouillis bruyant et animé des quais.

    Source : paril.crdp.ac-caen

     

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    Marée montante à Deauville (1894) par Eugène Boudin

    (Photographie : Toni Hafkenscheid)

     

    L'attrait d'Eugène Boudin pour l'étude de la lumière, sa passion pour la luminosité atmosphérique des ciels, leur majesté et leur fugacité, le conduisent très tôt à mettre en œuvre le principe des "séries" qui lui permettent, dans chaque lieu où il pose son chevalet, de peindre des déclinaisons variant selon les heures de la journée, de la soirée, les saisons et les marées.

    Il affectionne les paysages marins et leur poésie, les brumes nacrées, les nuages évanescents, les flots perlés, les gracieuses embarcations qu'il peint souvent en arrière-plan. Sur les plages, il saisit ses personnages sur le vif. 

     

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    Entrée des jetées du Havre par gros temps (1895) par Eugène Boudin 

     

    Avec l'Entrée des jetées du Havre par gros temps, Eugène Boudin représente les éléments déchaînés, harmonise les gris d'un ciel sombre, percé de touches d'azur, occupant les deux tiers de la toile. Le rivage, tout aussi sombre, en parfait accord avec le ciel, n'occupe qu'une petite partie de l'œuvre, laissant place à la violence des vagues. Les nuances vertes de l'eau se fondent en une vision à la fois oppressante et magique créée par la froide blancheur de l'écume des flots, du phare et d'un nuage.

     

    Source : http://paril.crdp.ac-caen.fr

     

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                                                          Venise, le soir (1895) par Eugène Boudin

                                                        (Photographie : C. Devleeschauwer. Source L'Express)

     

    Eugène Boudin se rend à Venise en 1895 et parle d'une "inoubliable volupté de l'œil". Les œuvres qu'il conçoit dans la capitale de la Vénétie démontrent aux yeux de tous qu'il est un coloriste raffiné aux tons précieux et délicats, clairs et lumineux, choisissant avec subtilité ses couleurs, mêlant parfois en une seule immensité la mer et le ciel.

    Il peint l'eau grâce à une succession de fins traits horizontaux dont la transparence reflète les ombres verticales des embarcations. Il possède une parfaite maîtrise du traitement des harmonies en demi-teintes et s'imprègne de la légèreté de l'air ; une osmose parfaite s'établit entre le peintre, le sujet traité et l'atmosphère.

    Le peintre écrit : "Le voyage à  Venise aura été mon chant du cygne".

    Avec Venise, le soir, et ce voyage qu'Eugène Boudin, peintre passionné, travailleur acharné et humble, devine être son chant du cygne, je termine cette publication en souhaitant vivement qu'elle trouve grâce à vos yeux.   

    Source : Musée d'art moderne André Malraux

     

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